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Cours du Professeur Osadani : Littérature

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MessageSujet: Cours du Professeur Osadani : Littérature Mar 9 Déc - 12:26
[justify]Cette journée était l'une de ces journées bien remplies comme Ryosuke Osadani les appréciaient. Le fortuné japonais était un individu très dynamique, il ressentait le besoin d'être toujours en action, et si possible en inter-action avec d'autres personnes, sans doute est-ce pour cette raison qu'il affectionnait ses activités de professeurs ? Ce matin, il avait donné un cours de quatre heures dans un amphithéâtre de la faculté d'Histoire de Tokyo, ensuite, il avait dû se rendre à l'école Miyusaki où il enseignait depuis peu de temps, seulement quelques mois. Il ne connaissait pas encore tous les noms des élèves de chacune de ses élèves. Il faut dire qu’à l’université dans des promotions de plusieurs centaines d’étudiants, il est extrêmement rare de retenir leurs noms, sauf quelques exceptions qui parfois parviennent à se démarquer. Cependant, il sortait là d'un cours avec la classe dont il était le professeur principal et connaissait par conséquent au moins les noms de famille de chaque élève, parfois les prénoms, notamment les occidentaux qui avaient le plus marqué son esprit. A présent, il marchait dans les couloirs de l’établissement en direction de sa prochaine salle de classe. Après un cours plus général, celui-ci serait plus spécialisé dans une de ses matières de prédilection : la littérature !

Agé d'une cinquantaine d'année, d'un naturel calme et sûr de soi, M. Osadani n'appréhendait en rien la première prise de contact avec de nouveaux élèves, même s'il n'avait pas enseigné toute sa vie, cela devait faire au moins une bonne dizaine d'années qu'il donnait des cours dans les écoles supérieurs, alors le stress des premiers jours il avait oublié ce que c'était, cependant, lors de son arrivée dans cette école il avait tout de même été bien interrogateur sur le déroulement des cours. L’enseignant n’était pas vraiment au clair sur le mode d'enseignement de type lycée, même si les élèves de ce cours, pour certains étaient en âge d’intégrer les études supérieures. Le véritable problème que le professeur pouvait redouter était justement leur jeunesse. Qu'ils soient dissipés, c'est une chose - même s'il n'entendait pas laisser la foire s'installer dans ses cours - mais quel niveau ont-ils surtout ? M. Osadani était accoutumé à des élèves plus âgés pour la plupart, plus matures qui avaient déjà des bases suffisantes pour suivre ses cours sans se sentir totalement perdu. Au fond, ce qu'il redoutait le plus, c'était bel et bien de "larguer" ses élèves, d'en perdre une partie en route. Donc pour y pallier, la première étape sera certainement de se faire une idée de leur culture en matière de littérature japonaise, savoir quelles armes ils ont déjà à leur disposition pour évaluer ensuite quelle période serait la plus judicieuse de leur enseigner. En toute honnêteté, le professeur s’était préparé psychologiquement à la catastrophe de ce constat. Néanmoins, ce cours de spécialité n'avait pas lieu avec les élèves les plus jeunes, donc l'adaptation se fit progressivement au fil des séances.

Passant d'une aile de l'école à une autre, il longea le couloir jusqu'à arriver à la salle de classe où se déroulerait ce fameux cours. Les élèves l'attendaient patiemment dans le couloir, conservant entre eux mais sans faire trop de tapage, comme à leur habitude. La plupart s'inclinèrent poliment à son arrivée pour le saluer. Le professeur les salua en retour, ouvrit la porte de la salle et laissa rentrer les élèves. Dans le fond, il est intéressant de travailler avec des petits groupes d'élèves et cela facilite les choses pour apprendre à mieux connaître chacun d'entre eux, à suivre leurs progrès, les aider à surmonter leurs difficultés... etc.

Désormais familiers au processus d’entrée, les élèves commencèrent par prendre une table individuelle chacun et à les disposer en U, comme le professeur leur avait indiqué lors de la toute première séance. Il jugeait intéressant de profiter de ce faible effectif pour faciliter la communication, puisque ce cours reposaient en grande partie sur de la méthode et de la participation, des échanges et confrontations d’idées de commentaires… etc. Lors du tout premier cours, lorsqu’il venait de donner cette consigne de réorganisation des tables dans la salle, globalement, les élèves avaient paru plutôt surpris mais aussi satisfaits par cette nouvelle disposition.

Une fois que tout le monde fut assis à sa place, le professeur fit l’appel et ils purent passer au premier exercice. Chaque cours débutait par une présentation orale d’un commentaire de texte, par un élève ayant préparé avec application son travail. Cette semaine, le corpus de textes imposés et dont chaque élève avait dû travaillé sur un document de son choix - car ceux qui ne passaient pas à l’oral devaient rendre un travail écrit qui serait noté bien évidemment - datait de l’époque médiévale, une période à l’étude littéraire relativement complexe. Les textes étaient notamment extraits de  « Taketori monogatari », « Genji monogatari » ,  « Shin kokin waka shu » et d’autres ouvrages encore…

Le Professeur Osadani s’assit donc pour laisser la parole et écouter le premier élève qui viendrait présenter son commentaire au tableau.
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MessageSujet: Re: Cours du Professeur Osadani : Littérature Sam 17 Jan - 18:03
La sonnerie du réveil me tira de ce monde onirique que je choyais bien plus que les autres depuis mon arrivée dans ce pensionnat qui abaissait mon intelligence au rang de pauvres morpions qui ne savent pas se démarquer sans être réellement ridicule. Mon esprit ne trouvait de quoi s'épanouir dans ce monde qui n'était le mien, dénué de toute culture, aussi infime soit-elle, et parcourir les couloirs ne faisait qu'attiser ce sentiment de dédain que j'avais à l'égard de cet établissement et de ses pensionnaires. L'on me regardait avec une curiosité mal placée lorsque je venais à sortir de mon sac un recueil de Baudelaire. Je ne cessais de dévorer avec mélancolie Les Fleurs du Mal qui venait me rappeler l'odeur des livres dans la bibliothèques. Je me languissais de la France. Mais pas toute entière. J'avais connu des endroits où la culture française était malmenée à mon plus grand désarroi et je maudissait ces gens qui la massacraient avec un plaisir malsain qui me faisait frémir de la tête aux pieds.

Quoi qu'il en soit, fraîchement revenu au Japon, j'avais aussi assimilé la littérature nippone, me faisant un plaisir d'en dévorer les grands classiques, bien que mon véritable amour à la française, j'étais avide de connaissance, et mon esprit n'était pas assez fermé pour ne s'en tenir qu'à une simple  forme de l'art littéraire. Aussi, les commentaires de Osadani-sensei ne m'étaient pas du tout contraignants, contrairement à une partie de la classe dont j'avais pu entendre les plaintes suite au nombre relativement élevé de commentaires à faire. Je trouvais cette pratique bien plaisante. J'appréciai le moment où je me perdais dans les lignes de ces textes, dévorant une autre époque. La plaisir s'augmentait lorsque je devais retranscrire sur ma propre feuille ce que pouvait bien dire l'auteur. Je rêvais du moment, où, à la lueur de sa bougie, il écrivait ces phrases qui resteraient à jamais gravées dans le temps. Une œuvre intemporelle qui se transmet depuis de nombreuses générations, comme le trésor qu'il est. Il est le plus bel héritage que l'on puisse laisser à nos progénitures. Pour vu qu'ils ne s'abrutissent pas comme le fait cette génération de dégénérés. Souvent je me demandais pourquoi j'étais né dans une telle époque avec des personnes plus débiles les unes que les autres, alors qu'elles se trouvaient dans l'élite japonaise. Je pleurais pour le futur de notre nation. Des imbéciles qui ne savent même pas le nom de certains illustres auteurs japonais. Si les sciences sont ce qui permet à l'homme d'avancer dans le pourrissement de la planète, la culture lui permet de sortir la tête de ce monde de péchés continuels, sans qu'il ne fasse rien pour s'en sortir ! Ha ! Elle est belle l'humanité, à s'abrutir devant des écrans, parler du dernier jeu vidéo. Bande de crétins, rien n'équivaut au plaisir d'un livre, et si vous osez exprimer votre dégoût face à cette activité, retournez manger votre boue dans vos cavernes, et ne pourrissez pas la société nippone. Bande de déchets.

Le sac sur l'épaule, je continuais de parcourir sans grande envie les couloirs du pensionnat, ne prenant même pas la peine de reporter mon regard sur l'extérieur qui ne valait pas mieux que le reste de cette architecture bidon. Sans aucun charme, ni aucune histoire. Que mon esprit pouvait s'ennuyer au sein de la modernité de ce lieu.  Je n'étais décemment pas fait pour cette époque. Un soupir las passa la barrière de mes lèvres alors que j'arrivais devant la salle. Je fus assez étonné que les élèves ne soient pas directement assis dans la salle, et de voir que la porte était fermée. Les traditions nippones avaient-elles changées en mon absence... ? Voilà encore que la modernité vient gâcher la douceur de notre vie antérieure. Arf. Quand nous nous sommes assit, j'ai vu que personne ne se décidait à prendre la parole pour présenter son commentaire. Je me suis donc levé, en silence, j'ai salué de nouveau le professeur, et je me suis rendu au tableau. Je détestais sa façon d'enseigner, je préférai les cours magistraux plutôt que d'écouter les élèves déblatérer des conneries pareilles. J'ai regardé la classe, une fois devant le tableau, quelques feuilles entre mes mains. Si je pouvais instruire les imbéciles, je trouvais cela marrant. La puissance Tôgashi ne s'arrête pas à sa firme internationale, ni au fait que j'ai la plus grosse fortune du Japon. La puissance Tôgashi passe à travers l'intelligence de son successeur. 

J'ai commencé mon commentaire avec une grande éloquence, me servant de l'outil de travail du tableau, pour souligner quelques points importants. Autant dire que j'avais de bonnes qualités rhétoriques, je tenais ça de mon père. Il faut être capable de prétendre à la succession des Tôgashi, et je prouvais par de nombreux points que j'en étais capable.

Au bout d'une vingtaine de minutes, j'avais enfin fini mon commentaire sur un extrait de Taketori Monogatari, et je me postai, droit comme un i, attendant remarques du professeur, qui je pense ne pouvait rien dire sur mon travail qui m'avait tout de même demandé des heures de préparation, ou bien, les questions des élèves.
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MessageSujet: Re: Cours du Professeur Osadani : Littérature Jeu 22 Jan - 20:27
Avec l’âge, on pourrait penser que les élèves font de plus en plus preuve d’initiative et d’aisance quant à la participation orale en classe de leur part. On se rend vite compte que cela n’est pas réellement le cas, même lorsqu’on a à faire aux lycées les plus érudits d’une école. En fait, on constate même que d’ailleurs ce ne sont pas forcément les plus brillants qui prennent le plus facilement la parole. Pas les plus brillants dans le sens où ils n’ont pas moins de connaissances que leurs camarades plus discrets mais que ces élèves ont plutôt tendance à être victime de leur propre suffisance. Se croire au-dessus des autres et penser avoir déjà atteint la perfection est la preuve d’un manque de modestie certes, mais surtout de recul et de bon sens. Rien n’est jamais parfait, tout est toujours perfectible. Après, il faut savoir se poser des questions judicieuses, regarder aussi bien le chemin parcouru que celui qu’il reste à parcourir. Ne pas s’auto-freiner en proie en doute ou au contraire par suffisance de soi. Les élèves trop vaniteux ne sont pas les meilleurs, et tant qu’ils ne redescendront pas sur terre, ils ne progresseront plus tandis que d’autres peut-être moins érudits à la base les distanceront. 



Aux yeux du professeur Osadani, l’assurance excessive était parfois ce qui faisait du tort à ses élèves de A, surtout en comparaison aux B dont ils trouvaient la mentalité plus à même d’affronter la réalité de la vie professionnelle à venir qu’une bonne partie de la classe de A qui étaient parvenu à se hisser pour certains avec facilité à un tel niveau plus qu’admirable du fait de leur génie naturel, grâce aussi à leur milieu social particulièrement favorable à la culture et à l’érudition…etc. Cependant, le professeur ne dénigrait pas non plus le mérite de ces jeunes gens. Certains d’entre autres avaient sûrement dû faire preuve de nombreuses heures de travail acharnées, passionnées, pour arriver dans cette classe, et plus nombreux encore devaient être ceux qui continuaient à étudier rigoureusement pour rester à ce niveau. Le défi des A était de ne pas laisser les B les rattraper, alors que dans les classes de B on agitait la carotte de l’ascension en A pour motiver les élèves à décupler encore plus d’efforts. Mais il est vrai que l’enseignant avait en tête un jeune homme, un de ces élèves qu’il connaissait plus particulièrement que les autres et dont il savait que l’assiduité au travail était loin d’être exemplaire contrairement à ce que ses notes peuvent laisser croire. D’ailleurs, même si tel n’est pas encore l’objectif personnel de ce garçon, ses parents eux ont fait part au professeur leur souhait de le voir intégrer Todai, auquel cas, le jeune homme devrait probablement enfin commencer à réellement étudier.



Néanmoins, l’heure n’était pas à ce garçon en question mais à la littérature. Le commentaire de texte présenté par Togashi Teppei était tout à fait intéressant, pertinent, mais pas non plus dénué de quelques failles. Cependant, le professeur préféra laisser la parole à ses camarades de classe avant de la prendre lui-même. Effectivement, quelques élèves ne manquèrent pas de faire part de leur avis sur le sujet. L’élève était brillant, mais ses collègues ne l’étaient pas moins. D’autant que d’une manière générale, les A avaient la fâcheuse tendance à se tirer la couverture. Inutile de préciser qu’ils furent bien avares en compliment, évoquant brièvement les points forts du commentaire pour appuyer, insister, bien enfoncer le clou sur les éléments qui ont été omis, parfois simplement survolés alors que certains les jugeaient primordiaux, ils discutèrent la pertinence du plan, en proposèrent d’autres qui leur semblaient plus judicieux. Certes, les différences de structures et d’organisation étaient parfois infimes, mais n’était-ce pas la signature des A d’être aussi tatillons ? Surtout pour une classe qui rassemble la dernière année de lycée, ceux qui se sentent supérieurs à leur semblables, et la première année universitaire, ceux qui veulent conforter leur supériorité, faire leurs preuves dans ce nouvel univers que celui des études supérieures.

Plutôt que de se prononcer de suite, le Professeur donna la parole à deux autres élèves souhaitant soumettre leur travail sur le même texte. Tous étaient d’une très grande qualité, tous avaient une logique pertinente et présentaient un grand intérêt de réflexion, et en même temps, tous avaient leurs failles, infimes, mais dans la recherche de la perfection toujours améliorables. Ces discussions avaient permis aux élèves de juger entre eux, eux-même leur propre travail, d’y réfléchir, à moins qu’il ne soit trop borné auquel cas le seul à en être pénalisé serait lui même, sur le court ou à plus long terme. Cette démarche était de loin la plus efficace pour apprendre plutôt que de se contenter de gratter sur une feuille de papier pendant des heures un cours dicté par le professeur sans la moindre réflexion, en parfaits automates, comme dans un cours magistral.

Au final, le professeur ne proposa pas un plan qui aurait élaboré lui-même mais il en construisit un avec sa classe qui faisait la quasi unanimité auprès des élèves. Ce travail avait déjà pris sur une bonne partie de la séance. Celle-ci durant trois heures, car telles sont les matières les plus importantes au niveau universitaire, au moins, il restait néanmoins pas mal de temps pour la suite du cours. Avant de passer à une dernière phase de méthode, le professeur passerait donc une heure à dicter le cours pour que les élèves prennent en note. En général, son cours de littérature se déroulait de la sorte, sauf séances exceptionnelles, par une phase « Fondamentale » avec notamment la présentation de commentaires oraux, une phase de cours magistrale et enfin, une phase de méthodologie, le plus souvent en adéquation avec la fondamentale, par conséquent, l’organisation chronologique différait de temps en temps. Donc, pour cette seconde partie du cours, les élèves auront principalement à gratter sur leur feuille à un rythme soutenu mais avec les A, la cadence ne posait pas spécialement de problèmes en principe…
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MessageSujet: Re: Cours du Professeur Osadani : Littérature Dim 22 Mar - 12:22
Le professeur n'étant plus disponible, j'archive ce Rp.

Bon jeu.
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MessageSujet: Re: Cours du Professeur Osadani : Littérature
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