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[Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi)

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MessageSujet: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Mar 16 Déc - 12:51
Première journée de cours ? Une chose de faite ! Bonne ou mauvaise, en toute honnêteté, je ne me sentais pas à même de juger. A la pause déjeuner, j'étais passé par l'administration pour obtenir les informations qu'il me manquait encore, tels que mon numéro de casier dans les vestiaires de sports, le code pour l'ouvrir, ou encore plus important mon numéro de chambre. Les cours étant finis, n'ayant rien de particulier à faire, puisque j'étais interdit de toutes sorties en-dehors de l'enceinte de l'établissement et que je connaissais encore personne. Personne ? Ce n'était pas tout à fait exacte puisque j'avais pu constater que, le hasard étant bien surprenant parfois, il y avait parmi les élèves de ma classe deux personnes que j'avais pu rencontrer au milieu de marché de Noël quelques jours auparavant. Ils m'avaient l'air tous deux sympathiques, et la fille, Juliet si ma mémoire ne me trompait pas semblait vraiment d'une compagnie très agréable et chaleureuse. Cependant, la journée de cours s'étant achevé par nos cours de spécialité, nous avions été séparé et j'avoue de pas avoir entrepris la démarche de me lancer à leur recherche pour faire plus ample connaissance. J'aurais bien assez l'occasion dans les jours et même les semaines à venir. Pour l'heure, j'étais fatigué. Mon entraînement de Baseball ne s'était pas très bien passé, je n'étais pas en grande forme. Je peinais encore à me réadapter aux changements engendrés par mon retour de France.

De plus, je n'avais pas encore vu ma chambre et il fallait bien que je range mes affaires et fasse mon lit. Quand je fus arrivée devant la porte de la chambre 52, je pris soin de toquer à la porte. Pas de réponse. Je l'ouvris alors, personne. Tant mieux. Je dois avouer que je me suis senti soulagé de constater que la pièce était vide. Deux lits semblaient déjà occupés ainsi que les étagères qui y étaient associés, mais leur propriétaires n'étaient pas encore revenus et cela m'arrangeait. Non, je ne comptais pas changé du tout au tout et devenir brusquement un garçon complètement associable. Je ne tiendrais pas longtemps à supporter de me sentir isolé, mais à ce moment précis, j'avais juste besoin d'un peu de quiétude et de répit. J'avais besoin de temps...

Le chauffeur était revenu dans la journée et avait monté mes affaires personnelles dans la chambre. L'une des domestiques avait dû l'accompagné car je constatai que mon lit était déjà fait. Toutes leurs attentions bienveillantes à mon égard étaient agréables, mais en contre-partie, j'avais l'impression d'être considéré comme un véritable gamin. Dans un sens, j'étais bien content de ne pas vivre toute la semaine à la maison, sans doute aurais-je eu du mal à supporter tous ces restrictions dans mon autonomie. Même si j'étais enfermé dans l'école, le fait d'être interne préservait une certaine part de mon indépendance.

Je m'avançais jusqu'à mon lit, laissant tomber au sol mon sac de cours sans la moindre précaution. Je posai ensuite un genoux au sol et me penchai pour vérifier quelque chose. Un sourire se peignit sur mes lèvres. Elle était bien là ! Il semblerait que les domestiques de la famille me connaisse bien, ils avaient pensé à déposer sous mon lit ma précieuse batte de baseball fétiche, celle dont je ne me servais qu'en de rares occasions, celle qui avait appartenu à mon père et à son père biologique avant lui ! Un trésor.

Je me redressai ensuite pour me laisser choir sur à plat ventre sur lit. Le nez enfoui dans mon oreiller, je tournai la tête sur le côté. Mes yeux se perdirent dans la chambre. Je regardai vaguement les affaires des mes futurs camarades de chambre. Apparemment, il restait encore un lit d'inoccupé. Je me demandais quel genre de personnes ils sont... Une vague de nostalgie m'envahit. Je me tournai alors sur le dos, les bras étendu, l'un pendant dans le vide, les yeux rivés au plafond. Mon esprit était embrouillé d'un tas de sentiments parfois contradictoires, de questions... Je me sentais totalement perdus sur tous les points. Où étais-je ? Qui étais-je ? A quel rêve me raccrochai-je ? Mes repères et mes convictions s'étaient effondrés. A vouloir voler trop près du soleil, je m'y suis brûler les ailes... Et c'est un bâtiment tout entier qui s'était embrassé !

Je me tournai une fois de plus, cette fois sur le côté, face au mur. Je ne voulais pas penser à tout cela. Je voulais chasser ses images et ses souvenirs de mon esprit. Je fermai les paupières. Pour le moment, j'étais fatigué. J'avais mal à la tête. Je voulais simplement me reposer...
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Mer 24 Déc - 21:34
La journée avait été longue. Longue et épuisante. Une journée comme une autre quoi. Celle qui ressemblait à celle d'hier, d'avant-hier, de presque chaque jour de la semaine à bien y réfléchir. C'était toujours le même scénario qui se reproduisait, toujours le même ennui, écho infini dont il semblait prisonnier. Et cette lassitude qui prenait part progressivement de tout son être. Décidément, même en essayant de se mentir et de se sentir bien, de rire et de profiter de la vie, Yamato ne trouvait pas sa place. En avait-il seulement une quelque part ? Oh et puis qu'importe. Il devait juste continuer sur cette voix s'il voulait être un minimum tranquille. Etre respecté et entouré, c'est ce à quoi il aspirait. Son passé de souffre douleur rejeté, plus jamais il ne se reproduirait. Il serait prêt à tout pour ça. Et de toute façon, c'était la seule chose qui importait à ses yeux, bien plus que ses faux amis ou sa prétendue famille.

S'il avait été cours ? Pas à tous, mais il avait au moins fait l'effort d'être présent une partie de la journée. En cours principal bizarrement. Même s'il n'avait fait que parler de choses futiles et banales, puis jouer au carte, on ne pouvait pas dire qu'il n'avait pas fait l'effort d'être présent. Néanmoins, le cours de chant auquel il était toujours là avait brillé de son absence. S'il était malade ? Nullement, il allait parfaitement bien. Seulement... Il ne savait plus trop s'il devait vraiment continuer sur cette voix. Bien qu'il se répétait ne pas avoir d'avenir, bien qu'il ne voulait pas suivre les pas de son frère, il avait prit cette foutue matière. Et si auparavant chanter avait été un plaisir, maintenant, c'était un fardeau. Du moins, quand il s'agissait d'une prétendue carrière, parce qu'au karaoké où il avait passé le plus clair de son après midi, il ne s'était gêné. Allait-il se faire engloutir par l'ombre de ce frère si parfait ? Ou peut être était-il la tache venant souiller le tableau de la famille ayant réussi mais traînant un boulet comme lui. Il ne le savait, ou plutôt, il avait peur de voir la réalité en face. Alors il se leurrait, avec la clope, avec la baston, avec une bande de potes dont il n'avait jamais apprécié les qualités. C'était des ratés, comme lui, ni plus ni moins.

Sac balancé derrière l'épaule, démarche fière et traînement de savate. Position assez particulière, certes, mais Yamato n'aimait pas être assimilé aux autres apparemment. Non, il n'était pas fier. Au contraire, il était bourré de tels complexes, qu'il étouffait jour après jour. Mais ça, c'était hors de question de le montrer. Il ne serait plus jamais faible devant quiconque. Le jeune homme n'avait que trop compris où ça menait. C'est pour ça qu'il avait bâti un mur le protégeant des autres. Certes, le vrai lui était encore là... Mais qui sait pour combien de temps. Finirait-il par devenir un parfait salopard ? Vu ses fréquentations, il ne fallait pas se leurrer, il n'irait pas loin en tout cas. En même temps, les autres sections le regardaient souvent de haut, ou le craignaient. Quant aux filles... Comment vous dire qu'elles n'étaient pas trop sa tasse de thé ? Trop difficile, trop tordues, trop maniaque, demandant trop d'attention... Rien que de les écouter était épuisant. Enfin, peut être n'attirait-il pas non plus les plus intelligentes ces derniers temps ! 

Bref, à quoi bon parler de sa vie ? De toute façon, ce n'était pas comme s'il allait la raconter ou se confier à qui que ce soit. Il n'était proche de personne. Du moins, il le croyait. Ses pas lourds se rapprochèrent du dortoir, puis de sa chambre où il ouvrit la porte et entra. Depuis quelques jours, il la partageait avec un anglais qui lui paraissait pour le moins prétentieux. Un A qui plus est... Autant dire qu'il n'avait pas cherché à s'en rapprocher ni à taper la discut ! Il se trompait peut être, mais de toute façon, ce n'était qu'un coloc. Ce n'est qu'arrivé vers le milieu de la chambre qu'il se rendit compte que quelqu'un squattait le lit en face du sien. Un nouveau ? Surement. L'administration aurait pu prévenir tout de même ! Balançant son sac sans ménagement sur son lit, il s'assit au bord de celui ci, pour se trouver face au nouveau venu. 

"Yo !"


Ouais, super chaleureux l'accueil. Ba, il ne fallait pas s'attendre à trop de sa part. Il fut cependant curieux de découvrir le visage du nouveau venu, qui restait caché car tourné du coté du mur. Surement ne l'avait-il pas entendu rentrer plus tôt. Non, il n'avait pas parlé pour lui souhaiter bienvenue, juste pour qu'il bouge et qu'il puisse voir sa tête.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Jeu 25 Déc - 15:02
Mes paupières étaient closes. Me suis-je assoupi ? Peut-être… Ma seule intention était celle de faire le vide dans mon esprit. Je ne demandais quelques instants de répit où je ne penserais plus à rien. Plus facile à dire qu’à faire. Si au début, j’essayais de me concentrer sur une représentation du néant, les pensées s’immiscent toujours inexorablement dans notre tête, nous entraînant dans leur danse avant que nous ne nous en rendions compte…

Pourquoi mon coeur était-il pincé de la sorte dans ma poitrine ? C’était l’une de ces sensations qu’on ne parvient pas plus à expliquer qu’à apaiser. Une vague de malaise, de mal être… Au fond de moi, je devais simplement être profondément triste d’être de retour au Japon. Pourtant n’était-ce pas là mon pays natal ? Là où j’avais passé toute mon enfance ? Où j’avais laissé ma famille et mes amis ? Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ma famille, les choses seraient comme avant, je ne les verrais qu’occasionnellement, même ma soeur. Je serais toujours le petit cadet, celui qui marche dans l’ombre d’une soeur qui a su tracer sa voie alors que j’ignore encore ce que je veux faire de ma vie. Qui je suis ? Un adolescent comme les autres en proie aux nombreuses questions existentielles qui encombrent notre esprit à cet âge, et pendant bien des années encore, peut-être même tout au long de notre vie…

Mes amis ? Je n’en ai plus ici. Il ne m’en reste qu’un seul. Celui qui ne m’abandonnera jamais, qui ne renoncera jamais : Seiichi. Tous les autres, j’ai perdu contact avec eux peu de temps après mon arrivée en Angleterre. J’avais trop honte. Je n’étais plus « l’admirable » Kaïto Jotaro qu’ils connaissaient, je n’étais plus que le minable petit asiat’ de service qui se faisait rejeté par les autres. J’avais peur que l’image qu’ils avaient de moi ne change. Je ne voulais pas, alors peu à peu, la distance s’est installée et tous les liens d’amitiés se sont rompus. A l’exception d’un seul. Même si je me suis bien gardé de tout lui raconter, je ne pouvais couper tout contact avec Seiichi. Je ne le connaissais que trop bien. Deux jours sans nouvelle de ma part, sans avoir été prévenu et il aurait fugué pour prendre un vol jusqu’à Londres et venir me retrouver. Je l’en sais parfaitement capable. Ne devrais-je pas en faire autant ? Je n’ai pas sa témérité. Peut-être est-ce parce que je ne l’aime pas autant que je le pensais ? Si j’aimais vraiment Jordan, ne serais-je déjà pas retourné en Allemagne pour la revoir, pour qu’elle m’explique ? Un tel acte n’arrangerait pas ma situation, je me retrouverais probablement consigné à résidence jusqu’à ma majorité, et pourtant, si j’étais sincèrement amoureux, ne prendrais-je pas ce risque ? Me suis-je donc trompé à ce point ? Pourtant, je l’ai suivi aveuglément pendant ces deux années. Je crois que j’étais prêt à faire tout ce qu’elle me demandait sans même en avoir conscience. N’était-ce pas le cas ? Qui m’aida à m’intégrer ? Qui me fit découvrir ces soirées européennes ? La cigarette ? L’alcool ? Et même un peu la drogue, douce ? Jordan était présente dans toutes mes nouvelles expériences. Aurais-je été le même sans elle ? Ne suis-je pas en train de me cacher derrière un prétexte pour m’excuser de tous les écarts que j’ai pu commettre ? Personne ne m’a forcé. Tout ce que j’ai pu faire, je l’ai fait parce que j’étais d’accord. Juste pour elle ? Peut-être… De toute façon, tout ceci appartient au passé désormais.

Lorsque je suis parti en Europe, j’avais eu l’impression que toute ma vie passée au Japon était comme un livre qui se ferme, tandis qu’une nouvelle histoire s’écrivait en direction de l’avenir. J’avais vraiment en vie d’écrire ma vie loin du Japon, de ne plus retourner vivre là-bas. Jamais je n’aurais imaginer rentrer aussitôt. Au final, ce fut ma vie en Europe qui ne fut qu’une brève parenthèse, un chapitre dans un récit qui se conte inexorablement au Japon ? Je n’ai plus l’impression d’être ici dans mon pays. Je suis un enfant du monde. J’ai des ancêtres de toutes origines. Je suis dans le Japon de ma mère et de toute sa famille, j’ai découvert l’Allemagne de son père et où elle a passé son enfance. J’ai découvert l’Angleterre de ma grand-mère. Je voudrais aller un jour déposer des fleurs sur les tombes de mes aïeuls, Reed, Léopold et Alexander O’Connor, reposant éternellement dans un cimetière de l’armée américaine. J’aimerais sentir le parfum des fleurs si précieuses de mon arrière-grand-mère paternelle, de sa soeur et de leurs propres ancêtres, dans le jardin de ce château en Espagne, aujourd’hui inhabité, entretenu par les bons soins des artisans et des jardiniers afin que jamais la mémoire de ce lieu ne meurt. J’ai des attaches aux quatre coins du monde, et pourtant, je ne me sens plus nulle part chez moi. Peut-être que si je retournai dans la maison de mon enfance à Himeji ? Cependant, les souvenirs ne me rappelleraient-ils pas à quel point je n’ai pas avancé d’un pouce depuis tout ce temps ? Au contraire, n’ai-je pas plutôt reculé ?

Je ne sais pas où je vais. Je veux devenir joueur de baseball professionnel, mais n’est-ce pas plutôt le rêve de mon père et celui de son père biologique avant lui ? Je ne suis qu’un adolescent comme les autres en pleine errance au sujet de son avenir à la différence que je n’ai nulle nécessité de me trouver un avenir. Je serais à la tête d’une véritable fortune, tout d’abord à ma majorité et encore plus au fil du temps, mais pourquoi faire ? Je peux me contenter d’être un oisif jusqu’à la fin de mes jours. Et quoi que je fasse, j’ai l’impression qu’il y aura toujours un nom derrière le mien pour entacher le mérite qui pourrait m’être dû pour ma réussite. J’ai l’impression de courir après un rêve que moi-même je n’arrive pas encore à déchiffrer. Peut-être que je ferais mieux de partir m’isoler dans le château des terres d’Espagne et passer le reste de mon existence à prendre soin des plantes de mes aïeules ?

L’idiotie de ma pensée me fait sourire. Je serais incapable de mener une telle existence. Tout simplement parce que je suis incapable de faire quoi que ce soit tout seul. Je ne suis pas fait pour la solitude. Je détends totalement des autres contrairement à ce qu’ils semblent tous croire.


Un son parvint alors à mes oreilles m’extrayant de mes pensées à demi-ensommeillées un peu trop profondes et à la limite du torturé pour quelqu’un qui ne cherchait qu’à se reposer. Je me trouve vraiment étrange ces derniers temps. Ce bruit qui m’a extirpé de ma torpeur… J’ouvre les yeux et écoute. Il semblerait qu’il y ait bel et bien quelqu’un. Je me redresse alors pour me retourner vers cette personne qui me salua dans le même temps de manière très brève. Je ne reconnus pas sa voix. Même, je crois qu’il me fallut quelques instants, alors que je m’asseyais sur le rebord de mon lit face à lui pour réaliser. Un regard. Ce visage. Impossible ! Je ne pouvais me tromper !

« Yamato ?! » m’exclamai-je alors d’une voix relativement coupée par la stupéfaction.

Je regardai de mes yeux étonnés ce visage incroyablement connu.

Est-ce vraiment lui, Kazeyama Yamato ? Celui avec lequel je fus ami pendant plusieurs années ? De l’école primaire jusqu’à collège, jusqu’à ce qu’il quitte la ville d’Himeji pour aménager à Tokyo et qu’il coupe finalement les ponts avec ses anciennes connaissances ? Je me souviens qu’à l’époque plusieurs amis en commun avaient eu le silence brutal de Yamato en travers de la gorge. Moi aussi. Cependant, je n’en ai jamais rien dit et j’ai toujours voulu penser qu’il devait avoir une bonne raison de le faire, qu’il y avait une explication à tout cela. Le silence n’est pas synonyme d’oubli, n’est-ce pas ?

« Yamato, c’est bien toi ? » lui demandai-je alors qu’un sourire s’épanouissait sur mes lèvres.

Je me levai alors. J’étais vraiment heureux de retrouver un visage familier et amical dans ce pays que je ne reconnaissais plus comme étant le mien. Yamato ne pouvait imaginer à quel point sa simple présence venait de me donner l’impression de me libérer d’un poids immense.

« Tu te souviens de moi ? Jotaro. Kaito Jotaro, nous étions à l’école ensemble ! »

Je me rasseyais sans que le sourire ne quitte plus mon visage.

« Ça fait vraiment longtemps ! Si je m’attendais à te retrouver ici ! Ça me fait plaisir de te revoir ! »
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Lun 29 Déc - 15:02
Finalement, la journée d'aujourd'hui était différente de celle d'hier. Par la simple présence de ce nouveau venu dans sa chambre. Certes, il ne savait encore si c'était une bonne ou une mauvaise chose, mais au moins, la routine avait été bouleversée. Et dans un sens, ça faisait du bien. Parce que si les jours s'étaient ainsi succédé longtemps, il aurait fini par perdre la boule, indéniablement. L'inconnu finit visiblement par l'entendre et se releva en position assise pour lui faire face. La première chose qu'il remarqua, ce sont ces mèches blondes qui venaient décolorer sa tignasse de jais. Si ce n'était pas la première fois qu'il en voyait, loin de là, il supposait néanmoins que pour avoir ce genre d'envie et de "cran", il fallait être en C ou en D. Les autres étaient trop parfaits et avaient peur de se faire mal voir... Un sourire vint alors imperceptiblement orner ses lèvres. Au moins, il ne serait pas comme l'autre prétentieux. Du moins, il l’espérait fortement. Ses yeux vinrent alors scruter son visage et si au départ rien d'anormal ne lui venait à l'esprit, désormais, quelque chose clochait. Ce visage, il le connaissait ! Les traits avaient légèrement changé, la carrure également, mais cet homme en face de lui, il n'y avait aucun doute il l'avait déjà vu un nombre incalculable de fois auparavant. 

Alors qu'il était perdu dans sa contemplation, essayant de faire revenir un temps soit peu sa mémoire, l'inconnu -pas si inconnu que ça désormais- l'appela par son prénom. Surpris, son regard se perdit un instant dans le sien, comme si celui-ci lui en apprendrait plus sur son propriétaire. Très peu l'appelaient par son prénom. Ils étaient même vraiment rare. D'habitude c'était "Kazeyama", voir "Kaze" s'ils étaient un peu plus proches. Et pourtant, c'était sorti avec tellement de naturel de sa bouche qu'il avait du avoir l'habitude de l'appeler ainsi. Quant à sa voix, quelque chose en elle lui rappelait des souvenirs. Elle était devenue plus grave, mais le timbre était reconnaissable. Et ces yeux où une pointe de vert, couleur si rare pour un japonais, venait s'insinuer... Il n'y avait aucun doute. Et pourtant, jusqu'à ce qu'il dise lui même son prénom à voix haute, il refusait l'évidence. Comme s'il était impossible que leurs chemins se recroisent un jour. 

"Jota...? M-Mais, tu n'es plus à Himeji ?"


Ouvrant de grands yeux ébahis, ayant tout à coups des vertiges, Yamato ne ressemblait plus au garçon fier et solitaire qu'il avait prit soin de bâtir ces dernières années. Non, au contraire, il perdait pied. Le mur s'était soudain écroulé, après des années difficiles de constructions, laissant pour seul vestige un petit garçon blessé, seul et abandonné. Cela ne dura bien sur qu'un instant avant que les édifices ne se reconstruisent derechef. Mais ce court instant suffit à le déstabilisé du plus profond de son être. Pourquoi avait-il décidé d'oublier déjà ? Pourquoi l'un de ses meilleurs amis étaient passé ainsi aux oubliettes ? Tout simplement parce qu'il ne redeviendrait pas celui qu'il était avant... Ils connaissaient le garçon enjoué, celui qui savait déconner. Mais le souffre douleur qui ne pouvait faire autrement que raser les murs, ils ne le connaissaient pas ! Et encore moins celui qu'il était à l'heure actuel. Un D, bagarreur, idiot, incompétent... Parfait exemple du rebut de la société, simple déchet non recyclable qui polluait jusqu'à ce qu'on le ramasse et le foute aux ordures. Il leur ferait honte, il leur ferait peur, il les décrédibiliserait auprès de ces adultes si corrompus et immatures. Et parce qu'ils n'étaient plus du même monde, il avait fait une croix sur tout.

Relevant les yeux -qu'il avait baissé au moment de son vertige-, il posa un instant sa tête contre sa main, avant de s'ébouriffer les cheveux avec dynamisme. Il fallait qu'il l'oubli. Mais il n'en avait pas envie. Et puis... Lui non plus n'avait-il pas changé depuis toutes ces années ? Que signifiait ses mèches ? Était-il dans la même classe que lui, lui qui avait toujours été une tête ? Tombé en D ? Enfin, lui aussi était parmi les plus intelligents... Était. Il n'avait rien perdu de son savoir, et on le trouvait même à étudier quand il n'avait rien à faire. Mais... Ce n'était plus comme avant. Et même s'il pouvait avoir de bonnes notes, son cerveau était abruti par la clope, détruit par les événements. Et si pour le moment, tout ce qu'il avait fait était plutôt soft, désormais, il était bien à la limite de commencer réellement les conneries. Dieu lui avait-il envoyé Jota comme salut ? Quelle connerie, comme s'il existait... Mais son apparition si soudaine ne pouvait le laisser de marbre, et bien qu'il ne sache pas trop à quoi s'en tenir, il ne put refréner les mots qui s'échappaient de la barrière de ses lèvres.

"Moi aussi, tu m'as manqué."


S'il regrettait ? Oui et non... Pour la première fois depuis un bail, il avait été sincère. Et pour la première fois depuis des années, c'était un vrai sourire, jovial et sincère qui venait éclairé son visage, devenu si froid et immobile au cours du temps. Bien que ce ne soit que pour quelques secondes, l'ancien Yamato qu'il croyait mort refaisait surface.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Mar 30 Déc - 8:25
Kazeyama Yamato… Revoir son visage me rappelle des souvenirs, me renvoie brusquement dans le passé, un agréable passé. Ce sont les images de mon enfance qui me reviennent en mémoire. La cour de l’école primaire, nos rires et nos jeux d’enfants. Les avions en papier qu’on s’envoyait les uns aux autres à travers la salle de classe dans le dos de l’instituteur. Les plus maladroits qui se faisaient surprendre. Yamato et moi, inarrêtables. Inséparables. Je nous revois courir après la balle dans l’herbe sur la berge de la rivière. Une passe et un but. Le cri de victoire de notre équipe, et puis la revanche avec les copains. Je nous entends rire comme des enfants. Je me rappelle nous regards complices et nos sourires. L’école primaire mais aussi le collège. Toujours bons élèves, mais jamais les derniers pour s’amuser et faire des bêtises non plus. Des bêtises pas bien méchantes, des farces, des petits coups de folie, des défis…etc. Une vie d’enfant et d’adolescent comme beaucoup ont dû en rêver. Nous n’étions jamais seuls. Il y avait toujours des copains sur qui compter. Et parmi eux, Yamato tout particulièrement ; tandis que de son côté, il savait - j’espère - qu’il pouvait toujours compter sur moi en cas de besoin. J’étais le Capitaine de notre bande, je voulais conquérir le monde et un homme qui veut atteindre les sommets ne peut le mériter en laissant ses amis derrière. Nous étions heureux. Nous avions tous des rêves et des illusions pleins les yeux.

« Himeji… »

Le souvenir de ma ville natale. Je n’y étais retourné depuis mon départ pour l’Europe. Je ne sais si j’aurais préféré retourner y vivre plutôt qu’à Tokyo. J’aimais cette petite ville, cependant, n’aurais-je pas eu l’impression de revenir fatalement à la case départ sans avoir avancer d’un seul pas ? Revoir Yamato, entendre le nom de ma ville, l’envie d’y retourner, ne serait-ce qu’un jour, une heure s’éveilla en moi. J’avais envie d’y retrouver tous amis, de retourner sur les lieux si important de notre passé : l’école, la cour et la salle de classe, le collège, le toit et le stade, les rues de la ville, le karaoké, les berge de la rivière, le parc, ma maison… Cette immense demeure traditionnelle datant elle aussi, comme les châteaux face auxquels elle n’avait pas à rougir de l’époque médiévale, la cour intérieur, le grand mur clôturant le jardin lui aussi dans la tradition japonaise, alors, malgré son immensité, interdiction formelle de jouer, de courir, de taper dans le ballon entre les allées de pierres jonchées de fleurs, les petits ruisseaux où les poissons coulent de jours paisibles, sur les petits ponts de bois, entre les arbres et les cerisiers… Une vraie vie de Petit Prince, je suis forcé de le reconnaître. Pourtant, quand je pense au bonheur de ces années-là, ce sont d’abord les visages des gens qui m’entouraient, leurs sourires et leurs éclats de rire qui me reviennent en mémoire avant de penser à toutes ses richesses.

Je souriais et au fond de moi, j’étais ému de retrouver par le plus grand des hasards, dans la même chambre d’internat, l’un de mes meilleurs amis d’enfance. Ça me fait un peu rire, j’ai l’impression que nous sommes des petits vieux à nos retrouvailles ! Et le con, c’est qu’il va m’atteindre en me disant que je lui ai manqué ! Surtout avec une tête et une voix pareille ! Mais je suis heureux ! Je suis heureux de savoir que malgré tout Yamato ne nous a pas totalement oublié avec son départ, qu’il ne nous a pas définitivement délogé de son coeur. Je sais que je n’en ai pas l’air, mais je suis un « grand » sensible ; non pas que j’ai la larme facile ou autre, mais je suis très attentif à ce que les gens autour de moi peuvent ressentir - certains me disent que je dois apprendre à me détacher de ce sentiment, personnellement, pour le moment, je ne sais pas trop quoi en penser -, et une fois que j’ai accordé une petite place dans mon coeur à quelqu’un, il m’est vraiment très difficile de l’en déloger. Paraît-il que c’est autant une force qu’une faiblesses… Mais le fait que les gens sachent que je ne les abandonnerai pas, m’octroie plus facilement leur confiance et leur fidélité.

Yamato et moi, nous fîmes face quelques instants, un sourire au coin de mes lèvres. Puis, finalement, je me levai dans un doux soupir. J’effectuai quelques pas vers lui et lui fit signe de se lever aussi. Une fois debout face à face, je fis fît des manières et adressai à ce si bon ami une accolade, de celle de ses étreintes entre hommes pour se montrer son affection tout en conservant la fierté de sa virilité. A vrai dire, j’en avais plus rien à faire de cette pudeur, cependant, quand j’eus effectué ce geste, je réalisais alors que Yamato était toujours un japonais et qu’une telle « proximité » entre homme risquait de fortement l’étonné. Je me reculai alors, toujours souriant, légèrement riant :

« Ah ! Excuse-moi, j’ai encore des restes de la culture occidentale semblerait-il ! »

Je me dirigeai alors vers la fenêtre pour jeter un regard par delà les carreaux transparents.

« Me prenais-tu donc juste pour un grand rêveur, Yamato ? » plaisantai-je avec légèreté.

Je me retournai pour lui faire face alors que je m’adressai à lui et m’accoudai au rebord de la fenêtre dans mon dos.

« J’ai pourtant dû vous bassiner avec mes projets de voyages dès la première année de collège, la seconde tout au plus. Je ne dis jamais de paroles en l’air, racontai-je avec bonne humeur mais sans excès démonstratif non plus. J’ai quitté Himeji, il y a plus de deux ans et je suis partie en Europe. »

Je quittai la fenêtre pour revenir en direction de mon lit.

« Je ne suis de retour au Japon seulement depuis quelques jours. »

Je me rassis sur mon lit au niveau du pied de celui et me laissai retomber en arrière pour étendre mon dos sur le matelas, les yeux rivés vers le plafond et les pieds encore au contact du sol.


« Entre le décalage horaire et le contraste culturel, je me sens encore totalement déphasé… »

Un court moment de silence, puis un sourire s’épanouit à nouveau sur mes lèvres.

« Enfin ! Je devrais réussir à m’en remettre ! » en riais-je à moitié.

Je m’étais redressé en même temps et me tenais donc à présent assis, de nouveau en face de mon interlocuteur.

« Et toi, Yamato ? Qu’es-tu devenu depuis ces… ça fait presque quatre ans maintenant, non ? essayai-je de me remémorer. Tu vis donc toujours à Tokyo ? Tu es dans cette école depuis le début du lycée ? Des nouvelles des autres ? » me renseignai-je.

Il est vrai que dans ma tête, Yamato avait fini par rompre tout contact avec nous peu de temps après son départ de Himeji, mais j’étais moi-même parti par la suite et ce depuis plus de deux ans, entre temps, il aurait très bien renouer avec des amis que j’avais moi-même « perdu » avec la distance.


(PS : Désolée, j'ai pas réussi à faire mieux :/)
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Sam 3 Jan - 15:05
Le silence s'installa un instant, comme religieux, et les deux amis de longue date se dévisagèrent, un sourire logé sur le coin de leurs lèvres. A les regarder, on n'aurait pu se douter qu'ils ne s'étaient pas vu pendant si longtemps. Parce qu'il y avait toujours le même courant qui passait, comme si les années, bien qu'en les ayant changé, avait conservé leur lien intact. Et ce n'était pas plus mal. Au moins, le jeune homme aurait-il réussi à sauver quelque chose de son passé. Se levant comme demandé, il fut prit au dépourvu une fois de plus lorsqu'il se retrouva dans les bras de Jota. Depuis quand était-il devenu si familier ? Pas que ça le dérange franchement. Juste qu'il... Ne s'y attendait pas ? Oui, c'était en partie pour ça. Et parce que, vu comment certains étaient rigides et coincés, avec une simple accolade, ils avaient finir étiquetés gay. Enfin, il n'y avait personne. Alors pas de problème. La tête qu'il faisait lorsqu'un peu de distance les sépara de nouveau ne devait pas être des plus avenantes puisqu'il s'excusa. Mais en même temps... Ce n'est pas comme s'il avait plus l'habitude de tirer la tronche que de sourire !

"Des habitudes occidentales ?"


Comment ça occidentales ? On était en Orient là ! Et ça coûtait super cher de voyager là bas ! De quoi parlait-il voyons ? Avait-il fait un séjour prolongé en famille ? Il est vrai que ce dernier n'était pas japonais pur souche. Ou alors, un de ses cousins étaient peut être occidental et lui aurai t rendu visite ? C'était quoi ces histoires à dormir debout ? Depuis quand se faisait-il des films comme ça ? De toute façon, ses pensées tournèrent court quand il lui parla de rêver. S'il l'avait prit pour un rêveur ? L'adolescent ne se souvenait pas d'une telle chose. Peut être des fois ne l'avait-il pas prit au sérieux, mais sinon... En même temps, c'est pas comme si son passé était pour lui légèrement flou. A force de se focaliser sur certaines choses, il en avait oublié le plus important. S'il se souvenait vaguement de voyages, il n'avait pas fait plus attention que cela à l'information surement. Et puis... C'est peut être aussi parce qu'ils n'avaient pas été ensemble pendant leur première année de collège. 

"Je ne t'avais pas prit pour un rêveur, non. Mais j'avoue avoir un peu oublié toute cette histoire. Alors, tu es revenu au Japon récemment ?"


Information qui fut confirmée lorsque ce dernier quitta la fenêtre, sur laquelle il s'était logé pour lui rappeler le passé. Ainsi, il avait en partie réalisé ses rêves. Incroyable. N'y avait-il que lui qui avait fait du sur place ? Non, même pas du sur place... Il avait régressé. Tant et tellement qu'il est vu comme un déchet désormais. Ou peut être même pire ? Ouais, la plupart des adultes aimeraient bien l'éradiquer. Quant à ses parents... Surement voudraient-ils l'effacer de leur vie pour qu'il ne leur cause plus de problèmes ? Pour qu'il ne leur fasse plus honte ? Y avait-il seulement quelqu'un pour se soucier de son sort ? Il en doutait. Et pourtant, la venue de Jota lui redonnait un peu d'espoir, sentiment qu'il avait enfoui si profond qu'il ne le trouvait plus. Écoutant vaguement l'histoire du décalage horaire, la question qu'il ne fallait surtout pas poser arriva. Ce qu'il était devenu ? Rien. S'il vivait toujours à Tokyo ? Quelle importance ? Des nouvelles des autres ? C'est à peine s'il se souvenait de leur noms...

"Ouais, ça fait à peu près quatre ans que je suis à Tokyo... Et non, j'ai changé pas mal de fois de bahut. Le collège dans un, et le lycée dans un autre jusqu'à... Il y a environ un mois. Quant aux autres, je n'ai pas plus de leurs nouvelles que toi, apparemment, mais de toute façon, c'est un peu moi qui ai coupé les ponts."


Il avait parlé d'un ton neutre, comme s'il voulait absolument changer de sujet. Mais il se devait de répondre, sinon, ça paraîtrait louche ? Oh, et puis, à quoi bon lui cacher le fait qu'il avait été renvoyé ? De toute façon, tout le monde était au courant, et c'était un peu de là que venait sa "réputation"... Alors, d'ici quelques jours, son opinion sur lui changerait. Peut être qu'il ne voudrait plus le voir. Non, ça ne ressemblait pas à Jota. Mais qui sait, peut être serait-il déçu. Il ne s'attarda pas non plus sur la raison pour laquelle il n'avait pas donné de nouvelles, sujet tabou. Et s'il s’apprêtait à changer de sujet, la pendule au plafond devint alors son sauveur. 

"Il est l'heure d'aller manger, tu te ramènes ?"


Reprenant une allure décontractée, comme sauvée par le gong insonore, il se dirigea sans attendre de réponse de sa part vers la porte. Oublions la discussion passée. Le meilleure moyen de changer de sujet, de toute façon, avait toujours été la bouffe ! Voyant qu'il était prêt, il sorti en direction du réfectoire.
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Dim 4 Jan - 14:18
  « Hé hé hé ! »

Les poings sur les hanches, un sourire narquois au coin des lèvres, ma valise posée à mes pieds, au niveau de la grille du portail, je faisais face à mon nouvel établissement scolaire. Ou plutôt à l’ombre de ce qui devait être les bâtiments constituant mon nouveau complexe scolaire, parce qu’il faisait quasiment nuit et que je n’y voyais pas grand chose. Il y avait bien quelques lumières d’allumer aux fenêtres par-ci par-là, mais rien de plus. Je jetai un coup d’oeil à ma montre à mon poignet. Trop sombre, j’y vois que dalle ! Je sors mon téléphone portable de la poche de mon pantalon et allume l’écran. Voilà qui est mieux ! A cette heure-ci, tous les autres internes devaient être au réfectoire pour le dîner. Pas de temps à perdre ! Je filai vite à l’administration où la secrétaire m’indiquerait où trouver ma chambre, j’y balancerais ma valise et me précipiterais à la cantine ! Oui, j’ai faim mais pas que ! Puisque tous les élèves devaient s’y trouver, alors LUI aussi devrait y être ! Nyyyyyyyyyan ! J’allais enfin le revoir ! - et oui, je fais le chat, un problème ? - J’avais fini par obtenir gain de causes ! J’avais convaincu mes parents de me faire changer d’établissement scolaire au beau milieu de l’année pour rentrer dans une école pas spécialement prestigieuse qui acceptait quand même un peu n’importe qui,n’importe quand… Mais cette école avait quelque chose que nulle autre école en ce monde n’avait : Kaïto Jotaro ! Mon meilleur ami ! L’homme de ma vie ! Le Capitaine de mon âme ! Mon dieu vénéré ! Bordel ! On était resté en contact pendant tout ce temps mais ça faisait plus de deux ans qu’on ne s’était pas vu en chair et en os ! J’étais grave en manque !

Poing levé, le bras remonté devant moi, coudé plié, je redressai la tête, nez vers le ciel et fermant les yeux. Je sentais l’émotion monter en moi ! Un peu plus et j’en verserais ma petite larme ! Non, en vérité, j’avais envie d’en chialer toutes les larmes de mon corps au point d’en avoir la morve qui coule du nez ! J’avais l’impression que bientôt je vivrais le plus beau moment de toute ma vie ! Enfin, nous allions nous retrouver ! Alors qu’il essuierait mes larmes, il prendrait ma main dans la sienne et me demanderait en mariage ! Nous vivrions heureux et aurions beaucoup d’enfants !!!

/BAM/

Qui a mit un mur ici ? C’est dangereux et ça fait mal ! Je me frottai le front endolori par l’impact contre le mur. Puis, je contournais celui-ci, me rendait donc à l’administration. D’ailleurs, je ne m’étais même pas rendu compte que je m’étais mis en marche. A croire que mon inconscient, mon corps tout entier, le réclamait ! En ce lieu, nous serions à nouveau réunis, et rien ni personne ne pourra plus nous séparer ! Je ne vous raconte pas toutes les scènes que j’ai pu faire à mes parents pour qu’ils acceptent de me faire transférer ici - bizarrement mon précédent établissement scolaire ne s’est pas battu pour me retenir. C’est simple, j’étais tous en train de les rendre fous à la maison. Depuis que j’ai appris le retour de Jota au Japon et qu’il serait élève dans cette école - j’ai pas vraiment compris, je me serais plutôt attendu à ce qu’il intègre les écoles les plus prestigieuses et onéreuse de Tokyo, pourquoi celle-ci ? Il paraît que cette à cause de son arrivée tardive dans le programme scolaire - j’ai remué ciel et terre, planché et plafond pour pouvoir l’y rejoindre ! Je les bassinais à un tel point que je savais que j’avais plutôt intérêt à faire craquer mes soeurs en premier pour qu’elles supplient mes parents de se débarrasser de moi. Ça n’a pas loupé ! De plus, ma mère avait plaidé avec désespoir auprès de mon père que peut-être Jotaro pourrait avoir une bonne influence sur moi, comme par le passé et qu’avec la maturité qui devait être sienne à présent, il saurait faire de moi un élève plus sérieux. Je ne l’ai surtout pas contredit, mais je n’y crois pas trop personnellement.

Bref ! J’ai fini par arriver dans le bâtiment du dortoir des garçons, j’ai longé le couloir des chambres jusqu’à la porte 52, ma nouvelle chambre ! Au fait, petit détail mais qui a son importance, c’était bien la première fois de ma vie que j’allais être interne ! Je poussai donc la porte. Quatre lits… Cool ! Plus on est de Shuchi et plus on riz ! En plus, trois sur quatre semblait déjà occupé à en juger par les affaires qui étaient dessus ou dans les placards associés. Il ne me restait donc pas vraiment de choix mais, c’était bien important. Je jetai donc ma valise sur le lit libre et je m’apprêtai à m’en retourner aussi tôt au réfectoire lorsque dans ma précipitation, je fis tomber mon téléphone portable de ma poche, qui, chenapan, glissa sur le sous jusque sous mon lit. Je me mis donc à quatre pattes pour le ramasser, et alors que j’avais récupéré mon bien, j’ai tourné la tête m’apprêtant à sortir de sous le sommier lorsque quelque chose attira mon oeil sous un lit voisin. On dirait… On dirait… Une batte de baseball ? Petit un : trop cool, si un des gars de la chambre partageait la même spécialité que moi. Petit deux : je me fais des idées où cette batte ne m’est pas inconnue ? Alors, j’ai voulu me précipiter pour vérifier. J’ai oublié que j’étais toujours sous le lit et résultat, je me suis cogné. Décidément… Une fois que j’en fus enfin sorti, je sentis comme une odeur. Les narines exaltés, je reniflais l’air. Ce parfum… Je rampais à quatre pattes jusqu’au lit sous lequel se trouvait la fameuse batte. Je me penchais au dessus de sa valise de vêtement et reniflais toujours. Le parfum se faisait de plus en plus fort. J’ouvris la valise et en sortit un vêtement dans lequel j’enfouissais nez et visage afin de m’imprégner de cette divine odeur. Plus de doute possible … JOTA !!!!!

Je redressai ensuite la tête et la tournai vers son lit.

« Minute ! Cela signifierait-il que nous soyons dans la même chambre lui et moi ? Alors, ce lit est donc celui dans lequel il dort ???! »

Je bondis alors sur le matelas, toujours à quatre pattes, le postérieur tandis vers la porte d’entrée à l’autre bout de la pièce, je me saisis de l’oreiller et plongeai à nouveau mon nez dedans.

« Jotaaaaaaaa… »

Puis, je me fis la remarque l’odeur n’y était pas assez forte qu’on puisse véritablement dire qu’il ait dormi la tête reposée sur cet oreiller… Je n’eus pas le temps de pousser d’avantage ma réflexion que je crus percevoir un léger bruit et que je ressentis comme l’impression d’être observé…

Un instant de doute, je retournai ensuite furtivement la tête en direction de la porte d’entrée, et …

 «  JOTAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! » m’écriai-je fou de joie en fonçant droit sur lui à la découverte de son visage.

Je courus jusqu’à lui comme un fou pour le prendre dans mes bras avec la vigueur du bonheur qui emplissait mon coeur. Tout autre que lui qui était habitué en aurait sans doute perdu l’équilibre en arrière.

« Jota ! Je suis si heureux ! Tu m’as tellement manqué ! »

Je ne sais pas combien de temps je suis resté à le tenir dans mes bras, les paupières closes, ne voulant le lâcher pour rien au monde. J’écoutai son corps battre. J’aurais voulu m’endormir comme ça… Puis, mon meilleur ami me rappela à la réalité par un léger raclement de gorge. Ah ! C’est vrai qu’il y avait un autre gars avec lui ! Je relâchai donc mon étreinte à contre-coeur, et me tournai vers l’autre dans l’intention de le saluer lorsque :

« EEEEEEEEEEEEEEEEH ! KAZEYAMA! QU’EST-CE QUE TU FOUS LÀ ? »

Kazeyama Yamato ! Mon plus grand rival dans le coeur de Jotaro ! Pourquoi était-il là lui aussi celui-là ????
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Lun 5 Jan - 0:41
Pas besoin d’être un fin observateur pour comprendre que ma question que je pensais si anodine venait de quelque peu contrarier Yamato. Je ne savais pas exactement quelle partie de mon interrogatoire d’usage, mais sincère, lors de retrouvailles entre deux amis lui déplaisait le plus. Je l’avais déjà légèrement remarqué auparavant et à présent, c’était flagrant. Yamato avait changé ! Etait-ce donc ces quatre années dans la capitale qui avait fait de lui quelqu’un d’autre ? Etait-ce le fait d’avoir coupé tous les ponts avec ses anciens amis, dont je fais partie, qui le faisait sentir coupable et le mettrait à présent mal à l’aise ? Si on m’avait demandé, un an après les dernières nouvelles de sa part, si je lui en voulais, assurément aurais-je répondu par la positive. Je nous croyais tous amis et pourtant, son silence fut comme si nous n’avions été que des grains de poussière balayés par le vent. Avec le temps, l’eau est passée sous les ponts. Mon ressentiment s’est estompé. Je suis moi-même parti loin de ma ville natale. Je ne suis pas moi-même parvenu à conserver mes amis une fois séparés par la distance. Je m’en suis fait d’autres, et aujourd’hui, je les perds déjà tous un par un… Je comprenais la difficulté d’entretenir des amitiés à distance, et aussi… Ce que cette rupture pouvait dissimuler parfois. J’avais réussi à évincer de ma mémoire, les sombres événements de l’Angleterre, mais ma chair n’oubliait pas les coups dont elle avait été roués. C’est un passage de ma vie que je n’évoquerai probablement à personne. Pas plus que je ne voudrais avoir à révéler la vérité sur mon retour, un souvenir qui lui était finalement beaucoup plus omniprésent, imprégné de l’odeur des cendres et de la vue des flammes… Je n’ai jamais voulu ça, et qu’un tel désastre ait pu se produire en-dehors de ma volonté n’en aggravait que d’autant plus ma honte, et mon dégoût de moi-même.

Puis finalement, ce moment qui nous avait très probablement rendu aussi mal à l’aise et pensif l’un que l’autre, fut rompu par Yamato qui m’enjoignis à l’accompagner au réfectoire. Très bonne idée et très bonne diversion ! Bizarrement, ça me rappelait nos techniques de diversions pour essayer de calmer Seiichi quand il commençait à s’enflammer sur tel ou tel délire, la nourriture ayant un très grand intérêt pour lui. Je me levai et acquiesçai en silence avec mon sourire léger habituel sur les lèvres. Je sortis donc à la suite de Yamato qui ne m’avait guère attendu, comme pour être sûr que la conversation s’arrête là. Ce n’est pas comme si en plus d’être un assez fin analyste de l’espèce humaine, celui-là, je le connaissais particulièrement bien ! Au fond, alors que je marchai derrière lui, à la vue de sa silhouette, j’haussai les épaules. Que Yamato ait pu changé, c’est un fait, mais pour ma part, il resterait toujours un peu le même, et surtout, jusqu’à preuve du contraire, il resterait l’un de mes meilleurs amis ! A quoi sert l’amitié si nos amis ne sont pas là quand on a besoin d’eux ? Quand, je propose mon amitié à quelqu’un, je ne le fais pas à la légère, et par conséquent, ce lien que je considère comme un engagement spontané, je refuse de l’abandonner quoi qu’il arrive !
___________________________________________

Quand nous fûmes arrivés au réfectoire, j’avoue avoir ressenti une étrange atmosphère autour de nous à notre entrée. Un certain nombre de regards s’étaient tournés vers nous. Certains élèves nous jetaient des regards méfiants, comme soupçonneux, voire littéralement révulsés, d’autres piqués d’une curiosité plus ou moins fortes, ou encore certains complètements indifférents. Du côté des filles, ce fut principalement des échanges de messes basses ; du côté des mecs, des signes de la tête entre eux qui pouvaient vouloir dire un peu tout et n’importe quoi mais eux semblaient se comprendre. Honnêtement, je pensais et je ne devais pas avoir totalement tort non plus que toute cette attention était dû à ma tête, un nouveau visage inconnu, agrémenté, il ne faut pas l’oublier, de mes fameuses mèches blondes - Merci Grand-mère !. Comme Yamato ne parut accorder aucune attention à tout ceci, je l’imitai en le suivant afin que nous nous servions au self. Cependant, si je venais à croiser des regards, je ne manquai pas de toujours, légèrement, poliment, sans excès qui me donnerait un air niais ou au contraire provocateur. A ce sourire, j’accompagnai un léger mouvement de tête pour signifier la salutation. Ce n’était pas grand chose, mais je crois que ça me valut déjà quelques coeurs féminins à en juger par leur réaction. D’ailleurs, ce nouveau visage qui était le mien et son fidèle sourire surent vraisemblablement séduire la cantinière, qui, si elle arborait un visage fort peu avenant à notre arrivée, s’est tout de suite illuminée et amusée dès lors qu’elle m’entendit la saluer avec ma sympathie habituelle et toujours ce sourire que je savais tant plaire aux femmes. Ensuite, j’avais suivi Yamato à travers la salle du réfectoire. Je notai que les principales personnes qui le saluaient sur son passage n’étaient pas forcément ceux dont l’apparence correspondait aux plus fréquentables. Pour ma part, je ne m’arrêtais par sur ce genre de détail pour le moment. Je les saluai donc au passage. Certains me répondirent avec une expression relativement avenante et un soupçon curieuse, d’autres n’hésitèrent pas à se montrer plus dédaigneux ou récalcitrants à ma vue. Cela non plus ne suffirait pas à m’affecter. Je continuai à me montrer agréable, un point c’est tout.



A table, nous ne fûmes que tous les deux. Ce n’était pas plus mal comme ça, nous avions la possibilité de vivre nos retrouvailles pleinement. Comme des petits vieux, nous avons parlé du « bon vieux temps », évoqué nos plus beaux souvenirs d’enfance, à l’époque du primaire et du collège quand nous étions toujours fourrés ensemble. Enfin, j’avoue avoir par moment l’impression - avéré - d’être le plus bavard des deux. Néanmoins, il me semblait dénicher parfois l’esquisse d’un sourire au coin des lèvres de mon interlocuteur. Certains souvenirs qu’on pensait oublié, refirent surface. De temps en temps, nous fûmes interrompu par le passage des gars qui vinrent saluer Yamato. Encore une fois, les attitudes vis-à-vis du petit nouveau que j’étais, étaient très variables. Si certains m’ignorèrent royalement, la plupart paraissaient tout de même intrigué de me voir en si grande conversation avec Yamato.
__________________________________________


Quand nous eûmes fini de manger, nous sommes donc retourner dans notre chambre où une surprise de taille nous attendait !

Je marchai en tête au retour et je fus donc le premier à ouvrir la porte pour y découvrir… Le derrière tendu en direction de la porte d’un type à quatre pattes sur mon lit en train de renifler mon oreiller. Etrange ? Je le croyais aussi, jusqu’à ce que cet énergumène tourne la tête et que je reconnaisse sans la moindre hésitation :

 « Seiichi ?! » m’exclamai-je spontanément, plus étonné de sa présence ici que de la position dans laquelle nous l’avions surpris.

Evidemment, pour se comporter de la sorte, il n’aurait pu s’agir de nulle autre que Komatsu Seiichi ! Et si cela avait été quelqu’un d’autre, je crois que j’aurais sincèrement commencé à flipper! Mais là, c’était Seiichi donc tout va bien ! Disons que j’ai fini par m’habituer avec le temps… Si je m’attendais à retrouver mon meilleur ami ici ! En même temps, j’aurais dû m’y attendre aussi, j’imagine que dès qu’il a su pour mon retour et l’établissement scolaire où je serais inscrit, il a tout fait pour m’y rejoindre.

Je m’étais donc préparé à le recevoir lorsqu’il a foncé sur moi tel un boulet de canon et qu’il m’a pris dans ses bras - pour un japonais, il ne manquait pas du tout de retenue dans l’expression de ses sentiments. Bien sûr, il m’avait manqué également, cependant, au bout d’un moment, je me suis dit qu’il serait peut-être temps de cesser cette étreinte. D’une part, je voyais bien le coup venir où Seiichi s’endormirait dans mes bras. Et d’autre part, ça ne se faisait pas trop pour Yamato qui résultat se retrouvait un peu planté là dans l’entrée de la chambre à côté de nous. D’ailleurs, Seiichi n’avait apparement même pas remarqué la présence de ce dernier et lorsqu’il le reconnut enfin, sa réaction fut sans appel. Pour ma part, je fis alors un grand effort pour, certes je me mis à rire, mais ne pas m’écrouler par terre plié en deux.

Je posai ensuite mes yeux sur ses deux-là, des larmes de rire et de joie aux coins des yeux. Après plusieurs années, le trio était à nouveau réuni. Rien que de les voir tous les deux, si opposés, je me sentis profondément heureux. Finalement, peut-être il y avait-il du bon à ce retour au Japon…
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Ven 9 Jan - 18:33
La diversion que fit Yamato sembla porter ses fruits, et c'est ainsi qu'ils se dirigèrent tout deux vers le réfectoire. Il faut dire que la nourriture avait toujours été un excellent changement de sujet. Pour un autre que Jota, certes, mais qu'importe ? Au fond, il avait compris le message. A croire que certaines habitudes ne se faisaient pas la malle comme ça ! Et c'était tant mieux. Ils entrèrent donc dans le self déjà à moitié bondé et se dirigèrent vers la cantinière pour se faire servir. On pouvait dire que les repas étaient toujours aussi variés... Et que cette très chère dame l'accueillait toujours avec le sourire, pour lui montrer à quelle point elle l'appréciait ! Ba, il n'en avait que faire ! Elle aimait pas ses fréquentations ? Comme si ça la regardait ! Ouais, il était une graine de voyou, si vous voulez. Une raison pour être aussi acariâtre alors qu'i ne l'agressait nullement ? Les adultes et leurs aprioris, se croyant toujours si supérieur ! Lui au moins, ne finirait pas cantinière à servir les mêmes repas tous les soirs dans un bahut pourri ! Mais il avait l'habitude, alors il laissa passer, son visage n'affichant qu'un léger air blasé. Non, ce qui l'étonna franchement, c'est le changement de comportement qu'elle eut avec Jota. ... Dégoûtant. Comme si à son âge, draguer un lycéen passait crème ! Enfin, comme son ami n'eut pas l'air de s'en soucier, il haussa négligemment les épaules et se détourna de la vieille peau pour aller se chercher une place. 

Plusieurs personnes les saluèrent au passage, et il leur adressa un léger mouvement de tête, à défaut de pouvoir libérer ses mains de sous son plateau. Ils venaient tous de D, il ne fallait pas se leurrer. Quoi que, certains C étaient aussi dans le lot, mais la plupart étaient sur le point de changer de section, si vous voyez ce que je veux dire... Enfin bref, après ce flot de salutations dont il avoua ne plus se souvenir de certaines têtes -on comprend tout de suite à quel point ils sont important-, ils réussirent enfin à s'asseoir au calme, à une table. Certes, ils furent de temps en temps dérangé, mais il laissa couler, rendant les salutations avant de se concentrer de nouveau sur son ami. Avait-il toujours été aussi bavard ? Où était-ce lui qui ne l'était pas assez ? Il n'aurait su le dire, mais on peut dire que si la conversation dura tout le repas, ce fut parce que Jota alimenta celle ci tout du long. De vieux souvenirs, agréables, affluèrent en lui comme une douce étreinte, réussissant à illuminé son visage terne et lui décrochant de temps en temps de demi-sourires. De vrais demi-sourires, si rares ces derniers temps.

_________________________________________________________________________

Puis vint le moment de retourner aux dortoirs. Ils se dirigèrent alors vers leur chambre, Jota en tête de bataillon. Qui s'arrêta peu après avoir franchi la porte, si bien que Kaze du freiner sur le pas de la porte pour ne pas lui rentrer dedans. Que se passait-il ? Leur colocataire prétentieux était-il de retour dans la chambre ? Qu'avait-il fait ? Se décalant légèrement vers la droite pour que son ami ne bouche plus son champ de vision, il eut droit à l'image d'un mec à quatre patte sur le lit du jeune homme, entrain de... Sniffer son oreiller ?! Mais c'était qui ce malade ??? D'où il s'introduisait dans la chambre des autres ? Ça donnait la chair de poule ! Le fou en question se retourna, et si Yamato ne le reconnu pas de suite, la vigueur avec laquelle il cria ce nom et couru jusqu'à lui pour l'enlacer -même si on aurait plus dit une prise de catch- fit tilt dans son esprit. Ajouté au "Seiichi ?!" de Jota, ça ne fit plus aucun doute. Komatsu était de retour... Pour le meilleur ou pour le pire. 

La moue choquée laissa place à la blasitude totale lorsque ce dernier l'accueilli de façon tellement joyeuse. Enfin, de toute façon, il ne s'était pas attendu à quoi que ce soit de sa part. C'était limite risible cette situation, et Jota ne se gênait apparemment pas pour mourir de rire un peu plus loin. Kaze, lui, réfléchissait à l'éventualité d'une caméra cachée, tellement les faits paraissaient aberrants. Il laissa donc son regard parcourir la chambre songeur avant d'abandonner cette idée. Bien qu'ils ne les aient pas vu depuis longtemps, il était tout à fait probable que Komatsu se trouve ici, puisque Jota y était. Autrement dit, l'un avait changé de lycée pour une bonne raison, et l'autre avait fait chier tout le monde pour en changer aussi, il n'en faisait aucun doute. Ba, c'est pas comme si son changement de lycée était pour une raison plus glorieuse non plus...

"Content de te revoir aussi Komatsu !"


Son ton était neutre, voir froid, mais lorsque ce dernier eu dépasser le nouveau venu pour se rapprocher de son lit et que plus personne ne pouvait voir l'expression de son visage, un léger sourire s'y installa. S'il était heureux de le revoir ? Plutôt mourir que de se l'avouer ! Mais il ne faisait aucun doute que la chambre -et aussi ses journées- seraient des plus mouvementées désormais ! Étaient-ce ce qu'il attendait depuis le début ? Étaient-ils le changement qu'il voulait dans sa vie ? Le bouleversement qui le tirerait des ténèbres ? Il n'en savait trop rien, mais aujourd'hui, il était satisfait de sa journée. S'écroulant sur son lit, il s'allongea sur le dos, un sourire ne voulant plus quitter ses lèvres. Il avait l'impression d'être revenu quatre ans en arrière. Que rien n'avait changé. Et c'était mieux ainsi. Demain, le rêve prendrait fin et il devrait aller en cours, mais ce soir, il voulait profiter de ce moment. 

"Je suis surpris que tu es survécu à l'absence de Jota ! A moins que tu l'es suivi en Europe ?"


S'il le taquinait ? Nooooon, il n'oserait pas ! En fait si, il aimait l'emmerder, et ça ne changerait pas. Tout comme ils n'avaient pas changer. Cette chambre vide et morne s'était transformer en refuge. Désormais, il avait l'impression d'avoir un endroit où rentrer, où on l'attendrait. Désormais, il se sentait chez soi. Et il espérait que ça durerait. Les bavardages durèrent toute la soirée, voir une partie de la nuit, et quand la lumière fut éteinte, il lui sembla même qu'une certaines personne changeait de lit. Ba, pour une fois, il laisserait passer !
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi) Ven 16 Jan - 11:59
Rp terminé, j'archive.
+10 okanes pour le tag.


Bon jeu !
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MessageSujet: Re: [Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi)
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[Terminé] Chambre 52 (Kazeyama Yamato / Kaïto Jotaro / Komatsu Seiichi)

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