RSS
RSS



 

Partagez|

« Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Lun 5 Jan - 21:21
La porte coulissante s’ouvrit pour laisser passer une silhouette grande et fine, avant de reprendre sa position initiale,  laissant l’homme dans l’intimité qu’offraient ses quatre murs.
De taille moyenne, la pièce était séparée en deux par des rideaux de toile claire, qui permettraient aux  malheureux élèves atterrissant ici de jouir d’un calme bénéfique, et de se reposer sur les cinq lits que contenait l’infirmerie. D’autres pans de tissus transversaux, une fois détachés, isolaient chacunes des paillasses, laissant à peine l’espace pour une chaise, qui servait à la fois de table de nuit et de porte manteau. De l’autre côté, une armoire métallique peinte en gris pâle, laissant la pièce dans cette impression de propre que donnait le blanc, fermé à l’aide d’une clé. Il n’existait que deux exemplaires de cette clé, la première était entre les mains du jeune homme qui venait de pénétrer dans les lieux, l’autre étant entre les mains du directeur lui même. Les produits que contenait ce placard étant bien trop dangereux pour être laissé entre des mains de non connaisseurs.  Un crochet suspendu à ce meuble, ainsi que deux tours de rangement en plastique, et un bureau jouxtant la fenêtre donnant sur la cour, terminaient l’ameublement de cette infirmerie.
Simple, mais efficace. Et parfaitement  au goût du nouveau médecin scolaire qui esquissa un sourire satisfait  tandis que ses iris d’un superbe bleu lavande parcouraient la pièce.


Il s’avança de quelques pas tout en autant son manteau superflu dans l’intérieur chauffé par des radiateurs en cette saison d’hiver, le remplaçant par une blouse blanche pendue à ce fameux crochet à son intention, avant de se saisir de l’insigne où une petite bande avait où les caractères de son nom avaient été imprimés à son attention.

Le brun laissa courir quelques instants son regard sur les deux mots : « Arashi Shirogane ».  La barrette était la copie conforme de cette qu’il portait lorsqu’il travaillait à New York, à l’exception près de la langue, et que son prénom japonais avait été remplacé par le S. Chris de son prénom usuel. Mais, prit de compassion pour la jeune femme en charge de la logistique à qui il avait été demander l’étiquette comme il le devait, il avait préféré lui simplifier le travail en lui donnant son prénom japonais. D’ailleurs, cette étiquette servait surtout à assouvir la curiosité des élèves, car parfaitement au courant des coutumes du pays du soleil levant pour en être à demi originaire, le jeune homme savait que personne ne l’appellerait par son prénom.


Après avoir rangé sa sacoche dans le léger espace qui séparait son bureau et le mur sous la fenêtre, Chris prit l’une des clés du trousseau qu’on lui avait remit le matin même, et se mit en devoir d’aller faire l’inventaire de ce que contenait cette fameuse et mystérieuse armoire, une étincelle de  malice et de curiosité dans ses prunelles bleutées.  Il allait devoir s’habituer aux différences du poste d’infirmier scolaire avec celui de chirurgien et consultant en psychiatrie qu’il possédait de l’autre côté du Pacifique. Il n’allait pas soigner les mêmes choses. Et encore… « soigner »...  ce n’était pas vraiment son rôle en tant qu’infirmier, et il se devait de contacter l’hôpital en cas de problème important. D’ailleurs, qu’aurait-il pu faire ici avec le peu de matériel qu’il y avait ?

Il laissa échapper un soupir, tandis qu’il rangeait ses maugréassions dans un coin de sa tête. Il avait lui même choisit de ne pas reprendre la même voie en traversant l’océan. Changement de pays -ou plutôt retour- changement de profession, c’était un nouveau départ que le jeune homme voulait prendre. Ou du moins essayer…


La première clé refusant de faire son office, l’infirmier essaya la seconde qui entra parfaitement dans la serrure métallique avant de pivoter pour finalement révéler l’intérieur de  la fameuse armoire.


Mais il n’eut le temps de la parcourir que brièvement des yeux, la porte d’entrée s’ouvrant brusquement, brisant le silence qui s’était installé dans la pièce…
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Ven 16 Jan - 17:47
Le pensionnat Miyusaki… Ça faisait un bail que j’étais pas venu traîner dans le coin. Traîné, oui, car franchement, je ne vois pas comment je pourrais appeler autrement ce que je venais faire dans cette école. Etudier ? Laissez-moi rire ! Pas besoin de venir en cours pour ça, au pire, pour obtenir mon diplôme j’apprenais les cours de Shannon avec elle et s’était amplement suffisant. Passer de bons moments avec les amis ? Encore une autre blague ! Je n’ai pas d’amis et je n’ai besoin de personne. Quant à l’importance de souvenirs de belles années au lycée ? Vous me donnez presque envie de pleurer, à moins que ce ne soit de vomir. Les souvenirs ne font qu’encombrer notre mémoire, et d’aussi loin que je me rappelle, ce mot n’a jamais été un synonyme de bonheur pour moi. Je crois que les plus doux moments de ma vie furent les mois où j’avais été hospitalisé. Jamais, je ne m’étais senti aussi apaisé de toute mon enfance. Enfin, on s’en fout, je ne suis pas là pour pleurer sur mon sort. Tout le monde s’en fout de ma vie, ça tombe bien parce que moi aussi, je m’en contre-fiche totalement !

De retour au pensionnat donc, pour une durée indéterminée, j’avais décidé que quitte à perdre du temps dans cette école, j’allais mettre  cette occasion à profit. Cela faisait un sacré moment que je n’étais pas venu, il y avait donc un peu de nouveau sous le soleil, autant que j’aille aux nouvelles et que je fasse une nouvelle reconnaissance du terrain ! Il y avait de nouvelles têtes parmi les élèves. Y en aurait-il pour me distraire ou encore mieux pour me remplir les poches ? Les gosses de riches fils à papa sont de biens meilleurs clients qu’on pourrait croire. Ils ont de l’oseilles pleins les poches et couvent souvent de nombreuses frustrations, il suffit de quelques arguments judicieux pour les convaincre de s’adonner à un moment de délivrance. Et ensuite, ils en redemandent !

Pour l’heure, mon premier objectif vers lequel je me dirigeais en marchant ainsi de ma démarche assurée était l’infirmerie. J’ôtais mes lunettes de soleil que j’aimais porter même s’il n’y avait pas de soleil. Oui, juste pour le style et me donner un air bien prétentieux, on ne me surnomme pas l’Américain pour rien ! Ce surnom ne fait nullement référence aux pays où je suis né, à savoir le Canada, d’autant plus que cette information personne ne la détient - je ne vois pas l’utilité de parler de mon passé, et il semble évident aux yeux de tous que j’ai toujours vécu à Tokyo, on me demande juste parfois d’où me venait mon accent si particulier, ce à quoi, je répondais qu’il s’agissait d’un secret -, mais bien en conséquence de mon attitude. Je m’en amusais et tout le monde savait que je ne faisais guère que jouer un personnage avec mon style de roi du pétrole. Il faut bien rompre avec la monotonie du quotidien !

Je continuais à arranger mon uniforme, refermant quelques boutons de ma chemise en plus, remettant celle-ci correctement dans mon pantalon, rajustant ma veste, histoire d’être présentable, de passer pour un élève comme un autre. Auparavant, j’étais allé m’allumé une cigarette dont j’avais approcher le bout brûlant de mes yeux afin que ceux-ci rougissent. J’avais abusé en tirant d’une seule latte sur la clope afin de me donner un teint quelque peu livide et peut-être de me tordre légèrement l’estomac avec un peu de chance. J’avais ensuite mâché un chewing-gum à la menthe, juste deux minutes pour masquer l’odeur du tabac sans que celle de la menthe ne soit trop flagrante non plus. Puis, j’avais fait renfiler ma veste ôté précédemment pour m’assurer que l’odeur de la cigarette ne s’imprègne pas dans les fibres du textiles. Mon but ? Avoir l’air crédible lorsque j’apparaîtrais sous les yeux de l’infirmier ! Il paraît que nous avons un nouveau venu. Ça tombe bien, la précédente infirmière commençait à avoir un peu trop de soupçons à mon sujet. Elle devenait de plus en plus méfiante. Cependant, je n’ai pas de doute quant au fait qu’elle n’ait rien dit au directeur. Elle aurait dû avouer son incompétence et ses fautes professionnelles si elle lui avait fait part de ses soupçons à mon sujet. Il y avait donc très peu de risque pour que le nouvel infirmier est le moindre a priori sur mon compte. Et, pour ne pas éveiller sa vigilance, je fis en sorte d’avoir une apparence on ne peut plus passe-partout. Je n’étais qu’un gentil élève parmi tant d’autres dans cette école.

J’ai toqué pour ouvrir la porte de l’infirmerie aussitôt, feignant de m’être à moitié raccroché à la poignée tant je me sentais faible. Je m’excusais et me plaignis de me sentir assez mal, faible et presque fiévreux avec des maux de ventre…
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Niveau scolaire. :
100 / 100100 / 100

Situation amoureuse : Célibataire

Messages : 23
Okane (お金) : 44
Points. : 5
Date de naissance : 10/08/1997
Age : 20
Les p'tits liens. : Rentrer ici les liens importants. (Présentation, liens, rps.)
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Sam 17 Jan - 18:05
J'ai regardé l'extérieur, de façon lasse. Il faisait froid, et il pleuvait. Je n'aimais pas trop l'hiver. Mais je ne détestais pas non plus cette saison, parce que bon, ça permet de s'asseoir, une couverture sur les genoux, devant un drama avec une tasse de thé. Je crois que j'aurai aimé pouvoir partager ces moments avec Hanako-chan (Elle m'avait interdit de l'appeler Onee-chan, soutenant que nous n'étions pas de la même famille, malgré tout ce que je pouvais penser.)  mais j'avais l'impression que plus on avançait dans le temps, plus notre relation se dégradait, surtout qu'elle se prenait toujours le chou avec Niisan. Au final, c'est avec Tai-ni que je passais le plus clair de mon temps. Parce qu'il acceptait toujours de regarder mes dramas avec moi, même si des fois, il m'obligeait à regarder les siens. Je ne les aimais pas trop parce qu'ils faisaient parfois peur. Je n'aime pas ce qu'il fait peur. Et je ne comprends pas les gens qui apprécient ça, je trouve que c'est assez... Bizarre. Quel plaisir peut-on ressentir à se donner de tels frissons ? C'est comme les manèges à sensation. Je n'aime pas ça. 

J'avais entreprit de visiter le pensionnat, parce que je n'aimais pas me perdre. Je laissais mes doigts filer sur les carreaux froids, tandis que les gouttes de pluie venaient s'écraser sur les vitres, pour courir sur le verre. C'était mignon de les voir faire la course comme ça. Je me demandais toujours laquelle allait gagner, mais en même temps, je ne voulais en voir aucune perdre. Je m'imaginais une toute toute toute petite personne en train de conduire sa goutte de pluie à fond, en lui suggérant d'aller plus vite, alors que l'excitation est à son paroxysme. Hihi, vas-y petit pilote, foooonce.

Enfin, quoi qu'il en soit, me voilà perdue. Bah, ça, je m'y attendais, c'était obligé, à force de regarder les gouttes courir, et oublier ce que j'étais en train de faire. Chose qui m'est réellement arrivée. J'étais en train de chercher au fond de ma mémoire pourquoi est-ce que j'étais dans les couloirs. Parfois, je me demandais comment j'avais pu me retrouver avec des résultats plutôt bons, avec la façon que j'avais de tout oublier... J'ai de nouveau regardé les élèves sur le chemin qui menait au portail, alors que mes paupières s'abaissaient doucement sur mes yeux. J'avais une main qui tenait fermement mon violon, vu que je sortais tout juste de cours. J'ai failli oublier que je le tenais. Je ne prenais jamais mon violon porte bonheur avec moi, j'avais trop peur de le casser ou de le perdre. C'était le violon qu'Ôtosan m'avait laissé quand il avait apprit que je voulais apprendre ça après la flûte. Il avait vraiment été content, et j'ai été touchée quand il me l'a donné. Je l'ai prit au pensionnat quand même, je n'aimerai pas m'en séparer, et pour les contrôles, j'en ai besoin. C'est pour ça que je peux continuer à avoir de bonnes notes en musique. 

J'ai de nouveau ouvert les yeux, me remettant à marcher. J'avais envie de pleurer, parce que j'étais perdue. Je ne voulais pas mourir dans le coin d'un pensionnat. En plus, j'avais oublié mon portable dans ma chambre, donc je ne pouvais même pas appeler Niisan. Continuant de déambuler dans les couloirs, j'étais en train de réfléchir à une connerie que je pourrais faire, quand j'ai vu le panneau de l'infirmerie. Oh, et si il y avait un prince charmant à l'intérieur pour me soigner ? Ils étaient toujours beaux les infirmiers, pour vu que ce ne soit pas une femme !

J'ai doucement fait glisser la porte, pour me lancer à corps perdu dans l'infirmerie quand... Je me suis royalement prit un type dans la tronche. Outch. J'ai passé une main sur mon front, avant de lever la tête, et d'apercevoir un type à la chevelure châtain. Ouah, il était assez imposant. Oups, pourvu qu'il ne soit pas trop méchant. Désolée, désolée.

« Ah ! Désolée ! » me suis-je exclamée, en m'inclinant respectueusement.

J'ai vu deux autres pieds s'avancer, oh, ils me semblaient masculins, pourvu que ce soit l'infirmier. Je me suis lentement redressée, avant de le découvrir. Et là. OUAH. CHOC. Mon Dieu, il est trop beau. Ouuuuuuh. Je vais faire une hémorragie nasale.

~#~#~#~#~#~#~#~#~Pensionnat Miyusaki~#~#~#~#~#~#~#~#~

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Jeu 5 Fév - 16:49
Chris avait apprit au fil des années, qui si il voulait pratiquer la médecine comme il le voulait, il devait se laisser avoir. Cela lui avait longtemps paru paradoxal, et bien que les arguments que celle qu’il avait toujours considéré comme sa mère l’illustre parfaitement, il avait toujours émis des réserves. Avant de comprendre en le vivant.
Il existe autant de façon de pratiquer la médecine qu’il existe de personnes. Certain peuvent voir dans le métier de médecin une manière de gagner de l’argent, et ce concentre uniquement sur ce point. D’autres une voie pour accéder à la gloire ou au savoir. D’autres encore le faisaient dans un but simplement humain.

La vision de l’infirmier s’approchait de cette dernière catégorie, cependant il n’aurait su lui même si la cause en était son caractère, ou son éducation et la capacité de toujours faire de son mieux, sans rien attendre en retour de celle qui l’avait élevé. Sans doute un mélange des deux.

Ainsi, sans préjugés, ni méfiance, avec ce calme intéressé, patient, et curieux qui lui permettait de faire de son métier comme il le désirait, les prunelles lavande de l’adulte se posèrent sur l’étudiant qui venait d’entrer, remarquant presque immédiatement son teint cireux, et ses yeux rougis.

Chris se leva de sa chaise et lui fit signe de s’approcher de lui tandis qu’il tirait un rideau révélant le lit situé près de la fenêtre, avant de remarquer la jeune femme que son dos dissimulait. Lui qui s’était toujours dis que peut de personnes allaient avoir besoin de lui, son premier jour de présence semblait vouloir lui prouver le contraire !

« Assieds-toi ou allonges toi. Je reviens. » Déclara-t-il avec gentillesse, réservant les questions pour plus tard, ce qui n’aurait pas manqué de faire sauter au plafond certains de ses anciens collègues. Collègues dont il se moquait toujours avec piquant, mais de façon trop subtile pour que cela puisse se retourner contre lui. Une fois que le jeune homme eut passé le mur de tissu, il laissa retomber le rideau de coton, et de se tourner vers l’étudiante.

La voix toujours posée et chaleureuse, il esquissa un sourire qui se voulait rassurant face à l’expression étrange de la japonaise qu’il n’arrivait à interpréter.

« Bonjour, dit-il, en quoi puis-je t’aider ? »
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Jeu 5 Fév - 20:31
Bordel ! Qui venait me rentrer dedans alors que j’étais en train d’embobiner l’infirmier ? Infirmier qu’auparavant j’avais pris le temps d’observer discrètement juste histoire de me faire une première idée. Tout d’abord, il était vachement plus imposant que l’idiote d’infirmière précédente. Autant dire qu’il devait être difficilement impressionnable, bien que je sois moi-même relativement grand et que je n’ai jamais usé de ce genre de menace avec l’infirmière, surtout que je sais user d’arguments bien plus efficaces sur la gente féminine lorsque la nécessité s’en fait ressentir. Les femmes sont des êtres perfides, stupides et cupides, j’en connais qu’une seule exception qui confirme la règle et il m’est inutile de la nommer. Je ne pense rien de bon des femmes, mais je me suis brusquement rappelé de la rumeur qui courrait sur le compte de l’infirmier selon laquelle ce dernier serait particulièrement amateur de jeunes hommes… Un frisson me parcourut l’échine lorsque je croisais son regard bleu si remarquable. Il me dégoutait.

Et puis, il y eut cette cruche, comme si l’infirmerie n’était pas assez grande - certes elle ne l’était pas franchement mais tout de même largement assez - pour contenir trois personnes sans que celles-ci se rentrent dedans. Par réflexe, je me suis retourné. Je vis son visage. Il me semblait vaguement le connaître, par contre, ce nom ne me revenait et je n’allais pas essayer de chercher non plus à me le rappeler. Je lui ai jeté un regard impassible complètement désintéressé de sa personne comme si une misérable petite chose comme elle ne pourrait jamais m’ébranler. En vérité, oui, elle ne pourrait effectivement jamais m’atteindre, non pas parce que nous n’étions pas de la même carrure, ou du même monde, ou tout ce que vous voulez, mais tout simplement parce que nous n’étions pas composés de la même matière. Elle est faite de chair et de sang, je ne suis que poussière balayée par le vent. J’aimerais pouvoir prétendre à être le vent moi-même. Un jour, je le deviendrais. En attendant, je ne suis qu’une illusion de la vie. Un corps animé par de simple fil dans les mains de marionnettistes, dénué d’âme. Mais quitte à être un pantin, j’ai choisi mon propre maître, et c’est entre ses doigts que j’ai abandonné les fils de mon destin.

Ça y est ! Je me rappelle, non pas de son nom, je ne l’ai jamais su et je n’en ai que faire, mais pourquoi son visage ne met pas inconnu. Cette fille est dans la même classe que Shannon. Une gamine pourrie gâtée de A ! Pas étonnant que ces rats de bibliothèque doivent pulluler dans l’infirmerie, fragiles et précieux qu’ils doivent être ! Encore une fois, Shannon est à mes yeux la seule exception qui confirme la règle. Parce qu’elle n’est pas comme ses filles, elle est à part !

Quoi qu’il en soit, cette cruche venait interférer dans mon programme. Encore, si elle était arrivée un peu plus tard, elle aurait peut-être pu servir de diversion, mais là, franchement, à part me mettre des bâtons dans les roues, je ne voyais pas à quoi sa présence pourrait me servir. J’eus envie de repartir, mais l’infirmier m’entraîna en direction des lits, me dit de m’asseoir ou de m’allonger avant de laisser retomber le rideau derrière moi.

« Il me fait quoi celui-là ? » me retournai-je face au rideau, interloqué.



Si sa collègue précédente était incompétente, celui-là avait l’air d’en tenir une sacrée couche aussi. Il a eu son diplôme dans un paquet de lessive ou quoi ? Ce mec est presque suspect !


« … »

Pourquoi faut-il que je me rappelle maintenant de cette foutue rumeur ? Un mec qui t’invite à t’allonger et qui te dissimules derrière un rideau le temps de chasser l’intruse, est-ce dû une déformation professionnelle si un mauvais pressentiment traverse mon esprit ou ce mec est vraiment un pervers ? Bordel ! Si c’est le cas, les camés auront qu’à aller se faire mettre, hors de question que j’y passe à leur place !

En plus, j’ai vraiment rien à y gagner de me retrouver là comme un con. Vraiment, ça ne se passe absolument pas comme je l’aurais prévu. Non pas que j’espérais d’entrée de jeu atteindre mon but, même, je n’y comptais pas, trop flagrant, mais au moins commencer à poser des bonnes bases au lieu de me retrouver comme ça ! Réfléchissons à une stratégie : je pourrais très bien m’allonger et faire semblant de m’endormir, une fois la vigilance de l’infirmier endormie qu’avec un peu de chance, il me laisserait seul ne serait que quelques minutes, je pourrais passer à l’action. Mais à vrai dire, je ne me sentais pas l’âme très patiente et il me semblait plus judicieux de mettre cette stratégie en application ultérieurement. Je pourrais aussi très bien repartir de suite prétextant me sentir un peu mieux ne pas vouloir manquer mon prochain cours. La bonne blague !

Et puis, non en fait, je me sentais d’humeur plus taquine et joueuse. Après tout, il y avait longtemps que je n’étais pas venu mettre une touche de L’Américain dans cette école, il fallait bien que je célèbre un minimum mon retour !

J’ai alors tiré à nouveau le rideau tandis que l’infirmier venait tout juste de s’adresser à l’autre fille.

« Je n’aime pas me sentir seul, dis-je d’un ton neutre, indifférent. Et je n’arrive pas à me reposer sur des lits surélevés »

J’ai ensuite marché en direction du bureau de l’infirmier et ait pris place sur sa chaise.

« Je préfère m’asseoir ici. » dis-je, toujours sur un ton détaché, dissimulant le petit sourire qui s’épanouissait au coin de mes lèvres.

Je commençais à balayer du regard l’ensemble du bureau. Puis, je me retournai vers eux avec un air tout à fait naturel :

« Ne vous déranger pas pour moi ! Je vais attendre mon tour ici ! » esquissai-je même un petit sourire comme si j’étais un souffrant que s’efforçait de faire bonne figure.



Pendant que l’infirmier s’occupait de la fille de A, j’entrepris de farfouiller sur son bureau le plus naturellement du monde, comme si j’étais curieux du moindre de stylo, le prenant entre mes doigts, plus le taille-crayon, l’agrafeuse… etc. Un vrai lycéen pas bien malin, curieux et sans la moindre éducation. Pour le dernier critère, je ne saurais prétendre le contraire, je le reconnais. Je continuais à « patienter », observant ensuite la pièce qui m’entourait comme si je n’étais absolument pas familier des lieux. Discrètement, il fut quelques instants où j’avais glissé ma main dans la poche de mon pantalon dont j’avais sorti quelque chose à présent dissimulé dans le creux de ma main.

« Oh ! » m’exclamai-je soudainement en feignant une voix faible.

Je me levai et me dirigeai vers l’armoire sur la serrure de laquelle se trouvait encore le trousseau de clé de l’infirmier, clés sur lesquelles je venais poser mes doigts.

« Vous avez un beau porte-clé ! Mince… » ai-je accidentellement fait tomber le trousseau.



Je me penchais pour le ramasser et le remettre en place. Voilà déjà une bonne chose de faite ! Je remis le fameux objet dissimulé précédemment au creux de ma main dans la poche de mon pantalon.

 « Finalement, je crois que je ferais mieux de m’allonger un peu ! » m’en retournai-je m’étendre sur le lit derrière le rideau.

Après tout, si je pouvais en profiter pour faire une petite sieste, autant en profiter !
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.] Dim 22 Mar - 11:55
L'un des membres du Rp étant supprimé, j'archive le sujet.

Bon jeu.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: « Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.]
Revenir en haut Aller en bas

« Mieux vaut prévenir que guérir ! » [Tous.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Galaad - Mieux vaut se méfier de l'eau qui dort ! [Terminée]
» JAELYN (+) mieux vaut rater un baiser que baiser un raté.
» Mieux vaut tenir un lapin que poursuivre un lièvre [Sydney & Chase]
» Mieux vaut ne pas songer au passé, rien ne le peut changer.
» Mieux vaut tard, que jamais [PV Anya]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat Miyusaki :: Administration. :: Archives. :: Rps Abandonnés.-