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Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama]

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MessageSujet: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Jeu 8 Jan - 17:10
Il pleuvait. Abondamment. Le ciel était terne, morne, lourd et pesant. Comme s'il allait nous tomber sur la tête. Mais ce n'était rien que de l'eau. De l'eau qui venait s'échouer en fouettant les vitres continuellement. Pleurait-il ? Surement. Il devait en avoir assez de voir à quel point les humains étaient des êtres exécrables. Tous plus pourris les uns que les autres. Contaminant les espèces et la terre elle-même. Souffrait-il de ce massacre ? Qui sait. A vrai dire, je n'en avais cure. Tout ce que je voyais, c'était mes cheveux qui commençaient à prendre l'humidité. Et bientôt, ils seraient complètement trempés. Tombant comme des baguettes le long de mon visage. Encore un pas dans cette direction, vers le ciel découvert, et c'était la douche assurée. Le vent soufflait et venait s’immiscer entre mes vêtements et ma peau gelée, glaçant chacun de mes membres déjà congelés. Il ne servait à rien d'attendre que la pluie cesse. Aujourd'hui, le monde s'était ligué contre moi. A vrai dire, lui et moi n'avions jamais été très proches. Mais là, c'était pire que tout. 

Un pas. Et un torrent d'eau vint s'abattre sur moi, détrempant mes vêtements et malmenant mon corps. Pourquoi étais-je ici déjà ? Pour quelle raison était-je sortie de ce foutu bâtiment tagué et malodorant pour venir me faire doucher de la sorte ?! Quel lycée pourri... Quel prof pourri ! Pourquoi moi ? Pourquoi le monde entier se déchaînait sur sa personne ? 

On l'avait arraché des bras de Koji. On l'avait forcé à revenir ici. Croyait-on l'enfermer en la mettant en pension ? Quelle blague ! Comme si elle allait devenir une petite fille modèle. Rien n'était plus désolant que de voir ces femmes soumises. Le pensionnat Miyusaki. Alors que je pensais enfin m'en être débarrassé, il revenait me hanter aujourd'hui. J'étais enfermée en son sein, mes parents m'y ayant emprisonné contre ma volonté. Ils avaient peur que je m'enfuie. Que je disparaisse une fois encore et m'enfonce dans les ennuis. Mais qu'est ce que ça pouvait leur faire ? Ce n'était pas comme s'ils avaient une quelconque estime de moi désormais. Surtout ma fichue mère, cette soumise qui voulait que je devienne bonne comme elle ! Héritage familial, tu parles ! Je ne prendrais jamais la relève. Pas plus maintenant que dans cent ans ! Jamais je ne baisserais la tête pour servir qui que ce soit ! Jamais je ne me plierais en quatre pour convenir à qui que ce soit ! C'est moi qui tiendrait les ficelles et ferait danser les autres au gré de mes envies. 

Le sac pesait lourd et me glissait des mains. La pluie martelait mes épaules de ses gouttes impartialement. J’accélérais le pas désespérément. Aujourd'hui aurait été riche en événements. J'avais revu mes chers petits camarades de classe. Ces bourrins dégueulasses aux allures de pervers. Ces débiles profonds qui croyaient pouvoir m'obtenir. Je ne suis pas un objet. Mais il faut croire que la classe s'est transformée en vente aux enchères. A croire qu'ils ne connaissaient pas la signification de certains mots comme "non". Ils étaient tous aussi bêtes que moches. Et s'en était désolant. Si j'avais cru un instant le contraire en croisant le regard de Kazeyama, j'avais vite déchanté. Ce con m'avait ignoré royalement ! Un foutu gay. Je lui ferais payer. Vraiment merdique comme classe. Pas un n'en valait la peine et j'avais du les supporter avec le sourire. Peut être même étais-je devenue sourde à force de les entendre gueuler comme des poissonniers. Et Koji qui ne donnait toujours pas signe de vie... Qu'il l'oubli et elle le tuerait. 

Je lâchais le sac au milieu des autres ordures à l’extérieur du pensionnat, enfin débarrassée de cette corvée ignoble qui n'aurait jamais du m'incomber. Il n'y avait qu'à me regarder pour comprendre que je n'étais pas faite pour être une bonne à tout faire. Mais ce salaud de prof de cuisine ne semblait pas comprendre une telle évidence. Parce que les autres D l'avaient foutu hors de lui, il s'était acharné sur la seule fille qui ne foutait pas le bordel. Ou plutôt, la seule qui semblait ne pas avoir le cran de riposter en lui en foutant une. Effectivement, je ne le frapperait pas. Pourquoi me salirais-je les mains ? Je pouvais faire tellement mieux. Oh oui, il s'en souviendrait. Parce qu'en plus de sortir les poubelles, j'avais du tout nettoyer et ranger. Cela lui avait-il fait plaisir de me voir travailler ? Avait-il heureux de me ridiculiser ?! J'espérais pour lui qu'il en avait bien profité, parce que ça ne se reproduirait plus. Si Koji avait été là, rien de tout cela ne serait arrivé.

Je me retournais vers l'entrée de l'aile sud du bâtiment, prête à taper un sprint. Si je voulais éviter de me mouiller d'avantage ? C'était inutile, j'étais trempée jusqu'aux os, tant et si bien que l'on pouvait voir les motifs de la dentelle ornant mon soutien-gorge au travers de ma chemise. Mais je ne m'en souciais pas. C'était pas comme si j'étais pudique. Si je voulais me dépêcher de rentrer dans cet établissement dégueulasse ? Surement pas, je ne rêvais que de m'enfuir. Mais pour le moment c'était impossible. Je voulais juste prendre une douche. Une vraie douche chaude. Et puis manger aussi. Parce que si tout le monde m'avait lâché, c'était pour aller au réfectoire. Il fallait croire que la bouffe était plus importante qu'une pauvre fille. Qu'importe, chacun payerait en temps voulu. Ensevelie sous ma haine, perdue dans mes pensées de vengeance, je ne faisais pas attention au sol qui était mouillé et glissais. 

Un petit cri s'échappa de la barrière de mes lèvres, et je m'écroulais. Mes genoux et mes coudes amortirent la chute, se peignant du rouge sang que laissait échapper les égratignures. J'avais mal, il fallait se l'avouer. Mais ce n'était rien comparé à ce mal être qui me rongeait. A cette journée de merde qui me bouffait. A ce monde qui m'étouffait. Juste la goutte qui faisait déborder le vase. Juste la douleur de trop qui m'empêchait d'endurer quoi que ce soit de plus. Je roulais pour finir couchée sur le dos, puis me relevait en position assise. Mon uniforme était couvert de boue, mais c'était le dernier de mes soucis. Une larme noire, orpheline, vint couler le long de ma joue, rejoignant les traces d'eau que la pluie déversait sur mon petit être. Puis une deuxième vint la rejoindre. Avant qu'elles ne deviennent légion, se déversant sans que je ne puisse rien y faire, emportant avec elle mon maquillage. Je me sentais comme nue. Le masque était tombé. Et je restais là, isolée, sous la flotte, le visage tourné vers le ciel, inondé et disgracieux. Incapable de bouger, mortifiée par la douleur qui ne voulait partir avec mes larmes. Lasse d'exister. Si seulement le ciel pouvait me tomber sur la tête.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Jeu 8 Jan - 19:48
Plusieurs semaines déjà s’étaient écoulées depuis mon retour au Japon. Si les premiers jours le temps m’avait paru défilé extrêmement lentement, au fur et à mesure le rythme s’était accéléré sans que je ne m’en rende vraiment compte. La vie n’était pas si mal au Japon. Tout du moins, je n’avais pas à me plaindre. J’avais eu la chance incroyable de retrouver deux de mes, si ce n’est les deux, meilleurs amis dans cette école, même nous étions tous les trois dans la même chambre, avec un quatrième garçon qui était également dans ma classe. Ce dernier n’était pas de la compagnie la plus agréable, mais personnellement, il ne me dérangeait pas. Je faisais avec, voire je m’amusais à regarder Seiichi et son surnommé Dobbi s’insupporter mutuellement. Il est certain que mes retrouvailles avec Seiichi et Yamato y était pour beaucoup à ce que je trouve finalement du plaisir à vivre de nouveau dans mon pays natal. De plus, comme à mon habitude, mon intégration s’était faite aisément. Si ma classe était plutôt studieuse et sérieuse, je trouvais néanmoins dans les rangs des visages qui m’étaient devenus amicaux. J’avais mon oncle pour professeur principal, et j’ai parfaitement conscience que malgré sa volonté, fruit de son inconscient, cette situation m’était relativement profitable. Les difficultés de réadaptation au système scolaire japonais ne se révélèrent pas aussi ardus que je l’avais appréhendé au tout début. Côté sport, une fois le problème du décalage horaire gravé dans mon horloge interne réglé, j’avais peu à peu recouvert toutes mes compétences, d’autant plus que mon moral lui aussi était remonté depuis mon retour, même si je n’en laissais guère paraître les symptômes. Inspiré le respect à ses camarades par le biais d’une pratique sportive, et au sein même de son équipe, équivalait aussi à une marque d’intégration non négligeable. J’avais fait un retour en beauté, m’en sentais-je satisfait pour autant ?

Alors que l’eau de la douche coulait sur mon visage puis le long de mon corps, un vague souvenir d’Europe effleura ma mémoire. Je n’arrivais pas encore à repenser aux deux dernières années avec l’intelligence de n’en apprécier que les bons moments. Chaque fois que j’essayais de ne voir que le bon côté des choses, chacun de ces moments semblaient inexorablement rattachés au souvenir de Jordan, et là… C’était encore trop douloureux. Depuis plus deux semaines, je n’avais plu relu une seule cet ultime message qu’elle m’avait envoyé que, à mon retour, je lisais, et relisais encore chaque jour passé loin d’elle. Cependant, je n’arrivais pas encore à me résigner à effacer le moindre de ces messages que nous avions pu échanger depuis que nous nous connaissions, depuis que sans même m’en rendre compte, j’étais peu à peu tomber amoureux d’elle…  Un jour peut-être me rendrai-je enfin compte de tout le mal qu’elle a pu me faire ? Mais au fond, qu’importe, puisque je l’ai aimé, alors, j’aimais tout d’elle, ses bons comme ses mauvais côtés…

L’eau de la douche cessa de couler. Dans les vestiaires du gymnase de l’école, je me séchai avant d’enfiler mon uniforme. J’étais le dernier. Tous les autres étaient partis depuis bien longtemps, mais comme d’habitude, chaque fois que la journée se terminait par un entraînement de sport, je restais plus longtemps pour m’entraîner encore et encore. Ce jour-là, malgré la pluie, nous nous étions, mes camarades baseballeurs et moi, entraînés dehors sur le stade. Certains s’étaient plaints avec de s’exécuter, pour ma part, j’étais tout à fait d’accord, et les meilleurs joueurs de notre classe également. Qu’il pleut, qu’il vente ou qu’il neige, lors d’un match, il faut continuer à donner le meilleur de nous-même ! A cause des intempéries, la trajectoire de la balle, la vitesse de notre course, peuvent être altérés, nous devons nous préparer à toutes situations !

Lorsque l’entraineur siffla la fin de la séance, ayant appris à me connaître au cours de ces dernières semaines et sachant parfaitement mes habitudes, l’homme me fit signe de venir le rejoindre, alors qu’il est vrai que je comptais rester pour m’entraîner tout seul. Il me dit, en précisant que ce n’était pas un conseil mais un ordre, de rentrer au moins pour me sécher les cheveux et changer de t-shirt, ainsi que de rester à l’intérieur du gymnase pour y faire des exercices d’entretien de la forme. Il me rappela qu’il était bien beau de m’entraîner avec autant de   détermination, mais que si je ne veillais pas à ma santé et tombais malade tous mes espoirs risquaient d’être compromis. En effet, si tous mes camarades avaient globalement pour objectif le tournoi régional et obtenir la qualification pour les nationales qui leur avait fait défaut l’an passé, pour ma part, le mien était tout autre. Je devais à tout prix parvenir à décrocher chaque étape des sélections pour intégrer une équipe de Baseball américaine. Oui, rien que ça. Pour cette raison, je m’entrainai donc avec autant de vigueur. Les enseignants de sports avaient l’habitude. Ils me laissaient souvent seul dans le gymnase jusqu’à ce que le concierge qui pourrait presque être devenu un ami à force de discuter avec lui, quelques minutes, chaque soir ou presque, vienne m’informer qu’il devrait bientôt fermer à clés les locaux. Il me laissait alors le temps de prendre une douche et de me changer pendant qu’il faisait son tour d’inspection de vérification de l’état des lieux et du matériel quotidien. Nous nous retrouvions ensuite à la sortie. Je crois qu’il aimait bien discuter avec moi parce qu’il me retenait toujours quelques minutes. Aujourd’hui, il regardait la pluie battante avec une certaine perplexité.

« Tu n’as pas de parapluie ? me dit-il. Ça va aller ? »

« Ne vous en faites pas ! lui souriais-je avec ma fraîcheur habituelle. J’ai juste à traverser, ce ne sont que quelques gouttes ! »

Je le saluai puis regardai devant moi à travers le rideau de pluie avant de m’élancer sous celui-ci. J’avais certes, juste à traverser, mais la moitié de l’établissement pour atteindre le réfectoire où je devais retrouver Seiichi et Yamato comme j’avais l’habitude de le faire pour le repas du soir. De plus, les quelques gouttes d’eau étaient tout de même fort nombreuses… Je piquai donc un sprint à travers la cour et les allées de l’école dans l’intention de rejoindre le plus vite possible le réfectoire. Le claquement de mes pas sur le sol gorgé d’eau résonnait autour de moi. Alors que j’avais l’impression que la pluie et la vitesse formaient des oeillères restreignant ma vision, il me sembla apercevoir l’ombre d’une silhouette à plusieurs mètres, sur le côté de ma trajectoire. Je m’arrêtai et me tournai dans cette direction. Je ne m’étais pas trompé. Il y avait bien quelque chose, ou plutôt quelqu’un, assis par terre sous les trombes d’eau de pluie. J’accourus alors sans même réfléchir vers cette personne qui se révéla à mon approche être une fille.

« Eh ! » l’interpelai-je en courant jusqu’à elle.

Je me précipitai ensuite à sa hauteur, posant un genou au sol alors qu’elle y était assise.

« Ça ne va pas ? Tu ne te sens pas bien ? » m’inquiétai-je qu’elle ait pu être victime d’un malaise ou autre.



Je posais alors une main sur son épaule et une sur son front, rejetant de mes doigts les mèches de cheveux qui y retombaient, plaquées sur sa peau pour l’eau qui les imbibait, afin de vérifier qu’elle n’avait pas de température. C’est alors que mes yeux ont rencontré les siens. Je découvrais son visage. Je fus frappé par sa beauté, je dois le reconnaître et je pense que mon instant d’hésitation m’a trahi. Même si elle ressemblait alors à un panda, elle m’apparaissait comme l'une des plus jolies filles que j’ai pu voir. Mais ce fut surtout par son regard que je fus interpelé. Il y avait quelque chose au fond de ses yeux, une lueur ou une abysse, je ne saurais dire. Je ne saurais trouver de mot pour le décrire, quoi qu’il en soit, je crois que je ne suis pas près de l’oublier…

J’ai fini par détourner mes yeux de son visage pour voir ses coudes et ses genoux teintés de la couleur pourpre du sang.



 « Tu es blessée ? » lui pris-je alors un bras afin de regarder la plaie.



Elle ne semblait n’avoir que des égratignures. Je me relevai alors.

 «  Viens, l’aidai-je à se relever. Tu ferais mieux de te mettre à l’abri ! »

Je la soutins alors, presque à la portée pour l’emmener dans le bâtiment le plus proche. L’infirmerie me parut trop loin pour le moment, d’autant qu’elle devait très certainement être fermée à cette heure-ci et que la jeune fille ne semblait souffrir d’aucune blessure grave ni de fièvre. J’étais donc rentré à l’intérieur d’un bâtiment sans même avoir vraiment prêté attention à où je me trouvais. Une salle était restée ouverte et un faisceau de lumière assez faible s’en dégageait dans le couloir. Instinctivement, ce fut là que je conduisis la fille que je venais de trouver effondrée et en larmes sous la pluie. Je l’emmenais jusqu’à une table :

« Assis-toi, » lui conseillai-je avec attention en lui tirant la chaise.

Bien qu’elle ne semblait pas avoir de fièvre, son visage me paraissait bien pâle. Si la cause n’était pas physique, elle devait être morale, quoi qu’il en soit, cette fille avait besoin de se reposer un peu et de se réchauffer. J’ôtai alors ma veste pour la déposer sur ses épaules.

« Tu ne devrais pas garder des vêtements trempés sur toi, tu vas attrapée froid, » lui dis-je en passant à côté de la table de tel sorte à me tenir dans son champ de vision, devant elle.



Tout en marchant, j’avais ôté mon pull que je portais par-dessus ma chemise, complément de l’uniforme en saison froide. Je le lui posais sur la table derrière laquelle elle se trouvait assise.

« Enfile plutôt ça, » lui dis-je d’une voix sympathique mais sans l’intention de lu laisser contester mon conseil.

Je me retournai ensuite, me promenant vaguement dans la salle qui se révélait être une salle pour les cours de cuisine, afin de la laisser se changer tranquillement à l’abri de mon regard…
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Ven 9 Jan - 18:31
Je ne sais combien de temps je suis restée là, sous la pluie. Peut être une seconde, une minute, une heure. Le temps n'avait plus aucune valeur pour moi. Je n'avais plus aucun repère. Mais en avais-je déjà eu ? Bien que je manipule les autres dans cette jungle qu'était la vie où la loi du plus fort l'emportait sans cesse, j'étais tout aussi perdue qu'eux. Pourquoi étais-je née ? A quoi servais-je ? Avais-je ne serait-ce qu'un but ? Je ne le savais pas, et à vrai dire, je ne perdais pas de temps à chercher des réponses à des questions si futiles. Je n'avais qu'une certitude. Je ne serais pas bonne. Et ça me suffisait. Le reste de mon existence, je l'occupais à tromper, à jouer, à manigancer. Si j'avais haïe un jour les filles aux jolies visages qui leurraient les autres et se servaient d'eux, comme mes chères ex-amies, aujourd'hui, je ne valait pas mieux qu'elle. Étais-je pire ? Sans aucun doute. Mais ça ne me faisait ni chaud, ni froid. Je n'avais aucune estime de moi-même, et c'était mieux comme ça.

Ma tête était à la fois lourde et vide, comme si elle allait exploser. C'était un sentiment désagréable. Celui de ne plus rien contrôler. De se faire rattraper par les événements, engloutir, ensevelir dans le flot de la vie. Je me noyais en plein milieu d'un océan inconnu, n'ayant de prise nulle part, brassant dans le vide, entourée de cet élément insaisissable. Je n'avais plus la force de bouger. Je ne sentais plus mes coudes et mes genoux, je ne sentais plus mes membres tout court. Je n'avais pas froid, mais pas chaud non plus, la pluie n'avait plus d'impact sur moi. Seul mes larmes traçaient un sillon brûlant sur mes joues et le long de me cou. Koji, viendrais-tu me sauver encore une fois ? M’emmènerais-tu loin pour que j'oublie un instant ce monde pourri ? Jusqu'à maintenant, seuls tes bras avaient eu ce pouvoir d'apaisement sur ma personne. Tu étais le seul. Le seul que je n'avais jamais contrôlé, que je ne contrôle pas, et que je ne contrôlerais jamais. Parce que tu m'avais fait renaître. Parce que tu connaissais ma faiblesse. Parce que tu m'avais donné ta force. 

Une voix se fit entendre au loin, étouffée par le bruit de la pluie, simple murmure dans mon subconscient. A qui appartenait-elle ? Était-ce seulement réel ? Peut être avais-je halluciné. A vrai dire, j'avais déjà oublié le timbre de cette voix, comme si elle n'avait été qu'un rêve. Et puis un contact me réveilla, me faisant sursauter. Une main se trouvait sur mon épaule, tandis que l'autre s'étalait sur mon front, le dégageant de ma frange qui n'en était désormais plus vraiment une. Surprise, je tournais la tête vers lui, plongeant mon regard éteint dans le sien. Ce n'était pas Koji. Ce visage m'était inconnu. Il était inquiet ? Ça faisait longtemps que je n'avais lu autre chose que du désir dans le regard d'un homme. En même temps, à quoi pouvais-je bien ressembler en ce moment ? Mon image était brisée, et en même temps, je m'en fichais. Je ne savais pas qui il était, il ne le savait pas non plus. Alors à quoi bon sauver la face ? En avais-je seulement la force ? A croire que non. La seule chose que je retenais, c'est qu'il était beau. Si ça avait été un autre jour, surement aurait-il été l'une de mes proies. 

"Non..."


Un son rauque était sorti de ma gorge, comme si je n'avais pas parlé depuis un moment. Je me faisais honte à croasser de la sorte, mais je n'y pouvais rien. Il fallait croire que mon corps ne m'appartenait plus tellement il refusait de m'obéir. Je laissais donc faire l'inconnu tandis qu'il me relevait et me portait à moitié jusqu'à l'intérieur. Ma gorge était sèche, mon corps ruisselait, nos pas crissaient sur le sol tellement nos chaussures étaient gorgées d'eau. Le couloir était vide, la salle de classe aussi. Un silence presque religieux régnait, seulement interrompu par les gouttes de pluie. Comme si nous étions seul au monde. Nous étions dans la salle d'art culinaire que j'avais abandonné plus tôt. Celle où ce sale prof m'avait dispensé sa mauvaise humeur et ses ordres. Mes affaires trônaient encore sur mon bureau un peu plus loin, mais je n'y prêtais pas attention. 

Je m'asseyais à un pupitre au hasard tel un automate lorsque le jeune homme me le demanda. Depuis quand obéissais-je docilement et si facilement à qui que ce soit ? Oh et puis qu'importe, ce n'était pas comme si j'avais la force de résister. Au mieux il m'abandonnerait là après avoir accompli sa bonne action, au pire il abuserait de moi avant d'aller se ravitailler au réfectoire. Je n'avais pas grand chose à perdre. Dans les deux cas, j'étais pessimiste ? Ba voyons, c'était pas comme si ma vie était rose ou je ne sais quelle connerie. J'étais réaliste, voila tout. Un poids se fit sentir sur mes épaules et je relevais la tête pour en chercher la source. L'adolescent avait déposé sa veste sur mes épaules. Je commençais à me dire qu'il n'était pas si mauvais que ça, voir attentionné lorsqu'il me demanda de me dessaper. Finalement, il était comme les autres. Il cachait juste mieux son jeu sous des attentions qui pourraient paraître honorables. Il me donna même son pull pour faire illusion. Que de belles paroles ! Quelle perte de temps avec moi ! N'empêche, soit il était en manque, soit il aimait les moches, parce que vu l'état dans lequel je me trouvais... 

Je soupirais doucement, résignée à faire ce qu'il me demandait. Je déposais alors sa veste sur le bureau et commençais à déboutonner ma chemise. Je ne détachais pas pour autant mon regard de sa silhouette dos à moi, comme prête à le voir se retourner à chaque instant. Et il le ferait, j'en étais sure. J'enlevais alors mon vêtement, le froid glacial venant de nouveau s'insinuer en moi. Je retrouvais peu à peu mes sensations, et mon instinct de survie me criait de m'emmitoufler dans le pull, certes humide, mais bien chaud de mon interlocuteur. Chose que je fis au plus vite. Je m'enlaçais alors, frottant vigoureusement mes membres frigorifiés. Puis je relevais mon regard sur sa personne, toujours de dos. Alors il avait tenu parole ? A moins qu'il est changé d'avis. C'était peut être aussi un gay. Décidément, il n'y avait que ça à Miyusaki désormais ? Je ne savais trop que penser de ce comportement, mais une chose était sure, il avait voulu m'aider. 

"Merci de m'avoir aidé. C'est gentil de ta part."


Les mots étaient sorti tout seul, à la fois sincère et automatique. Automatique ? Oui, pendant un instant, j'étais redevenue la parfaite petite japonaise. Si bien que je m'étais levée et inclinée en signe aussi bien de remerciement que de respect. Il faut croire que certaines habitudes étaient ancrées en moi. Enfin qu'importe ! Comme autre sensation désagréable qui m'était revenue, j'avais les coudes et les genoux qui m'élançaient. Si bien que je me rassis en grimaçant légèrement, étendant mes jambes devant moi tandis que je relevais les manches du pull trop grand, la laine me brûlant. Fort heureusement, je n'avais pas taché son pull et n'aurais donc pas à le lui dédommager, le sang étant une tâche souvent irrattrapable. Je reportais alors mon attention sur l'étranger qui était encore là. Que me voulait-il ? 

"Je laverais ton pull et ta veste et te le rendrais au plus vite, ne t'en fais pas. Puis-je avoir ton nom et ta classe ?"


Ce n'était qu'une simple formalité, mais bon. De toute façon, je n'aurais qu'à faire payer le pressing à un idiot que j'aurais embobiné au préalable. Ça ne me prendrait que peu de temps, et de toute façon, en ce moment, je n'avais rien à faire. A part étudier, ce qui était hors de question. J'allais donc me lever et le remercier encore une fois avant de prendre mes affaires et partir lorsque mon estomac gargouilla, colorant mes joues du rouge de la honte.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Jeu 15 Jan - 21:03
La salle était à moitié plongée dans l’obscurité, errant dans les rangées, découvrant l’environnement qui m’entourait, je m’enfonçais dans la pénombre. C’était donc à cela que ressemblait une classe de cuisine ? Les cours devaient y être intéressant, surtout quand on aime la cuisine. L’ambiance était silencieuse. Un silence seulement troublée par la mélodie monotone et redondante de la pluie au-dehors, par le son de mes pas et les froissements de vêtements de la jeune fille se changeant dans mon dos. L’idée de me retourner ne me traversa pas l’esprit un seul instant. Non pas que la vue d’un corps aussi joli que le sien devait être surtout s’il était à la hauteur du charme de son visage, serait pour me déplaire, au contraire, mais porter atteinte à sa pudeur était tout simplement quelque chose qui ne se faisait pas et par conséquent qui ne se concevait pas. Sans doute avais-je été particulièrement sensibilisé au respect des femmes dès mon plus jeune âge avec une mère comme la mienne. Le moins qu’on puisse dire est que l’image de l’épouse douce et soumise n’est certainement pas ma mère ! Continuant à observer tout le matériel de cuisine mit à disposition dans cette classe, j’ai esquissé un sourire. Je venais de m’imaginer foudroyé par un lancé de chaussures si j’avais eu le mal de me retourner ! Comme quoi, les traumatismes de l’enfance peuvent vous aider à toujours garder une bonne conduite. Et puis, lorsque j’entendis la douce voix de la jeune fille dans mon dos, je me retournai quelque peu étonné.

La légère expression de surprise sur mon visage laissa ensuite place à un sourire naturel, cependant, je me sentais presque gêné. Etais-je intimidé par cette fille ? Cela ne me ressemblait pas, et pourtant la voir s’incliner de la sorte m’avait mis mal à l’aise.

« Tu n’as pas à me remercier, lui assurais-je. C’est la moindre des choses ! »

Je lui aurais bien ajouter qu’elle n’avait pas à faire autant de manières avec moi, mais je craignais de l’offenser. Je commençais donc à revenir d’un pas assez lent vers elle alors qu’elle regardait ses égratignures. Je me retins de me montrer trop familier et en me précipitant pour venir vérifier si ses blessures n’étaient que bénignes, après tout, c’était une grande fille, elle n’aurait probablement pas envie de se faire materner par un parfait inconnu. Jordan n’aimait pas quand je me préoccupai trop d’elle. Elle me reprochait de l’agacer à prendre soin d’elle pour un rien. Alors, j’ai lutté contre mon naturel prévenant. Je la fixais inconsciemment, les yeux posés en direction de ses genoux lorsque sa voix me rappela à l’ordre une seconde fois. Je redressai la tête, les sourcils légèrement arqués.

« Ne t’inquiète pas pour ça, tu n’as pas à laver quoi que ce soit. J’ai une veste de rechange donc tu pourras me rendre celle-ci quand tu voudras, mais ne te donne pas le mal de la laver, et mon pull non plus. »

Si ça continue, je vais avoir des vêtements dans les placards de toutes les filles du pensionnat. Ce n’est pas comme ci la fille qui avait promis de laver ma veste au bal de l’école était venue me voir un jour en s’excusant de l’avoir oublié et m’avait demandé de sortir avec elle. Cette fille était mignonne et sans doute très bien, mais je ne la connaissais pas, je n’avais pas de sentiments pour elle, alors comment aurais-je pu accepter ? J’ai essayé de me montrer le plus doux possible mais j’ai dû refuser. Résultat, je n’ai jamais revu ma veste non plus…

Regain de confiance, j’arborai à nouveau mon souvenir en venant me placer face à elle de l’autre côté de la table.

 « Je suis Kaïto Jotaro de la Troisième A. » me présentai-je, d’un ton agréable et doux.

Je m’apprêtai à lui retourner la question quand je la vis se lever. L’éclat de mon visage s’éteignit. Pourquoi ? Comptait-elle donc déjà partir ? Pourquoi ai-je eu envie de la retenir comme si je voulais rester un peu plus longtemps avec elle ? Finalement, son ventre gargouilla et elle se figea. J’ai regardé son ventre puis son visage aux joues empourprées, à nouveau son ventre avant de me mettre à rire, spontanément et gentiment. Je m’arrêtai et m’excusai toujours en souriant afin qu’elle ne se méprenne pas, je n’étais pas en train de me moquer d’elle, enfin si, un peu, mais pas méchamment.

 « Excuse-moi, je ne devrais pas rire. J’espère que tu n’es pas vexée. »

Même si je n’avais pas envie de la voir partir, si elle avait faim, je n’avais pas le droit de la retenir. D’autant plus qu’elle avait bien besoin de reprendre des forces à en juger par la pâleur de son visage. A la regarder ainsi dans cet état, une idée me vint à l’esprit. Je me penchais alors au-dessus de la table, posant un coude sur celle-ci afin de soutenir mon menton du dos de ma main. Un petit sourire en coin, je lui dis alors :

« Si je peux me permettre un petit conseil, je n’irais pas au réfectoire avec cette tête là à ta place… »

Je me redressai ensuite, tournant la tête pour regarder autour de moi.

« J’ai une solution à te proposer ! Que dirais-tu que nous dînions tous les deux ici ce soir ? C’est moi qui régale ! »

Sans lui laisser le temps de répondre, et surtout, de refuser, je joignais mes mains comme pour signifier que la décision était prise d’un commun accord et tournai les talons pour aller m’atteler à la tâche. J’ouvris le frigo pour regarder ce qu’il y avait à l’intérieur et trouver une idée de ce que je pourrais bien préparer de bon. Je sortis quelques ingrédients que je plaçais ensuite sur un plan de travail, en face de la jolie fille à quelques tables d’elle.

 « Regarde dans la poche gauche de ma veste, tu devrais y trouver un tube de pommade pour être mettre sur tes égratignures.  lui conseillai-je tout en m’affairant. Ah ! Est-ce que tu pourrais me passer mon téléphone portable qui se trouve dans l’autre poche ? Que je prévienne mes amis de ne pas m’attendre ! » lui souris-je.

Je cherchai un peu dans les différents placards et tiroirs pour trouver les accessoires et ustensiles de cuisine dont j’allais avoir besoin pour préparer un petit dîner simple mais qui j’espérais requinquerait un peu cette charmante demoiselle.

« Oh ! Et ne t’inquiète pas, ce n’est pas grave si je ne mange pas avec eux ce soir, ils me voient déjà tout le temps dans la chambre alors je ne devrais pas leur manquer ! Au pire, ils me le feront payer cette nuit ! » plaisantai-je.



Ou pas… J’imaginais déjà la tête de Seiichi et Yamato lorsqu’ils recevraient un message de ma part leur disant que je ne les rejoindrais pas au réfectoire. Eux deux, manger en tête à tête… Ils vont me maudire ! Le pire, c’est que l’excuse de la jolie jeune fille qui avait besoin d’aide ne passerait certainement pas auprès ni de l’un, ni de l’autre ! Tant pis, ils ne m’en voudront pas vraiment non plus, c’est aussi ça, être ami.

« Tu as des préférences sur le menu ou tu me laisses le choix de la surprise ? »
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Mer 21 Jan - 12:49
Pourquoi mon estomac me trahissait-il de la sorte ? Ma journée n'avait pas été assez éprouvante ? Il fallait que mon corps s'y mette aussi ? Il fallait dire qu'entre le froid, mes vêtements détrempés et dégoulinants, mes égratignures qui me lançaient et mon ventre qui criait famine, j'étais servie ! Si en plus on ajoutait mon moral qui était des plus réjouissant, on éteignait des sommets. Et pourtant, ce sentiment de profond malaise qui m'avait prit à la gorge et oppressé la poitrine plus tôt s'était évanoui en partie. On ne pouvait pas dire non plus que c'était la joie, mais... Le jeune homme qui riait en face de moi avait réussi à m'apaiser. Certes, je lui en voulais qu'il se rie de moi. Mais en même temps, ce son si joyeux qui venait briser aussi bien l'ambiance macabre et le bruit lassant des gouttes s'écrasant contre les carreaux que mes pensées sombres me faisait un certain bien. J'avais presque envie de rire moi aussi. Rire pour extérioriser, rire pour oublier, rire pour ironiser autant sur la situation que sur la tournure que prenait ma vie. J'avais besoin de l'entendre rire à défaut de pouvoir le faire. Rien qu'un peu. Si pleurer ne m'avait pas soulagé, sa présence, aussi étrange cela puisse paraître, me redonnait un peu de force. La lueur d'un sourire vint lentement s'esquisser sur mon visage noircit par le mascara qui avait coulé tandis que ce dernier s'excusait, ayant arrêté de rire. 
 
"Ah si, je suis même très vexée !"
 
Venant couvrir ma bouche de ma main, je m'étonnais moi-même de mes mots. J'avais été naturelle, et plus que naturelle, familière à son égard. Comme si je n'avais pas chercher à être une autre, à masquer mon vrai moi derrière un sourire mignon et sage. C'était étrange, et en même temps, ça faisait du bien. Ce soir, je n'étais pas obligée de jouer un rôle. Il ne savait pas qui j'étais, je ne le recroiserais sûrement jamais, et de toute façon, il ne me reconnaîtrait probablement pas. Alors à quoi bon se fatiguer à exposer ce masque de la fille parfaite ? C'était tout bonnement inutile. J'avais besoin d'être moi, rien qu'un peu. Alors pour une fois, je ne me servirais pas de ce jeune homme qui semblait heureux de me venir en aide. Il était bizarre. Ou plutôt, il n'était pas comme les autres. Et plus je le regardais, plus je le trouvais mystérieux. Ses cheveux laissaient voir des mèches décolorées, faisant penser à la section D. Pourtant, son sourire si franc et ses attitudes disons gentleman laissaient penser le contraire. Qui était-il vraiment ? Kaïto Jotaro... Je ne connaissais pas ce nom. Pourtant, il semblait populaire. Peut être était-il arrivé pendant ma... Longue absence ? Je me renseignerais en temps voulu. 
 
Perdue dans mes pensées, je revins à moi et tiquais à ses mots. Que voulait-il dire ? Que j'étais affreuse avec ma tête de panda ?! Ou que je ressemblais à un animal abandonné avec cette tête dépressive et complètement détrempée ? Comme si j'avais besoin de ses conseils pour savoir que jamais je ne mettrais un pied au réfectoire dans cet état ! Le pire, c'est que ça semblait l'amuser de déblatérer toutes ces idioties. Il n'y avait plus aucun doute, pour s'amuser ainsi de ma personne, il était assurément gay ! Je lui ferais payer... Hein ? Quoi ? Dîner... Ici ??? Il régale ? Mais c'est gratuit ! Il en avait de bonnes celui là ! J'allais lui répondre sur un ton légèrement ironique mais je n'en eu pas le temps. Monsieur avait déjà décidé à ma place que je dînerais ici, et je ne semblais pas avoir le choix. Quel goujat ! Oui, c'est lui qui cuisinait, et alors ? Il faisait ça dans le seul but de me faire rester avec lui ! Aussi étonnant que cela puisse paraître, j'avais envie de bouder. Oui, comme une grosse gamine, et je ne savais même pas pourquoi. Boudais-je contre lui ou contre moi ? Pourquoi étais-je encore ici à le fixer ? En règle général, soit un homme m'intéressait, et dans ce cas là, je m'amusais avec, soit il me laissait indifférente et je ne prenais même pas la peine de lui adresser la parole. Mais lui, il était à la fois énervant et... Et je ne sais pas. Mais mes jambes se refusaient de quitter cet endroit. Ce qui m'énervait d'avantage. 
 

Et il recommençait à parler, me donnant à moitié des ordres et me demandant trente-six trucs tout en s'affairant ce qui me donna le tournis. Je plaquais un instant ma main sur mon front encore mouillé, soupirant doucement avant de fouiller sans gène dans ses poches. Je trouvais effectivement un tube de crème ainsi qu'un téléphone portable. A croire qu'il se ramassait souvent pour avoir de la pommade directement dans sa poche. Je lui apportais alors le portable pour qu'il puisse prévenir ses prétendus amis, puis je me dirigeais vers les affaires que j'avais laissé plus tôt et commençais à fouiller dans mon sac. Je trouvais alors la trousse que je cherchais et en sorti une brosse, un élastique ainsi qu'une barrette. Lui tournant toujours le dos, je me brossais vaguement avant de nouer mes cheveux en un chignon rapide et attacher ma frange en arrière avec une pince plate. J'hésitais un instant, ma lingette démaquillante à la main avant de renoncer. Si j'enlevais tout ce noir qui barbouillait mon visage, il se pourrait qu'il me reconnaisse. Alors il ne valait mieux pas, par prudence. Je m’asseyais ensuite sur la chaise la plus proche et étalais rapidement la pommade sur mes genoux et mes coudes. Je n'écoutais qu'à moitié ses dires comme quoi je m'inquiéterais riant intérieurement qu'il puisse me croire si pure et gentille. Même au naturel, je faisais illusion. Un sourire en coin vint étirer mes lèvres et je me levais pour me rapprocher de lui, lui faisant face derrière le plan de travail.


"Du moment que tu ne m'empoisonnes pas, ça devrait m'aller !"


Ba quoi ? Qui lui disait qu'il savait vraiment cuisiner ? Ce n'est pas parce qu'on sortait des ingrédients du frigo et des ustensiles d'un tiroir qu'on savait s'en servir correctement ! Regardez ceux de ma classe cuisinez, et vous en serez à jamais dégoûté ! Si je comptais l'aider ? Surement pas ! Vous m'avez bien regardé ? Certes, il avait été gentil avec moi, mais n'avait-il pas dit qu'il "m'invitait" ? Je m'étais juste rapprocher pour m'assurer que je n'aurais pas des crampes d'estomac en goûtant à ses plats. Il en va de ma survie quand même. Je regardais alors les ingrédients et j'imaginais ce que j'aurais bien pu en faire. Pas que j'aimais cuisiner, loin de là, mais comme ma mère se préoccupait plus des Kishimoto que de moi, j'avais bien du apprendre à faire deux ou trois trucs si je voulais survivre. Oui, j'avais déjà essayé de mettre mon père aux fourneaux -il faut bien exploiter les hommes, non ?-, et croyez moi, ce jour là, je me suis jurée de ne plus jamais le laisser approcher de la cuisine. Enfin bref, tout ça pour dire, que oui, je me débrouillais quand même assez en cuisine, bien que je ne le fasse pas de bon cœur


"En fait, je veux des onigiris. Ah, et une omelette aussi ! Pour le reste, je te laisse le choix."


Je n'avais pas choisi des trucs trop dur, mais j'avais privilégié la rapidité. Parce que j'avais faim, et que des choses comme un curry par exemple mettraient trop de temps à préparer. Quant à savoir si je le mangerais, il ne me suffirais que de quelques minutes pour voir si je resterais là ou si je m'en irais me doucher et manger au self. La balle était dans son camp. 
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Mer 21 Jan - 22:30
Lorsqu’elle m’apporta mon téléphone portable, je l’ai remercié discrètement, d’un ton presque murmuré tandis que mon sourire ne quittait plus mes lèvres. Jordan me disait que je souriais trop, ça l’agaçait, parce que toutes les filles se méprenaient disait-elle, et parce qu’on ne sait jamais ce que je pense vraiment. Puisque je souris constamment aussi facilement, comment les gens peuvent-ils savoir lorsque je suis vraiment heureux ? Suis-je seulement sincère ? Ces questions m’avaient fait réfléchir et je crois ne pas encore avoir trouver de réponses. Elle me reprochait d’être toujours aussi optimiste, de toujours relativiser, d’être si décontracté et de ne voir que le bon côté des choses… Pourtant n’était-elle pas celle qui m’avait vu dans les pires moments de ma vie ? Ses yeux n’étaient pas les seuls à avoir pu être témoins de ma détresse ? Et si elle avait raison, que je ne faisais que fuir les difficultés et me dissimuler derrière un masque de chaleur qui plaît à tout le monde parce que j’ai peur ? Peur de me retrouver seul, de ne pas être à la hauteur des attentes que les gens ont de moi, peur de blesser ceux que j’aime, et surtout… Peur de souffrir moi-même.

J’ai posé ce que j’étais en train de faire pour me munir de mon téléphone et envoyer un message à Seiichi et Yamato. J’ai commencé par m’excuser et les prévenir de ne pas m’attendre, puis, mes yeux se sont levés vers cette fille qui s’en était retournée pour se recoiffer. Si elle cherchait à se faire belle ? J’en doute, elle s’accommodait juste de manière à se sentir plus à l’aise et à ne pas risquer d’attraper froid à cause de sa chevelure mouillée qu’elle attacha. Elle n’était pas bien grande, mais revêtue de mon pull bien trop grand, elle apparaissait encore plus chétive. A la voir dans cet accoutrement si « négligée », elle me vit penser un instant à ma soeur. La face cachée de la beauté. Sans doute étais-je le seul - et Seiichi, mais lui c’est un cas exceptionnel - aux yeux duquel Haruko osait se montrer complètement décoiffé, sa mine boudeuse du matin et traînant des pieds dans mes vêtements trop grand pour elle qu’elle aimait bien m’emprunter. Je préfère les filles au naturel, c’est probablement pour cette raison que j’aimais Jordan… Pour quelqu’un qui a quitté mes pensées, j’ai l’impression que son nom ne revient encore que trop souvent. L’amour est une maladie dont on ne guérit que très lentement, surtout lorsqu’on essaye de lutter seul sans personne à qui en parler. Mais qui pourrait comprendre ?

En parlant de comprendre, lorsque je la vis ainsi, je ne pus empêcher un petit sourire de se dessiner sur mes lèvres et je reposais alors mes yeux sur l’écran de mon téléphone. Je n’avais pas fini mon message, et je ne pouvais pas leur dire la véritable raison de mon absence. Si Seiichi aurait fait une dépression en apprenant que je suis avec une fille, Yamato aurait probablement été déçu de ma part que je les abandonne pour une telle raison. Pourquoi ai-je douté qu’ils ne puissent comprendre que cette fille avait besoin d’aide et que je me serais sentie coupable de la laisser tomber après l’avoir trouvée dans un tel état sous la pluie ? Car oui à l’heure actuelle, si je n’avais pas voulu la laisser partir c’est parce que ce que je ressentais ressemblait à de l’inquiétude mélangée à un sentiment de responsabilité. Je leur ai donc menti dans la suite de leur message, prétendant que le concierge fermerait exceptionnellement le gymnase plus tard que d’habitude et que je voulais en profiter. J’ai envoyé ce message et mon sentiment de culpabilité ne fit que se renforcer. Je venais de mentir à mes deux meilleurs amis. N’avais-je donc pas confiance en eux ? Moi qui tient tant à leur démontrer qu’ils peuvent avoir une confiance totale en ma personne…

J’ai refermé mon téléphone et l’ai posé sur un coin de la table pour me remettre à l’ouvrage. Mon visage trahissait d’avantage ma concentration. D’ailleurs, je n’avais pas remarqué que la fille était venue jusqu’à ce qu’elle prenne la parole et que je la découvre face à moi de l’autre côté du plan de travail en relevant les yeux. Elle fit une farce sur le fait qu’elle puisse être empoisonnée par ma cuisine. En guise de réponse, je lui ai légèrement souri avant de reporter mon regard sur ce que j’étais en train de faire. Si j’étais libre de choisir, j’avais envie de lui faire découvrir quelque chose qu’elle ne connaissait probablement pas. J’avais envie de lui faire goûter de la cuisine occidentale. Je commençais donc à réfléchir à ce que je pourrais faire avec les ingrédients à ma disposition et dans un laps de temps le plus restreint possible, lorsque la demoiselle changea soudainement d’avis. Des onigiris et une omelette ?

« C’est noté, Princesse ! répondis-je en recouvrant un peu d’entrain. Donc, je me réserve la surprise pour le dessert ! »

Le dessert en soi incarnait déjà une surprise. La cuisine japonaise était si peu sucrée, j’avais envie de lui faire découvrir de nouvelles saveurs, celles que j’avais moi-même goûtées en Europe. J’avais repéré dans le réfrigérateur une barquette de framboises, quelle chance ! J’ai alors commencé par faire pré-chauffer le four pour me lancer dans la préparation d’un crumble de framboise qui cuirait ensuite pendant une quinzaine de minutes. Ce qui me laissait donc le temps de préparer les onigiris et l’omelette en même temps, puis le dessert aurait le temps de refroidir un peu pendant qu’elle mangerait le plat principal. J’étais concentré sur ma tâche, jusqu’à ce que je me rende compte que si peu bavard, je n’étais probablement pas d’une compagnie très intéressante. J’ai donc essayé de lui faire un peu la conversation :

« Je ne peux te promettre un repas digne d’une élève en art culinaire, en avais-je déduis de la présence de ses affaires dans la salle, mais en principe, personne n’est encore tombé malade après avoir mangé ce que j’ai pu cuisiner. »

C’est lorsqu’on ne s’adresse plus à l’une de ses groupies si bon public et prête à rire de toutes nos blagues qu’on se rend compte que d’essayer de faire de l’humour est en réalité rarement réussi. En vérité, je n’ai même pas eu besoin d’attendre de lire sa réaction sur son visage pour sentir complètement naze sur ce coup-là. Étrange, ça ne me ressemble pas.

« Ah ! Est-ce que je peux me permettre de te demander ton nom ? » me rappelai-je que si je m’étais présenté, mon interlocutrice ne l’avait pas encore fait.

Le repas était fin prêt. Je ne servis une part chacun, puis, je suis allée sortir le dessert du four en laissant le plat à l’abri du regard de mon invitée. Ensuite, j’ai pris une chaise pour venir m’asseoir à table en face d’elle à qui j’apportai deux baguettes par la même occasion. J’ai alors joint mes deux mains pour lui souhaiter un bon appétit comme le voulait la tradition japonaise. Pour ma part, je ne doutais pas de la qualité de ma cuisine - j’ai suffisamment été exploité par ma soeur pour savoir qu’elle est bonne -, et tout témoin honnête était forcé de reconnaître que d’entrée de jeu aussi bien l’apparence soignée de la présentation que le doux fumet qui en émanait promettait un repas appétissant. Je laissais donc mon invité goûter la première, la regardant avec le sourire. Etais-je normal de la trouver charmante alors qu’elle était loin d’être à son avantage ? Je vis encore quelques gouttes ruisseler de sa chevelure.

« Tu n’as plus trop froid ? me préoccupai-je sincèrement. Une soupe t’aurait probablement fait du bien, mais cela aurait mis trop de temps à préparer. Je … »

Je me suis interrompu pour la regarder et me corriger avec spontanéité et légèreté :

 « J’en fais un peu trop, n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Lun 9 Fév - 11:40
Princesse ? Je levais un sourcil à cette appellation, relevant mon regard qui scrutait la nourriture pour le poser sur sa personne. Comment pouvait-il m'appeler ainsi avec tant de naturel alors que nous ne nous connaissions pas et que je me trouvais dans un état pitoyable ? Décidément, ce type était vraiment étrange. Ou était-ce pour me mettre à l'aise ? Voulait-il me faire oublier ma tenue pour que je profite de l'instant ? Je ne le savais. Mais plus que l'état pittoresque que je donnais à voir, c'était le froid et l'eau ruisselant par endroit le long de mon corps qui m'incommodait le plus. Cependant, je ne m'en plaignait pas. Après tout, j'avais déjà résolu le problème des cheveux collants et gênants, et il m'avait également aidé à faire taire l'élancement de mes égratignures. Pour une fois, je n'avais pas trop de quoi me plaindre. Surtout qu'il m'avait passé sa veste et son pull, s'exposant au froid, et était même entrain de préparer mon dîner. En y repensant, qu'il en fasse autant pour une inconnue était irréel. Je savais manipuler les hommes à la perfection, mais pour une fois, je n'avais absolument rien fait. Donc la question était pourquoi se donnait-il autant de peine ? Un mystère de plus. 

"Une surprise ?" demandais-je, légèrement étonnée.

Si cette phrase me donna envie d'en savoir plus, je n'en laissais pourtant rien paraître, préférant détourner mon regard de sa silhouette séduisante pour se reporter sur le plan de travail. Je ne savais pas ce qu'il entendait par là, mais les desserts japonais étaient des plus restreints et avaient pour la plupart un goût "pauvre" ou disons, qui ne valait pas grand intérêt. Peut être était-ce juste une farce destinée à me faire saliver et donc rester ? Je m'étais mise à penser ainsi, sure de mon calcul mais je fus désarçonnée par la vue de la barquette de framboise. Je n'en avais jusqu'alors jamais utilisé que pour décorer des crêpes lors de cours de cuisines ultérieurs et je ne savais pas trop comment il pourrait s'en servir. J'haussais cependant les épaules, pas plus intéressée que ça. Je n'aimais pas cuisiner, et de toute façon, rien ne me disait que ce serait potable, alors à quoi bon perdre mon temps ? Ce dernier reprit la parole pour faire ce qui s'apparentait à une blague complètement ratée et je le regardais d'un air blasé, riant cependant intérieurement de son visage "déconfit". 

"Cela était-il sensé me rassurer ?"


Qu'importe si les autres avaient été malade pendant des jours, du moment que j'allais bien après avoir englouti son dîner. Après tout, les cobayes, ça servait à ça ! Je n'allais quand même pas avoir pitié des testeurs, je ne les connaissais même pas, et même si je les connaissais, je m'en foutrais royalement. Chacun son métier -si on pouvait appeler ça un métier-. Si je pensais qu'après son échec de blagues il allait s'arrêter de parler, je me trompais. Apparemment, il avait décidé de me faire la conversation, et rien ne lui délogerait cette idée. Voulait-il se la jouer gentleman ou l'était-il de nature ? Bizarrement, je penchais plus pour la deuxième option, allez savoir pourquoi. Mais il ne semblait pas en faire trop, comme si s'inquiéter pour les autres était chez lui quelque chose de naturel. Quelque chose que je ne possédais pas, ou plus, et ne voulais plus posséder. 

"Kazama, je m'appelle Kazama Chiyuri."


Mon regard perdu dans la confection des onigiris, je ne faisais pas attention ni à la question, ni à la réponse, ma bouche s'étant ouverte et ayant répondu automatiquement à une question que l'on m'avait posé si souvent. Mes doigts pianotaient régulièrement sur le comptoir, signe que j'attendais plus ou moins patiemment, la patiente étant loin d'être mon fort, mais sachant pertinemment qu'il ne pouvait aller plus vite. Puis le bruit se stoppa net et j'ouvrais de grands yeux, réalisant ce que je venais de dire. Comment avais-je pu lui donner mon nom aussi facilement ?! Comment avais-je pu être aussi débile ??? Je venais appuyer mon front contre ma main, énervée et fatiguée de ma propre incompétence. Pourquoi avait-il besoin de poser cette question aussi ? Il ne voulait pas que je lui rende ses affaires, donc si j'étais partie sans donner mon nom, il n'aurait jamais pu me reconnaître ! Oui, ok, c'est justement pour ça qu'il voulait le savoir, mais c'était aussi pour ça que je ne voulais pas qu'il sache ! Pourquoi aujourd'hui rien n'allait comme je le voulais ? C'était épuisant. Je soupirais, me résignant à la possibilité qu'il me retrouve. De toute façon, quoiqu'il arrive, je saurais le faire taire. Alors il n'y avait pas de problème... 

Le repas semblait enfin prêt, et j'allais m'asseoir à une table sans l'attendre. L'heure du verdict était arrivé, et si je n'avais rien trouvé de louche dans sa préparation, je ne savais pas non plus le goût que ça aurait. Je priais donc silencieusement pour que cette journée ne soit pas un échec total, acceptant les baguettes avant d'observer ce qu'on m'avait mis sous le nez. La présentation était réussie et laissait apparaître que ce n'était effectivement pas une première pour lui. Quant à l'odeur qui se dégageait du plat, il laissait penser sans nul doute que c'était réussi. Les témoins visuels et olfactifs ayant approuvés, il ne restait plus qu'à goûter ! Je joignais alors mes mains et lui souhaitais également un bon appétit, comme le voulait la coutume, avant d'attraper un bout d'omelette et de l'approcher de ma bouche. Mais je fus stoppée dans mon ascension pas la question de mon cuisinier personnel, m'obligeant à reposer le met dans mon assiette pour lui répondre. Pas que je ne voulais pas dégrader encore plus mon image en parlant la bouche pleine mais...

"Est-ce une maladie chez toi de te préoccuper des autres avant toi même ?" demandais-je, quand même assez curieuse de savoir pourquoi il voulait à ce point que tout soit parfait. "Enfin, ne penses-tu jamais à toi d'abord ? Toi aussi tu es mouillé, et en plus tu n'es qu'en chemise alors que j'ai ton pull, alors pourquoi c'est à mon confort que tu penses ?" 


Je ne le comprenais décidément pas. Quel spécimen m'avait-on fait rencontré aujourd'hui ? Il était si différent des autres que je ne savais trop comment le prendre. Une bonne poire, c'est ce qui le qualifierait le mieux ! Et le pire, c'est qu'alors qu'il était la seule touche disons sympathique de cette journée de merde, il tendait la perche pour que je le critique... Il allait me rendre folle. Je soupirais une fois encore, mais cette fois-ci, légèrement amusée.

"C'est moi qui est voulu ce repas, alors ne t'excuse pas. Si j'avais voulu une soupe, ne t'en fais pas, tu aurais été le premier à le savoir. Et ne soit pas trop gentil avec moi, je risquerais d'en profiter et tu le regretterais." avais-je ajouté avec un léger sourire sur le coin de mes lèvres.

Je ne savais pas pourquoi je me retrouvais à essayé d'être gentille avec lui, mais les faits étaient là, je ne voulais pas le rabaisser. Peut être avais-je attrapé un rhume ? Ou peut être accomplissais-je juste ma bonne action de l'année, à voir. Je me concentrais alors de nouveau sur mon assiette, reprenant mon omelette que je fourrais dans ma bouche sans plus d'hésitation, mâchant tandis que mes yeux s’écarquillaient de surprise. 

"C'est délicieux !"


Oui, je l'avoue, j'avais été jusqu'à maintenant assez dubitative sur ses talents culinaires -tout comme sur son humour mais passons-, mais désormais, je ne pouvais pas nier l'évidence. Il savait cuisiner, et il cuisinait même très bien ! Un sourire franc pointa le bout de son nez alors que je m'empressais de goûter le reste, constatant que c'était tout aussi bon. Dire que le meilleur moment de cette journée était le repas ! Un peu plus et on me prendrait pour une morfale. Je continuais de déguster mon plat, à la fois heureuse de ne rien avoir à cuisiner et soulager que le goût soit au rendez-vous.

"Tu pourras m'ajouter sur la liste des personnes qui ne sont pas tombés malades." sortais-je ironiquement en le regardant avant d'en reprendre une bouchée.

Je finissais ainsi mon plat, mon ventre n'ayant désormais plus aucune raison de gargouiller. Je n'avais pas été certes des plus bavardes, mais contrairement à mon interlocuteur, j'étais loin d'être le genre de personne qui faisait la conversation pour que la personne en face se sente à l'aise. Et je ne comptais pas changer. J'allais cependant le remercier pour ce repas lorsque la "discussion" que nous avions eu plus tôt me revint en mémoire. N'y avait-il pas un dessert ? Avec des framboises ? pourtant, je n'en voyais pas la trace. L'avait-il raté ? Ma curiosité plus forte qu'il y a quelques minutes, je scrutais la salle dans l'espérance de voir un indice de ce que je cherchais avant d'abandonner, plongeant mon regard dans le sien. Je remarquais alors que ce dernier avait quelque chose de pas tout à fait nippon mais je n'y prêtais pas plus attention que cela, l'éclairage laissant à désirer et pouvant me tromper. 

"La surprise était-elle empoisonnée ou n'ai-je pas été assez sage pour l'obtenir ?"


Mon regard toujours planté dans le sien, je venais poser mon menton dans le creux de ma paume tandis qu'un sourire narquois venait se nicher au coin de ma bouche.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Ven 13 Fév - 20:49
Kazama Chiyuri… Je savais à présent son nom. Tandis que j’achevais la préparation du repas, j’inscris son nom dans ma mémoire, un sourire inconscient sur les lèvres mais qui passerait probablement inaperçu du fait l’omniprésence de cette manifestation de joie sur son visage de manière habituelle. Il est vrai que je souriais très souvent, facilement, ce que je le savais me rendait attractif et sympathique aux yeux des gens. Je ne leur mentais pas, pour ainsi, je n’avais que très peu matière à me penser digne d’une quelconque complainte malheureuse. J’avais tout pour être heureux, pourquoi chercherais-je le moindre prétexte pour me morfondre du contraire ? Mon seul regret quant à cette imperturbable bonne humeur - sans être excessive comme celle de Seiichi - qui savait être démonstrative mais calme et posé, était que la différenciation entre le quotidien et le ponctuel, l’exceptionnel, se confondait, aussi bien dans ma démonstration que dans l’interprétation des gens. Si je suis généralement de bonne humeur et souriant, comment exprimer lorsque je suis encore plus heureux ? Avec des mots ? Le courage nécessaire pour les énoncer atteint alors un tout autre degré.

Et de savoir son nom m’avait rendu heureux. Je trouvais ce nom original et joli, mais je n’en dis mot. Sans doute lui avait-on déjà desservi un tel discours une quantité de fois. Elle était jolie. Elle devait l’être d’autant plus lorsqu’elle n’était pas dépeignée de la sorte. Inévitablement, Chiyuri avait dû être la cible de biens des avances. Je ne voulais pas la mettre mal à l’aise, qu’elle interprète mal mes intentions. Serait-ce une erreur de penser que j’essayais de lui plaire ? Pas tout à fait, non, mais je n’avais pas l’habitude de déplaire, ou plutôt mon premier réflexe instinctif semblait être celui de faire en sorte d’apparaître comme agréable aux yeux des gens. Si j’en espérais plus ? Certes, elle est très jolie et elle m’intrigue, mais je viens à peine de la rencontrer et la conversation que nous avons échangé jusqu’à présent est bien légère. Je fais surtout l’assaillir de question, et alors que nous étions « passer à table », je continuais, à tel point que je l’en avais interrompu dans son intention de gouter à la première bouchée de son omelette.



Si je souris et semble à l’aise, je suis à même de rire de moi, de m’adapter, de me satisfaire de toutes situations, que je prends les choses comme elles viennent avec légèreté, je n’en reste pas moins un être humain. Loin d’être surhumain, j’évite juste de trop m’impliquer réellement de peur d’être blessé. Penser aux autres avant moi-même est une façon de me protéger. Si je n’ai de désir ni de souhait, je ne peux être déçu. Mais cette parade a un prix à vouloir plaire, à intégrer les rêves qu’on vous a forgé à votre place, un nouveau poids pèse sur nos épaules : la crainte de décevoir !

Je riais alors légèrement à sa remarque.

« Une maladie ? Peut-être peut-on l’appeler ! Je pense plutôt qu’il y a plusieurs façons d’interpréter la situation : soit, on peut considérer comme l’expression de la simplicité de mon esprit le fait que j’éprouve de bonheur à voir le sourire des gens autour de moi que dans la recherche perpétuelle de la satisfaction de mes plaisirs personnels, proposai-je une première hypothèse porteuse de vérité.

Soit, mon besoin de protéger les miens est le sentiment prédominant chez moi, évoquai-je ensuite avec encore plus de véracité. Et conséquence des ambitions qui sont les miennes, alors je peux considérer toute personne de mon entourage comme faisant partie des miens ! ajoutai-je avec une pointe d’humour tout à fait naturelle.

Ou encore, si on analyse la situation sous un autre angle : entre diner avec mes deux amis,  avec lesquels je partage également ma chambre à l’internat et que je vois donc tous les jours, dans un réfectoire bruyant mais certes au chaud avec mon pull sur le dos, ou un diner en tête-à-tête avec une fille qui m’ait apparu comme ayant besoin d’aide à l’issu d’une mauvaise journée, y sacrifiant mon pull mais dans l’espoir peut-être prétentieux de la voir recouvrer le sourire ; n’ai-je pas fait le choix de satisfaire ma personne en un sens ? »

Un sourire de sa part, j’en eus l’aperçu d’un prémices dans l’accompagnement de ses propos. A cette vue, je crois que les mots que je maniais déjà de manière habile naturellement d’accoutumer me vinrent instinctivement de telle sorte que j’eus à peine le temps de remarquer qu’ils avaient franchi la barrière de mes lèvres :

« Je crois que je vais en prendre le risque quand même. Si je m’expose délibérément, alors je n’aurais pas à avoir de regret. » continuai-je de lui sourire avec fraîcheur.

Puis, je l’ai regardé gouter à sa première bouchée du repas que je lui avais préparé. J’observais ses gestes, son visage. Elle avait une beauté gracieuse naturelle, même lorsqu’elle n’était pas à son avantage, probablement encore plus parce qu’elle ne l’était pas. La jolie Chiyuri semblait m’apparaitre au naturel. Elle paraissait affamée, mais je ne trouvais pas qu’elle perdait en élégance pour autant. Ce n’était pas un raffinement feint comme nombreuses filles de bonnes familles auxquelles on avait inculqué rigoureusement les bonnes manières - je ne pense pas là à ma soeur qui a la grâce naturelle et l’esthétisme de sa génétique mais qui n’en avait pas toujours usage au quotidien … -. Finalement, même la spontanéité de ses mots reflétaient une certaine distinction : « Délicieux ».

-Oui, nous en disons toujours plus sur nous que nous le croyons, et les yeux aussi bien que les oreilles de Jotaro ont été habilement entrainé à capter les moindre de détail, lui aussi victime d’une inculcation inconsciente qui a été exercé sur son esprit depuis sa plus tendre enfance. Un garçon qui s’intègre parfaitement dans la société mais dont la façon de pensée est souvent bien éloignée de celle de ses pairs, au-delà de ce qu’on pourrait imaginer du fait de son « génie ».-

« Je suis content que cela te plaise, même si ce n’était pas très compliqué à préparer non plus, » lui répondit-il sincèrement, toujours sur un ton aussi léger.

Sa petite pique ironique que je pris sans la moindre vexation m’amusa :

« Serais-tu en train de te moquer ? Remuer le couteau dans plaie quand quelqu’un a essuyé un échec humoristique aussi cuisant… » rétorquai-je avec humour.

Chiyuri évoqua ensuite la fameuse surprise que j’avais annoncé plutôt. Aurais-je réussi à piquer sa curiosité ? Ou sa gourmandise ? Peut-être un peu des deux. Quoi qu’il en soit, je remarquai alors que j’étais loin d’avoir fini ma propre portion. Etait-ce elle qui était affamée au point de manger si vite, ou moi qui avait passer trop de temps à la regarder appréciant tout de sa beauté ? C’est étrange, Chiyuri est loin d’être la première jolie fille que je rencontre, loin de là, et pourtant… J’ai l’impression de la regarder différemment. Si elle me plaît ? Physiquement, je suis bien obligé que reconnaitre que oui ! Néanmoins, je ne connais rien d’elle. Mais j’ai envie de la connaître d’avantage. Cependant, je ne savais guère comment me comporter sans risquer de lui donner l’impression d’essayer de profiter de cette situation de détresse dans laquelle je l’avais trouvé. Mon intention première était de l’aider, de la « secourir », je m’en contenterais donc. J’essaierai juste de faire en sorte que ce mauvais moment qu’elle semble avoir passé, s’achève sur la note positif de ce modeste moment que je peux lui offrir !

Je posais donc mes baguettes. Tant pis si je n’avais pas fini. Je n’avais pas si fin. Cette soirée était la sienne, alors la priorité me revenait.

« A en juger par ce sourire, lui répondis-je, je crois deviner que tu as été plutôt sage par rapport à ce don tu es capable, je me trompe ? »

Relativement certain de ma déduction face à ce petit sourire narquois que j’avais pu voir s’esquisser sur ses lèvres, je la laissais répondre si elle le désirais tandis que je me levai pour aller chercher la fameuse surprise. J’amenai alors devant elle le plat que j’avais précédemment sorti du four afin qu’il repose un peu, et recouvert d’un chiffon. Je déposai le plat et ôtai le chiffon pour révéler le dessert :

« Un crumble de framboise pour une touche d’exotisme en conclusion de ce repas, » annonçai-je.

Je me suis retourné ensuite pour aller chercher deux petits ramequins et des cuillères, fouillant dans les placards, puis revint avec et m’asseyais à nouveau en face de ma charmante interlocutrice du soir. Je lui servis une part tout en lui expliquant :

« Les occidentaux sont beaucoup plus friands de mets sucrés, cette recette est très simple et assez peu original à leurs yeux, mais ce n’est pas mauvais non plus, et puis, j’ai improvisé avec ce que j’ai trouvé. J’espère que ça te plaira. Tu en as déjà gouté ? »

Parfum de framboise, je réalisai alors qu’à la première bouchée, un flot de souvenirs européens risquaient d’accompagner le souvenir sensoriel d’une saveur retrouvée : la cuisine française. Finalement, je ne pris même pas ma cuillère et attendit le verdict de mon « invitée ». Puisque je ne comptais pas en manger et que la quantité aurait été sans doute déjà trop importante pour seulement deux personnes, j’ai pensé à ramener les restes de ce dessert à Seiichi et Yamato , histoire d’acheter le début de leur pardon pour cet abandon imprévu, quand je retournerai dans ma chambre.


Le retour… Il serait synonyme de la fin de cette soirée. Aurais-je seulement l’occasion de la revoir ? Pourquoi n’ai-je pas insister pour qu’elle me ramène mes vêtements le plus rapidement possible ? Si je ne voulais lui apporter qu’un peu de baume au coeur ce soir, m’est-il interdit d’espérer la revoir prochainement ? Quel prétexte pourrais-je trouver pour essayer de la retenir un peu plus longtemps à la fin de ce repas ? Qu’elle m’aide pour faire la vaisselle ? Un peu mesquin, non ? Et après ? Je ne saurais l’expliquer, mais j’avais juste envie de faire perdurer ce petit moment « rien qu’à nous », hors du temps, où j’oubliai tout les tracas qui peuvent envahir l’esprit humain au quotidien. Kazama Chiyuri avait réussi à capter toute mon attention semblerait-il…
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Ven 27 Fév - 13:50
S'il avait piqué ma curiosité ? On pouvait dire ça. Si bien que j'en avais oublié la politesse de le laisser terminer son assiette. Enfin, à vrai dire, je ne m'en étais pas rendue compte, ne faisant pas trop attention à ce qu'il restait du contenu du plat de mon cuisinier. Avais-je toujours été ainsi, à regarder mes intérêts et mes besoins avant ceux des autres ? Surement était-ce pour cela que je ne comprenais pas le jeune homme face à moi. Nous étions opposé sur bien des choses, et pourtant, il ne m'était pas pour autant déplaisant. Au contraire, sa compagnie m'était agréable, voire apaisante. Pour une fois, un homme n'était pas un jouet, et cette nouveauté apparue dans ma vie ne pouvait que me ravir. Parce qu'à dire vrai, je m'ennuyais. Pire encore, je commençais à ne plus pouvoir supporter cette vie dans laquelle mes parents s'imisquaient sans cesse pour essayer de me forger à leur image. J'étouffais. Et c'était en partie la cause de ma "chute" de tout à l'heure. 

Je le vis néanmoins se lever, -avec une certaine satisfaction, je l'avoue-, et aller me chercher le fruit de ma convoitise. Si seulement il y avait des hommes comme lui dans ma section ! Mais non, à la place du gentleman gentil, serviable et plus que charmant, je n'avais que des porcs dégueulasses plus débiles et malpolis les uns que les autres. C'était injuste. Si bien que rien qu'un instant, je m'imaginais entraîner vers le bas quelques beaux hommes tels que lui pour me retrouver moins seule. Je haïssais la solitude, tout comme j'haïssais l'ennui. Et si habituellement, Koji était la pour moi, dernièrement, je n'avais plus de ses nouvelles. Et il était hors de question que ce soit moi qui fasse le premier pas ! Certes, je n'avais pas de fierté. Mais c'était aux hommes de ramper devant moi, et pas l'inverse. Spécial à mes yeux ou pas, rien n'y changeait. Je fus assez surprise par la remarque de mon cuistot, assez peu habituée à ce que l'on ne me voit pas comme un ange. Enfin, après tout, je ne m'étais pas montrée sous mon meilleur jour, il n'y avait pas à dire. 

"Je ne vois pas de quoi tu parles, je suis toujours sage..." lui répondis-je d'une voix innocente, gardant néanmoins ce même sourire légèrement provocateur au coin de mes lèvres. 

C'était agréable de ne pas avoir à jouer quelqu'un pour une fois. Je pouvais me montrer telle que j'étais, je savais qu'il ne me tournerait pas le dos. Parce que je semblais avoir besoin d'aide. Les filles fragiles avaient toujours autant le cote auprès des hommes, bien que je ne pensais pas pouvoir en "attraper" un avec cet accoutrement. 

Le plat arriva, entièrement masqué avant d'être découvert à mes yeux, un fumet à la fois sucré et acide s'en échappant délicieusement. Je n'avais jusqu'alors jamais goûté de crumble à la framboise, mais je ne doutais cependant pas de son goût, faisant désormais confiance aux talents culinaires de mon hôte. J'avais trouvé une perle rare, et celle-ci m'appartenait pour la soirée, ou du moins, le dîner. Je le laissais me servir, aimant être ainsi assistée, appréciant la chaleur qui se dégageait du plat. Au moins, je pourrais ne serait-ce qu'un peu me réchauffer avec le dessert. 

"Je n'ai jamais goûté de crumble, non. Je suis effectivement en art culinaire, mais sache qu'en D, ce n'est pas des recettes gastronomiques ou des quatre coins du monde que l'on fait, loin de là..."


Je n'évoquais pas le fait que ma mère ne cuisinait pas pour moi, ça ne le regardait pas. Et comme je faisais en sorte de faire des trucs qui me prendraient un minimum la tête, l'idée de faire un dessert occidentale tel que celui-ci ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Je me jetais donc à l'eau et enfournais la première bouchée, savourant l'acidité de la framboise savamment mélangé à la pâte sucrée du gâteau, si particulière par son aspect émietté. Un sourire de satisfaction vint lentement se peindre sur mon joli minois, et c'est avec force que je constatais une fois de plus qu'il était un excellent cuisinier. Je ne pouvais en rien me plaindre ou critiquer.

"Je devrais tomber sous la pluie plus souvent !" dis-je avec une pointe d'humour, comme si ma chute était le seule cause de mes larmes. 

Il m'avait vu dans un état pitoyable, je ne pouvais le nier. Mais je ne voulais pas en parler, et encore moins que l'on me plaigne. La pitié était un sentiment que je répugnais. J'aurais voulu qu'il oubli l'état dans lequel il m'avait trouvé, tout comme l'état dans lequel je me trouvais. Mais je n'avais pas le pouvoir d'effacer les mémoires, malheureusement. Sinon, peut être aurais-je tout d'abord effacé la mienne ? Dans tous les cas, il ne fallait pas qu'il parle de notre petite soirée, ce qui risquait fort d'arriver quand il retrouverait ses camarades de chambre. J'avais une certaine réputation au sein de cet établissement, et je ne voulais pas la ternir, elle m'était que trop utile. Je finissais mon dessert, hésitant entre jouer la carte de la franchise, ou celle de la subtilité. Finalement, j’optais pour le deuxième choix.

"Dis-moi, tu voudrais bien garder cette rencontre secrète ? Je n'aimerais pas avoir d'ennuis pour avoir utiliser cette salle comme cantine..."


Je me fichais à vrai dire complètement que les professeurs ou autres figures "d'autorité" découvrent que je me nourrissais avec le contenu de leur frigo. Ça ne me faisait ni chaud, ni froid, et je pouvais de toute façon toujours les embobiner. Mais bon, je n'allais pas lui dire que je ne voulais pas qu'on sache qu'une seule journée dans cet établissement m'avait mise à la limite de la dépression. Enfin, pas tout à fait, mais j'avais craqué. Lamentablement craqué en m'échouant avec grâce sur le sol, ressemblant à un pauvre chiot abandonné sous la pluie. Mes propos n'avaient en rien l'air mensongé et mon visage semblait des plus innocents, mais je préférais quand même échapper à son regard en débarrassant mon assiette et mon ramequin. Il m'avait vu sous mon vrai jour, ce qui le rendait moins dupe que les autres. Continuant sur ma lancée, je commençais à faire la vaisselle. Non, non. Ne croyez pas un instant que je fasse ça pour le plaisir d'aider ou que sais-je. Mais premièrement, si je ne quittais pas la salle après que celle-ci soit parfaitement propre et rangée, je réentendrais parler de ce con de prof demain. Deuxièmement, agir ainsi avec tant de naturel pouvait donner l'illusion que j'étais une fille aussi gentille que serviable, et troisièmement... Il était hors de question que je reparte tant qu'il ne m'aurait pas promis de se taire. Il avait raison, j'avais été particulièrement sage. A lui de voir si je devais partir ainsi ou sévir pour obtenir ce que je voulais.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama] Dim 22 Mar - 12:10
Les membres du Rp étant supprimés, j'archive le sujet.

Bon jeu.
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MessageSujet: Re: Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama]
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Il était une fois, un jour de pluie... [Jotaro O'Connor Kaïto / Chiyuri Kazama]

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