RSS
RSS



 

Partagez|

Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Mer 21 Jan - 22:33
Neuvième manche, le match de Baseball touchait à sa fin. L’équipe adversaire était en position de lancement. Pour les équipiers et moi-même, la victoire dépendrait de ce tour décisif. Je passerai en dernier. Les yeux vers le sol que je tâtais de la pointe de mes pieds, j’étais en pleine concentration. Je fis rouler mes épaules pour conserver l’échauffement de mes muscles aux manches précédentes. Ce n’était pas le moment pour moi de me relâcher. Ce match était un test, une mise à l’épreuve pour moi. J’étais rentré au Japon depuis plusieurs semaines à présent, avec ma spécialité, j’avais intégré aussitôt l’équipe de Baseball de mon lycée. Tous se connaissaient au moins depuis le début de l’année scolaire, voire depuis la première année de lycée pour certains. La hiérarchie au sein du club et l’organisation de l’équipe titulaire compétitrice étaient bien établies et solides. Des éléments qui débarquaient au milieu de l’année comme Seiichi et moi n’étaient guère plus que des parasites aux yeux des autres membres à l’origine. D’autant plus que pour ma part, je ne peux me vanter d’avoir brillé lors de mes premiers entraînements. Entre le décalage et… Et les souvenirs… J’étais complètement déphasé. Moi-même, j’ai honte de la façon dont j’ai pu jouer quand j’y repense. L’entraîneur n’a pas été tendre. Surtout avec les ambitions qui étaient les miennes, j’ai dû passer pour un grand rêveur complètement à côté de la réalité. Heureusement, j’ai assez rapidement réussi à me reprendre et recouvrir tous mes moyens. Je pense que le fait d’avoir revu tant de visages familiers, de côtoyer de si bons et vieux amis à nouveau au quotidien, de Seiichi à Sakura et Teppei, sans oublier bien évidemment Yamato, m’a beaucoup été aider à faire face et finalement, à ne pas trouver mon retour au Japon si désagréable, loin de là …

J’ai donc pu montrer ce dont j’étais réellement capable à mes coéquipiers et à mon entraîneur. Aujourd’hui, suite à une blessure de l’un des meilleurs joueurs de notre école quelques semaines auparavant, l’entraîneur avait même décidé de me donner ma chance lors d’un match officiel, alors qu’en principe, il ne faisait jamais entrer de petit nouveau dans sa si précieuse équipe parfaitement structurée. Dans un sens aussi malheureuse soit-elle, la blessure de mon camarade arrangeait encore d’avantage mon entraîneur que moi-même. En effet afin que je me puisse être repéré et sélectionné par un recruteur américain - tel était mon objectif et que mon entraineur s’était engagé à m’aider du mieux qu’il le pourrait, car à la fois la réputation de l’école et la sienne ne pourrait en être que flattée -, le coach aurait bien dû me laisser jouer pendant quelques matchs dans les semaines à venir. Or, je suppose qu’il devait être bien embêté sur la manière d’annoncer cette nouvelle aux autres. Finalement, il avait pu trouvé le meilleur des prétextes pour me faire entrer dans l’équipe. Cependant, par conséquent, j’avais conscience que mes coéquipiers m’auraient tout particulièrement à l’oeil. Leur ancienneté aurait voulu que d’autres membres du club jouent à ma place. Certes, nous nous entendions tous plutôt bien, voire très bien, mais je n’en demeurais pas moins un « nouveau », un étranger en comparaison à la quasi-totalité des autres joueurs. Signe de la force de l’équipe, ils étaient solidaires entre eux ! A moi de conclure mon intégration en ce jour !

Les pronostiques n’avaient jamais guère été en faveur de notre équipe, et notre cote n’avait fait que chuter avec l’annonce du forfait de notre joueur blessé. Pourtant, notre coach avait appliqué une tactique assez étrange en ne faisant jouer aucun de ses meilleurs piliers au cours des deux premières manches. Plus grande surprise encore, nous avons ouvert le score et mené pendant un temps, pas très long… Nos adversaires nous avaient-ils sous-estimé en début de match ou analysaient-ils notre jeu ? Quoi qu’il en soit, ils n’avaient pas tarder à remonter au score et même à prendre l’avantage. L’entraîneur commença à faire entrer ses meilleurs joueurs peu à peu, et après une période d’écart important en notre défaveur, progressivement, nous avions rattrapé notre retard. Pour ma part, je ne fus autorisé à jouer qu’à partir de la septième manche. A force d’attendre, j’en étais venu à me demander si l’entraineur n’allait pas finalement me laisser sur le banc. Qu’importe, je continuai d’encourager et de soutenir mes équipiers. Ce n’est pas une personne mais une équipe qui gagne un match.

Je me préparai donc dans l’attente du tour final qui clôturerait ce match. Nous pouvions encore espérer gagner. J’ai levé les yeux, pour observer tout autour de moi, les tribunes pleines et totalement prises au jeu. Mon regard s’est arrêté sur les tribunes VIP. Derrière ces vitres, aux premières loges, ma soeur aînée Haruko et son « petit ami » étaient présents. Pourquoi ? Je savais que Haruko a toujours eu des goûts sportifs et qu’elle n’est jamais contre aller voir un match de toutes disciplines sportives que ce soit  ou presque, mais j’ignorais si Kimura lui s’intéressait ne serait-ce qu’un minimum au Baseball. Leur sortie « exhibition » ne se faisait qu’une fois de plus dans une intention médiatique. Je suppose que c’est une grande idée de leurs agences respectives. J’espère seulement que je ne serais pas éclabousser par la presse…

Nos parents sont tous deux des personnalités disposant d’une certaine notoriété notamment médiatique. Les entreprises de mon père sont connus pratiquement de tout le pays, voire même du continent asiatique. Quant à ma mère, elle n’était pas moins que ministre. Ils ont alors toujours tenus à nous préserver ma soeur et moi de toute exposition aux médias afin que nous puissions avoir une enfance « normale ». Pour cette raison, nous avons grandit dans la petite ville de Himeji, bien plus calme que la capitale. Par la suite, ma soeur a choisi la voie des étoiles et s’est donc délibérément exposée aux médias. En parallèle, mes parents ont tout fait pour que mon existence que ce soit en tant que leur enfant ou le frère de la mannequin Haru KO demeure en quelque sorte secrète. Je les en remercie, car si je désire atteindre les sommets, je ne veux pas que la voie me soit ouvertes grâce aux mérites de quelqu’un d’autre ! Au final, mon départ pour l’Europe me convenait autant qu’à mes parents de ce point de vue là. Mais voilà, j’étais de retour et il semblerait que mon appartenance à cette famille soit difficile à préserver du fléau de la presse… Tout d’abord, suite au tournage qui avait eu lieu dans notre école, auquel ma soeur et Kimura avaient notamment participé, Haruko et moi avions été photographié à plusieurs reprises par des paparazzis qui en-dehors de la caméra avaient remarqué une certaine proximité et des chamailleries suspectes entre nous. Ces idiots pensaient tenir là leur projet article sur l’idylle naissante entre la mannequin et un lycéen de son âge dans le dos de Kimura Hiromitsu. Idiots, ils ont dû bien se le sentir lorsqu’ils ont appris que nous étions nulle autre que frère et soeur. Ils ont alors voulu faire un article sur nous deux, peut-être même un peu plus ciblée sur ma personne à faire découvrir au public, mais là encore, ils ont dû se confronter à l’influence de mes parents qui ne permettait pas qu’on publie mon image, ni même mon nom dans la presse people.

Et demain ? Qu’adviendra-t-il ? Je ne peux que redouter que la presse se fasse un plaisir d’associer nos deux noms et qu’il n’y ait ne serait-ce qu’un minuscule article arborant la belle mannequin venue encourager son frère cadet lors de son premier match dans l’équipe de baseball de son école…


Quoi qu’il en soit, ce n’était pas le moment que je me laisse déconcentrer par de telles réflexions. Mon tour était de plus en plus proche. J’avais la poudre charge de « clôturer le bal ». Je suivais à présent ce qui se passait sur le terrain. Notre capitaine venait de rentrer. Les autres joueurs de l’équipe qui avaient également accompli leur tache, ou remplaçants, vinrent le féliciter tandis qu’il reprenait son souffle. J’admirai la vitesse de ce joueur. Sans doute la première personne que je voyais être capable de distancer Seiichi pourtant déjà très rapide, avec autant de facilité. Le capitaine s’approcha alors vers moi, avait-il remarqué que mes yeux s’étaient posés sur lui ? Il vint déposer une main sur mon épaule.

« Nous avons tous confiance en tes bras, à toi de faire confiance à tes jambes ! »

Nos regards se sont croisés, se fixant un moment. Je fus légèrement surpris puis je finis par lui répondre d’un hochement de tête muet. Un regard sur le terrain. C’était mon tour de batter. Il y avait actuellement un joueur de notre équipe sur chaque base, soit trois. Mon capitaine ne me demander ni plus ni moins de réaliser un home run qui nous permettrait de réaliser le grand chelem, nous offrant par la même occasion la victoire. Si j’en étais capable ? J’étais certainement en mesure de frapper la balle - mon point fort - de manière à permettre à mes trois équipiers de rentrer, mais saurais-je courir assez vite pour boucler moi-même un tour de terrain entier avant que la défense adverse n’intercepte la balle ? Je ravalai ma salive. Je n’avais pas vraiment le choix. Je me mis en position, engageant le face à face rituel avec le lanceur. Je prenais un bon appui sur mes pieds, préparais tout mon corps à renvoyer cette balle que je ne quittai plus des yeux. Je devais le faire !

Le lanceur passa à l’action. Tout ce joue en seulement quelques fragments de seconde. Je frappai la balle de ma batte dans le parfait prolongement de mon bras. Renvoie réussi ! Je pouvais le savoir rien qu’à la sensation ressentie au moment de l’impact. Mes trois coéquipiers devraient bel et bien avoir le temps de rentrer, quant à moi…

Aussitôt avais-je frappé que j’avais déjà lâché ma batte pour partir le plus vite possible. J’ai couru, couru, couru… Première base. J’ai donné tout ce que j’avais. Je voulais aller encore plus vite. Deuxième base. Toujours plus vite. Je courrais à en perdre haleine. Je n’entendais même plus tous les cris autour de moi. Troisième base. Je devais jouer le tout pour le tout de toute façon ! J’ignorais totalement où en étaient aussi bien la balle que la défense adverse. Je jouais le tout pour le tout. Pas le choix. Au bout des quelques mètres devant moi se tenait la victoire ! J’ai redoublé encore d’effort. Ai-je déjà couru aussi vite un jour ? Plus que… Quelques mètres… Et…
Quatrième base ! La Victoire !!!!
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Jeu 22 Jan - 20:24
Un match de baseball ! Il y avait si longtemps que Haruko n’était pas allée en voir un ! Il faut dire qu’elle n’avait guère assisté à la moindre manifestation sportive, excepté un magnifique concours hippique une semaine auparavant où leur oncle Osadani Ryosuke les avait emmenés son frère et elle, depuis bien longtemps. Pourtant, la jeune fille en était relativement friande, et ce dans toutes disciplines : baseball, basketball, hockey sur glace…etc. La charmante mannequin se laissait entrainer par la ferveur des supporters quel que soit le sport pratiqué. Sans doute la seule véritable compétition qu’elle ne serait pas encore à même d’aller assister serait en patinage artistique. Sa carrière d’athlète appartenait au passé. Elle devait définitivement l’évincer. Même si elle pensait y être parvenue, sans doute doutait-elle encore un peu de sa propre auto-conviction puisqu’elle redoutait tant le réveil de ses souvenirs reniés. Néanmoins, Haruko n’en demeurait pas moins une amoureuse du sport. Sauf que cette image ne convenait guère à sa douce féminité si délicate de mannequin alors, on lui déconseillait toujours de montrer publiquement son goût pour des sports parfois brutaux.

Après, il faut bien considérer que le baseball est un sport à part au Japon. Le sport national ! Le sport le plus populaire et médiatisé ! Alors sans doute les agences ont-elles vu là une bonne idée que d’envoyer le petit couple s’exhiber dans la tribune VIP de l’un des stades prestigieux de la capitale. Pourquoi ce match en particulier opposant des étudiants de différents établissements scolaires et non pas de véritables équipes professionnelles ? Parce que l’une des équipes était justement celle de l’école dans laquelle s’était déroulé peu de temps auparavant le fameux tournage durant lequel la participation des deux célébrités avaient été mise à contribution ? - Tournage dont on ne sait encore s’il aboutira un jour à un quelconque résultat tant sa restitution semble être un véritable casse-tête pour l’équipe de production. - D’ailleurs, contrairement à ce qu’elle aurait pu espérer ce tournage n’avait pas été l’occasion pour Haruko d’essayer de se rapprocher un peu plus de Hiromitsu-kun - car oui, malgré le fait qu’elle ait conscience du désintérêt du jeune homme, elle n’arrivait pas encore à abandonner l’espoir de voir son amour un jour partagé -, cependant, la demoiselle devait reconnaître qu’elle n’avait pas eu beaucoup de temps à consacré à son prétendu petit ami. Leur venue dans cette école avait été pour elle l’occasion de partager du temps avec son amie Juliet au-delà de leurs régulières conversations téléphoniques, de passer un peu de temps aussi avec son frère qui accompagné notamment de son ami Seiichi, en présence des Togashi ou encore de Kazeyama-senpai, le frère aîné de Yamato, un amour de collège, la jeune fille s’était vite laissée bercée par les souvenirs des années passées, l’époque de son enfance à Himeji… De plus, Haruko avait également dû « courir après » Enzo pour essayer de lui expliquer, de se réconcilier avec lui… Résultat, il est vrai qu’elle avait quelque peu « négligé » Hiromitsu-kun mais celui-ci n’en avait-il pas été plus soulagé qu’autre chose ? Au moins, sa petite amie imposée l’avait laissé respirer.

Parce que l’un des joueurs était comme par hasard, justement le frère cadet de la jeune mannequin ? La presse people allait-elle mettre ce point en avant dans ses prochaines publications ? Elle ne l’espérait pas, pour son frère… Enfin, peut-être pas… Après tout, pourquoi serait-il toujours le petit privilégié, le chouchou de leurs parents dont l’intimité serait préservée de l’intrusion des médias ? Les deux adolescents avaient vraiment une conception différente du traitement accordé par leurs parents à l’un et à l’autre. Chacun avait l’impression que l’autre avait été privilégié. Où se situait l’objectivité ? Sans doute certainement dans le fait que leur mère avait toujours été plus présente pour Haruko que pour Jotaro qui dut grandir, certes dans l’amour parental, mais aussi dans une plus grande autonomie.

Quoi qu’il en soit Haruko était très enthousiaste d’assister à ce match. Bien évidemment, elle soutenait l’équipe de son frère qui n’était pas favorite et qui d’ailleurs fut relativement malmenée par ses adversaires pendant une bonne partie de la confrontation. Et son frère qui n’était toujours pas entré sur le terrain… La jeune fille se laissait aller à l’engouement du suspense mais était également déçue. D’une part du fait de ne pas voir son frère jouer, d’autre part… Son regard glissa vers Hiromitsu-kun qui arborait un visage fermé depuis le début du match, peut-être même avant leur arrivée. N’aimait-il pas le baseball ? Pourtant, il pourrait faire un effort pour ne pas le laisser transparaître de manière aussi flagrante. N’était-ce pas sa spécialité de faire semblant d’aimer quelque chose, quelqu’un… S’il y avait là une pointe d’amertume dans la pensée de la jeune fille ? Pas contre le jeune homme mais contre ceux qui avaient eu l’idée de cette mascarade. Haruko avait espéré que ce mensonge lui aurait permis d’avoir la chance de se rapprocher de ce garçon dont elle était déjà amoureuse auparavant, cependant, elle commençait à se faire une raison. Kimura Hiromitsu ne l’aimera jamais. Elle n’était qu’un boulet qu’il devait se traîner pour redorer son image. Etait-il si contrarié aujourd’hui parce qu’il n’avait pas envie de sortir avec une fois avec elle ? Sans doute avait-il mieux à faire… Peut-être même qu’il sortait avec une autre fille, en cachette mais avec de réels sentiments ! Etait-ce pour cette raison que cette mascarade lui pèserait bien d’avantage que d’habitude ? 

Les yeux de Haruko s’étaient retournés vers le terrain en contre-bas. Son coeur était serré. C’était douloureux. Peut-être même que cela devait trop douloureux. Quand elle pouvait encore croire que Hiromitsu l’aimerait peut-être un jour, quand elle était avec lui, qu’elle le voyait sourire, Haruko se sentait si heureuse et si légère. Cependant, la désillusion devenait trop douloureuse. Si Hiromitsu lui-même ne parvenait plus à se tenir à son rôle de parfait petit ami si charmant,  ne devrait-elle pas demander à son manager de mettre un terme à cette mascarade ?

Ne plus faire semblant de sortir avec Hiromitsu-kun… Alors, ils n’auraient plus de raison de se voir… Cette rupture fictive aurait pourtant de véritables répercussions réelles et totales… Trouverait-elle la force en elle de renoncer définitivement à lui ?

Peu à peu, ses pensées se concentrèrent à nouveau sur le match, avec l’entrée de son frère. De toute façon, cela ne servait à rien de se ronger avec tout ceci maintenant ! D’autant plus que si Hiromitsu tirait la tronche, elle devait elle au moins faire illusion et garder un sourire enthousiaste ! Haruko se laissa captiver derechef par le déroulement du match sur le terrain au point de retenir sa respiration dès lors que son frère frappa la dernière balle et qu’il courut tout autour du terrain. Quand il eut atteint la dernière base, elle sauta de son siège dans un cri de joie.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Sam 31 Jan - 14:17
J'étais tranquillement assit sur un banc. J'attendais patiemment la venue d'Haruko. Aujourd'hui, je m'étais décidé à tout lui dire. Lui avouer que j'étais éperdument amoureux d'elle. Mon cœur battait la chamade, mais en même temps, j'étais motivé, et rien ne pourrait m'empêcher de lui dire ce que je ressentais, tandis qu'un petit sourire se dessinait sur mes lèvres. Je n'avais pas prit la peine de me déguiser, et étonnamment, il n'y avait strictement personne dans le parc. La neige tombait, et j'enfouissais un peu plus ma tête dans mon écharpe, pour ne pas avoir froid. Je guettais mon portable. Haruko était en retard d'une dizaine de minutes. Boh, ce n'est rien. Si ça se trouve, elle a eu un empêchement pour partir à l'heure. Ce n'est pas grave.


Voilà que sa silhouette se dessine au milieu de l'atmosphère frais et grisâtre qui plane sur Tokyo. Un grand sourire se dessine encore plus sur mon visage, alors que je suis excité. Je me lève, les mains dans les poches, et commence à avancer vers elle. Sortie de nulle part, une main la happe, et la tourne vers elle. Le manteau de froid se dissipe, laissant place à un soleil brillant. Haruko est en train d'embrasser cet occidental. Il a passé ses mains autour de sa taille, et elle de son cou. Dans mes mains, à présent se trouve un bouquet de roses que je viens serrer brutalement, rompant la tige de certaines, comme mon cœur vient de le faire devant ce spectacle. Il finit par tomber à terre, et furieusement, j'écrase les pétales à mes pieds. Des larmes coulent sur mes joues discrètement, tandis que je m'efforce de garder un air digne. Elle me regarde, souriante, et ses lèvres bougent légèrement. Elle semble psalmodier quelque chose. Je tends l'oreille, je n'entend rien. Tout devient noir, seul ce couple reste en face de moi.


« Trop tard Hiromitsu-kun. » me lance-t-elle de sa douce voix.


Ils se mettent tous deux à rire, ensemble, et commencent à partir. Quand je veux les rejoindre, je tombe lourdement sur le sol. Quand je me retourne, pour voir ce qui me retient, je peux voir que mes pieds sont enchaînés à un mur. Je veux regarder où ils sont, je ne les vois plus. Des grilles se ferment devant moi. J'entends sans arrêt leur rire. 

Je me réveille en sueur, m'asseyant brutalement sur mon lit. Je viens poser une main sur mon visage, tandis qu'une boule se forme dans ma gorge. J'ai une terrible envie de pleurer. Je me frotte le visage, en soufflant un coup, et jetant ma tête en arrière, prenant appui sur ma main encore sur le matelas, je regarde le plafond. Un soupir las passe la barrière de mes lèvres, et je finis par me lever. Je me dirige vers mon armoire, et pile sur mon bureau apparaissent les photos que Teppei m'a apporté. Haruko-chan et cet occidental, ensemble. Je n'avais eu l'occasion de lui en parler, et je m'étais trouvé obligé de faire comme si de rien n'était pendant le tournage. Mais je les avais vu se tourner autour, et alors, mon cœur s'était emballé dans un énervement total. En vérité, je ne savais pas vraiment à qui j'en voulais. Si c'était à elle, à lui, ou bien encore à moi, tout était trop flou au fond de moi pour que je le sache réellement. Teppei avait raison, j'aurai peut-être dû aller plus vite. Je me suis mordu la lèvre inférieur, avant d'aller me préparer.

Je n'ai pas mit trop de temps, je n'en mettais jamais vraiment. J'avais en horreur d'être mouillé, donc la douche était toujours expéditive. Et ce matin, autant dire que je n'avais pas vraiment faim étant donné à quel point je pouvais être préoccupé. Teppei est arrivé en avance, comme d'habitude, et quand il a vu ma gueule, il a fait une mine triste. Il savait ce qui me hantait l'esprit.

Tout c'était passé un jour alors que je rentrais d'un entretien pour le nouveau film que j'allais devoir jouer, entre les épisodes du drama que je tournais (il était vachement long, il contenait au moins trois saisons, les producteurs avaient voulu le faire sur le modèle américain). Senpai était venu me chercher en voiture, pour qu'on aille commander dans un fastfood, et qu'on aille manger chez moi devant un bon film d'horreur, à rigoler comme des cons aux moment où on pourrait avoir peur. Cependant, quand je suis monté dans la voiture, il m'a lancé un vieux regard en mode « il s'est passé quelque chose de grave ». Je dois avouer qu'il m'a fait bien peur, et que j'ai vraiment cru que quelqu'un que lui ou moi apprécions avait fini à l'hôpital, ou dans un cercueil. Il m'a tendu les photos qu'il avait obtenu, et quand je les ai observé, le monde autour de moi s'est effondré. J'ai eu l'impression d'entendre mon cœur se briser, et Senpai m'a posé une main protectrice sur l'épaule.

« J'ai entendu une conversation, où Kaïto-sama se faisait sermonner par son agent, en disant qu'elle ne devait pas ternir son image, en faisant parler du fait qu'elle te trompe.. C'est trop tard Hiromitsu. » 

Je me rappelle que j'ai eu envie de pleurer, et que le sang m'est monté aux joues. J'avais soupiré tristement, mais aucune larme n'avait coulé sur mes joues. J'avais attendu d'être chez moi, seul pour cela. Nous n'avons pas passé la soirée ensemble avec Senpai, et j'ai plutôt décidé d'aller faire un peu de sport. Je ne savais même pas pourquoi ça me faisait aussi mal, pourquoi j'avais tellement cette impression d'avoir été trahi. Nous n'étions pas vraiment ensembles, Haruko pouvait bien fréquenter qui elle voulait après tout, hein ! Je m'en contre fiche après tout ! Je sais que j'avais loupé le sac de sable, alors que je frappais à mains nus, et que j'avais fini ma course dans le mur, me cassant la main. Du coup, j'avais du être plâtré. Plâtre que j'avais encore. 

Puis, récemment, on m'avait sommé d'assister à un match de Baseball avec elle, dans la loge VIP. Mon cœur n'avait pas eu le temps de cicatriser, alors j'avais tenté de refuser, mais l'on m'avait menacé, du coup j'avais plié. Me voilà alors dans la voiture, sans parler, la main dans le plâtre, en tirant la tronche, parce que je ne voulais pas avoir à faire avec cette nana maintenant que je savais que je n'avais plus aucune chance. Pourtant, je ne sais pas pourquoi, j'avais prit les photos avec moi, dans mon sac, comme pour lui foutre la preuve sous le nez. J'étais en train de monter en pression. Pourtant, ça ne me ressemblait absolument pas d'être ainsi. D'habitude, j'étais toujours très calme, et quand une situation me saoulait, je la prenais avec maturité. Mais là, cela m'était totalement impossible.

Assit sur ma chaise, à côté de Haruko, je m'énervais encore plus, tandis que je regardai avec indifférence le match qui se déroulait sous nos yeux. Mes bras s'étaient croisés sur ma poitrine, alors que je sentais de temps à autre le regard de la jeune femme se poser sur moi. Je serrai le poing, sans qu'elle ne puisse le remarquer. La fin du match a sonné, l'équipe de Miyusaki a gagné, et Haruko s'est levé, en s'exclamant, ect... Ma part du contrat étant rempli, je me suis dirigé vers le buffet, juste pour faire style. J'étais assez éloigné de la fenêtre, aucun paparazzi ne pouvait me voir d'ici. Je me suis retourné, attendant que Haruko me rejoigne, et une fois qu'elle fut à ma hauteur, je l'ai dévisagé, récupérant mon sac, j'ai sorti les photos du sac, et je les lui ai plaqué violemment, mais sans pour autant lui faire mal contre elle. Une fois qu'elle les a récupéré, je l'ai fixé.

« Tu peux m'expliquer ? Peut-être que pour toi, ce n'était que du jeu, mais pas pour moi !! Mais évidemment, Hiromitsu, il doit faire tout ce qu'on lui dit hein ! Et on s'en fou après tout de ce qu'il ressent, non ? Bah oui, c'est qu'une machine à fric, et à star hein !! Alors on en profite bien, déjà on le met en couple avec une fille qu'il ne connaît pas, sans lui demander son avis juste pour qu'elle puisse avoir son moment de gloire hein !! Puis quand elle a su lui tirer assez, que lui, comme un con, il s'est attaché, bah, on le jette comme une vieille chaussette hein ? Parce qu'après tout, on s'en fou de ce qu'il ressent !! Comment il peut avoir des sentiments, un être comme lui ? Il n'est même pas humain de toute façon, hein ?! Mais putain, vas-y dit le, dit le que tu ne veux plus être avec moi, et on arrête tout !! Ne t'inquiète pas, ton image ne sera pas entachée, je me débrouillerai pour que tout retombe sur la mienne ! Et tant pis si je dois renoncer à ma carrière !! J'en peux plus de toutes ces histoires, que l'on me prenne comme un con comme ça !! » 

Je m'étais un peu trop emporté. Et l'on pouvait facilement voir que je n'y étais pas habitué, puisque tous mes muscles tremblaient. J'ai passé mes nerfs sur la table derrière moi qui a volé, emportant par la même occasion tout ce qu'il y avait dessus. Tant pis pour mon image. A force de blesser un homme, ce dernier devient une bête humaine*.


*La bête humaine : Oeuvre littéraire de Zola.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Mer 4 Fév - 17:36
Haruko s’était levée pour applaudir l’équipe vainqueur qui n’était autre que celle de son frère. Elle ne le reconnaîtra pas, elle était fière de son petit frère adoré auquel elle ne voulait pas montrer son affection, peut-être pas excès d’amour. Néanmoins, Haruko n’oubliait pas qu’à son retour de compétition son frère ne manquait jamais de la féliciter lorsqu’elle avait gagné, de la taquiner lorsqu’elle avait dû se contenter de la deuxième, troisième ou cinquième place, par exemple, selon la difficulté et le prestige de la compétition, et Jotaro savait aussi discerner les moments où elle était vraiment déçue d’une contre-performance dont il s’efforçait de la consoler d’une manière ou d’une autre. Au fond, il était vraiment agaçant a toujours tout comprendre et a toujours avoir la bonne réponse quelque soit le problème rencontré. Les génies ne sont-ils pas censés présenter des difficultés d’intégration et d’interactions sociales la plupart du temps ? Pourquoi fallait-il qu’il réussisse toujours dans tous les domaines alors qu’elle, elle n’était plus que… Qu’une mannequin ? Alors qu’un grand nombre de filles tueraient pour être à sa place, serait-il possible qu’elle ne soit pas pleinement satisfaite de sa vie si merveilleuse ? Non ! Bien sûr que non ! Haruko avait choisi cette fois et elle s’en satisfaisait pleinement, enfin…

L’ensemble des personnes présentes s’étaient également levé à la fin du match. Tous prirent quelques instants pour applaudir, ne serait-ce que par politesse même s’ils étaient supporters de l’équipe défaite. Tous à l’exception d’un seul : Hiromitsu-kun qui se leva et se dirigea sur le buffet. Tandis que les personnes commençaient à quitter l’espace vip, Haruko jeta un regard étonné dans la direction du jeune homme qui s’était éloigné avant de continuer à applaudir encore un peu pour le rejoindre ensuite. Pas un seul instant, elle n’aurait pu imaginer ce qui allait suivre…

Hiromitsu s’emporta soudainement dans une colère noire, lui jetant des photos qu’il planqua contre elle. Haruko le fixa, stupéfaite et incrédule. Ses yeux s’arrêtèrent ensuite sur les fameuses photographies :

« Enzo ? »

Comment avait-il pu se procurer ces clichés ? Peu importe, de toute façon, ce n’était pas comme si elle avait quoi que ce soit à reprocher.

 « Hiromitsu-kun… » essaya-t-elle de le calmer d’une voix timide dans l’intention de lui faire remarquer qu’ils n’étaient pas seuls - bien que les quelques personnes encore présentes ne tardèrent pas à s’éclipser en sentant qu’il y avait de l’orage dans l’air - et de lui expliquer de quoi il en retournait vraiment.



Mais elle n’en eut pas le temps qu’il lui déversa tous ces mots à la figure. Un torrent de reproches et d’accusations qui la laissèrent sans voix, abasourdie. Sur le moment, Haruko était comme sidérée, pétrifiée sur place recevant de pleins fouets chacune des paroles de l’homme pour lequel son coeur battait déjà bien avant leur prétendue histoire. Puis, quand il eut fini, Hiromitsu s’en retourna pour défouler ses nerfs sur la pauvre table de buffet qu’il envoya valser. Soudainement, il reçut une chaussure pleine tête, par chance pour une fois, la jeune fille ne portait pas d’escarpins. Car oui, elle était bien l’auteur de cette attaque destinée, à éventuellement remettre les idées en place au garçon ou néanmoins, à l’obliger à lui faire à nouveau face :

 « C’est bon ? Tu as fini ?! » grinça-t-elle dans une posture qui se voulait assurée alors qu’elle était toute tremblante.

Son regard le fixait avec dureté. Haruko était à la fois soulevée par la colère, et profondément bouleversée.

« Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu fais ça ? »

Haruko aurait voulu rester forte, elle ne voulait pas pleurer à ce moment-là mais ces maudites larmes furent impossible à retenir. Elle eut beau essayer de les refouler d’un revers du bras sur son visage, d’autres vinrent couler à leur tour. Néanmoins, elle tacha de garder la voix, une voix aussi glaciale qu’emprunte de détresse, la détresse d’un cri brisé, piétiné…

« De quel droit est-ce que tu me fais ça ?! J’ai toujours rêvé que le jour où tu m’aimerais enfin serait le plus beau jour de ma vie, mais je crois que ça n’aura pas pu être pire ! Tu dis t’être attaché à moi et tu m’accuses de me servir de toi ? D’abuser de ta notoriété par pure cupidité ? Mais pour qui me prends-tu ? Comment peux-tu croire aimer quoi que ce soit de moi si tu peux croire que je sois ce genre de personne ?! Crois-tu que je n’ai donc aucune fierté à défaut d’avoir la moindre sincérité à tes yeux ? Crois-tu que je n’ai pour seul but d’assouvir mes desseins ambitieux ? Je sais que ma famille n’a pas la plus irréprochable des réputations en matière d’ambition et d’honnêteté, mais s’il y a quelque chose d’encore plus célèbres, c’est bien notre fierté ! Nous ne nous réclamons d’aucune victoire qui ne serait le fruit de notre mérite ! Peut-être pensais-tu simplement sortir avec la petite mannequin stupide qui ne sait faire que poser devant un objectif mais n’oublie pas que cette fille reste indissociable de la fille de la famille Kaïto !
Ton regard, tes accusations haineuses, tu me rappelles ces gens qui avait hurlé à la corruption des juges lorsque j’avais gagné le championnat national alors que je n’avais pas douze ans ! Je crois que mon coeur ne m’avait jamais fait aussi mal jusqu’à aujourd’hui !
Tu m’insultes, mais pas seulement l’idiote de mannequin amoureuse que je suis devenue à présent, mais aussi la seule once de véritable fierté qu’il me reste de mon passé où j’avais encore ne serait-ce qu’un seul véritable rêve autre que celui d’entendre l’homme que j’aime qu’il m’aime aussi !
Tu parles de tes sentiments bafoués, mais ne viens-tu pas de piétiner les miens sans le moindre scrupule ? Etais-tu donc si aveugle pour n’avoir jamais remarqué à quel point je t’aimais ? Que je t’aimais depuis le tout début ! C’est la seule raison pour laquelle j’ai accepté de jouer à ce jeu sordide ! Dans l’espoir de pouvoir me rapprocher un peu de toi ! Mais pendant tout ce temps, toi, tu ne me voyais même pas ! Tu avais mon coeur entre tes mains, Hiromitsu ! Pour toi, je me suis menti à moi-même ! Moi que tu accuses de n’avoir fait que profiter de ton image pour projeter la mienne sur le devant de la scène, n’étais-je pas aussi la jolie poupée docile destinée à redorer ta réputation entachée par des rumeurs dont je ne t’ai jamais demander la véracité ou non d’ailleurs ! N’ai-je pas dû endosser un rôle qui n’est pas non plus ma véritable personnalité ? Alors, non, je ne suis pas seule que tout le monde croit, et encore moins celle que toi tu sembles croire ! Oui, je suis turbulente, dispersée, autoritaire, insouciante. Oui, je lance mes chaussures sur les gens quand je pique une colère. Oui, je suis capricieuse, obstinée, déterminée et fière ! Très fière ! Mais au-delà de ma fierté, c’est mon coeur que tu viens de saigner à blanc ! »


Ses larmes avaient cessé de couler. Ses doigts se serrèrent sur l’une des photos qu’elle tenait entre ses mains.

« Je n’ai aucun véritable ami. Mes seules connaissances sont liées à ma carrière professionnelle ou bien sont des amis de mon frère, et lorsqu’enfin, je commence à rencontrer des gens, à espérer pouvoir me lier d’amitié avec eux, pour ma carrière, pour mon « couple » surtout, on m’ordonne de rompre tous contacts ! Alors quoi ? Je dois rester éternellement accrocher à ton bras, seule dans un univers composé uniquement de ta personne ? J’étais prête à le faire, Hiromitsu, mais tu ne me regardais pas ! Tu ne m’as jamais véritablement regardé parce que tu ne me connaissais pas… Et aujourd’hui, tu me dis ces mots… Moi aussi… J’ai l’impression que depuis tout ce temps, je n’aimais pas la bonne personne… Tu n’aies pas le Hiromitsu que je croyais… Que tu sois distant, inaccessible, je pouvais m’y faire… mais que tu m’insultes et que tu me méprises de la sorte… »

Sur ces dernières phrases, sa tête s’était baissée, les yeux rivés vers le sol devant elle. Puis, elle la redressa :

« Ne sommes-nous donc que deux étrangers ? »
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Sam 7 Fév - 16:52
J'avais explosé. Et j'avais conscience des erreurs que je venais de faire. On ne parle pas ainsi à une demoiselle. Au final, Teppei m'avait toujours dit qu'il fallait que je sois plus attentif aux autres, à leurs gestes, leurs paroles et leur façon de se comporter. La naïveté face aux sentiments n'excluait pas une façon de savoir les maîtriser, et les apprendre. Ce n'était après tout pas vraiment différent du jeu d'acteur que j'offrais dans les films et dramas auxquels j'étais au final abonné. Une chaussure heurtant mon crâne m'a fait revenir à la réalité, et à vrai dire, je n'ai pas vraiment su comment réagir face à cela. M'énerver ? Non, je n'étais pas comme ça, même si par moment, je pouvais devenir un homme exécrable. Mais ce qui était sûrement encore plus exécrable que mon discours à moi, ce fut le sien, qui se voulu désespéré, mais qui en réalité me laissa un véritable goût amer. Cette fille que je voyais sublime et simple, cette image venait d'exploser, de se briser en morceaux, à l'image de mes sentiments qu'elle ne faisait qu'encore plus bafouer. Et si les larmes coulaient sur ses joues, tentant d'attendrir mon cœur, mon visage restait de glace, impassible. Un masque de neutralité surprenante qui avait toujours permit au petit garçon que j'étais de ne pas sombrer dans la dépression suite au harcèlement scolaire dont j'avais toujours été victime. Mes lèvres semblaient scellées, tandis qu'elle me crachait son discours haineux, retournant totalement la situation, finissant par oublier de prendre en compte ce que je ressentais. J'entendais tous ses mots. Je les laissais atteindre mon cœur avec un calme légendaire. Si elle pleurait que je ressemblais aux juges qui avaient crié à la corruption, elle me rappelait ces enfants qui me persécutaient sous les mêmes motifs qu'elle. Mais je crois que le pire dans tout ça, ce fut les moments où elle se permit de glisser subtilement qu'elle était indissociable d'être la fille des Kaïto. Et alors quoi? Elle allait me faire renvoyer ? Tenter de me tuer dans l'oeuf parce que je ne voulais plus me taire. Parce que j'avais envie d'exprimer ce que je ressentais ? Fait le Haruko, je m'en contre-fiche. Je trouverai mon salut dans le théâtre,ou la douceur du lycée. Je finirai par me reconstruire, même si mes rêves seront brisés.

Ses larmes ont fini de couler, et elle s'est plainte de n'avoir aucun ami. C'est ça la célébrité, il faut s'y faire. J'ai toujours été seul, lorsque je n'avais pas rencontré Teppei, je n'étais qu'un enfant planqué dans un coin de la cour, priant de tout mon cœur pour que personne ne vienne me frapper. Et elle ose me sortir ça comme arguments ? Je n'ai que les amis de mon frère ? Un petit sourire s'est dessiné sur mes lèvres, imperceptible. Il servait sûrement à toute cette tension de vouloir s'évacuer, tandis que je retournais cette situation encore et toujours dans ma tête. L'amertume de ma jeunesse remontait lentement, alors que l'une des personnes en laquelle j'étais le plus attaché faisait de mon cœur une simple cocotte en papier qu'elle venait de déchirer. Les morceaux tombant lentement sur le sol, portés tels les plumes d'un ange par la douceur d'un chagrin trop puissant. Je me suis approché d'elle l'obligeant à reculer. La voilà contre un mur, j'ai posé mon bras valide au-dessus de sa tête, contre le mur, et je l'ai regardé.

« Je n'ai jamais prétendu te connaître. Ce n'est pas réellement de toi que je suis tombé amoureux. Comment pourrai-je le faire alors que je sais pertinemment que tu n'es qu'une image, un masque. Tout ceci n'est qu'une mascarade vide de sens. Nos sentiments sont bafoués, étreints et oubliés. Coincés dans la douleur et l'espoir. Un espoir toujours plus virulent, au point de nous en rendre malade. Tu pleures que je te fais mal, que je te brise. Tu me demandes comment je peux te faire cela, mais au final, ne fais-tu pas réellement ce dont tu m'accuses ? Je pourrais aussi bien te demander cette même question. Pour qui tu te prends ? Pourquoi tu me fais ça ? Me dire toutes ces choses en se basant sur de simples observations. Tu craches ton venin en m'accusant de ne juger qu'à l'apparence, ce qui en à l'air, mais ne viens-tu pas de le faire ? Sans même réellement t'en rendre compte ? Tu parles de solitude, mais sais-tu au final réellement ce que c'est ? La souffrance d'être seul, sans même une sœur ou un frère sur qui compter ? Se lever chaque jour, et avoir comme seul espoir celui qu'on te laisse en paix ? Ne même plus avoir la force de te défendre, et laisser ta fierté être comme le paillasson sur lequel tu essuies tes chaussures ? Tu ne peux pas parler de ne pas avoir d'amis tant que tu n'es pas réellement seul, sans personne sur qui t'appuyer. Même une sœur, un frère peut être ton ami. Je suis le tiens, Haruko, même si je suis sous la forme d'un masque, tu aurais toujours pu t'appuyer sur moi. Mes gestes, mes paroles, mes regards, tu ne voyais rien non plus. Tu n'arrivais pas à déceler que rien n'était faux. Cette envie de te protéger, de passer mon bras autour de tes épaules pour te rassurer, te montrer que tu n'es pas seule. Tout cela était véritable. Et peut-être que ce n'était pas les gestes que tu attendais, mais devant le fait que tu ne réagissais pas, comment étais-je supposé deviner que tu attendais plus qu'une amitié ? Mes sentiments se sont alors renforcés, et je suis tombé amoureux de ta présence. J'ai désiré te connaître. J'espérai que tu ne sois pas quelqu'un de superficiel. Je voulais voir une fille simple. Mais ce n'est pas avec le discours que tu m'as apporté que je te jugerai. Il n'y a pas matière à juger quelqu'un sur un discours haineux. Cela n'apporterait que de la rancoeur. Si je te rappelle les juges qui ont crié à corruption, sache que tu ne me fais pas non plus remonter les meilleurs souvenirs de ma vie. Je n'ai jamais voulu te faire endosser un tel rôle. On m'a obligé à jouer avec une fille. Je ne pensais pas que tu m'aimais. Déjà que de devoir faire une telle chose m'a fait me sentir sale, maintenant, je me sens encore plus mal. Pour information, ces filles que j'étais censé enchaîner n'étaient autres que mes sœurs. Nous sommes une famille nombreuse, mais loin d'être soudée. » 

J'ai lâché un soupir, avant de sortir les billets de ma poche. Mon ton avait été calme et posé. Assez protecteur également. J'ai déposé la pochette avec les billets pour Paris dans la main de Haruko, avant de reprendre sur le même ton.

« Nous avons toujours été des étrangers l'un pour l'autre. Nous faisions simplement semblant de bien se connaître, devant les caméras, le public pour être parfaits, sans que personne ne puisse lire au fond de nous combien on souffrait. C'est pour ça que je veux t'emmener à Paris. Pour apprendre à te connaître, sans me soucier des médias, et de l'avis du public. Juste toi et moi, à feuilleter Paris, page par page. »

Je me suis redressé, avant de déposer un baiser protecteur sur le front de la jeune femme. Elle devait comprendre que je ne jouais pas.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro] Dim 22 Mar - 11:44
Deux des membres du Rp étant supprimé, j'archive le sujet.

Bon jeu.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro]
Revenir en haut Aller en bas

Wild pitch, shoestop and home run ! [Kimura Hiromitsu / Kaïto Haruko & Jotaro]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» [Terminé] Studio télé, あなたの偶像相変わらず. [Kimura Hiromitsu / Kaïto O. Haruko.]
» Pichu alias Pitch.
» Baptême de Wild Cloud
» Sarah Wild
» Chariot de guerre "homemade"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat Miyusaki :: Administration. :: Archives. :: Rps Abandonnés.-