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[Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.]

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MessageSujet: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 30 Mar - 16:15
Une nouvelle journée se levait sur Tokyo. Dans un appartement, relevant de moyens aisés, une jeune femme s'activait. Non pas pour s'occuper de ses gosses, ou quoi que ce soit d'autre, seulement pour enfiler son jogging, et partir courir. Miyuki Mercier, médaillée de bronze au cent mètre en deux milles douze, s'entraîne d'arrache-pied, afin de pouvoir décrocher, plus tard, la médaille d'or, à laquelle elle aspire depuis si longtemps.
S'armant de son sourire le plus radieux, la jeune femme engloutit rapidement un bol de céréale, déjeuner typiquement français, et enfile ses chaussures sur le pallier, alors que son colocataire est encore profondément endormi, à l'image du soleil, qui commence cependant à faire de l'ombre à la lune. 
Devant le bâtiment, Miyuki commence par s'étirer, avant de faire quelques échauffements, pour finalement partir dans son jogging habituelle, dans le silence le plus total, seulement rythmé par son souffle qui s'accélère progressivement, en plus de ses mouvements. Elle allait très loin lorsqu'elle s'entraînait. Elle avait en vue de repousser ses limites, pour un jour devenir la championne du monde.
Mon but ultime était tracé devant moi, et je réduisais cette distance qui me séparait de lui à mesure que je m'entraînai avec un sérieux que peu de gens me connaissaient. Cette route sinueuse dans les bois ne m'intimidait plus. C'était à mon tour de le faire. Après une heure de jogging, je me suis de nouveau échauffé. Sur les derniers cent mètres, je me suis préparée à sprinter. Trois, deux, un... Le coup de feu raisonna dans ma tête, alors que je fonçai, revoyant cette piste en bitume sur laquelle je me défonçai, le jour de cette maudite course. Les gens m'acclamant...  Et BOUM. Je revins à la réalité, venant de m'écraser le nez contre la terre du chemin. Je m'étais explosé la cheville, et je sentais les larmes me monter aux yeux. Je me relevais, et rentrai plus lentement à la maison, m'allongeant bêtement sur le canapé, le temps que la douleur passe. J'ai finalement été me doucher au bout de quelques minutes à peine, et j'ai préparé le petit déjeuner pour Hayato, et pour moi aussi. Je mangeais toujours avant et après mon entraînement. J'avais tapé dans du japonais. Je ne sais pas si il est vraiment friand de la nourriture française. En attendant, c'est difficile d'en trouver au Japon. Sinon, c'est trop cher.
Enfin, bref, quand Hayato s'est levé, le petit dej était prêt. Ayant encore trop mal à la cheville, je ne lui ai pas sauté dessus. Il est finalement parti travaillé, alors que je finissais de ranger. En faisant la vaisselle, je me suis rappelé que j'avais croisé Junpei l'autre jour en ville. Je me rappelle aussi qu'Hayato ne l'avait pas encore revu, et ne savait probablement pas qu'il était à Tokyo. On l'avait cru mort. Je me rappelle que je l'ai engueulé en le voyant. Je passerai voir Haya à la boutique toute à l'heure, avant d'oublier de lui en parler.

Chose dite, chose faite. En boitant désespérément, je me suis rendu au Starbucks du coin, pour aller acheter deux cafés, et aller à la boutique de Hayato. Je suis entrée, et j'ai directement était m'asseoir, déposant le café près de lui.

J'ai lâché un soupir de délivrance lorsque j'ai posé mon cul sur le pouf. J'avais vraiment trop mal.

« Coucou ! »
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 30 Mar - 17:50
Bleu. Rouge. Jaune. Toutes les couleurs y passaient, farandole de nuances qui tourbillonnaient dans ma tête. Les yeux fermés, je laissais mes émotions guider mes mains, et à mesure que le socle tournait, l'argile épousait leur forme. Bleu. Rouge. Jaune. Une valse m'emportait peu à peu, de plus en plus vite, me libérant de moi-même, et enfin, je sentis une vague de chaleur prendre possession de mon corps. Créer. C'était la seule façon que j'avais de faire un avec moi-même. Bleu, douceur. Rouge, passion. Jaune, trahison. Je n'avais rien, que mes mains et mes émotions, et c'était tout.

Une voix claire me ramena brusquement à la réalité, me tirant sans ménagement aucun de l'état de transe qui s'était emparé de moi. Avec un soupir, j'ouvris les yeux, pour faire face à Miyuki. Je n'avais rien, mais je l'avais elle, et ça c'était tout. Une part non négligeable de ma vie. Jamais je n'oublierai la façon dont elle avait débarqué chez moi sans prévenir, un sourire radieux illuminant son joli minois, pour me dire que, à partir de ce jour-là, elle squatterait mon appart en même temps que ma vie. Sacrée Miyu, elle ne changera jamais. Elle s'était imposée sans me laisser en placer un mot, assurant qu'elle allait non seulement contribuer à payer le loyer, mais aussi me mitonner de bons petits plats. N'ayant rien contre l'idée de finir comme un coq en pâte et encore moins celle de recevoir un aussi généreux coup de main côté finances, je n'avais pipé mot, me contentant de la regarder défaire sa valise sur mon canapé. Cela faisait quoi... Cinq ans? Cinq longues années que je ne l'avais pas vue... Et elle n'avait pas changé. Une boule d'énergie, aussi adorable qu'insupportable. Et casse-cou, aux dernières nouvelles.

Je dégageai une mèche de devant mes yeux d'un mouvement du poignet, tâchant tant bien que mal de ne pas m'étaler de terre sur le front. Peine perdue. J'observai Miyuki se frotter la cheville, avachie sur un pouf et grimaçante. Adorable, insupportable, casse-cou, et incorrigible...

« Je t'avais dit de pas bouger de la maison. Qu'est-ce que tu comprends pas dans l'expression "se ménager"? »


Du coin de l'œil, je notai le café posé sur le comptoir derrière lequel j'avais installé mon atelier. Délicate attention, certes, mais qui n'excusait en rien sa légèreté. Je me levai et regardai mes mains boueuses. Bon. Le café, c'est pas de refus. Mais là...
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Dim 5 Avr - 14:10
La boutique de Hayato sentait délicieusement soit la peinture, soit la terre fraîche. Elle était habituellement calme, à son image, ce qui n'était point désagréable, et lorsque quelques clients se pressaient dans la queue, je pouvais toujours remarquer qu'il s'agissait de véritables intellectuels, ou amateurs d'art. J'aimais bien ce monde. Cela changeait de l'univers que je côtoyai habituellement. Les grands sportifs, les entraînements, tout ça, tout ça quoi. 

Quoi qu'il en soit, je me faisais carrément engueuler là, alors qu'il avait une trace de terre sur le front, ce qui me fit sourire. Il perdait toute sa crédibilité, alors que ma tête s'enfonçait doucement dans mes épaules. Il regarda finalement le café, mais sembla perplexe pour l'attraper. Vu l'état de ses mains, ce n'était pas étonnant. J'ai de nouveau sourit, avant de le tirer par le col, pour l'obliger à se pencher vers moi, et à frotter son front pour enlever la trace de terre.

Je me suis finalement relevée, et je l'ai regardé droit dans les yeux.

« Mais je m'ennuie à la maison. T'avais qu'à pas me laisser toute seule aussi, tu sais, c'est aussi de ta faute. NAH. » 

J'ai ensuite été m'asseoir sur le tabouret près du comptoir, fixant les gobelets en carton, avec le petit logo vert. Pourquoi m'étais-je acheté un café ? Je n'aimais pas ça, et n'en avait pas le droit à cause de mon traitement. Idiote que je suis. Je soupirai, en souriant.

« Au fait Haya... » 

J'ai reporté mon regard sur lui, en lui tendant une serviette mouillée, pour qu'il puisse s'essuyer les mains dessus, pour boire enfin son breuvage. Je ne savais pas trop comment lui dire que j'avais croisé Junpei à Tokyo. On avait eu mal quand on avait apprit qu'il était parti. Je me mordis la lèvre inférieure en regardant le plafond, et lorsqu'Hayato fut assez près de moi, je laissais partir ma tête en arrière, pour qu'elle se plaque contre son torse.

« J'ai croisé Junpei. Avec son gamin. » ai-je lâché.

Je n'étais pas douée pour ménager les gens. Mes mots étaient toujours trop durs pour eux. Je n'avais jamais su bien parler. C'était un défaut, mais, en même temps, on ne pouvait pas faire autrement...
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Dim 5 Avr - 15:34
En entendant Miyuki changer d'intonation, j'avais naturellement compris qu'il s'était passé quelque chose. Avec elle, je pouvais m'attendre à tout. Depuis qu'elle s'était mis en tête que mon chez-moi était désormais un "chez-nous", j'étais allé de surprise en surprise, et aucun jour ne s'était plus tout à fait ressemblé. Elle apportait du piment à mon quotidien, et ça n'était pas plus mal. Mais rien ne m'avait préparé à ça. Lorsque les mots franchirent ses lèvres, avec une franchise déconcertante, j'en lâchai mon gobelet de café fumant.

« J'ai croisé Junpei. Avec son gamin. »


Junpei. Je ne savais même plus quand est-ce que je l'avais vu pour la dernière fois. Comment il pouvait me faire ça? Nous faire ça à tous les deux? Comment il pouvait se permettre de disparaître du jour au lendemain pour ne refaire surface que des années plus tard? J'avais passé des jours, des nuits, à l'attendre. À le chercher, partout où nous avions l'habitude de traîner, et même là où nous n'allions que rarement. Je ne l'avais jamais trouvé, et j'avais fini par tirer un trait sur lui. Je pensais qu'à Tokyo je pourrais recommencer à zéro, oublier toute la souffrance qu'avais causée son départ. Avec le temps, j'avais décidé de le considérer comme mort. Un fragment de ma vie passée, un détail insignifiant d'un temps révolu. Et pourtant il était toujours là, affublé d'un gosse, à trimer quelque part, seul, pour régler tout un tas d'emmerdes. C'était comme si notre amitié n'avait jamais existé, et ça faisait mal. Oh oui, pour sûr, ça faisait mal.

Qu'est-ce qu'il foutait à Tokyo, lui? Est-ce qu'on était tous destinés à nous y retrouver? Tous les chemins mènent à Rome, comme on dit...

« Ah. » grommelai-je comme si le fait de le savoir là, si proche, ne m'atteignait pas.


Je repoussai doucement Miyuki et me penchai pour ramasser le gobelet éventré dont le contenu formait à présent une belle tache brune sur le parquet. J'allai chercher de quoi essuyer le tout, et remarquai enfin que mes mains tremblaient. Mes mains, mes bras, mes jambes. Je tremblais tout entier. Mais je me forçais à garder la même expression désintéressée. Merde, quoi. Junpei. Pourquoi tu t'es pas montré plus tôt? Pourquoi tu nous as pas donné de nouvelles? Et pourquoi il a fallu que tu croises Miyuki maintenant, alors que je commence enfin à t'oublier? Je nettoyai la tache en silence, sans même chercher quoi dire. Bordel, pourquoi lui? Pourquoi maintenant?
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 6 Avr - 0:05
J'ai rapidement regretté la violence de mes mots, puisqu'ils eurent l'effet du bombe sur mon ami. J'aurai du m'en douter que le sujet de Junpei était encore quelque chose de tabou, mais en même temps, lui cacher la vérité n'était pas vraiment la meilleure des solutions, et ne ferait que l'achever. Il laissa tomber son gobelet de café au sol, et je me suis dit que j'avais bien fait d'en acheter deux. Il m'a repoussé, pour disparaître, pour aller chercher, et je me suis accoudée au comptoir, me contentant de regarder les passants au travers des fenêtres.
Un soupir las a passé la barrière de mes lèvres, alors que je repensais à nos années d'enfance. J'avais du mal à pardonner entièrement sa disparition à Junpei, mais, en même temps, je le connaissais trop bien pour ne pas me douter qu'il avait voulu rester loin de nous pour ne pas nous emmerder dans quelques emmerdes dont il était victime. Je réfléchissais sans cesse, à faire intervenir le syndicat de mon père, pour calmer ces histoires, et laisser enfin Junpei respirer, cependant, il devenait vite difficile de faire quoi que ce soit avec lui. Il devrait nous faire confiance depuis le temps. Il devrait savoir que nous étions tout de même assez forts pour ne pas tomber aux mains des malfrats qui pouvaient le malmené. Personne ne me faisait peur, j'étais bien accompagnée.

Hayato a fini par revenir, et s'est baissé, pour éponger le sol. Il gardait son air impassible, mais au fond de lui, il criait. Il avait bien plus souffert que moi lors de la disparition de Junpei, et avait passé des jours et des nuits entières à l'attendre. Malgré moi, une larme glissa rapidement sur ma joue, mais elle fut vite effacée par la paume de ma main, je n'avais pas le temps pour être triste, puisque Haya l'était. Il fallait que l'un de nous deux tienne la route pour soutenir l'autre, et, pour une fois, c'est moi qui serait là pour lui, et non le contraire.
Je suis descendue de mon tabouret, laissant de côté la douleur de ma cheville, et je me suis accroupie auprès de lui. Lorsqu'il a fini de ramasser le café, j'ai posé la serviette un peu plus loin, avant d'attraper sa tête entre mes mains, pour l'obliger à me regarder. Je lui ai souris, comme d'habitude, avant de me relever, et de le relever, par les épaules, pour qu'il se mette debout. J'ai ensuite baissé son visage, pour qu'il me regarde de nouveau.
« Tu le connais Haya. Il a toujours eu des soucis, mais n'a connement jamais voulu nous entraîner dedans. Il a peut-être cru qu'il pourrait nous laisser loin de tout ça, et plus heureux. Ce qui m'a frappé quand je l'ai vu, c'est sa maigreur, et ses cernes. »


J'ai levé une sourcil, avant de prendre le deuxième café et de lui tendre, en souriant.
« Tiens le bien celui-là, tu as besoin que je le colle ? » plaisantais-je, pour détendre l'atmosphère.
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 6 Avr - 8:07
Miyuki était inquiète. Il y avait quelque chose dans ses yeux, lorsque qu'elle avait relevé vers le sien mon visage pour que je la regarde. Un éclat, une lueur, un petit quelque chose que je ne lui connaissais que trop bien. Je faisais face à Miyuki la déterminée, et je n'avais aucune chance de vaincre un tel adversaire. Alors, au lieu de ramer dans deux directions opposées, mieux valait me ranger de son côté et me battre avec elle.

Imaginer Junpei amaigri, avec des cernes, me faisait culpabiliser peu à peu. Qui sait quelle galère il traversait? De quel droit je me permettais de lui en vouloir, de pester contre lui tout en restant paisiblement assis sur mon cul? Il ne nous avait pas fait assez confiance pour partager ses peines avec nous, mais, à coup sûr, Miyu avait vu juste. Il y avait sûrement une raison pour qu'il soit parti comme ça, et le connaissant ça ne pouvait pas être une bête soif d'aventure ou une émancipation quelconque. Et si, comme elle le disait, il avait fait tout ça pour nous, alors il était plus que temps que je laisse ma fierté de côté. Elle avait raison, Junpei ne serait pas parti comme un voleur s'il n'y avait rien derrière tout ça. Même sans être quelqu'un de particulièrement curieux, je ne pouvais pas laisser tomber un ami. Surtout pas lui. Quelque chose en moi hurlait que je n'avais pas le droit, et que malgré tout le mal qu'avait causé sa disparition, je ne pouvais pas me défiler derrière une petite vie tranquille. Je ne pouvais pas me montrer aussi égoïste. Pas quand Junpei avait des problèmes. Restait à savoir de quels problèmes il s'agissait.


Cela faisait un moment que je ne savais plus comment manifester mes émotions, alors à défaut de prendre Miyuki dans mes bras, je hochai la tête et saisis le café qu'elle me tendait. Elle était adorable quand elle plaisantait comme ça, et je m'en serais voulu de lui ôter son sourire. Je portai le gobelet à mes lèvres et pris une longue gorgée. Le café était chaud, rond et velouté. Il manquait peut-être la pointe d'acidité que j'aimais y trouver. Mais cette acidité, cette fois, c'était à moi de l'y mettre. En reposant le gobelet sur le comptoir, je dévisageai Miyuki, qui me regardait toujours. J'esquissai un sourire et posai une main sur son épaule.


« On devrait lui tirer les vers du nez, tu crois pas? »
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 6 Avr - 13:54
Hayato était maladroit dans ses gestes, et ses preuves d'affection, aussi, il ne ferait jamais le premier pas pour un véritable contact. Ça me manquait. En France, les contacts étaient beaucoup moins tabous qu'au Japon où les formalités étaient vraiment glaciales. Au moins, pour saluer quelqu'un, même de façon professionnelle, on avait un minimum de contact, plutôt que des inclinations respectueuses du Japon. Je me languissais parfois de mon pays d'origine. Souvent même, mais je ne le disais point. Se plaindre sur sa vie n'apportait rien, et comparée à celle de Junpei, elle me semblait bien agréable. Avoir un gosse à dix sept ans, et être obligé de dire adieu à toute sa vie, je ne pourrai pas. Surtout quand on savait comment cela se passait chez lui. C'était vraiment horrible. 

Hayato se saisit du gobelet que j'avais entre mes mains, pour en boire, une gorgée, avant de le poser sur le comptoir, et de se saisir de mon épaule, pour me proposer de lui tirer les vers du nez. J'étais d'accord, cependant, c'était plutôt difficile.

« Je crois qu'il va falloir faire intervenir le syndicat de mon père. Mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée, tu sais. Il faudrait peut-être le laisser arriver à bout pour qu'il finisse par nous dire ce qui le dérange. »

Je ne savais pas si intervenir était la meilleure des idée. En effet, s'il ne nous en avait pas parlé, peut-être voulait-il réellement régler ses problèmes tout seul. Et puis, il ne voulait, peut-être pas nous avouer une chose honteuse. Il fallait lui laisser le temps. Comme l'autre fois. Et je le frapperai quand il dirait la vérité, je l'engueulerai de tout nous avoir caché, et je le traiterai de con pour ne pas nous avoir fait assez confiance pour tout nous confier. Un soupir passa la barrière de mes lèvres, alors que je baissais le regard, pour réfléchir à une façon d'intervenir, le plus rapidement possible, pour ne pas qu'il tombe dans l'abîme de la douleur. J'avais l'impression qu'il n'était devenu qu'un simple étranger. Quelqu'un que je pouvais croiser dans la rue sans me retourner, alors qu'il était notre ami d'enfance. Je ne savais pas vraiment comment je devais réagir face à toute cette histoire, qui finissait par me déboussoler. Je soupirai, énervée par tout ça.

« Roh, et puis c'est trop compliqué !!! J'en ai marre !! » m'exclamai-je en fronçant les sourcils.

Oui, j'étais quelqu'un de déterminée, oui, je pouvais avoir une volonté de faire, cependant, lorsque ça touchait à mes amitiés, j'avais du mal à faire la part des choses, et lorsque ça ne marchait pas dans mon sens, cela m'énervait réellement, un peu comme cette cheville qui me faisait un mal de chien. Enfin, bref, quoi qu'il en soit, cette histoire me perdait.

Je finis par me rasseoir sur le tabouret, ne supportant plus la douleur qui me saillait la cheville, alors que le silence prenait doucement place dans la boutique de Hayato. J'étais en train de réfléchir, du coup, je ne parlais pas.
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Lun 6 Avr - 15:06
Décidément, l'affaire Junpei affectait Miyuki autant que moi. Le contraire m'aurait bien étonné. Si elle en venait à fait appel au syndicat de son père, c'est que c'était sérieux. Je me méfiais un peu des yakuzas, et j'aurais préféré régler tout ça par mes propres moyens plutôt que de m'en remettre à eux. Et puis la situation était probablement trop délicate pour les laisser la prendre en main. Mais, clairement, vouloir gérer ça tout seul relevait de l'utopie, sinon Junpei n'aurait pas été embarqué dans un tel merdier. Après tout, il avait toujours eu le chic pour s'attirer les pires ennuis du monde. Mais rester là les bras croisés n'était certainement pas la meilleure solution.

Je repris une gorgée de café tout en observant mon amie se rasseoir sur son tabouret. La connaissant, elle devait rager intérieurement de voir la situation lui glisser entre les mains. À coup sûr, tout ça la frustrait autant que moi. Il y avait fort à parier qu'elle était actuellement en train de se creuser les méninges dans l'espoir de trouver une solution à tout ça.


Je reposai le gobelet sur le comptoir et le rongeai distraitement l'ongle du pouce. On devait bien pouvoir faire quelque chose... Je me débarrassai de mon tablier de travail et avisai la poterie que j'avais commencée. Celle-ci, je n'en tirerais rien de bon. Il aurait fallu que Miyuki ne m'interrompe pas dans mon travail tant que je ne l'ai pas terminée, car la retravailler plus tard la fragiliserait. J'haussai les épaules. Je recommencerais, de toute façon. Je n'avais que ça à faire. Je me penchai pour attraper la boîte de premiers secours que je laissais en permanence sous le comptoir, et jetai un coup d'œil à son contenu. Une compresse chaude, ça devrait bien faire l'affaire.


Je m'approchai de Miyuki et m'accroupi devant elle. La concentration marquait son visage de petites rides entre les sourcils. Avec mille précautions, je lui ôtai sa chaussure, retroussai son pantalon et entrepris de masser sa cheville. Tout son membre était crispé sous la douleur, et je m'appliquai d'autant plus à ne pas la brusquer. Je poursuivis mon manège un moment, puis appliquai la compresse en espérant que la chaleur qu'elle diffusait apaiserait son muscle endolori. Tout en la maintenant sur sa cheville, je profitais du silence pour réfléchir, et me concentrais sur Junpei. Je ne savais même pas s'ils avaient échangé quelques mots, au final, quoi que Miyu n'était pas du genre à ne pas réagir dans un cas pareil. Quoi qu'il en soit, il fallait faire quelque chose. On ne pouvait plus laisser un ami de longue date dans le pétrin alors qu'on le savait à si proche. Sans relâcher la cheville de Miyuki, je levai les yeux sur elle.


« On peut toujours mener notre enquête. » murmurai-je.



Après tout, nous n'avions rien à perdre. Quoi qu'il dise, la plus grosse erreur de Junpei n'était pas d'être parti, mais plutôt de ne pas nous avoir expliqué pourquoi. Rien que pour ça je lui en voulais. Comment pouvait-on se montrer aussi égoïste? Comment pouvait-on croire que laisser ses meilleurs amis dans l'incompréhension la plus totale était la meilleure chose à faire? Peut-être croyait-il nous protéger, et peut-être n'avait-il pas tort. Mais même dans ces circonstances, tout cela n'avait que trop duré. J'étais persuadé que le moment était venu pour nous d'entrer en scène, si ce n'était pour intervenir, au moins pour percer ses secrets.
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Dim 19 Avr - 15:04
Dans mon esprit, et depuis toujours, c'est comme si nous ne pouvions jamais être séparés, Junpei, Hayato et moi. Même si la disparition de notre ami de toujours semblait avoir endommagé nos cœurs, il restait toujours près du mien, me tenant chaleureusement compagnie au creux de mon âme. Dans les jours les plus durs, et violents de mon existence, j'avais toujours eu en tête leur visage souriant, tels une récompense, qui m'ordonnaient de ne jamais baisser les bras, chose que j'avais toujours exécuté, la tête haute. J'avais l'impression que tout ce qui était en train d'arriver n'était autre qu'un rêve monstrueux, et rougeâtre, animant toute la passion de nos désirs de retrouvailles. Aucun de nous trois n'avait une vie réellement facile. Cependant, tant que nous étions ensemble, rien ne semblait vouloir nous atteindre. Mais Junpei ne l'avait jamais entendu de cette oreille, et depuis des années se buttait à tout nous cacher, et à finir par s'envoler. Nous étions pourtant faits pour vivre tous les trois, dans la violence de la vie, à lui faire barrage avec nos sourires. C'était là, la force de l'amitié. Et pourtant, nous étions impuissants.

Je frappai violemment des poings sur le comptoir, avant de laisser mon front cogner contre ce dernier, les bras pendant dans le vide.

« C'est pas vrai, c'est pas vrai, c'est pas vrai » grommelai-je entre mes dents.

Je me redressai, laissant ma tête partir en arrière, faisant perdre sa stabilité au siège. J'ai bien cru que j'allais me retrouver cul contre sol, mais mes réflexes d'athlète étant toujours d'actualité, je me rattrapais de justesse au comptoir, avant de me redresser, et d'apercevoir Hayato en train de se ronger l'ongle du pouce. Quelle vilaine manie ! Mais personne ne pouvait le remarquer tant le geste était discret et minime. Les joies de le connaître depuis des années, me permettait de porter une attention particulière à tous ses faits et gestes. Hayato s'est accroupi devant moi, et si la situation n'avait pas été aussi tendue, j'aurai plaisanté, en lui disant de s'agenouiller devant son maître. Mais je n'avais pas envie de rire, les événements de ces derniers temps m'emmerdant réellement. Je lâchai un soupir énervé, et Hayato m'a retiré ma chaussure, ce qui m'a tout de même surpris. J'ai eu un mouvement de recul, mais ses douces mains n'ont point lâché mon pied, pour venir me masser la cheville. Je posai ma tête sur le comptoir. J'avais tellement mal, que cela ne pouvait que me soulager. Je soupirai de nouveau, mais cette fois-ci d'agrément. Il me faisait un bien fou. Il avait toujours eu le coup de main pour tout Hayato. Et le mieux, ce fut quand il posa sa compresse chaude sur ma cheville endolorie. Tout mon muscle s'est détendu presque instantanément. Heureusement qu'il était là quand même. Sans lui, je ne sais pas ce que je deviendrai.

J'ai vu le regard d'Hayato se relever sur moi, et je l'ai fixé, en me redressant. Il me proposa de mener notre enquête. OH OUAIS TROP BIEN ! On va pouvoir jouer aux agents secrets et tout. J'vais aller acheter pleins de trucs, ça va être drôle.

« OH OUAIS ! M'écriais-je en me redressant. Je vais aller acheter des combis de camouflage, des talkie-walkie, des lunettes de soleil, et tout, et tout ! Mais tu m'accompagnes, viens Haya ! On y va, on y vaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. » 

Je récupérai mon sac posé sur le pouf, pour le faire glisser sur mon dos, et me retournai, une fois devant la porte -je boitais toujours-.


« Aller, vite, vite, vite ! »
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Dim 19 Avr - 15:45
Et merde. Mais qu'est-ce qui m'avait pris de lui proposer ça? J'aurais dû prévoir que Miyuki prendrait ma suggestion aussi à cœur. Maintenant elle allait se prendre pour Sherlock Holmes et me traîner aux quatre coins de la ville... J'avais beau apprécier la spontanéité de la jeune fille, parfois j'avais l'impression qu'elle agissait plus comme une enfant que comme une adulte responsable. Responsable... Un mot qui ne lui correspondait pas le moins du monde. Elle avait la manie de faire les choses sur un coup de tête, chose que j'avais moi-même du mal à conceptualiser. Il me fallait que tout soit prévu dans les moindres détails avant que je ne m'engage dans quelque chose. À l'inverse de ma meilleure amie, la prudence était mon maître-mot.

J'avais toujours eu ce rôle de médiateur au sein de notre inséparable trio. J'étais Hayato le calme, le réfléchi, celui qui tempérait les ardeurs de ses compagnons de jeu. Hayato le rabat-joie aussi, souvent. Mais je le faisais toujours dans l'intérêt de mes amis. Et ici, l'intérêt à calmer le jeu de Miyuki était directement lié à l'état de sa cheville. Avec sa blessure, ce n'était sûrement pas la meilleure chose à faire que d'aller crapahuter dans Tokyo.

« Doucement, Miyu, intervins-je d'une voix posée. On ne pars pas à l'aventure tant que ta cheville n'est pas totalement remise. »


D'un autre côté, peut-être valait-il mieux qu'elle le prenne comme ça. Jouer les agents secrets était notre seul moyen de découvrir ce que nous cachait Junpei avec tant de précautions, alors autant y prendre plaisir. Si Miyuki voulait à tout prix se déguiser, libre à elle ! Moi, je m'assurerais que nous ne risquions rien. Car oui, percer le mystère qui entourait Junpei ne me paraissait pas sans danger.


J'observai la silhouette de mon amie qui, sur le pas de la porte, s'apprêtait déjà à se jeter dans la rue. Elle avait cet air surexcité que je ne lui connaissais que trop bien, et cela ne présageait rien de bon pour ma santé mentale. De toute façon, il était hors de question que je la laisse faire la folle en ville alors que sa blessure risquait de s'aggraver. Je choisis plutôt de lui présenter un compromis.


« Tu ne veux pas plutôt qu'on se fasse un plan d'attaque? On rentre à la maison, on se fait un bon chocolat chaud, et on planifie tout ça. On sera sûrement plus efficaces en ayant tout bien préparé, non? »
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Dim 26 Avr - 13:51
Et vlan ! Il me stoppa net dans mon élan. Mais je n'avais plus mal moi à ma cheville, j'étais tout à fait capable de courir partout pour sauver Junpei. Et puis, il ne pouvait pas attendre aussi. Sinon, il pouvait lui arriver toutes les crasses inimaginables. Rooh. Je croisais les bras, en me retournant. Je faisais la gueule. C'était nul qu'il me stoppe comme ça. J'étais vexée. Je m'assis sur le pas de la porte, en attendant qu'il s'excuse de m'avoir ainsi offensé, parce que oui, je le vivais comme ça, mais le compromis qu'il me proposa me paru bien meilleur que de sortir jouer les agents secrets dans Tokyo. Je me voyais déjà dans mon costume d'espionne, essayant d'éviter de nous faire remarquer, alors que les passants nous regarderaient intrigués, et nous perdraient rapidement. Je me voyais faire des roulades, me jeter dans les bosquet, observer avec mes jumelles pour essayer de remarquer Junpei, allumer mon talkie-walkie, et chuchoter « agent 007, Vous me recevez ? L'aigle est dans le nid, je répète l'aigle est dans le nid. » 

Mais, visiblement, Hayato préférait que nous prévoyons un plan à l'avance, et ce, devant une tasse de chocolat chaud. Un sourire se dessina sur mon visage, et je me relevai, un peu trop brutalement, puisque je sentis que je m'étais fait mal, mais pour être sûre de partir à la pêche au nouvelle, j'essayai de rester entièrement neutre, afin qu'il continue de penser que je n'avais absolument plus mal à la cheville. 

« Oh oui, bonne idée !! » 

Je sautillais dans le magasin, avant de grimper sur son dos.

« Mais tu me portes jusqu'à la maison alors. » 

Je m'agrippai à son cou en posant mon menton sur son épaule.

« Il faut qu'on continue de réfléchir sur le chemin, pour ne pas perdre trop de temps non plus, puisque Junpei va rapidement avoir besoin de notre aide. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais cette histoire ne m'inspire vraiment rien de bon, au contraire... Est-ce que tu te rappelles rapidement de la meuf qu'il avait au lycée ? Mon père l'a croisé une fois. Mais pour ses affaires justement. Ce qui veut dire qu'elle est peut-être liée aux Yakuzas, mais je ne sais pas ce qu'elle pourrait vouloir de Junpei. Après, je me fais peut-être des films hein. Ça m'étonnerait qu'elle continue de l'emmerder, puisqu'elle ne peut rien tirer de ce bon à rien. » 

J'avais tout de même essayé de mettre une pointe d'humour dans ma phrase, en soulignant que Junpei était la personne la plus maladroite qui puisse exister sur terre. Il n'était pas gâtée par la nature au niveau de ses dons. A part charmer de la fille, il n'était pas capable de grand chose, ce qui m'inquiétait quand même avec le fait qu'il puisse éduquer un enfant. Pas que je l'en croyais incapable. Loin de là. Juste qu'il avait peut-être besoin de mûrir et d'achever sa jeunesse avant d'être contraint comme cela. C'est comme si moi je me retrouvai avec un môme sur les bras du jour au lendemain. Ce serait impossible. En y réfléchissant, le plus à même d'avoir un gosse serait Hayato, mais même lui aurait sûrement des difficultés.

Un soupir passa la barrière de mes lèvres, alors que je posais à présent mon front sur l'épaule d'Hayato, toujours accrochée à son dos. On avait trop grandit, ça m'énervait. Mes mains serrèrent ses vêtements alors que je serrai la mâchoire, et que quelques larmes roulaient sur mes joues. Junpei ne pouvait pas être ainsi en danger. Il ne pouvait pas non plus avoir un drôle sur les bras. On s'était toujours promis de rester tous les trois ensemble. Qu'étions-nous réellement devenus ? De simples inconnus, qui passeraient côte à côte dans la rue, sans s'adresser ne serait-ce qu'un regard, pour partir à ses occupations ?
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Ven 1 Mai - 9:17
Devant la mine qu'affichait Miyuki, je ne pus m'empêcher de pincer légèrement les lèvres. J'aimais la voir souriante, toute gaie et pleine de vie, et maintenant que la déception se lisait clairement sur son visage, je me sentais un peu coupable. Heureusement, le mot "chocolat chaud" sembla faire l'effet escompté, puisqu'elle bondit à nouveau sur ses pieds, comme montée sur un ressort. Un sourire étira peu à peu la commissure de mes lèvres alors que j'observais mon amie sautiller autour de moi, pour disparaître aussitôt. Miyuki avait sauté sur mon dos, enserrant mon cou de ses bras. Aïe aïe aïe... Ça ne présageait rien de bon...

« Mais tu me portes jusqu'à la maison alors. » ordonna-t-elle en posant son menton sur mon épaule.


Je grimaçai une demi-seconde sous le poids de la jeune fille, mais me saisis tout de même de ses jambes pour la maintenir sur mon dos. Elle avait beau agir comme la gamine qui me poussait à faire les quatre cent coups autrefois, avec le temps, la course l'avait musclée, et elle n'était plus aussi légère qu'elle en avait l'air. Mais je ne dis rien, tout d'abord parce qu'il en allait de ma fierté d'homme, mais aussi parce que la spontanéité de ce geste m'attendrissait. Elle était la preuve d'un attachement et d'une confiance sincères qui m'étaient chers. Bien que peu démonstratif, j'étais sensible à ces petits riens qui faisaient tout. Alors je me pliais au moindre de ses désirs, savourant l'instant présent et le bonheur d'avoir ma meilleure amie à mes côtés.

Je m'exécutai donc, prenant soin de fermer la porte à clef et de baisser le store de la boutique, tandis que Miyuki s'accrochait tant bien que mal à moi. Je finis par me diriger vers la porte de derrière qui donnait sur une petite rue peu empruntée. Enfin, je pris le chemin de la maison, mon blouson en cuir sous le bras et une Miyu bien agitée sur le dos. Je n'avais jamais compris comment elle réussissait à parler aussi vite. Quand j'étais petit, j'étais persuadé qu'elle finirait par devenir aphone à force de crier, ou qu'elle manquerait de souffle et tomberait raide morte sous mes yeux. Charmant programme, en effet, mais c'était plus fort que moi. J'étais aussi calme qu'elle était énergique, et son comportement me laissait souvent perplexe. En quelque sorte, à nous deux, nous formions un juste milieu idéal. Je prêtai une oreille attentive à ce qu'elle me disait, d'autant plus que c'était loin d'être inintéressant.

Lorsqu'elle m'interrogea au sujet de la copine que Junpei avait au lycée, je fronçai les sourcils. Étant assez observateur, ce genre de choses me revenaient aisément, et pourtant, cette fois, j'avais du mal à me rappeler de ses traits, mais il me semblait qu'elle était jolie. Les souvenirs que j'avais de Junpei étaient pour la plupart des moments que nous avions passé à trois, avec Miyu, et j'avais tendance à me focaliser là-dessus plutôt que sur ses amours.

« Je sais plus trop, murmurai-je, elle était plutôt gentille, non? On n'était pas tellement proches... Si tu es sûre de ce que tu avances ça pourrait déjà nous donner une piste. On peut toujours tenter de grappiller quelques renseignements sur Junpei à partir d'elle. »


Et puis comme elle l'avait supposé, il avaient peut-être gardé contact. Ça m'aurait étonné moi aussi, mais cette hypothèse même me hérissait le poil. Junpei nous aurait tous laissés tomber sauf elle? Hors de question. Il avait intérêt à ce que ce ne soit pas le cas. La fidélité est tout aussi importante en amitié qu'en amour.

Je poursuivis ma route jusqu'à l'appartement, où je pus enfin faire glisser Miyuki de mon dos. Elle était restée silencieuse tout au long du trajet, mais étant moi-même perdu dans mes pensées, je ne m'en étais pas vraiment rendu compte. Néanmoins, en avisant son visage plus triste que pensif, il ne me fallut pas beaucoup de temps pour comprendre qu'elle avait pleuré. Discrètement, car c'était une des seules choses qu'elle ne faisait pas avec exubérance. Mais elle avait tout de même pleuré, et je ne pouvais pas le supporter. En posant mon blouson sur une chaise, j'attirai doucement la jeune fille contre moi et posai ma joue sur sa tête. On allait le faire. Retrouver Junpei, le tirer de son merdier, et vivre à nouveau heureux tous les trois.
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.] Mer 13 Mai - 18:40
Rp terminé, il est donc archivé.
+ 10 okanes pour chacun !
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MessageSujet: Re: [Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.]
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[Terminé] "La distance ne nous séparera jamais." [Miyuki Mercier, Hayato Ishii.]

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