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Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi]

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MessageSujet: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Mar 12 Mai - 20:11

A chaque jour suffit sa surprise.
Le jour se levait paisiblement tandis que le soleil dardait ses rayons sur nos petits êtres, venant réchauffer l'atmosphère. Déjà levée depuis un moment, je m'afférais à écrire quelques haïkus, ne voulant pas perdre mon temps inutilement. J'avais toujours eu l'habitude de me lever de bonne heure, les grasses matinées n'étant pas pour une dame de mon rang. Et à vrai dire, cela ne me dérangeait pas plus que cela. Je n'aimais pas traînasser sur mon matelas telle une loque, et perdre une partie de ma journée de façon si futile. J'avais besoin de bouger, d'être utile, d'avoir l'impression de rentabiliser un minimum ma journée. Ainsi, chaque soir, je m'endormais paisiblement, heureuse d'avoir passé une journée active. Je ne faisais certes pas grand chose, passant le plus clair de mon temps à écrire ou travailler dans une bibliothèque, mais cela me suffisait. C'était mieux que rien, et me permettait de vivre aisément, sans avoir besoin de gratter dans l'héritage laissé par mon feu mari. J'avais beau ne pas avoir voulu ce mariage, je ne pouvais tout simplement pas me permettre une vie des plus faciles. Il avait été si gentil avec moi... Comment pourrais-je éparpiller son argent ainsi ? Et quand bien même, si j'avais décidé de ne pas revenir au domaine familial, c'était bien pour acquérir une quelconque indépendance. Indépendance auquel je ne pouvais goûter qu'en gagnant mon pain par moi même, après avoir accompli un quelconque labeur. 

Hier soir, j'avais enfin foulé du pied mon nouveau logement, et je dois dire que j'en étais plutôt fière. L'appartement n'équivalait certes en rien la maison de mon enfance, mais je m'en fichais pas mal. Je n'avais pas besoin de splendeur ou de grandeur. Juste un petit nid douillet dans lequel je pouvais me sentir bien. Me sentir chez moi. Je l'avais décoré de façon plutôt traditionnel, en écho à mon mode de vie, sans vraiment m'en rendre compte. Mais cela rendait assez bien, et une ambiance zen, voire apaisante s'en dégageait, faisant fleurir un doux sourire sur mon visage. Oui, tout était déjà à sa place. Mais comme je vous l'avais dit, je ne chaume pas. Cependant, cet aménagement avait été plus long que prévu, si bien que je n'avais eu le temps de venir me présenter à mes voisins de palier avant que la nuit ne tombe. Et ne voulant pas frôler une quelconque mal-politesse, mon éducation me poussant à appliquer le code de bonne conduite, j'avais décidé que j'irais ce matin, un peu avant l'heure du déjeuner. Pas trop tôt pour être sure de ne réveiller personne en ce samedi, mais pas trop tard pour qu'ils ne soient occupés en cuisine, ou pire, entrain de se remplir le pense. J'avais déjà préparer mon cadeau, ne devant jamais arriver les mains vides chez quelqu'un. Certes, ce n'était rien d'extraordinaire, de simples gâteau de ma région natale, mais j'y tenais. C'était comme un gage de bonne entente. 

Finissant mon dernier vers, j'abandonnais mes poèmes pour enfiler mon kimono. Il serait bientôt l'heure fixée, et je ne pouvais me permettre de déroger une fois de plus à l'horaire donné. Je me hâtais donc, nouant mon obi avec une main de maître en quelques minutes, avant d'arranger ma coiffure, y ajoutant une pince fleurie dans les mêmes tons. Je prenais ensuite mes présents d'une main, m'approchant de l'entrée, et y enfilais mes chaussures. Une fois fin prête, je respirais un bon coup et sortais. L'air était des plus doux et le soleil venait caresser tendrement ma peau si pâle. Un nouveau sourire étira de nouveau mes lèvres, tandis que je me dirigeais vers la première porte. Une femme qui selon moi, approchait la soixantaine m'ouvrit la porte et m'accueillit avec bonne humeur, heureuse d'avoir de la visite et un cadeau en prime. J'entrais un instant dans sa demeure, ne voulant paraître impolie et lui fit un instant la conversation. Apparemment, la femme d'âge mur semblait elle aussi veuve et ne recevait qu'occasionnellement de la compagnie. Je me fis alors le serment de venir la voir plus souvent, pour que ce sourire chaleureux passe encore la barrière de ses lèvres. Et puis ainsi, je ne serais pas totalement seule. Mes bonnes manières ainsi que ma tenue des plus formelles la ravirent apparemment, et c'est avec un sentiment de réussite que je gravis une fois de plus le pas de la porte. 

Je m'en allais donc saluer mon second voisin, de l'autre coté du couloir. Je m'arrêtais cependant quelques instants, ne pouvant m'empêcher d'admirer la beauté du cerisier en fleur. Celui-ci semblait être plutôt tardif, comparé aux autres qui avaient déjà fané, et il resplendissait au milieu de ce carré d'herbe devant la résidence. J'humais son parfum un instant tandis que des pétales aussi beaux et fragiles que de la nacre dansaient vers moi, emportés par le vent. Cette matinée commençait vraiment bien, et il eut fallu un miracle pour que je change d'avis. A vrai dire, en cet instant, j'étais sur mon petit nuage, et bien loin de m'imaginer qui serait mon voisin. A des milliers de kilomètres même, le temps ayant effacé quelques souvenirs douloureux et pansé en partie les blessures. Doucement, je me dirigeais vers la porte de l'inconnu et y toquais. Soucieuse de bien faire, je replaçais une mèche vagabonde qui s'était enfuie de mon chignon, lissais une fois de plus mon kimono, vérifiais que mon cadeau était toujours entre mes mains, étant quelque fois un peu étourdie, et attendais tandis que des pas se faisaient entendre de l'autre coté de la porte.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Mer 13 Mai - 16:09
Ce n’était pas les rayons doux et printaniers de l’aube qui tirèrent l’infirmier scolaire du pensionnat Miyusaki de son sommeil, mais le klaxon d’une mobylette au milieu de la nuit. Ce n’était clairement pas le meilleur réveille pour un samedi matin, l’un des deux jours de la semaine où il ne travaillait pas, mais les habitudes ont la vie dure. Bien qu’il soit de retour à Tokyo depuis environ cinq mois à présent, il ne s’était toujours pas habitué à cette nouvelle vie. Une moitié trop conséquente de lui était restée de l’autre côté du pacifique, et ne parvenait pas à s’habituer à ce rythme de vie beaucoup plus lent et beaucoup moins dense que lorsqu’il vivait à New York.  Tout lui semblait trop calme. Il n’avait pas assez de choses à penser, et avec les horaires fixes et précis qu’il avait à présent avec le travail qu’il exerçait dans l’établissement scolaire de Miyusaki, il trouvait ses nuits longues. Beaucoup trop longues. Il n’avait plus a guetter un appel en plein milieu de la nuit, l’alertant d’une opération urgente à pratiquer, de l’état d’un patient se détériorant ou d’autre chose. Il pouvait dormir tranquille, se lever le matin, pour rester dans ce lieu appelé infirmerie toute la journée durant, exilé par tous les autres enseignants ou presque, personne ne le considérant comme un « Senseï » à part entière. Aurait-il du prétendre le contraire ? Il n’aurait pu, mais qui lui aurait accordé la moindre écoute ? Ces élèves de D, que tout le monde pensait horrible, n’était pas si différent à ses yeux des autres, à l’exception qu’ils venait plus souvent le voir que les autres, parfois uniquement pour sécher. Mais comment devait se comporter des élèves en temps normal ? Lui même n’ayant suivit des cours dans une école qu’entre ses cinq et ses onze ans, ayant ensuite étudié chez lui, avec l’aide de Sydney. Il ne pouvait porter aucun jugement sur les jeunes qu’il voyait évoluer dans cet univers qu’il n’avait jamais connu, et la seule émotion que ses iris lavandes pouvaient porter sur ces enfants était de la curiosité.

Mais cette curiosité ne suffisait pas. Ne suffisait plus. Si elle avait remplit ses premières semaines au japon, elle suffisait à présent simplement à combler la solitude de ses journée. Il n’avait jamais rien vécu d’aussi ennuyant depuis très, très longtemps. Tout avait été trier en deux mois, et dans ses longues heures où seul le professeur de théâtre et quelques étudiants un peu perdu venait éclairer, il avait presque envi d’aller voir l’administration afin qu’on lui donne du travail à faire. Ne serait-ce que pour s’occuper l’esprit, parce qu’alors, il avait tout le temps de penser.
C’était sans doute la véritable raison pour laquelle son poste de chirurgien lui manquait autant. Passant la moitié de son temps à l’hôpital, le reste à discuter avec celle qu’il considérait comme sa mère adoptive, il ne lui restait plus que quelques heures à passer dans les bras de Morphée, qui l’enveloppait alors dans un sommeil lourd qui ne laissait pas de place aux rêves qui hantaient à présent ses nuits.


Il s’était donc plongé dans un ouvrage de Freud depuis quatre heures de matin, n’osant pas prendre une douche à cause de l’heure pour le moins matinale, sinon nocturne, afin de s’éclaircir les idées fiévreuse avec lesquels il s’était réveillé en sursaut. Ce n’était pas un cauchemar, pas à proprement parler, mais malgré les longues nuits qu’il s’accordait pour essayer de faire passer le temps, il n’arrivait pas à se reposer, et se réveillait de plus en plus tôt, et de plus en plus fatigué. De nouvelles images qu’il pensait avoir oublié, ou enfouit au plus profond de lui même.
Ce n’est qu’à une heure plus descente, arrivé au deux tiers de l’ouvrage, qu’il passa dans la salle de bain, restant plusieurs minutes sous le jet glacé, dans l’espoir que les centaines de gouttes transparente emporte avec elles le dernier portrait de sa mère, immobile sur un lit d’hôpital, dans ce qui lui semblait être la même chambre que quelque mois plus tôt, qu’il avait aperçu de ses yeux d’enfant avant d’être entrainé par l’assistante sociale vers ce qu’il devait considérer comme sa nouvelle famille…

Chris s’était ensuite habillé, et replongé dans son livre. La lecture étant devenue ces derniers temps son derniers refuge afin de faire passer le temps, et de protéger ses pensées.

Le bruit de la sonnette lui fit relever la tête environ une heure plus tard. Curieux, le médecin se dirigea vers la porte, l’ouvrant doucement afin de découvrir une jeune femme en kimono, aussi beau que ceux que sa belle-mère portait dans son enfance, et que lui et ces fameux frères et sœurs devaient revêtir lors des grandes occasions.

Un sourire sympathique et accueillant étira ses lèvres, ne pouvant cependant dissimuler l’interrogation sourde qu’il s’y dissimulait.

« Bonjour… ? » Déclara-t-il avec cette apaisante et confiante chaleur qui le caractérisait, loin de se douter de l’identité de la jeune femme qui lui faisait face.
Dieu, que le monde est petit.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Mer 13 Mai - 19:52

A chaque jour suffit sa surprise.
Les pas devinrent plus distinct, signe que la personne derrière la porte se rapprochait, puis cette dernière s'ouvrit, laissant place à un jeune homme d'à peu près mon âge. S'il semblait nippon, je fus surpris par la couleur de ses prunelles, d'un bleu lavande si rare et si envoûtant à la fois. Avant de me souvenir que je connaissais ces yeux, tout comme je connaissais cette vois et ce sourire... Mon cœur rata un battement et mes yeux s'agrandirent de surprise, comme estomaquée. Non, c'était juste impossible. Ça ne pouvait être lui. Oui, le timbre était plus grave que sa voix ! Mais il était plus âgé, il avait mué... Et ces yeux... Cela pouvait-il être des lentilles ? Mais comment reproduire avec exactitude un regard qui était resté gravé dans ma mémoire, souvenir d'un être cher ? Ça ne se pouvait. Ne bougeant pas d'un pouce, mes yeux toujours exorbités, je le regardais de bas en haut, admirant sa carrure, son look, et tout ce qui allait avec. L'homme en face de moi paraissait bien plus occidental que moi. En même temps, cela n'était pas très difficile en comparaison. Il avait les cheveux plus longs aussi. Détail futile vu le temps qui était passé depuis la dernière fois que je l'avais vu... En fait, pourquoi nier l'évidence ? Pourquoi essayer de trouver un échappatoire la où il n'y en avait pas ? Je ne voulais croire à ce que je voyais, et pourtant, tout en lui me criait qui il était. Mon frère perdu. Parti avec une autre, m'ayant abandonné sans un regard en arrière... Moi, petite chose insignifiante qui avait cru avoir un semblant de valeur à ses cotés. Oui, il n'y avait aucun doute possible, c'était lui. Mon Shirogane. 

Je clignais des yeux, comme pour me ressaisir et répondre à son bonjour interrogatif, bien que les mots me manquent avant de comprendre. Juste bonjour ? Pas de "oh Nadeshiko, c'est toi !" ou "quelle coïncidence !" ou encore "je suis tellement heureux de te revoir". Non, rien que le néant. Rien que ce sourire si beau qu'il aurait fait à n'importe quelle femme se présentant au pas de sa porte. A une inconnue, qui passait la par hasard... Avec cette même gentillesse et bienfaisance. La vérité me frappa, aussi violente et tranchante qu'un sabre me transperçant de toute part. Mes prunelles d'onyx se voilèrent de ce sentiment si imperceptible qu'est la peine, tandis que la douleur m'envahissait peu à peu. Il m'avait oublié. Entièrement. Totalement. Effacé comme tout le reste, souvenir trop encombrant et sans intérêt de son passé. N'avais-je été que cela ? Une page de trop écrite dans le roman qu'était sa vie ? N'avais-je jamais eu quelconque valeur à ses yeux ? Oui, j'étais sotte. Tout cela, je le savais bien. Depuis le jour où il était parti, il y a seize ans. Depuis le jour où je m'étais vidée de mes larmes, comprenant qu'il n'y avait, et n'y aurait jamais aucune place dans cette famille pour moi. J'avais cru à un ami, à un frère, à une épaule pour me soutenir et me consoler. Mais je n'avais eu qu'une gifle en pleine figure après lui avoir laissé tous mes espoirs, qu'il avait éparpillé dans le vent. J'avais décidé d'oublier, enfermant tout ce trop plein d'émotion à double tour, tout au fond de moi mais... Il fallait croire que sa simple vue suffisait à tout faire rejaillir, me mettant à nue devant quelqu'un qui ne voulait plus de ma personne.

Étais-je pitoyable ? Assurément. J'avais l'impression de m'être fait larguée, la, devant cette porte, alors que je faisais face à mon frère, et que le mal avait été fait il y a bien longtemps. Le temps panse les blessures ? Foutaises... Elles étaient plus vives encore qu'avant, plaies béantes ré-ouvertes promptement, la douleur me prenant d'assaut, le souffle me manquant et les larmes montant de nouveau... Mais je ne voulais pas paraître vulnérable. Pas encore une fois. Pas devant lui. Il ne méritait pas de voir mes larmes. Et je ne devais pas pleurer pour lui, je m'en étais fait la promesse. Je ravalais ma salive, prête à détaller avant de me stopper, n'ayant eu le temps de faire le moindre mouvement. Allais-je fuir comme une pauvresse, le laissant incompris sur le pas de la porte tandis que j'irais m'affaler sur mon lit pour ne plus en sortir de la journée ? Était-ce cela, la façon dont j'avais mûrie et évoluer ? Certainement pas. Je ne me permettrais jamais d'être ainsi ridiculiser après tout les efforts que j'avais pu faire pour être reconnue. Pour trouver une place dans cette famille ou seul le fils aîné, au tempérament plus qu'ignoble était élevé au rang de roi. J'inspirais profondément, en silence et sans que cela soit vraiment perceptible, fermais enfin mes yeux qui n'avaient cessé de le fixer tout du long, les sentiments se succédant et s'ajoutant, défilant devant lui comme si j'étais un livre ouvert et me calmais. Quand je les rouvrais, toute trace de larme ou de faiblesse avait disparu. A vrai dire, mon regard n'exprimait plus grand chose. Ma bouche s'étirait en un léger sourire avenant, doux et sympathique comme toute femme devait avoir, tandis que je le saluais, me penchant légèrement.

"Désolé de venir vous déranger en cette journée de congé, mais je viens de m'installer dans l'appartement voisin du vôtre, et je voulais donc venir me présenter dans les formes. Je me nomme Arashi, Arashi Nadeshiko. J'espère que nous nous entendrons bien."


Ma voix était calme, posée et avenante. Aucun sentiment négatif n'y transparaissait. Aucun sentiment du tout d'ailleurs. J'avais revêtue mon masque de petite fille parfaite, effaçant la seule part de moi qui était véritable. Celle que lui seul connaissant vraiment. Comme si elle n'avait jamais existé. Ironiquement, je me dis que je réalisais exactement ce qu'il voulait. Que l'on ne soit plus que deux inconnus, ne partageant rien de plus qu'un nom, chose assez commune de nos jours. Mon coeur se serra, mais je le fis taire. Je lui tendis juste le paquet renfermant les douceurs de notre région d'enfance en présent, attendant qu'il les prenne ou non, avant de pouvoir me retirer. Moi qui avait cru qu'une belle journée s'annonçait... Désormais, tout autour de moi semblait terne et morne. Seule la silhouette face à moi semblait vive, ces iris lavande me transperçant sans que je ne puisse rien y faire. Peut être aurais-je du faire comme lui ? Oublier semblait tellement plus facile...
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Mer 13 Mai - 22:05
Maintenant qu’il était parfaitement face à la jeune femme, le jeune métisse pouvait voir à quel point le kimono était d’excellente facture. En soie comme il se devait de l’être, ainsi que le montrait l’aspect soyeux, presque nacré, du tissu. Transformant le blanc irisé du font de l’habit en un rose presque imperceptible, qui annonçait les motifs de cerisiers qui s’épanouissaient ensuite. Simple et élégant. À l’image de ce Kimono gris perle, brodé de nénuphars blancs que portait toujours sa belle mère dans son souvenir…
Mais si cette dernière pouvait se permettre de porter de tels vêtements dans l’enceinte de sa demeure, et dans cette région où tous connaissaient la famille des Arashi, il était cependant bien plus complexe de vivre ainsi vêtu au cœur de Tokyo. La jeune femme avait beaucoup de chance de posséder un tel habit.


« Je suis également ravi de vous-… » Commença-t-il avec un sourire qui disparut brusquement, le reste de sa phrase refusant de passer la barrière de ses lèvres, bloqué par quelque chose de bien plus puissant que la politesse ou que la volonté.
Un souvenir.


Ses iris lavande remontait le long du Kimono clair de la jeune femme qui venait de se présenter, longeait sa silhouette fine et délicatement sculptée, frôlant son cou pour enfin atteindre son visage. Bien dessiné, avec un teint de porcelaine, un nez fin surmontant des lèvres toute aussi fine, décoré d’une infime nuance rosé, rappelant les fleurs de Sakura qui dansaient derrière elle, au gré du vent. Insensible au trouble qui habitait à présent le médecin. Deux iris obsidiennes et de longs cils complétèrent le tableau, la vérité se faufilant sans retenue dans l’esprit du jeune homme.
C’était impossible. Impensable.
Le monde ne pouvait être aussi petit. Cette superbe jeune femme qui se tenait à présent devant lui ne pouvait être cette petite fille avec qui il avait passé les heures les plus joyeuses de son enfance ?
C’était impossible. Le monde était trop petit…
Il aurait voulu le croire, mais le destin  lui avait déjà démontré le contraire. Rien ne lui était impossible.


Sans réfléchir, il tendit la main, et ses doigts se refermèrent avec une brusque douceur autour du poignet de la japonaise, ses prunelles lavande se plongeant dans l’onyx des siennes, son visage figé dans une expression de surprise incrédule. Comme si il venait de se réveillé, et qu’il mélangeait encore rêve et réalité.


« Na…de…Nadeshi…ko ? Demanda-t-il, l’évidence s’imposant d’elle même, ne parvenant cependant à apaiser l’expression effarée qui se peignait sur ses trait habituellement harmonieux.


Mais ce n’était pas uniquement de la surprise, qui se dissimulait derrière cette expression ébahit, mais aussi un étrange mélange de joie et de culpabilité.
De toute sa famille japonaise, la personne qu’il était incontestablement le plus heureux de revoir, était bel et bien la jeune femme qui se tenait miraculeusement devant lui, à savoir Nadeshiko. Il n’avait pas de nouvel de son père, pas plus que du reste de la fratrie, mais d’un côté comme de l’autre, il avait toujours fait partie de la masse floue et compacte que représentait sa descendance, à la différence près qu’il était illégitime, mais cela c’était finalement rapidement tassé, et le problème avait du disparaître à son départ. Quant à Taku… Il devait avouer n’avoir que des souvenirs plutôt négatifs de son ainé, comme un garçon violent et bagarreur, toujours près à montrer sa virilité et ses talents dans les domaines martiaux, où il était incontestablement doué de nature, mais également avantagé en parti par son physique trapu et costaux, qui s’était toujours opposé aux physique des autres membres de la famille, laissant penser que la première épouse de Wataru, était une femme plutôt robuste, et de petite taille.

Toujours était-il que malgré toutes les difficultés qu’il avait vécues lors des six années qu’il avait vécu sous le toit de la maison familiale des Arashi, la présence de Nadeshiko auprès de lui s’était toujours révélée apaisante et transformait des heures déplaisantes d’ennuie en joyeuse complicité.
Et pourtant…


Oui, celle qu’il avait toujours plus ou moins considérée comme sa sœur, et qui avait été un véritable baume pour lui durant ces mois tant haïs dans ces lieux, il l’avait oublié. Abandonné. Comme si elle n’était qu’un éclat de son passé sans importance. Digne d’être jeté aux oubliettes.
Il avait sciemment fait comme si son histoire commençait non pas à sa naissance, comme tout le monde, mais lorsqu’il avait quitté le japon avec Sydney, faisant comme si ce qui lui était arrivé avant n’était qu’un petit tas de poussière. Passé sous silence six années de sa vie.
Passé son existence sous silence.

Un sourire d’excuse étira ses lèvres, remplaçant progressivement l’expression de surprise de son visage, exprimant également de la tristesse et de la douleur. Ses doigts desserrèrent leur prise sur le poignet de la jeune femme.

« Désolé, je… j’ai été pris de court… » Tenta-t-il maladroitement de s’expliquer, ne parvenant pas à définir lui même la raison exacte de son geste, ne sachant pas non plus comment réagir face à cette incarnation du passé.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Lun 25 Mai - 12:33

A chaque jour suffit sa surprise.
Je le regardais comme si je le voyais pour la première fois. Tout comme lui. Parce qu'il n'y avait plus rien entre nous. Les souvenirs avaient été effacés à la va-vite, dans un soucis de faire bien, et nos noms communs ne voulaient plus rien dire. Je ne connaissais pas cet homme qui se tenait face à moi. Tout comme je ne connaissais pas le garçon que j'avais cru avoir pour frère et ami. Tout avait été balayé par le vent, et éparpillé dans des contrées lointaines, ou coulé au fond de l'océan. Pour que seul le néant subsiste entre nous. Je ne savais ce qu'il était devenu, ni même s'il avait une copine. J'en venais même à douter que ce fut bien lui. Quant à Shirogane... Il ne se souvenait même pas de mon prénom. Risible. Et pourtant, je n'avais pas envie de rire. Le gifler ? A quoi cela aurait-il servit ? Je n'aurais pas été mieux, il m'aurait prit pour une folle sortie de l'asile. Et mon éducation m'en empêchait. Crier ? A quoi bon ? Il avait délibérément décidé d'oublier. Cela n'aurait rien changé, je l'aurais juste ennuyé. Pleurer dans ce cas ? Mais ça, je me l'interdisais. Alors il ne me restait plus qu'à feindre l'ignorance, à sourire comme une femme polie et bien élevée le ferait. Comme une poupée programmée dans le seul but de ne pas importuner son interlocuteur. Et dans un sens, ça me rendait malade. Mais c'était comme ça que devait être une femme. Se taire et sourire, tel un pot de fleur. Une décoration, une compagnie agréable pendant son enfance. Oui, je n'avais pas été plus que ça. J'étais réduite à l'état d'objet. Un objet inutile et encombrant qu'on aurait jeté à la décharge. 


Je l'entendais me répondre avec la même politesse, et je fermais les yeux tandis que ce qu'il restait de mon cœur se serrait au point d'exploser. Il n'y avait pas que mes sentiments qu'il venait de piétiner, mais aussi ma fierté. Je n'étais rien, et je n'avais jamais rien été. Encore une fois, il venait de le confirmer. J'essayais d'inspirer calmement pour feindre un quelconque état d'esprit joyeux mais je ne pu m'y résoudre. Jusqu'à ce que sa phrase se stoppe. Jusqu'à ce que j'ouvre les yeux pour voir que quelque chose avait changé dans ses prunelles envoûtantes. Le temps s'arrêta brusquement, et malgré tout le mal, toute la peine qu'il avait pu m'infliger toutes ces années, et en cet instant précis, l'espoir qu'une bribe de souvenir lui revienne me caressa l'esprit. Étais-je égoïste ? De vouloir l'avoir marqué comme lui l'avait fait avec moi ? De désirer qu'il se souvienne d'un temps qui ne lui avait rien apporté, et d'une jeune fille avec qui il ne partageait rien si ce n'est une pseudo famille ? Peut être, mais je ne pouvais décemment pas changer cela. Parce qu'il avait été mon refuge, et que son abandon avait été le plus rude. Parce que je ne voulais pas avoir souffert pour quelqu'un qui se moquait de ma personne. Parce que je voulais croire que ma vie n'avait pas été que déception et désillusion. Qu'il se souvienne de moi n'y changerait rien, certes. Mais je ne pouvais m'empêcher d'espérer. De croire que l'objet qu'on avait jeté avait quand même eu une importance quelconque dans la vie qu'il avait pu mener. 


Et puis le miracle se produisit, et il attrapa mon poignet. C'était certes brusque, mais le geste était tellement doux, et la poigne si peu ferme que je n'eu pas mal. Je fus juste surprise. A vrai dire, complètement déroutée même. Et lorsque qu'il bégaya mon prénom, j'eu l'impression de rêver. Oui, j'étais trop sentimentale. Evidemment que ça ne valait rien, vu que je m'étais présentée il y a deux minutes. Sans cela, je serais surement resté au stade de la belle jeune femme au pas de la porte. Mais... Au fond de moi, je ne pouvais taire ce sentiment doux qui s'insinuait en moi, souvenir effacé de sa présence à mes cotés. Et comme auparavant, l'espace d'un court instant, j'eu envie de me blottir dans ses bras. Avant de me ressaisir. Si l'expression de son visage me montrait aisément qu'il se souvenait de moi, et que malgré moi, j'en étais emplie de joie, devais-je lui signifier que moi aussi je l'avais reconnu ? Après tout, rien ne m'obligeait à avouer mon affection pour lui. Je pouvais très bien l'avoir oublié avec le temps, bien que cela sonne aussi faux à mes oreilles qu'un violon dont on ne savait jouer. Je pouvais aisément lui renvoyer l'ascenseur en pleine figure, et faire mine de ne pas savoir à qui j'avais à faire, vu que celui-ci ne s'était pas présenté. Mais je ne pu m'y résoudre. Parce que je n'étais pas comme ça. Et surtout parce que j'avais peur de lire dans son regard que cela ne l'affectait nullement que je l'ai éjecté de ma vie. Alors je me contentais de garder ce sourire poli tandis que mon cerveau ne savait plus où donner de la tête, feignant d'être posée et nullement vexée ou débordante de joie.


"Ce n'est rien. Heureuse de te revoir, cette rencontre est assez... Surprenante. Disons que je ne pensais pas te trouver comme voisin."


Le sourire qui étirait désormais ses lèves me mettait mal à l'aise. Parce qu'il ne reflétait que trop bien le fait que jusqu'à présent, mon existence n'avait plus de valeur à ses yeux qu'un grain de poussière sur le paillasson de l'entrée. Mais une fois de plus, je fis taire le moindre sentiment, et récupérais mon poignet calmement, presque indifféremment. Au moins, Alzheimer ne le ravageait pas, il savait qui j'étais, que cela lui plaise ou non. Je lui tendais une fois de plus le paquet que j'avais rapporté en présent. Si mes souvenirs étaient exact, il appréciait ces douceurs, bien que je puisse me tromper. C'est fou ce que l'amertume pouvait être acerbe quand la désillusion était trop grande. Pourtant, je n'étais pas une femme rancunière... Mais il fallait croire que certaines choses me touchaient plus que je ne voulais y croire ou laisser paraître. Peut être était-ce parce que je n'avais laissé aucun vide dans sa vie, alors qu'une plaie mal cicatrisée restait encore bien douloureuse dans mon cœur. Peut être avais-je juste trop de fierté, alors que je me croyais modérée. Enfin qu'importe ? Il ne servait à rien de me sonder, j'étais bien trop susceptible dans l'état actuelle des choses, comme sur ressors. Alors je sortais la première chose qui me passait par la tête.


"Comment vas-tu depuis le temps ?"


Politesse, ou curiosité ? Inéluctablement les deux.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Sam 30 Mai - 21:17
Le jeune médecin était perdu. Complètement perdu. Et il avait l’impression encore plus étrange que plus il essayait d’utiliser ses sens afin de reprendre pieds, plus il se perdait. L’image de la superbe jeune femme qui se trouvait face à lui, droite, digne et polie ne semblait pouvoir être quelqu’un autre que cette enfant avec qui il avait passé le plus clair de son temps lorsqu’il avait été envoyé au japon durant ses premières années. Elle avait acquis ce que sa belle lui rabâchait sans cesse, et lui apparaissait ainsi comme l’exemple de la perfection japonaise incarnée en femme. Et pourtant, quelque chose dans sa voix glaciale, distante et dure, et dans son attitude de rejet ne correspondait pas, faisant presque douter le jeune métis. Si bien qu’une seconde durant, il eu à nouveau envie de l’attirer à lui et de la reprendre dans ses bras comme lorsqu’ils étaient enfant.

Il se retint à temps de commettre cette bévue. Si Nadeshiko était suffisamment polie pour n’avoir pas fait le moindre commentaire quand à sa réaction quelques secondes plus tôt, il ne voulait pas pousser le bouchon trop loin… surtout qu’elle paraissait étrangement distante, voir fâchée.



Ses iris lavandes refusant de quitter la miraculeuse silhouette qui lui semblait tout droit sortit de son passé, Shirogane tenta de se plonger dans les lointains souvenirs de mois qu’il avait passé dans la maison familiale des Arashi. A l’époque, ils lui semblaient qu’ils étaient toujours fourrés ensemble, et bien que celle qu’il devait considérer comme sa sœur ne se soit jamais plainte, Chris savait que cela lui avait attiré des ennuis dans la hiérarchie machiste et patriarcale qui régnait dans l’ancienne famille. De ces innombrables heures passé l’un près de l’autres, il n’avait conservé que de vagues souvenirs flous et déchirés, le temps ayant fait son œuvre avec bien trop de zèle.

Cependant, il en était certain, Nadeshiko n’avait jamais eu cette attitude avec lui par le passé. Et bien que le temps nous amène forcément à changer, il ne pouvait imaginer la vive et gentille fillette être devenue une jeune femme acerbe et ironique… ou du moins, il refusait de l’accepter !
C’était pour le moins égoïste de sa part dans la mesure où il avait plus où moins sciemment effacé tous ses souvenirs de cette époque, sans penser à elle.


Sans penser à elle.
Son regard de ce bleu si rare et si étrange chercha les prunelles sombres de Nadeshiko, plein d’une détresse inexplicable, et d’une culpabilité sans fond. Il l’avait effacé, aussi simplement que l’on passe le tapon sur un tableau à la fin d’un cours. Machinalement, sans y penser, sans y accorder d’importance.
La joie qui s’était allumée en lui lorsqu’il avait reconnu la jeune japonaise venait de s’éteindre, étouffer par le brusque désespoir qui s’infiltrait en lui.  Il avait l’impression d’avoir retrouvé une chose infiniment précieuse, perdue et oublié depuis longtemps, mais d’être à présent à jamais condamné à ne jamais pouvoir que la contempler de loin, étant devenu trop indigne pour pouvoir jamais ne serait-ce que l’effleurer de nouveau.


« Ç-Ça va. Répondit-il en essayant de reprendre contenance, prenant délicatement le paquet qu’elle lui tendait entre ses mains, et de plonger dans ses yeux ses iris lavandes, et toi ? »

C’était une courte façon de résumer quinze ans de vie, mais Chris ne se sentait pas capable de parler de lui ainsi debout devant sa porte. Il avait l’impression de discuter avec une inconnue, et cette sensation le hérissait au plus au point.
La femme qui se tenait devant lui n’était pas une inconnue ! C’était Nadeshiko, la fillette avec qui il avait passé son enfance et….

Et qu’il n’avait pas vu, et à laquelle il n’avait pas pensé depuis quinze ans. Quoiqu’il en dise, ça ressemblait à la définition d’une inconnue.
Et pourtant, si il laissait faire, elle allait lui échapper une nouvelle fois. Et si ça avait été de sa faute la première fois, il refusait de faire la même erreur.

« Veux-tu entrer ? demanda-t-il après une seconde d’hésitation, j’ai du… thé au jasmin… »

Il avait dit les derniers mots d’un ton étrange, comme si il était lui même surprit de les prononcer. Pourquoi avait-il fait cette proposition ? Il devait bien entendu avoir un paquet de ce thé, mais il aurait pu proposé un café, ou quelque chose de moins précis.
Du thé au jasmin.
Le parfum subtil des fleurs vint effleurer sa narine tandis qu’un souvenir lui remontait doucement en mémoire. Flou, léger, libre et imperceptible. Plus il essayait de s’en saisir, et plus il s’éloignait, venant l’effleurer lorsqu’il s’y attendait le moins.

Il avait l’impression d’être un de ces enfants, qui courent après ces bulles de savons, essayant désespérément de toucher leurs courbes parfaites, avant qu’elles n’éclatent même d’elles, persévérant jusqu’à l’agacement dans cette quête impossible, car le moindre geste fait en leur direction ne faisait que les éloigner d’avantage de nous.

Et Chris souhaitait que plus jamais, ni ses souvenirs, ni Nadeshiko ne s’éloigne de lui.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Mer 3 Juin - 18:12

A chaque jour suffit sa surprise.
"Ça va." Deux mots de deux syllabes. C'est tout ce qu'il avait à me dire depuis le temps. Rien de plus. Je n'aurais pas eu l'audace d'espérer un "tu m'as manqué", non, mais au moins, que par pure politesse, il me raconte je ne sais pas moi, une anecdote. Qu'il essaye de converser un minimum avec moi. Mais cela semblait être trop demander. L'espoir devenait utopie avec lui. N'étais-je donc que cela, un grain de poussière sur son palier, qu'il priait le vent d'emmener plus loin ? N'avais-je pas plus de valeur que ça à ses yeux, au point que sortir deux mots lui en coûte ? Peut être oui, parce qu'à cause de moi, il se devait de revenir en arrière. De rouvrir ses anciennes pages, presque totalement effacées, vieillies et illisibles. J'eu envie de rire tellement la situation était ironique. Mon cœur partait en lambeau, déchiré et décomposé comme s'il avait la lèpre, à cause d'un homme qui ne rêvait que de me voir débarrasser le plancher. Depuis quand étais-je devenue si pathétique. Et le pire, c'est que je ne m'énervais ni ne m'en allais. Je restais la, telle une statue, à lui sourire agréablement et silencieusement. On m'avait apprit à devenir une poupée. Belle et silencieuse, qui ne réfléchi que quand on lui demande. Et bêtement, j'appliquais ce principe, incapable de faire autre chose pour le moment, me réfugiant derrière ce sourire si faux jusqu'à ce que les larmes d'amertumes qui voulaient monter jusqu'à mes yeux se ravalent d'elle même. Inspire, expire. Oublie qui est face à toi, et agit comme d'habitude.


"Je vais bien également."




Ni plus, ni moins. Pourquoi aurais-je développé quelque chose qui ne l'intéressait nullement ? Autant faire court dès le départ pour qu'il puisse ensuite me congédier à son aise. Ainsi, le fardeau que j'étais, disparaîtrait une nouvelle fois de sa vie, pour ne plus jamais y rentrer cette fois. J'avalais difficilement, enfin débarrassée du paquet que je lui avais apporté, m'apprêtant ainsi à repartir après ces bref "présentations". Mais cela n'arriva pas. Au départ, je cru avoir mal entendu, pensant que je n'avais fait qu'entendre ce que j'aurais espéré qu'il dise, mais... Non, il m'avait bien invité à entrer. Relevant mes yeux pour les plonger dans les siens, je cherchais à savoir pourquoi ce brusque revirement de situation arrivait, mais ne trouvait rien de concluant. A vrai dire, c'était étrange, ses yeux semblaient refléter milles choses, comme si ses sentiments arrivaient par flots, et ne cessaient de changer, brouillant son esprit. A moins que ce soit des souvenirs, ou des soucis. Impossible de le savoir. Je ne le connaissais pas. Je ne le connaissais plus. Cet homme en face de moi, avait des ressemblances physiques avec un garçon de mon passé, ainsi qu'un nom, mais ça s'arrêtait la. Aussi cruel cela puisse être. Et pourtant... Lorsqu'il évoqua le thé au jasmin, j'eu l'impression de revenir des années en arrière. Au moment où il était à mes cotés, au moment où sourire sans se soucier de rien me paraissait naturel, au moment où tout allait bien dans ma vie, et où je contrôlais encore pleinement mon destin. 


"Je me permets de te déranger un instant pour une tasse de thé au jasmin, en ce cas."


Timidement, je pénétrais dans la demeure de mon "voisin", bien curieuse malgré moi de savoir comment il avait arrangé son chez soi. Était-il désordonné ? S'en sortait-il avec les tâches ménagères ? Ou bien, peut être n'était-il pas seul, et une femme aimante s'occupait de tout pour lui. Tant de questions futiles et pourtant me paraissant existentielles en cet instant affluaient en moi tandis que je me déchaussais et entrais dans la pièce principale. Tout était propre, parfaitement rangé, chaque chose avait une place précise, et rien n'était superficiel, si bien qu'il n'y avait pas de surplus de meubles, de couleurs ou de bibelots, au contraire. En un mot, tout était impeccable. S'il était maniaque ? Oui, je me posais la question un instant, mais enfin, vu que je rangeais aussi toujours parfaitement ma demeure, en ce cas, je l'étais aussi. Enfin, il arrivait que cela ressemble légèrement à un champ de bataille, mais c'était rare, très rare. Et aucune présence féminine ne semblait avoir infiltré les lieux. Ainsi, il était célibataire ? Pas que ça me regarde, mais enfin bon... J'avais la fâcheuse habitude de me mêler de ce qui ne me regardait pas quand il s'agissait de mes proches. Sauf que je ne pouvais pas le considérer comme tel. Tout un monde nous séparait. Et il était trop tard pour faire marche arrière. Parce qu'on ne changeait pas le passé. Debout dans ce qui s'apparentait désormais à une salle à manger où il m'avait conduit, je ne savais trop où me mettre et attendait son accord pour m'asseoir, en profitant en attendant pour observer ce qui se trouvait autour de moi.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Dim 7 Juin - 21:08
Les lèvres de Chris ne purent qu’atténuer le soupire de soulagement qui s’échappa de sa poitrine, et malgré lui, ses lèvres fines s’étirèrent en un sourire apaisé, tout comme son cœur qui reprenait un rythme plus régulier.
Il avait eu peur qu’elle refuse. Qu’elle esquisse un sourire forcé, froid et poli, avant de se retirer dans son appartement. De penser être séparé d’elle de quelques centimètres, qui lui aurait semblé encore plus lointain que la New-York où il avait vécus.

Et le pire, dans ce cas de figure, aurait sans doute été l’incapacité de lui en vouloir. D’accepter sans pouvoir prononcer un mot, tant le regret, la culpabilité et les remords l’auraient étouffés, juste capable d’étirer les lèvres dans un pâle sourire pour sauver ce qu’il restait d’apparence, dans une dernière tentative de se faire pardonner ce qui ne pouvait l’être.
Mais il devait bien avoir encore un dieu qui veillait sur les êtres indignes tel que lui, car Nadeshiko accepta d’entrer.


S’effaçant pour laisser passer la jeune femme, il l’invita à entrer d’un geste, avant de délicatement fermer là porte derrière elle, déchaussant rapidement les zoris qu’il avait mis pour rejoindre la porte. Suivant la jeune femme le long d’un léger couloir, qui débouchait sur une pièce claire qui faisait à la fois preuve de pièce à vivre, de salon et de salle à manger. Une partie du mur de droite était ouverte, laissant voir la cuisine, et servant de plan de travail, sur lequel le jeune infirmier mangeait généralement debout. Les murs contrastaient avec le sol, et les divers meubles en bois sombre, qui comprenait une table, quelques chaises, des étagères pleines de livres qui couvraient presque tous l’espace disponible, et un canapé gris qu’il avait poussé sous la fenêtre qui s’ouvrait à l’opposé, et dans lequel il s’allongeait pour lire, profitant le plus possible de la clarté que lui offrait le jour. Deux portes, l’une sur la gauche vers la chambre, l’autre près de la cuisine vers la salle de bain, venaient compléter le tableau spartiate, qu’aucun objet de décoration ne venait égailler, à l’exception de deux photos solidaires, adossées aux nombreux ouvrages des bibliothèques.
L’une, dans un cadre, montrant Chris quelques années plus tôt, souriant devant l’école de médecine, son diplôme en main, accompagné d’une femme maigre, aux grand iris cyan qui lui arrivait à peine à l’épaule, et adressant à l’appareil un sourire de fierté, de voir l’enfant qu’elle avait élevé rejoindre les rangs des médecins.
L’autre était plus ancienne, avait prit les couleurs un peu passées des anciennes photographies, et était cornée et abimée sur les bords. Reposant à côté de l’autre, sans cadre ni présentoir, c’était une ancienne photo de famille qui avait été prise devant la maison familiale, lorsque le jeune frère de son père s’était marié, ce qui avait été l’occasion de se retrouver en famille. Tous en habit de cérémonie, dans leurs Kimono le plus riche et le plus beau, ils s’étaient ensuite posés autours des jeunes mariés en fonction de leur rang, laissant finalement Shirogane entre Taku et Nadeshiko, entouré de leurs autres cousins. Les différents opposant les deux frères depuis l’arrivé du métis dans la famille, n’avait pas vraiment de cesse, bien que l’occasion ne leur laissa pas vraiment le choix, si bien que sur l’image on voyait clairement le plus âgé fusiller son cadet du regard, tandis que ce dernier ne lui accordait pas la moindre attention, sa main serrant celle de Nadeshiko, la tête penchée vers elle, souriant simplement.

Cette dernière photo, il ne l’avait découvert que lorsqu’il avait ouvert ses cartons en arrivant au japon, ignorant jusqu’à son existence toutes ces années. Lorsqu’il avait extirpé cette image oubliée du fond d’un vieux carton, il l’avait longuement contemplé, certains souvenirs lui revenant par bribes lointaines et décousues, mais ce n’était finalement qu’un hasard si elle était à présent posée sur le bord de son étagère. Perdu dans ces différents flots de souvenirs qui revenaient à lui, mélangeant différentes époques de son existence, qui avait ou voulait oublier, il avait terminé par déposer la photographie à côté de l’autre, sans vraiment y penser. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’il réalisait l’importance de cette image, et de ce qu’elle montrait. Qu’il prenait conscience que si sa tête avait oublié Nadeshiko, elle était à jamais gravée dans son cœur.

« Assied-toi, l’invita-t-il, en lui indiquant l’une des quatre chaise qui entouraient une table clair de la même matière, je prépare le thé. »



La laissant s’installer, il se dirigea vers la cuisine, et mit l’eau à chauffer dans la bouilloire, tandis qu’il sortait une vieille théière, des tasses, posant le tout sur un plateau. En attendant que l’eau soit à la température idéale, il sorti le fameux thé de son placard, commençant par poser ses iris sur la boite avec défiance, avant d’entreprendre la préparation avec des mouvement lent, presque hésitant. Si on venait lui demander quelle action il effectuerait ensuite, il aurait été parfaitement incapable de répondre, alors qu’il effectuait parfaitement chaque geste avec précision, avec l’impression étrange d’être guidé par la simple odeur de jasmin qui se dégageait du thé.
L’odorat est l’une des clés les plus puissante de la mémoire.

Quittant finalement la cuisine avec son plateau, pour le placer délicatement sur la table, s’excusant de l’attente, il servit ensuite le thé avec la délicatesse qu’on leur avait enseigner enfant, avant de s’asseoir finalement devant sa tasse, sans oser boire tout de suite, absolument pas certain de la boisson qu’il offrait. Il s’était laissé entièrement guidé par les souvenirs épars qui lui étaient revenus par vagues, sans qu’il puisse s’en saisir, comme si il s’agissait d’une brise familière, ou d’un simple mirage.
Se souvenait-il encore… ?

Levant finalement ses iris lavande vers Nadeshiko, il lui sourit avec douceur, hésitant légèrement à lui poser la question qui lui démangeait les lèvres depuis quelques minutes à présent, sans cependant oser briser le silence qui s’était installé durant qu’il préparait le thé. Avalant une dernière fois sa salive, il fini par se lancer, essayant de ne pas trop montrer la curiosité qui l’habitait.

« Je… Je suis surpris de te retrouver ici, avoua-t-il finalement, que fais-tu à Tokyo ? »
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi] Dim 21 Juin - 8:06
Les joueurs du rp n'étant plus actifs, le sujet est archivé.
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MessageSujet: Re: Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi]
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Le temps passe vite et lentement. Tu es aujourd'hui adulte, et il y a peu, tu étais enfant. [Chris S. Arashi / Nadeshiko H. Arashi]

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