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Résidence Mercier. [TOUS.]

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MessageSujet: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 31 Aoû - 20:51
Un petit appartement situé au troisième étage d'un immeuble très moderne, l'appartement Respire lui-même cette atmosphère très agréable. Un espace déraisonnablement grand pour la jeune fille seule, quelques 100 m², une grande pièce principale, avec de grandes baies vitrées donnant sur un balcon immense, et une vue panoramique sur le quartier. La cuisine américaine est ouverte sur la cuisine, et son bar est sublimé par des tabourets rouges.

La salle de bain est ornée d’une baignoire d’angle, d’un grand miroir et d’un lavabo. Les latrines sont à part dans une pièce assez grande.

L’appartement possède quatre chambres, dont seulement une est occupée. Une chambre en désordre, habituellement, avec un lit double qui trône majestueusement dans la pièce. 

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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 31 Aoû - 21:32
C’est comme si le monde avait cessé de tourner. Comme si tout c’était arrêté. La nouvelle était tombée tôt ce matin. Je me rappelle encore de ce type du syndicat, l’allure droite et fière, le visage fermé. Disparu, aussi tôt qu’il était apparu. Me laissant seule. Le choc fut si violent que je vomissais mes tripes depuis ce matin. Mon teint était pâle, et tous mes muscles tremblaient, alors que dans l’appartement, tout était ravagé. Les vases et biblos brisés, la télé explosée, les tabourets renversés. Mon père était mort. Quelqu’un l’avait lâchement assassiné alors qu’il se baladait dans les jardins français. Et personne n’en connaissait la raison.

Notre syndicat avait toujours été très clean avec les autres, et, contre toute attente, il avait toujours été accepté par les autres, sans aucun conflit. L’allure de mon père, sûre et fière, ce petit truc à la française avait toujours impressionné les autres chefs, qui n’avaient jamais émit de réserve quant à leurs pensées pour lui. Toujours tout avait été positif. Il avait toujours prêté main forte aux syndicats qu’il côtoyait lorsqu’ils en avaient besoin. Et voilà qu’aujourd’hui, il était mort. Etait-ce l’œuvre de Yakuza, ou, au contraire, de la mafia étrangère ? J’avais une envie de vengeance, mais également un sentiment d’incompréhension. Et en ce moment de détresse, alors que tout Tokyo était au courant de la mort de mon père, je désirais plus que tout revoir Hayato.

Je voulais me rassurer contre lui, sentir que je n’étais plus plus seule, alors que Junpei nous avait déjà abandonné. Je me sentais seule. Je n’avais plus vu Hayato depuis deux longs mois, et je n’avais plus de contact avec lui depuis que j’avais déménagé. Cependant, il était le seul que j’avais envie de voir en ce moment même. Je n’arrivai plus à gérer mes sentiments, tous les évènements qui m’arrivaient. La seule chose que je désirai, en ce moment précis, était de mourir.

Mon père, bien qu’ayant la main leste, avait toujours été présent pour moi, et la plupart des souvenirs que j’avais de lui étaient bons, et il avait été le seul qui ne m’avait jamais abandonné, même loin de lui. Même si j’avais toujours eu le sentiment d’être en partie seule, j’avais toujours eu quelqu’un à qui me rattacher. 

J’étais assise au milieu de la pièce ravagée comme l’était mon cœur en ce moment même.  Les jambes contre la poitrine, les bras entourant mes genoux, j’étais tremblante, dans ma chemise de nuit, alors que j’attendais que la douleur passe. A côté de moi, j’avais posé une bassine, au cas où les rejets me reprennent, et que je me remette à me vider. 

J’étais secouée, je ne savais pas quoi faire. J’étais perdue dans mes pensées, et dans mon passé, alors que je ne savais plus sur qui compter. Quand la dernière personne en qui vous avez confiance disparaît, vous n’êtes plus qu’un être parmi tant d’autres, que personne n’attend, et qui n’attend personne. Seul dans cette masse que forment six milliards d’humain, que peut faire un être qui n’a rien pour survivre, si ce n’est son simple corps ?

Mon monde était chamboulé, ma vie était terne, et je n’en pouvais plus de pleurer et souffrir cette disparition prématurée. Je n’avais que la triste impression qu’il s’agissait d’un terrible cauchemar, et que la seule façon d’oublier ce qui me hantait était de me réveiller. Mais c’était impossible. Tout était bien trop réel pour que je n’aie qu’à ouvrir les yeux pour oublier tout cela. Ma douleur était bien vraie.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 31 Aoû - 22:55
Au début, ça n’avait été qu’une rumeur, mais à mesure qu’elle se propageait, elle s’était ancrée dans le réel jusqu’à se voir confirmée par les journalistes. J’avais appris la nouvelle d’une des grabataires qui venaient commérer quotidiennement à l’atelier. Je me lassais rapidement de ce genre de conversations, mais lorsque le nom de « Mercier » se détacha de leurs murmures, je ne pus m’empêcher de tendre l’oreille. Depuis deux longs mois sans nouvelles de Miyuki, voilà que j’entendais parler d’elle par le plus grand des hasards. L’occasion était trop belle, et je me mêlai à leurs commérages. Le chef du clan Mercier était mort.

Perplexe, je ne fis qu’hocher la tête aux explications des vieilles femmes, incertain quant à ce que pouvait bien valoir leurs mots. Un assassinat en pleine ville. Je ne savais absolument pas qu’en penser, et c’est dans la plus grande confusion que j’achevai ma demi-journée de travail. Attrapant mon trousseau de clefs, je pressai quelques clients de sortir de la boutique afin d’en verrouiller l’entrée. Comme à mon habitude, je rejoins le café où je prenais ma pause chaque midi et m’adressai à la patronne.

« Vous avez le journal ? Celui d’aujourd’hui ? »

« Sers-toi, Ishii, j’en ai un exemplaire sur le comptoir. »

Sans me faire prier, je m’emparai de la liasse de feuilles, dans laquelle je ne trouvai pas grand chose. Bon signe ? Si les rumeurs que j’avais entendues se révélaient infondées, tout irait pour le mieux. Mon différend avec Miyuki n’avait rien altéré de mon amitié pour elle, et je n’aurais pas supporté de la savoir souffrir. Alors oui, mieux valait que je ne trouve nulle trace de toute cette histoire. Mais le sort en avait décidé autrement, car en jetant un oeil au petit écran de télévision qui diffusait les infos, je crus reconnaitre les traits du père de mon amie sur une photo. Il ne m’en fallut pas plus pour élever la voix et réclamer qu’on augmente le volume du téléviseur. Là, la vérité me frappa de plein fouet ; Mercier était bel et bien mort, lâchement assassiné par un inconnu dans les jardins français.

Choqué, je retournai à l’atelier en traînant les pieds, le regard dans le vide. Je n’avais que peu de souvenirs de cet homme, car si j’avais fréquenté sa fille dès mon plus jeune âge, il avait toujours été de ces pères bien trop occupés pour s’attarder en compagnie des amis de sa progéniture. Cela dit, je connaissais ses traits, sa réputation, son caractère selon ce que m’en rapportait Miyuki, tout comme l’amour qu’il portait à sa fille unique. Je savais également ce que la jeune fille ressentait pour lui, et je devinais sans peine son désarroi.

Une décision devait être prise, à présent, et je ne pus que méditer dessus tout au long de l’après-midi. Devais-je aller voir Miyuki ? Était-elle seulement encore à Tokyo ? N’était-ce pas dangereux pour elle de rester ici alors que le meurtrier de son père courait toujours ? Elle avait tenu à s’éloigner de moi sans trop me donner d’explications… Pouvais-je, dans ces circonstances, lui être d’un quelque secours ? J’avais passé ces derniers mois à m’inquiéter qu’elle ne veuille plus m’adresser la parole, que notre amitié s’arrête là pour une raison dont je n’étais pas certain. Était-ce toujours mon rôle d’être là pour elle, dans les difficultés ? Il me semblait que oui. Et pourtant j’hésitais. Je m’étais tant interrogé sur ce qui nous avait séparés que je n’étais plus sûr de rien. Et puis, sur les coups de quatre heures, le verdict me parut clair ; Miyuki était seule. Ni Junpei, ni sa mère, ni son père, n’étaient plus là pour elle. Il n’y avait plus que moi, un peu à l’écart certes mais toujours à m’inquiéter pour elle. Et dans un jour comme celui-là, elle devait avoir plus que jamais besoin de soutien. Alors même si je n’étais pas le bienvenu, au nom de l’amitié qui nous avait unis jusqu’à il y a peu, je me devais d’être à ses côtés, une fois encore.

Sans perdre plus de temps, je me hâtai de me défaire des clients présents dans la boutique et me dirigeai vers les quartiers de Daikanyama. Une chance que Miyuki m’ait informé de l’endroit où elle déménageait, sans quoi j’aurais mis bien plus de temps à trouver sa résidence. La soirée était néanmoins bien avancée quand je me retrouvai enfin en face de l’immeuble que je cherchais. Grimpant les escaliers du bâtiment quatre à quatre, trop pressé pour attendre l’ascenseur, je m’arrêtai enfin au troisième étage et sonnai rapidement avant de me dégonfler. Pas de réponse. Je retentai ma chance une deuxième fois, en vain. Était-elle sortie ? Avait-elle quitté Tokyo ? Ou bien avait-elle un problème ? Tout à coup, les pires scénarios me vinrent, et je paniquai.

D’un coup d’épaule, je me jetai sur la porte qui s’ouvrit brusquement, mal fermée, et je manquai tomber sous mon élan.

« Miyuki ! » lançai-je en me redressant, le souffle court.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 31 Aoû - 23:35
La porte fracassée derrière moi avait fait un bruit sourd en frappant contre le mur, faisant par ailleurs trembler ce qu’il restait de la maison, qui, autrefois avait été bien rangée. La voix d’Hayato raisonna comme une délivrance dans l’appartement, mais je ne pus me résoudre à bouger, et j’étouffais de nouveau un sanglot, continuant de trembler, assise au milieu de cette grande pièce.

Je n’eus même pas la force de lui dire où je me trouvais. Sûrement me verrait-il en entrant un peu plus. Mon corps ne voulait plus répondre à ce que je lui demandais désespérément de faire, et j’étais obligée d’attendre que mon mal passe. Je me rappelai les jours suivant le départ de ma mère. L’état dans lequel je m’étais trouvé était similaire, bien que j’aie toujours eu ce triste espoir de la revoir un jour. Aujourd’hui, je savais que c’était vain. Que même mon père ne passerait jamais la porte de cet appartement, alors qu’il avait voulu venir me rendre visite. J’espérai cependant l’entendre hurler « Aller ! Arrête de faire cette tête, c’était une blague ! » et moi de le taper, partout, en lui criant dessus, alors qu’il rigolerait. Je n’attendais que cet instant, mais savais pertinemment qu’il n’arriverait jamais.

Je savais que mon père n’y était pour rien. Je savais qu’il n’avait pas désiré se faire assassiner, mais, je n’arrivai pas à me sortir de la tête qu’il n’était qu’un idiot, et qu’il était dégueulasse de m’avoir abandonné comme ça. Lui, qui, venait me voir le soir, pour me promettre qu’il serait toujours là, pour me dire qu’il ne m’abandonnerait jamais, et que je n’aurai qu’à lui téléphoner pour qu’il rapplique en deux deux. Grâce à lui, j’avais toujours eu confiance en ce que je faisais, et en qui j’étais. Je m’étais toujours affirmée en tant que la personne que je désirai être. Ce garçon manqué teigneux, qui ne laissait jamais rien passer, et qui criait plus fort que tout le monde.

Avec cette disparition, j’avais perdu toute la confiance que je respirai autrefois, et je savais très bien que mes performances au cent mètres allaient en pâtir. Peut-être fallait-il, finalement, que j’abandonne l’athlétisme ? je n’étais plus bonne à rien. Je n’avais plus rien à faire dans ce monde. Toute ma force m’avait abandonnée, pour un endroit meilleur auquel je rêvai, ardemment.

Je n’avais pas oublié qu’Hayato était présent. Comment le faire lorsque la personne que vous avez silencieusement appelée finit par arriver ? J’espérai qu’il vienne me serrer contre lui, de toutes ses forces. Qu’il comprenne que je ne bougeai pas, non pas parce que je ne voulais pas le voir, mais bien parce que j’en étais dans l’incapacité totale. Je ne voulais pas me sentir abandonnée, alors qu’il partait simplement parce qu’il ressentait que j’en avais envie.

De nouvelles larmes roulèrent sur mes joues, alors que je tentais de l’appeler, désespérément. Cependant, aucun mot ne sortait, seulement des plaintes douloureuses, me rappelant à quel point cette épreuve me semblait insurmontable. Ainsi, ma vie semblait s’achever. Allais-je rester dans cet état jusqu’à ce que la mort me soutire ?

Je t’en prie Hayato, vient me délivrer. Je ne veux plus vivre dans cet atroce cauchemar… Je n’en ai plus la force. Emportes moi loin d’ici, que j’oublie à quelle point je souffre.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mar 1 Sep - 11:18
L’appartement était ravagé. C’était comme si un typhon été passé dans la pièce, emportant tout sur son passage, détruisant meubles et objets en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Le stress augmenta encore d’un cran, et c’est la peur au ventre que j’entrai dans la pièce silencieuse. À cet instant, mon sens du dramatique me hurlait que le meurtrier s’était introduit chez ma meilleure amie pour lui faire la peau à son tour. C’était un cadavre que j’allais trouver dans sa chambre, un corps froid, ensanglanté, un spectacle horrible qui me traumatiserait pour le restant de ma vie. Oui, j’avais peur, à tel point que j’en restai paralysé au pas de la porte, une main sur mon épaule endolorie et le regard fixé sur les débris d’un vase jadis coûteux.

« Miyuki… » murmurai-je, choqué, la gorge sèche.

Je ne sais pas pourquoi j’étais à ce point persuadé qu’il lui était arrivé un malheur. C’était dans ma nature, je devais craindre le pire pour lui faire face. Dans certains cas, on appelait ça la prévoyance. Dans celui-ci, j’étais tout bonnement tétanisé. Et si elle était morte, elle aussi ? Pourrais-je continuer de vivre malgré tout ?  Pourrais-je seulement me pardonner un jour de l’avoir laissée seule aussi longtemps ? D’avoir tant tardé à venir la voir, ou même d’avoir attendu un tel malheur pour le faire ?

Seulement, de l’insupportable silence se détacha une plainte, un sanglot. Pas grand chose, mais ce petit rien me libéra du poids immense qui pesait sur ma poitrine. Miyuki pleurait, et jamais je n’aurais cru ressentir un tel soulagement à la vue de ses larmes. Je fis quelques pas à l’intérieur de l’appartement pour la découvrir en son centre, toute recroquevillée sur elle-même, à sangloter comme une malheureuse au milieu des débris. N’en pouvant plus, je me jetai sur elle et la serrai dans mes bras comme si ma vie en dépendait.

À première vue, elle n’avait rien, elle n’était pas blessée, et j’en éprouvais un soulagement infini. Mais je me doutais bien qu’au fond, elle était ravagée. Elle perdait son papa, sa seule famille, et il n’y avait sans doute rien de plus douloureux. Mais je voulais être là pour elle, qu’elle puisse s’appuyer sur moi, qu’elle déverse ses larmes sur mon épaule, toute sa rage s’il le fallait, si ça lui permettait d’évacuer toute sa colère, d’apaiser son chagrin. J’aurais fait n’importe quoi pour qu’elle aille mieux, mais, paradoxalement, je ne pouvais rien faire. Rien de plus qu’attendre, l’étreindre inlassablement, lui souffler des « pardon » à mi-voix.

Pardon de ne pas avoir été là, pardon de t’avoir laissé partir, pardon de n’avoir rien pu empêcher de tout ça, pardon de ne pas être venu plus tôt, pardon de te laisser pleurer sans savoir que faire. Et encore mille pardons, parce que j’ai tant d’autres choses à me faire pardonner…
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Junpei Ogawa
MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mar 1 Sep - 21:02
Comment ne pas entendre la nouvelle ? Elle faisait un tel raffut à Kabukicho que je ne pouvais pas le louper. Dans le quartier chaud de la ville qui devenait tristement mon domaine la nuit, la nouvelle m’était parvenue comme une bombe. Alors comme ça Mr Mercier était mort ? Les syndicats s’étaient tous retrouvés dans leurs QG, nous laissant alors la voie libre, le temps d’un soir. Mais, il fallait être fou pour tenter d’arnaquer un Yakuza, et je ne m’y risquerai pas.

Alors que mon travail d’hôte me prenait la nuit, je ne pouvais m’empêcher de penser à Miyuki, alors que mes sourires, de plus en plus faux avaient toujours plus de mal à se dessiner sur mon visage tracassé. Je me sentais vraiment mal. J’espérai de tout mon cœur qu’Hayato soit bien présent pour elle. Je ne doutais pas de mon vieil ami. Je me doutais qu’il serait là pour la protéger. Pour être sa force, et sa douceur.

Cependant, une part en moi me hurlait d’aller lui rendre visite. Elle qui m’avait si souvent contacté, qui m’avait si souvent supplié de venir les voir. Qui m’avait laissé son adresse, les larmes aux yeux. Mais ce qui m’avait interpellé lorsqu’elle était entrée dans mon club, se faisant passer pour une cliente, c’était cette tristesse qu’elle tentait de refouler. Elle avait déménagé. Elle qui était si heureuse de vivre chez Hayato était partie. Et je n’arrivai pas à savoir pourquoi elle était partie… et c’était en partie pour cela que je craignais qu’elle ne soit seule en ce moment même. 

Entre deux clientes, je pris le temps de sortir, sur les conseils de mon supérieur qui devait avoir vu que j’avais besoin de me changer les idées, seulement quelques instants, alors que je sentais un poids peser sur mes épaules. Pendant un moment, je pensai même que le syndicat qui me harcelait, en ayant vu que Miyuki était une de mes connaissances, avait fini par me mettre un coup de pression en assassinant son père. 
Une goutte de sueur perla sur mon front, alors que je commençai à voir double. Appuyé contre le mur de l’extérieur, je ne savais pas comment me remettre de cette histoire. J’étais inquiet, mais en plus de cela, je me sentais extrêmement coupable de cette situation. La tête penchée en avant, les l’index et le pouce sur l’arrête de mon nez, je laissais quelques larmes m’échapper, alors que je serrai les dents, pour tenter d’atténuer l’amertume qui me rongeait, et reprendre mon poste au plus vite. Mon cœur battait si vite que je crus quelques instants que j’allais finir par en crever.

Retrouvant finalement toute la dignité que j’avais en tant qu’hôte, je me redressai, passant la main sur mon complet pour le remettre en place, passais une main dans mes cheveux, et rentrai dans le club psychédélique, qui avait droit, en fond, à une musique de transe qui n’arrêtait pas de résonner dans ma tête comme un gong désagréable.

Ma soirée se termina plutôt tard, et je récupérai Akira, toujours maladroit dans mes gestes, tant la nouvelle m’avait bouleversé. Demain, je n’avais pas à aller au club. C’était mon jour de repos. Je pouvais donc aller voir Miyuki après avoir travaillé au magasin. Maëlle accepterait de garder mon bout de chou.

Ma nuit fut agitée, alors que résonnait encore la musique du club dans ma tête. Je fus prit de cauchemars, et mes deux heures de sommeil se résumèrent en un enfer sans nom. Le lendemain, la journée fut plutôt calme, et la soirée arriva bien plus rapidement que prévu.

Le visage encore gonflé par la fatigue, je m’étais rendu à Daikanyama, où vivait Miyuki. Je ne pris même pas le temps d’admirer les baraques, qui en un autre temps m’auraient fait crever d’envie. 
Je montais les escaliers avec rapidité, prenant tout de même le temps de réfléchir. Si le père de Miyuki avait été assassiné, était-ce judicieux de venir lui rendre visite ? N’allais-je pas mener le syndicat qui me poursuivait à elle ?

Il était trop tard, de toute façon. Il fallait que je protège Miyuki. Et j’allais le faire, coûte que coûte. Un moment de panique me prit lorsque je vis la porte de l’appartement grande ouverte, et le désastre dans cette pièce. M’avançant silencieusement, je pu apercevoir mes deux amis, blottis l’un contre l’autre. Comme je m’en doutais, Hayato était présent. Une larme discrète coula sur ma joue. Les revoir enfin ne me laissait pas insensible.

Mon visage pâle et vieillit tourné vers eux, les cernes bleues, je désirai plus que tout les rejoindre, mais il m’était impossible de le faire. J’étais interdit. J’étais de trop dans ce tableau, et je le savais. Mais partir m’était impossible, à présent.

« Miyuki… Hayato… » Soufflai-je désespérément.

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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mar 1 Sep - 21:04
Le murmure d’Hayato me rassurait. En l’entendant ainsi, je le sentais si près de moi. Mon cœur était réchauffé rien qu’à l’idée qu’il pouvait être à mes côtés. Ses pas dans la pièce me firent encore plus plaisir, et lorsque ses bras, semblant dénués de force m’entourèrent pour m’attirer vers lui, je ne pu m’empêcher de pleurer davantage. Non pas que j’étais mal, juste, le savoir ici, avoir une épaule sur laquelle pleurer, une main tendue me permettait d’enfin laisser mes sentiments s’exprimer.

« Ils sont tous partis… tous… » Soufflais-je dans un murmure presque inaudible.

Ma force aussi m’avait quittée, me laissant ici, attendant que le temps passe, pour altérer ma peine. Je savais que jamais elle ne disparaîtrait, et que, toujours, je connaîtrai ce sentiment de vide, ne pouvant être comblé. Mais je ne me sentais plus perdue, entourée des bras d’Hayato.

Contre son torse, mes mains vinrent agripper son bras, fébrilement, alors que je ramenai mes jambes contre moi. De côté dans ses bras, je ne pouvais m’empêcher de pleurer, alors que mes maux d’estomacs me reprenaient de plus belle. Les souvenirs guettaient mon esprit, alors que je voyais encore le sourire flamboyant de mon père lorsqu’il rentrait, toujours à faire l’idiot une fois qu’il était à la maison.

Mais ce qui m’acheva, fut quand, sous mes yeux se dessina ma médaille olympique. Gisant sur le sol, elle semblait elle aussi en deuil. Ce jour là, j’avais vu mon père pleurer, pour la seule et unique fois. Je me rappelle de ce Yakuza à ces côtés, se faisant secouer, puisqu’il était heureux, et qu’il hurlait « c’est  ma fille !! » « c’est ma fille !! » les larmes coulaient toute seules de ses yeux, alors qu’il me regardait grimper les marches du podium, pleurant toutes les larmes de son corps, alors qu’il se tenait fièrement, droit comme un i, pendant que l’hymne nationale passait. Mon père était plus fier de moi que n’importe qui, et alors que je ne connaissais personne dans cette marée humaine, mon regard s’était posé sur lui, rassurant mon cœur inquiet, je brandissais ma médaille pour lui, pensant « elle est tienne. » 

Mon père était mon triomphe, ma fierté. Chef étranger, il s’était pourtant imposé dans les rues de Tokyo, et avait hissé son clan tout en haut de la hiérarchie, juste en dessous des Tôgashis. Il avait toujours été mon pilier, celui à qui je pouvais toujours tout confier, et qui me poussait à bout. Pas forcément toujours compatissant, mais, plus d’une fois, il m’avait permis de me dépasser, même si j’avais toujours fini en larmes dans ces moments. Toujours, ses yeux brillaient quand il me voyait atteindre mes objectifs, et ses bras protecteurs et rassurants finissaient par se refermer sur moi, alors qu’il me chuchotait qu’il me félicitait, et qu’il était fier. Papa, je gagnerai l’or pour toi, et en ton nom je la dresserai devant le monde entier, je te le promets…

Mes mains s’agrippaient un peu plus à Hayato à chaque fois qu’un souvenir saillant me prenait le cœur. Je fermai les yeux, inspirai un bon coup, quand, derrière, la voix de Junpei retentit. Tout comme celle d’Hayato, j’aurai su la reconnaître entre milles. La discerner parmi toutes les voix de la terre. J’aurai su qui il était. Je me figeai un instant, une larme transparente roulant sur ma joue. Mais, je n’eus pas le courage de me retourner. J’avais peur de me tromper. Je tirai sur la manche d’Hayato, comme pour lui intimer d’aller le voir.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mer 2 Sep - 10:45
Je serrais Miyuki contre mon cœur, et c’est en luttant contre les larmes que je réalisai à quel point elle m’avait manqué. J’avais évolué dans une réalité lointaine ces deux derniers mois, et même Scarlet n’avait pas pu combler le vide que le départ de ma meilleure amie m’avait laissé. Les premiers jours, j’étais aussi triste qu’en colère, à la fois contre Miyuki et contre moi-même, et à mesure que le temps passait j’avais commencé à réaliser ce que son déménagement signifiait. Je perdais ma seule véritable amie, mon rayon de soleil, et je n’avais plus personne à retrouver une fois rentré le soir. Je faisais la cuisine moi-même, aussi, et c’était bien moins bon qu’avant. J’aimais Scarlet, et n’avais aucun doute à ce sujet, mais elle ne me suffisait pas ; mon monde était aux côtés de Miyuki. Et de Junpei, autrefois, mais c’était une autre histoire, un temps révolu.

Aujourd’hui, j’avais cru perdre un morceau de moi, une part conséquente de ma vie, plus qu’une amie ; une sœur. Et alors qu’elle pleurait toutes les larmes de son corps, je sentais tout mon être se gonfler de soulagement. Pour rien au monde je ne l’aurais laissée s’éloigner à nouveau. Peut-être qu’une fois qu’elle se serait ressaisie, elle déclarerait ne pas vouloir de ma présence, peut-être qu’elle me rejouerait cette même scène qui m’avait tant blessé lorsqu’elle était partie, mais cette fois il était hors de question que je la laisse seule.

J’étais là de mes belles résolutions lorsqu’une voix me surprit, me tirant de mes pensées, soufflant mon nom et celui de Miyuki, et je n’eus pas besoin de me retourner pour en reconnaître le propriétaire. Un long frisson parcourut mon échine alors que tout mon être se crispait.

Junpei.

Miyuki l’avait également reconnu, sans aucun doute, car elle tirait sur ma manche comme pour me presser de faire quelque chose. Mais que voulait-elle que je fasse ? Le choc était rude. J’avais enfin fait mon deuil, marqué d’une croix chaque souvenir que j’avais de lui. J’avais promis à Miyuki de partir à la recherche de notre ami quelques mois plus tôt, car oui, j’étais nostalgique du temps où nous étions heureux tous les trois,  et parce que je m’inquiétais pour lui, mais les derniers événements m’avaient enfin permis de l’oublier, juste assez pour ne plus être tourmenté jour et nuit à l’idée de ne plus le voir. J’avais tant souffert de sa disparition, et je lui en voulais tellement d’être parti sans rien nous dire, que je ne savais plus comment réagir maintenant qu’il se tenait là, juste derrière nous.

La rancune se faisait trop souvent ma maîtresse, et malgré ces années à pleurer l’absence de mon meilleur ami, voilà que la colère me submergeait. Je me levai, lentement, pour faire face à l’homme qu’il était devenu, pour dévisager ses traits tirés et sa mine épuisée, et alors même que je lisais dans son regard à quel point il souffrait, et que je distinguais la larme silencieuse qui roulait le long de sa joue pâle, je me mis à le haïr.

Il avait souffert ? Certes, nous aussi, à notre façon. Il n’avait pas eu le choix ? Ça n’excusait rien d’un si long silence. Oui, j’étais rancunier, et maintenant que je lui faisais face je devais me retenir de lui cracher mon amertume au visage. Toutes les larmes que j’avais versées pour lui, toutes les fois où j’avais dû essuyer celles de Miyuki, tout me revenait comme une gifle cuisante. Et lui se trouvait là, parce qu’il attendait qu’il y ait mort d’homme pour donner signe de vie. Qu’espérait-il ? Qu’il serait reçu comme l’enfant prodigue ? J’avais toujours considéré cette option, mais maintenant qu’il en était question je ne pouvais me résoudre à le prendre dans mes bras. J’avais trop souffert, je lui en voulais, terriblement.

Junpei ne faisait plus partie de ma vie.

Aucun sourire ne vint éclairer mon visage, et mes yeux se voilaient tandis que je prononçais du bout des lèvres, encore trop surpris pour feindre la joie, ou même l’indifférence :

« Où étais-tu ? »

Plus qu’une question, c’était un reproche. Contrairement à Miyuki, je ne l’avais jamais revu, pas une fois depuis toutes ces années. Il attendait une tragédie pour faire son come-back, et si je pouvais deviner l’honorabilité de ses intentions envers notre amie à qui il voulait sûrement apporter son soutien, je ne parvenais pas à lui pardonner pour autant. J’avais envie de décamper, de prendre mes jambes à mon cou, de fuir loin de cette maison et de cet homme que je ne connaissais plus, cet homme dont la vie, cette sale race, m’avait impitoyablement éloigné.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mer 2 Sep - 18:44
C’était dans le quartier de Kabukicho que s’établissait mon domaine. Que je l’avais rencontré, lui, qui m’ordonnait d’assassiner le chef Mercier. Ce n’est pas que je ne l’aimais pas ce type. En vérité, je ne pouvais juste pas me le sentir. Sa vieille tête de français ne me revenait pas. Mais mettre mon clan en péril pour une histoire de haine était idiot. En revanche, pour quelques millions de yens, ce n’était pas de refus. En plus, mon clan allait monter d’un cran dans la hiérarchie Yakuza.

Et c’est tout naturellement que j’avais accepté, et que, sans me salir les mains, j’avais effectué mon boulot. Me baladant sagement dans les jardins français, au même moment que Mercier… Je n’avais que faire de la peine que cela allait engendrer, bien au contraire. Je m’en délectai avec plaisir. Cependant, je n’allais pas m’arrêter là, et c’était mal me connaître que de croire qu’une fois l’argent empoché, le clan n’entendrait plus parler de moi. Et sur la commande de mon patron, j’allais devoir harceler la petite de ce clan. Ce petit garçon manqué qui se donnait un genre mais qui ne serait jamais assez puissante pour un jour, gérer n’importe quel syndicat. J’étais le maître incontesté, et personne ne pouvait me détrôner. J’allais asseoir ma puissance.

Lançant un regard discret à Makoto, lui intimant de me rejoindre, je me dirigeai avec classe dans la partie qui nous était réservée, et que personne ne pouvait fouler. Il n’était au courant qu’une partie de l’histoire. Il était grand temps de tout lui avouer. Posant de verres de cristaux sur la table, quelques glaçons dedans, j’allais chercher le whisky qui attendait sagement dans sa carafe de la même matière. Je retirai le bouchon rond, avant de verser le liquide ambré dans les verres, alors que mes chevalières d’argent teintaient sur le récipient.

Je m’assis, rebouchai la carafe, pour ne pas perdre de la saveur, et trinquait avec Makoto, avant d’avaler une bonne gorgée de whisky. Quel bien cela me fit. Je reposai mon verre sur la table, avant d’observer mon ami en silence. Bien enfoncé dans mon siège, je lui souris.

« Il est temps que je t’explique ce qu’il se passe. Un membre de la famille Tôgashi m’a ordonné d’assassiner le chef Mercier. Chose qui a été faite. Mais, il m’a rajouté d’harceler sa fille. De lui mettre un petit coup de pression. Il y aurait une histoire avec un certain Ishii. Mais je n’ai pas tout compris. Il faut juste s’en prendre à la fille. »

Puis, on avait tiré au sort pour savoir lequel de nous deux allait se charger de son sort. Et c’était Makoto qui avait gagné. Ce qui m’avait fait grimacer. Dans ce cas, je me chargerai du cas Ogawa, qui n’avait pas payé se mois-ci. J’allais m’amuser avec lui.

« On s’y rend ce soir. J’espère que le dit Ishii sera présent pour voir la scène. C’est lui qu’on est sensés atteindre en s’en prenant à la fille. Du coup, tu te charges de son cas. Un coup de pression en la prenant en otage, le flingue sur la tempe, bref, tu connais, je ne doute pas sur tes capacités. En attendant, je m’en prendrai à ceux qui seront présent. Il y a de fortes chances pour qu’il y ait des membres du syndicat chez elle. Ça m’étonnerait qu’ils l’aient laissé seule. Ce serait bien trop dangereux. » 

Un nouveau sourire naquit sur mes lèvres. « ça va être une boucherie. » lançai-je avant de boire d’une traire le contenu de mon verre. 

La journée passa lentement, et tranquillement, sans que rien ne vienne nous perturber. Elle était même plutôt bonne, puisque les gars ne nous ramenaient que de bonnes nouvelles, et que les affaires florissaient. Tout allait pour le mieux, et ce soir, ce serait encore plus plaisant. J’en trépignai d’impatience.

Lorsque la nuit encercla Tokyo, dévoilant alors mon royaume, je revêtis une chemise blanche, un pantalon noir, des gants et un chapeau de la même couleur, avant de sortir du bâtiment, et de monter dans la grosse BM qui nous attendait à l’extérieur. Nous allions être conduits par un chauffeur. 

Dans la bagnole, je pris le temps d’équiper et d’armer les quelques armes à feu que j’avais sur moi, avant de les remettre à l’intérieur de la veste que j’avais vêtu. Un sourire se dessina sur mon visage, alors que je lançai un regard complice à Makoto. Je pense qu’il était aussi impatient que moi. Cela faisait bien trop longtemps que nous n’avions pas brillé.

Nous sommes finalement arrivés, et je gravis les marches en sifflotant le boléro de Ravel. Je pouvais être un truand, mais apprécier la musique classique. Troisième étage. Sans ascenseur. Du moins, pour nous. Arrivés devant la porte, mon cœur s’accéléra tant j’étais excité par la situation. Un, deux, trois.  

« Coucou c’est nous ! » lançai-je en défonçant la porte.

D’un signe de tête, j’ordonnai à Makoto de se diriger vers la fille qui était assise par terre, alors que j’observai la pièce. Un gars, et Ogawa. Tiens, personne n’est là ? Dommage. Je sortis une arme de ma veste, la pointant sur les deux hommes.

« On n’bouge plus ! » déclarai-je en souriant.

« Tiens, Junpei ! ça fait longtemps !  je me dirigeai vers lui, posant le canon de mon revolver sur sa mâchoire, par en bas. Angelika attends toujours la paye de ce mois-ci, tu es un peu en retard, c’est triste, tu ne trouve pas ? Tu risques gros, très gros. Et tes petits copains aussi visiblement. Le fric. Maintenant, ou on les tue. »

Je riais malicieusement, avant de brandir un nouveau revolver, sur l’autre type. 

« Et toi, t’es qui ? » lui sifflai-je.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mer 2 Sep - 22:10
On avait un nouveau job, avec un beau terrain de jeu en perspective. Et d’après le boss, on toucherait le gros lot cette fois-là. Plus le boulot était sale, plus il était excitant, et plus le nombre de billet augmentait. On avait tout à y gagner. C’était un jeu, un jeu cruel, certes, mais quand on est maître de Tokyo, qu’a-ton a à faire d’un peu de sang et de quelques pleurs en contrepartie de tant de puissance ?

Cette fois, pourtant, c’était différent. Il ne s’agissait pas de n’importe qui, mais d’un rival. Mercier était un chef puissant et respecté, et je n’étais pas sûr que nous mouiller à cette affaire ne nous apporterait que du bénéfice. Mais forcément, dès qu’il s’agissait de thune, Ekichi était partant. Et puis il y avait quelque chose de jouissif à ce qu’on fasse appel à nos services pour affronter un clan aussi puissant que celui de Mercier, et il n’y avait aucun doute que, quelque part, l’ego du boss s’en trouvait flattée. Quant à moi, j’avais quelques réserves, mais comme à mon habitude je m’en remettais entièrement au jugement de mon meilleur ami. Après tout, c’était à lui que revenait ce genre de décision. J’étais le second, le bras droit, l’homme de main, mais la tête pensante se devait d’être et de rester Ekichi, même quand j’estimais qu’il avait tort. Ouais, on risquait gros. Mais ma confiance en lui demeurait la même quels que soient les risques à prendre. De toute façon, les deux tiers du boulot étaient fait, et c’était lui qui s’en était chargé. Le meurtre de Mercier, ça pouvait lui coûter cher, tout comme ça pouvait lui rapporter beaucoup.

Je me resservis un large verre de whisky. Malgré tout le respect que je portais au boss, il me fallait être un minimum alcoolisé pour accepter de me mêler à ce genre d’affaire. Une fille de chef
« Très bien. Je m’occupe de la fille. » avais-je finalement déclaré.

J’avais bien senti qu’il aurait été ravi de le faire lui-même, auquel cas la fille n’aurait probablement pas fait long feu. J’avais toujours plus de réserve à tuer des inconnus, là-dessus il était clair qu’Ekichi avait la main plus leste, et s’il fallait emmerder une gamine tout juste orpheline, je préférais autant que ce soit moi qui m’en charge. C’était marrant, et au moins j’étais sûr qu’elle ne finirait pas avec une balle logée entre les deux yeux, celle-là.

Ce qui m’inquiétait plus, c’était l’éventuelle présence du syndicat concerné. Ekichi n’avait pas trop l’air de s’en préoccuper, mais ça compliquait immanquablement la tâche. Il allait falloir la jouer finement. Ou bien, effectivement, rentrer dans le tas et donner lieu à une jolie boucherie, comme le souhaitait le boss. D’un côté, j’étais un peu réticent à l’idée de remplir le contrat, et d’un autre la perspective d’un peu d’action ne me déplaisait pas. Et au regard que me lança Ekichi le soir-même, dans cette voiture qui filait en direction de Daikanyama, je compris qu’il n’avait pour sa part qu’une hâte : se retrouver à nouveau au cœur d’une baston monstrueuse. Il savait qu’il n’y perdrait rien, préparés comme on l’était.

Un sourire se profila sur ma mine décidément trop sérieuse. Il avait raison, le patron, tout ce qu’il y avait à faire c’était de profiter de l’instant présent. Et puis si les choses tournaient mal, on n’avait de toute façon rien de mieux à espérer qu’une mort digne de notre belle vie de gangsters. Après tout, c’était notre quotidien de jouer avec la mort, à nous autres yakuzas. Je fis claquer le chargeur de mon Glock 18 contre sa crosse, et le glissai dans mon dos, habilement coincé par ma main experte grâce à la ceinture de mon pantalon noir. Je n’étais pas du genre à me promener avec un Thompson au bras. Je préférais la jouer discret, avec un ou deux flingues en permanence sur moi, puissants mais facile à dissimuler sous une veste.

Nous arrivâmes bientôt en vue des quartiers résidentiels de Daikanyama, où allait se dérouler la partie la plus excitante de notre soirée. D’un pas assuré, je suivis Ekichi jusqu’au troisième étage, amusé par son attitude si désinvolte que personne n’aurait pu deviner les intentions qui l’animaient à cet instant précis.

Je lui laissai le plaisir de défoncer la porte qui paraissait avoir déjà souffert une entrée de force, et m’adossai à son encadrement une fois qu’il en eut passé le seuil, histoire de prendre un peu de recul par rapport à la scène pendant que le boss lançait le show. Deux hommes, une fille. Tiens, Ogawa. Et la petite Mercier, supposai-je. J’avais le vague souvenir d’une photo d’elle dans le journal, il y a quelques temps déjà.

Au simple signe d’Ekichi, je sortis mon Gock et m’avançai vers la jeune fille pour lui saisir le bras sans ménagement, la redressant d’un geste avant de lui coller le canon sur la tempe. Elle m’avait l’air à la fois sonnée et dévastée, et je n’eus aucun mal à la maîtriser. Cependant, les choses se corsèrent lorsqu’Ekichi s’occupa d’Ogawa. Je me doutais bien qu’il lui ferait du chantage à propos de ce qui pourrait arriver à ses potes, quoi qu’il n’y avait que la fille qui était assurée d’en sortir indemne - ou presque, du moins - mais l’autre gars pouvait très bien payer pour deux. Et connaissant le patron, il n’allait pas se priver. Mais les choses prirent une tournure différente de ce à quoi je m’attendais…

« Et toi t’es qui ? »

« Je… Ishii… »

Je dévisageai le jeune homme d’un nouvel œil. Un gamin qui fixait son interlocuteur d’un air à la fois paumé et furieux, et qui visiblement n’en menait pas large. Alors c’était lui, la source de tous ces problèmes ? Eh ben, il aurait mieux fait de rester chez lui, l’imbécile. On n’allait pas se montrer bien tendre, maintenant qu’il était là. Quoi qu’il en soit, il avait prononcé le seul nom qui pouvait encore le maintenir en vie. Mais je n’était pas sûr que ça freine Ekichi bien longtemps…
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Jeu 3 Sep - 21:58
Pan, pan. Le bruit de la balle, la vue et l’odeur du sang me rendaient ivre de bonheur, et de joie, l’idée de tirer un shot dans la tête de l’une des personnes présente me démangeait, et je mourrais d’une terrible envie de soutirer la vie à l’un de ces trois misérables, et mon dévolu était jeté sur ce gars qui nous était inconnu, à Makoto et moi. Mon canon pointé entre ses deux yeux, le regard effrayé de Junpei, Miyuki qui ressemblait alors à un zombie, et voilà la meilleure scène que j’avais imaginée, dans ma vie entière. Pan pan, et le son du détenteur résonne dans mes oreilles, si doux, et violent à la fois.

Mais ce n’est qu’un doux fantasme qui vient caresser mon esprit, puisque le nom de cet inconnu siffle dans la pièce, comme un cri aigu. Ainsi, c’est lui, ce fameux Ishii ? Tant pis, si ce n’est pas dans la tête, ce sera autre part. Ne pas tuer l’amoureux m’a-t-on dit. Il est bien plus doux de le faire souffrir. Mais, j’étais prit de cette envie d’assassiner ce soir. Le sang sur mes mains avait séché depuis bien trop longtemps. Mon canon se dirigea d’entre les yeux, à la poitrine.

« Pan, pan ! » m’exclamai-je en souriant.

Mais, alors que mon doigt pressait la gâchette, je senti deux mains décaler mon bras, et la balle alla se nicher dans le tibia de l’apollon, alors que je sentais que la donzelle s’énervait, et commençait à se débattre. 

Il m’avait fait rater mon tir. Je le savais. Il n’y avait qu’Ogawa qui était derrière moi. Oh putain. Oh putain le con. Je pense que cette lueur d’énervement, Makoto l’a vu dans mes yeux, parce que je changeai radicalement dans ces moments là. D’abord, j’ai souris, puis après, j’ai ri. Puis, ce n’était pas franchement signe, parce que je redressai mon bras. Tirer une balle dans la tête d’Ishii, et être tranquille en laissant Ogawa gémir telle une taffiole, ou, foutre une putain de balle dans le cœur de ce connard ? C’était une excellente question. Mais la réponse qui me paru évidente fut la suivante : il fallait s’en prendre à la fille.

Me redressant, j’allais empoigner cette dernière par le bras. Tant pis pour le pile ou face, et Makoto n’avait pas intérêt à s’arrêter. Je passai mon bras sous la gorge de Miyuki, la maintenant fortement contre moi, l’étranglant probablement, avant de caler le canon de mon magnum sur sa tempe. J’étais devenu fou. Il ne fallait JAMAIS me contrarier, et seul Makoto pourrait me calmer, avant que la scène ne devienne un terrible bain de sang. Je regardai Ishii souffrir, et Junpei interdit.

« Vas-y, intervient ! Que l’un de vous bouge, et j’la butte. Maintenant, Junpei, si tu veux lui sauver la vie, saute. Tu devrais pas te rater, t’en fais pas. Ce s’ra moins douloureux qu’une balle près du coeur. »

« Non, Junpei, ne bouge pas ! » hurla la gamine que je serai contre moi. Je fronçai les sourcils.

Je resserrai un peu plus la prise que j’avais sur elle, alors que ses mains s’agrippaient sur mon bras, pour tenter de me le desserrer.

« Espèce de fils de pute. » me cracha-t-elle avec difficulté.

Son visage se tordait sous la douleur que pouvait lui procurer mon geste. J’aimais ça. J’avais perdu les pédales dans un tel moment, et la chose que je désirai était une mort. Une simple mort qui calmerait mes nerfs déjà bien entamé. Mais en moi, une partie hurlait. Je détestai perdre le contrôle de moi-même, et empiéter sur le travail de mes hommes, ou bien peut-être même le mien. Et ça, Makoto le savait. Il savait que je détestai devenir fou.

« Oh, et puis, si j’vous racontai une petite histoire. Ou même deux, j’suis sympa. Il était une fois, un garçon, qui était sorti avec une fille qu’il a mit enceinte. Mais quand elle est partie. Oh, elle l’a pas laissé tranquille, et a promis de faire assassiner tous ses potos s’il payait pas.
 
Il était une autre fois, un garçon qui sortait avec une fille, sauf que ça plaît pas à tout le monde, et oh. Un chef de clan assassiné. Et par qui, et par qui ? Et par moiiiiiii. » 
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Jeu 3 Sep - 23:10
J’avais pas compris pourquoi on s’en prenait à moi, tout d’un coup. Au moment même où j’avais prononcé mon nom j’avais vu les deux hommes ciller, presque imperceptiblement. J’avais le canon d’un flingue pointé sur mon front, avec en face de moi un doigt brûlant de presser la détente. Je lisais sans peine, dans le regard fou de celui qui paraissait tirer les ficelles de ce spectacle odieux, une monstrueuse soif de sang que rien ne pourrait assouvir mieux qu’une mort prématurée. La mienne, en l’occurrence. J’avais peur, très peur, et des sueurs froides coulaient le long de mes tempes. J’avais peur pour moi, et pour Miyuki. Et pour Junpei aussi, mais ça je refusais de me l’avouer.

Quel con j’avais été de penser pouvoir la protéger. Il n’avait pas fallu plus de cinq secondes pour qu’on s’empare d’elle et qu’on lui colle un revolver sur la tempe. Pourquoi avais-je perdu mon temps dans cette pièce, alors que je savais pertinemment que rester ici serait dangereux ? J’aurais dû partir en courant, entraîner Miyuki avec moi dans un des quartiers les plus sûrs de Tokyo. Aller avec elle au commissariat, où ailleurs. Quelque part où on ne nous aurait pas trouvé. Au lieu de ça j’avais perdu mon temps, et nous étions pris au piège. Faits comme des rats.

Après un bref silence, et un regard sadique, le canon dévia jusqu’à mon torse, et je compris que je n’allais pas faire long feu. Une détonation, suivie d’une vive douleur à la jambe qui m’arracha un cri, et je m’écroulai par terre. La balle avait pris une trajectoire inespérée, venant se loger dans mon tibia par je-ne-sais-quel miracle. Un bourdonnement insupportable se mit à résonner dans ma tête tant la douleur était vive, et c’est une sorte d’écho qui me parvint.

« Vas-y, interviens ! Que l’un de vous bouge, et j’la butte. Maintenant, Junpei, si tu veux lui sauver la vie, saute. Tu devrais pas te rater, t’en fais pas. Ce s’ra moins douloureux qu’une balle près du coeur. »

Je redressai la tête comme je le pouvais pour voir cet enfoiré de yakuza étrangler Miyuki et presser son flingue comme le faisait déjà son sbire un instant plus tôt. Je paniquais complètement, incapable de mettre mes idées au clair. La douleur à ma jambe se faisait lancinante, et je ne fus  capable que d’hurler :

« Putain, Junpei, fous le camp ! »

J’avais le pressentiment que tout ce qui se tramait était sa faute. Pourquoi des yakuzas qui avaient l’air de bien le connaître faisaient-ils irruption dans cet appartement quelques secondes seulement après lui ? Je me refusais à croire qu’il les avait guidés jusqu’à nous, du moins pas volontairement. Junpei, même s’il avait dû changer, n’aurait jamais fait une chose pareille. Et pourtant tout portait à croire que s’il n’avait pas été là les choses auraient été toutes autres.

« Dégage ! » insistai-je assez fort pour couvrir la voix de Miyuki qui lui priait de faire le contraire.

Il était en train de lui faire mal, le con. J’essayai de me relever dans un geste désespéré pour lui venir en aide, mais l’autre homme m’assena un violent coup de pied dans l’estomac qui me plia en deux. Un liquide chaud et poisseux emplit ma bouche et je me mis à cracher.

« Oh, et puis, si j’vous racontai une petite histoire, poursuivait le premier. Ou même deux, j’suis sympa. Il était une fois, un garçon, qui était sorti avec une fille qu’il a mit enceinte. Mais quand elle est partie. Oh, elle l’a pas laissé tranquille, et a promis de faire assassiner tous ses potos s’il payait pas. »

Malgré la douleur, chacun de ses mots venaient résonner dans ma tête. Junpei. Il parlait de Junpei. C’était évident, à son intonation. Ce gars-là voulait nous détruire, mais pas avec n’importe quoi. Avec le vérité. Et ça faisait mal. Junpei était le seul d’entre nous qui avait un gosse. Et « l’histoire » collait parfaitement avec sa situation. Alors c’était ça. Il s’était foutu dans un merdier pas possible pour sauver sa peau, et la nôtre avec. Convulsé, les dents serrées, j’encaissais la vérité sans chercher plus loin. Ce n’était pas le moment de juger, je devais garder mon sang froid.

Mais le sort s’était bel et bien décidé à ne pas m’épargner, car il m’assena un grand coup.
 
« Il était une autre fois, un garçon qui sortait avec une fille, sauf que ça plaît pas à tout le monde, et oh. Un chef de clan assassiné. Et par qui, et par qui ? Et par moiiiiiii. »

Je mis plus de temps à comprendre, mais la douleur, aussi vive soit-elle, ne m’empêcha malheureusement pas de réaliser le sens de ces mots que j’aurais préféré ne jamais entendre. C’était moi. C’était mon histoire. C’était Scarlet, et Miyuki. Tout était clair à présent. Ce n’était pas Junpei, le problème. C’était moi. Oh, c’était douloureux, mais c’était clair comme de l’eau de source. C’était moi le seul responsable de cette boucherie. Pour un baiser que j’avais volé à une jeune fille, et auquel elle avait eu le malheur de répondre, j’avais provoqué l’assassinat de ma meilleure amie. C’était un plan tordu, qu’aucune personne saine d’esprit n’aurait pu élaborer elle-même. Et pourtant, pour être capable d’une telle chose, il fallait être extrêmement jaloux, et extrêmement puissant.

« Tôgashi… » murmurai-je en fermant les yeux, sous le choc.

Écrasé sous le poids de la culpabilité, je sentais ma volonté flancher. Miyuki était en danger par ma faute. Orpheline par me faute, et rien ne pourrait y changer quoi que ce soit. D’un baiser, j’avais tué son père.

Plus que la blessure à ma jambe, c’était la culpabilité qui m’empêcherait de me relever à jamais.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Jeu 3 Sep - 23:41
Tout allait trop vite. Beaucoup trop vite pour que je ne puisse réaliser quoi que ce soit. En deux secondes à peine, Junpei et Hayato se faisaient face, et j’avais cette terrible impression qu’il n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne se tapent dessus. Je voyais ce sentiment d’amertume traverser leur regard. Tous les deux dans l’incompréhension. Le pourquoi t’as pas donné de nouvelles.

Mais, avant que quoi que ce soit ne se passe, la porte claquait pour la seconde fois. Putain, après c’est moi qui allait devoir y laisser mon chèque de caution. Papa n’allait pas être content… Puis, j’eus un pincement au cœur. Une terrible douleur. C’est vrai, il n’était plus là. Il avait disparu, emportant avec lui tout l’amour qu’il pouvait me porter. C’était comme si je m’étais de nouveau enfoncé sous terre, mais sans avoir la capacité de garder la tête hors de l’eau cette fois. J’étais en train de me noyer dans ma misère, et l’air commençait à me manquer.

Apparurent dans l’encadrement de ma porte, deux hommes, trop bien vêtus pour que je ne les reconnaisse pas. C’était forcément les membres d’un syndicat. Qu’est ce qu’ils pouvaient bien foutre par ici ? Ils voulaient que je les foute hors de chez moi à gros coup d’pied dans le cul ? Je pouvais très bien le faire, et rien ne m’en empêchait. Sauf peut-être cette tristesse qui s’abattait sur mes épaules, alors qu’un homme venait me saisir pour braquer un pistolet sur ma tempe. Oh lala qu’il m’énerve celui-là à obéir aux ordres silencieux de son maî-maître. Sale sbire de mes couilles. Mais, pire que ça, l’autre gars s’en prit à mes potes, et à Junpei en particulier. Pourquoi ce con était obligé de payer une rente ? Qu’est ce qu’il avait bien pu nous cacher pendant ces années ? était-ce la raison de sa fatigue et de son visage ?  était-ce la raison de son silence ?

Je tentais de capter son regard pour comprendre, alors que je ne bronchais pas. Ce n’était pas encore le moment. Il ne ferait pas sauter la cervelle de Junpei s’il avait besoin de son argent. Et j’étais bien placée pour le savoir. Cependant, je voulais savoir pourquoi ils étaient venus jusqu’à nous. Et pourquoi ils étaient en train de nous menacer. Peut-être était-ce un moyen de pression sur Junpei ? Nous prendre en otage ? J’étais en train de monter en pression, et il ne me faudrait plus beaucoup pour péter un câble.

Alors que je regardai la scène, silencieuse, observant avec fascination la folie de cet homme, je compris. Il allait tirer sur Hayato. Je commençai à me débattre dans les bras de son sbire, qui ne semblait pas prêt à me lâcher. Junpei intervint, sauvant la vie de l’homme qui comptait le plus pour moi. Mais ce que je vis après me glaça le sang, et de nouveau, la scène prit une rapidité effrayante, m’empêchant de réagir.

Il était devenu fou. Ce débile avait clairement pété un boulon, et il était en train de me séquestrer moi maintenant, et de me serrer à la gorge, alors que je le traitais de tous les noms que je connaissais, pendant qu’il ordonnait de Junpei de sauter. Non, il ne fallait pas qu’il lui fasse, et j’espérai que mes cris n’étaient pas vains. Ecoute moi espèce d’andouille. Sautes pas. 

Hayato lui hurlait de dégager. Mais je n’arrivai pas à savoir ce que je pouvais lire dans ses cris. Est-ce que seulement il voulait sauver la vie de Junpei, ou simplement la notre, quitte à perdre quelqu’un de nouveau ? je fus un moment dégoûté par lui. Oui, Junpei nous avait abandonné, oui, il nous avait oublié, oui, on avait souffert, mais devait-on le laisser seul face à sa merde ? Certainement pas. Un sourire se dessina sur mon visage alors que je sentais le bras se resserrer sur mon cou. Un peu plus, et il me le rompait.

« Putain que t’es con… » soufflai-je à l’attention d’Hayato.

Mais la suite des évènements ne tomba pas dans l’oreille d’une sourde, et ce qu’il dévoila après me fit péter un câble. Alors comme ça, il harcelait mon pote, pour lui soutirer de l’argent ? J’allais choper cette pute et lui refaire le portrait moi. Je n’en avais rien à foutre des conséquences. Je voulais lui faire payer ses actes. Et je savais que mes mains ne pourraient pas toujours rester propres.

Il m’acheva avec sa dernière révélation, et mes mains agrippèrent avec violence son bras. Si fort que je pense l’avoir fait saigner. L’énervement prit le pas sur le chagrin, et je poussai un cri de fureur strident, avant de le prendre par surprise, et de lui asséner un violent coup de pied dans les parties intimes, ce qui eut pour effet de le faire lâcher. Me dirigeant avec habileté dans la cuisine, je sortais un couteau à viande, avant de lui sauter dessus, le couteau sous la gorge.

« Je vais t’arracher le cœur et le déposer sur l’autel de mon père. Et chaque jour je cracherai dessus, et je salirai ton nom. Tu crois que je ne t’ai pas reconnu Ekichi ? Chef du clan Shinigami, ton syndicat n’en sortira jamais indemne. Crois-moi. Tu viens de signer ton arrêt de mort. »

A califourchon sur son torse, j’avais totalement oublié l’existence de son sbire, alors que je n’arrivai pas à appuyer sur cette lame qui aurait raison de lui. Il continuait de sourire, de ce sourire idiot que j’avais envie de lui arracher. Après tout, j’étais une fille de l’ombre, et il fallait que je défende l’honneur de mon syndicat, et surtout celui de mon père.

Je vomissais Tôgashi. je lui crachai à la gueule à ce gros fils de pute. Et ma vengeance serait lourde. Hayato n'avait rien à voir dans l'histoire. Il n'avait pas à souffrir de la jalousie d'un connard. Hayato n'était pas responsable de la mort de mon père. Et je le savais.

A mon plus grand étonnement, Suzuke attrapa la lame, et commença à appuyer. Un filet de sang s’écoula de sa gorge, me laissant interdite. Devais-je continuer ?

« Vas-y, appui, qu’est ce que tu attends ? » me siffla-t-il en me provoquant.

J’entendis Hayato s’étouffer, et me retournai pour apercevoir le sbire de monsieur en train de martyriser mon ami. Une main sur la lame, de l’autre brandissant l’arme à feu de Suzuke, je menaçai alors Watanabe.

« Dégage. » lui sifflai-je.

J’étais devenue quelqu’un d’autre. J’étais devenue Miyuki Mercier, la chef Yakuza du clan qui lui tendait les bras. Et même si je devais y laisser la vie, je mourrai en digne héritière de ce pour quoi mon père s’était battu.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Ven 4 Sep - 12:31
L’ambiance devenait de plus en plus malsaine, de ce côté-là de Dainyama. Le geste courageux quoiqu’insensé de Junpei signait son arrêt de mort, et si ce n’était le sien, ce serait celui de l’un d’entre eux. Ekichi perdait les pédales, et je retrouvais ce regard fou que je détestais lui voir. Dans ces moments-là, rien ne pouvait l’arrêter. C’était comme si un déclic se faisait, et qu’il devenait plus dangereux que jamais jusqu’à avoir assouvi sa soif de sang. Ekichi me faisait peur, parfois. J’avais peur qu’il se perde dans toute cette folie, parce que l’odeur du sang, mêlé à celui de l’argent, faisaient un cocktail impardonnable dans lequel il n’était plus maître de lui-même.
Fallait pas toucher à la fille. Ni à Ishii. Ogawa, c’était différent, mais là encore mieux valait ne pas s’en débarrasser. Tous ces merdeux avaient un laisser-passer, mais dans l’état du boss, je doutais fort qu’il respecte le contrat jusqu’au bout. Mais je ne devais pas m’interposer pour autant, non seulement parce qu’on perdrait toute crédibilité, mais aussi parce qu’Ekichi pouvait tout aussi bien s’en prendre à moi. Le souvenir de cette soirée passée en boîte où nous étions tombés sur Nagareboshi me revint, comme un violent flash-back, et mon expression se durcit. Hors de question qu’on revive ça encore une fois.

Je m’assurais qu’Ishii ne puisse pas se relever, et je n’avais pas vraiment de souci à me faire en ce qui le concernait. Il n’avait pas la carrure d’un sportif et il devait assez morfler suffisamment pour qu’on soit en paix. Quant à Ogawa, il ne tenterait rien tant que sa copine serait en danger de la sorte, et puis je gardais mon Gock 18 pointé sur lui par précaution. Non, celle qui m’inquiétait le plus, c’était justement cette gamine qui proférait des injures à la pelle. D’un seul coup, elle se mit à hurler et fonça vers la cuisine, revint en un éclair, un couteau à la main, et le temps que je dégaine mon deuxième flingue, elle s’était déjà jetée sur Ekichi. Putain mais quel con, j’aurais dû assurer ses arrières, c’était quand même pas compliqué !

« Je vais t’arracher le cœur et le déposer sur l’autel de mon père. Et chaque jour je cracherai dessus, et je salirai ton nom. Tu crois que je ne t’ai pas reconnu Ekichi ? Chef du clan Shinigami, ton syndicat n’en sortira jamais indemne. Crois-moi. Tu viens de signer ton arrêt de mort. »

Décidément, les choses tournaient au drame. Il était temps de me réveiller. Si la fille Mercier pensait pouvoir menacer un homme comme Ekichi impunément, elle allait faire plus ample connaissance avec mon monde à moi.

Alors que mon meilleur ami insistait sur cette lame qui allait le vider de son sang, je décidai de lui rappeler mon existence. Vérifiant le chien de mes deux armes, je pointai chacun d’eux sur les potes de la sauvageonne, et enfonçai mon talon dans les côtes d’Ishii, juste assez pour que la douleur lui arrache un cri. Et tandis qu’il s’étouffait dans son sang, Mercier se retourna, son flingue droit sur moi, menaçante, me sommant de dégager. En croisant son regard, je reconnus la détermination de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Cette détermination qui faisait perdre la tête à bien des gens.

« Tu n’oserais pas, fis-je remarquer avec un sourire. Pourquoi crois-tu qu’il est toujours en vie ? »

Je fis un signe de tête en direction d’Ekichi.

« Parce qu’on ne s’improvise pas meurtrière. En revanche, moi, il me suffirait d’appuyer sur cette gâchette pour que tu perdes l’un de tes amis. »

Mon sourire se fit carnassier. Je jouais avec le feu, car la lame du couteau restait appuyée contre la gorge de mon boss. Mais je ne risquais pas de filer comme ça. Pas sans défendre l’honneur du clan. Jamais je n’aurais perdu la face devant une gamine prétentieuse, c’était trop mal me connaître. De toute façon, la vie d’Ekichi était déjà en jeu, et il était près à se trancher la gorge lui-même s’il le fallait.

Je fis signe à Ogawa d’avancer, de sorte que je puisse le garder en ligne de mire tout en m’approchant de la garce. Lentement, je m’accroupis jusqu’à mettre mon visage à la hauteur du sien, mes yeux droit dans les siens. Si l’autre n’esquissait ne soit-ce qu’un mouvement, je n’hésiterais plus à tirer.

« Ne crois pas que Shinigami rendra les armes sans se battre, soufflai-je, un sourire provocateur aux lèvres. D’ici-là, tâche d’apprendre à te servir de ce jouet-là. »

Elle garderait le Magnum d’Ekichi en souvenir de cette belle soirée. Une soirée comme je les aime, riche en émotions. Écartant le couteau du cou de mon boss, je lui tapai l’épaule pour l’encourager à se relever sans insister. Je me redressai à mon tour, sans quitter la fille des yeux, et marchai à reculons jusqu’à la porte d’entrée, menaçant toujours les deux hommes de mes flingues.

« Mercier Miyuki… Je te réserve mon premier head-shot. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Ven 4 Sep - 18:21
Toujours assise sur le torse du gars en-dessous de moi, je défiai Watanabe du regard. Je le haïssais. Je haïssais ce syndicat. Croyaient-ils réellement qu’ils pourraient provoquer une fille de chef sans que rien ne s’en suive ? Ils avaient déclaré la guerre, et c’était ce qui allait suivre, malheureusement pour eux. Je sentais que le chef continuait de s’amuser avec la lame, alors que je ne quittai pas Watanabe qui menaçait mes amis. Alors, comme ça, il n’était pas capable de me défier en duel sans intégrer Junpei et Hayato à notre guerre, de peur de se faire assassiner ? Très bien qu’il en soit ainsi, mais la prochaine fois que nous nous croiserions, je serai accompagnée du syndicat. J’avais une double raison pour les assassiner tous les deux. La misère de Junpei, et la mort de mon père.

Sur le signe de Watanabe, Ekichi se redressa, me déposant avec une étrange douceur sur le sol, avant de me fixer d’un regard très étrange. L’un de ceux qui vous reste gravé dans la tête jusqu’à l’heure de la vengeance. Mais j’aurai jamais su le décrire. Au-dessus de moi, sans broncher, il déposa un baiser sur mes lèvres. Le baiser de la mort. BEURK. Je fronçai les sourcils, alors qu’il se relevait, mais vu la façon dont il vacillait, la blessure à son cou devait le faire souffrir. J’en vain même à lui souhaiter de mourir, alors que je me redressai, prenant appui sur mes coudes pour les voir partir. Celui à qui j’aurai à faire serait Makoto Watanabe. Bras droit d’Ekichi Suzuke. Je me le réservai pour la suite des événements. Il pouvait être sûr qu’il allait regretter une seule chose : d’être né.

Puis, le calme revint dans la pièce, où seules les respirations saccadées de mes amis me parvenaient aux oreilles. Une larme discrète roula sur ma joue. Dire que je n’avais pas eu peur était faux. Pas pour moi. Pas pour ma vie. Mais pour la leur. Ils étaient les dernières personnes pour lesquelles j’étais encore là aujourd’hui. Plus que des amis, ils étaient à présent ma seule famille. 

Je me remis sur pieds, alors que cette expression de souffrance n’avait pas quitté mon visage. Passant à côté d’Hayato sans pour autant lui porter d’attention pour le moment, je me dirigeai vers Junpei, pour lui mettre une claque monumentale, alors qu’il me regardait avec stupéfaction et incompréhension.

« Aides moi à porter Hayato sur le canapé. » lui ordonnai-je sèchement.

Junpei d’un côté, moi de l’autre, nous avons passé un bras d’Hayato autour de notre nuque, avant de le transporter avec douceur jusqu’au canapé où je l’allongeais. On ne pouvait décemment pas l’emmener à l’hôpital. Trop de questions seraient posées, et la guerre des syndicats prendrait une ampleur trop importante à Tokyo. Et puis, nous risquions tous les trois notre peau. Pas sûre que mes camarades apprécient franchement de passer leurs jours en prison.

Il fallait qu’Hayato tienne le coup. Il fallait retirer la balle de sa jambe. Je lui retirai chaussures et chaussettes, avant de déboucler la boucle de sa ceinture, et de lui retirer le pantalon, sans aucune gêne. J’avais fait ça un nombre incalculable de fois pour les membres du syndicat de mon père. Et certains étaient morts dans mes bras. Je secouai la tête pour chasser ces horribles pensées de ma tête, avant d’observer la blessure. La balle s’était logée dans l’os. Il allait avoir plus mal que prévu. Surtout qu’elle avait emportée avec elle un morceau de tissu assez impressionnant. Il serait au moins facile de l’enlever.

Bondissant sur mes deux jambes, sans un bruit, alors que je n’arrivai pas à chasser la tristesse de mon visage, je me dirigeai dans une des pièces inoccupées de la maison, et j’allai chercher le nécessaire. Il fallait faire bouillir la pince, pour que la chaleur fasse sortir la balle, et que ce soit bien plus facile à enlever. Il fallait d’abord endormir la jambe avec de la glace. Je pris tissus, compresses, désinfectant, pince, bandage, mais également de quoi lui faire une attelle à la jambe, le temps que l’os se ressoude. Il allait en avoir pour deux mois. J’allai dans la cuisine, mit l’eau à chauffer, avant d’aller déposer une poche de glace sur la jambe d’Hayato.

« Tiens bon. » lui murmurai-je avec attention.

J’avais peur. Peur de lui faire mal. Il n’avait pas mérité ça. Je l’avais mêlé dans des histoires de Yakuza, et voilà qu’il était en danger. Tout autant que Junpei et moi, si ce n’est plus. A cette pensée, les larmes coulèrent de nouveau, alors que j’allai plonger le bout de mes pinces dans l’eau bouillante. Histoire de la stériliser aussi. Mes mains tremblaient, et je sentais que mon corps était prêt à me lâcher. J’avais du mal à supporter les récents événements. Ça faisait trop d’un coup.

Je récupérai la pince, avant de donner un morceau de tissu à Hayato, pour qu’il puisse mordre dedans quand il aurait mal. Junpei se saisit de la main de notre ami, sans demander son reste. Il voulait être là pour lui. 

« Mord dans le tissu, et serre moi la main aussi fort que tu peux. » osa-t-il incertain.

Peut-être qu’il avait peur de se faire repousser. Je ne savais pas vraiment, mais il m’avait fait de la peine, alors que je me concentrais sur la blessure d’Hayato, essuyant mes larmes d’un revers de la main. Je pris confiance, enfila des gants, et attrapai la pince. En calculant, j’avais trente secondes pour retirer la balle et le tissu, sans quoi, sous la douleur, Hayato perdrait probablement connaissance. Tant qu’il crierait, cela signifierait qu’il était en vie. J’avais fait ça des centaines de fois sur les hommes de mon père, mais étrangement, c’était la deuxième fois que j’avais peur. La première c’était lorsque je faisais ça pour la première fois.

Je soufflai un coup, la main certaine, je plongeai les pinces dans la blessure d’Hayato, commençant mon compte à rebours mental. Je sentais la tension monter, alors que Junpei, un morceau de tissu à la main, arrosé était prêt à essuyer le front d’Hayato au cas où il se mettait à transpirer. Il semblait lui psalmodier quelques mots rassurants.

Mais tout me paraissait loin, alors que je venais d’attraper la balle. Encore quinze secondes. Quinze secondes seulement. Je la retirai avec agilité, avant de la balancer dans le plateau de fer à côté, et de m’attaquer au morceau de tissu. Dix secondes. Je t’en prie Hayato, tiens le coup. Au dernier moment, je lui enlevais ce morceau de tissu assommant, avant de le poser en compagnie de la balle. Je me redressai, alors que la pression du moment retombait. Les larmes me montèrent aux yeux, alors que je regardai mon ami.  Certes, le plus gros était passé, mais c’était pas fini. Il fallait encore le désinfecter.

Déposant mon antiseptique sur ma compresse, je pressai la plaie, alors que je frissonnai pour lui. J’avais mal pour lui. Je me mordis la lèvre inférieure, en frottant un peu, quand j’estimai que la douleur de la première étape était passée. Je fis un pansement à l'aide d'une gaze et de sparadrap. Au final, je plaçai deux barres de fer plates et désinfectées sur les côtés de sa jambe, avant de les entourer d’un bandage assez serré. Maintenant que la balle était retirée, il devrait aller à l’hôpital dans deux jours. Pour se faire suturer la plaie, mais également mieux prendre en charge.

Je me relevai, le visage baignant de larme, enlevai mes gants, et je m’agenouillai à côté d’Hayato. Juste aux pattes de Junpei.

« C’est fini.  lui murmurai-je avant de me blottir contre lui. C’est bon Hayato, le plus dur était passé. Il faudra que tu ailles à l’hôpital dans deux jours, il faudra inventer une excuse bidon… »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Ven 4 Sep - 20:08
Ils étaient partis, enfin. Je n’avais pas tout suivi, mais je savais que Miyuki pouvait être fière d’elle. Qui sait comment tout cela aurait fini si elle n’avait pas eu la présence d’esprit et le courage de réagir aussi vite ? Peut-être que l’un d’entre nous serait mort. Peut-être qu’ils l’auraient emmenée avec eux. Peut-être que nous nous serions vus pour la toute dernière fois…

Mais nous étions là, vivants tous les trois quoi que je me trouvais salement amoché. Et c’était bien fait pour moi, bien fait pour ma gueule, ma sale gueule de petit con que je n’aurais jamais dû ouvrir. Putain, j’arrivais pas à croire que c’était moi à l’origine de tout ça. Au moins, j’avais bien mérité d’y perdre la jambe. Sûrement que ça n’était pas encore assez, il fallait que je souffre plus. Il fallait que je perde quelque chose, ou que je perde moi-même la vie, la vie, cette sale race qui me faisait un énorme doigt d’honneur. J’avais jamais été heureux, en amour. Et une fois de plus, mes potes en payaient les frais. Miyuki en payait les frais.

Mon corps jonchait le sol, refusant de me répondre. C’était trop, trop de choses à supporter, trop douleur en trop peu de temps. J’entendis un bruit de coup, mais gardai les yeux clos, la mâchoire serrée. Je refusais d’en voir plus, j’en avais marre. Je saturais.

J’avais jamais été un homme d’action, moi. J’étais le garçon posé qui dessinait au lieu d’écouter en cours, et qui faisait jamais rien sur un coup de tête. Alors forcément, quand des yakuzas débarquaient dans ma vie après avoir assassiné le père de ma meilleure amie, j’avais du mal à m’y faire. Comment Junpei avait pu s’y prendre, lui ? Notre Junpei si gentil, si maladroit… Comment avait-il bien pu vivre comme ça, seul ? Je savais à présent qu’il était parti pour nous protéger, et je reconnaissais bien là le plus grand témoignage de son amitié. Mais je n’y arrivais pas, ça ne passait pas. Il m’avait tant manqué que ce retour brutal me laissait désemparé. Si j’avais été en état de lui parler, je n’aurais pas su quoi lui dire, quels mots lui adresser. Je n’aurais su traduire ce sentiment de soulagement, d’amitié, d’amour peut-être, et toute cette haine, cette souffrance, cette rancœur. Je n’aurais pas su lui dire tout cela, alors je n’aurais rien dit. Je n’arrivais même pas à lui être reconnaissant, ne soit-ce que pour protéger Miyuki, d’être parti.

Alors quand il me prit la main, une fois que je fus installé sur le canapé et que Miyuki m’eut adressé un mot d’encouragement, je frissonnai. Ma peau brûlait au contact de la sienne, mais je le laissais faire. C’était notre premier contact depuis si longtemps…

« Mords dans le tissu, et serre-moi la main aussi fort que tu peux. »


Je ne savais que trop bien ce qui allait suivre, j’avais vu trop de films pour ignorer la douleur que ce serait. Et j’avais compris, dans la voix de Miyuki, qu’elle n’en menait pas large non plus. J’avais honte, j’étais mortifié. Elle savait aussi bien que moi à quel point j’étais coupable de tout ce qui lui arrivait, et pourtant c’était elle qui me soignait. J’aurais pourtant mille fois mérité qu’elle me laisse me démerder. Peut-être faisait-elle seulement cela elle-même pour ne pas que cette histoire prenne des proportions trop énormes.

Et d’un seul coup, une douleur atroce vint m’arracher un cri. Je me mis à mordre de toutes mes forces dans ce putain de tissu dont je comprenais mieux que jamais l’utilité, tout en broyant les phalanges de Junpei. Désolé, Junpei, t’aurais jamais dû la laisser là. Il ne fallait pas bouger, surtout, pour ne pas compliquer la tâche à Miyuki, et surtout pour minimiser la douleur. Le souffle coupé, je résistais de toutes mes forces aux convulsions qui me prenaient, et mordais, m’étouffais, incapable de formuler une quelconque idée. Et quand je sentis enfin l’instrument se retirer pour de bon, je me mis à haleter, et à crier, la douleur se faisant toujours aussi cuisante.

Retourner le couteau dans la plaie. Plus jamais je n’entendrai cette expression de la même façon.
Et quand tout ça se calma un peu, et que je commençai à me ressaisir, mon amie s’affaira à désinfecter la plaie, et le tissu suffit à peine à étouffer mon hurlement. Je me remis à mordre de toute mes forces, en priant pour que cette torture s’arrête vite, avant que je ne tourne de l’œil. Je me mis à pleurer comme un gosse, sous le coup de la souffrance et de l’épuisement, incapable d’endurer ça avec le visage stone et la classe des acteurs. Enfoirés d’acteurs qui n’avaient même pas idée de ce qu’ils mimaient, alors que c’était moi qui passais pour la femmelette. Et enfin, les bras de Miyuki, si familiers, si doux, vinrent m’enlacer, alors que je ne comprenais rien à ce qu’elle me disait. Putain, plus jamais ça. Plus jamais.

« Pardon… Miyu… » réussis-je à souffler au milieu de mes larmes, le cœur battant à tout rompre, au point que je crus qu’il allait me lâcher.


Moi qui pensais avoir beaucoup de choses à me faire pardonner… Jamais je n’aurais imaginé qu’il y en aurait tant que je n’aurais plus même l’espoir d’obtenir son pardon.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 16:59
 « Je t’envoie une voiture. » soufflais-je sans hésiter. 

Je raccrochai, sans même attendre une réponse de sa part. Ce n’était pas le moment de perdre du temps. Maintenant que j’étais passée pour forte au téléphone, il fallait que je le sois aussi en face de lui. La galère. Dans quelle merde je m’étais bien fourrée moi encore ? Je me relevai, avec vitesse. Je ne savais pas pourquoi j’étais si heureuse de savoir qu’il allait venir chez moi. Que j’allais enfin pouvoir le serrer contre moi, lui dont j’avais tellement besoin. 

Les hommes de mon père s’étaient chargés d’entretenir et de ranger l’appartement pendant mes jours d’incapacité physique. Pendant ces jours où je n’avais pas été capable de bouger, de parler, et où de sombres pensées avaient accablées mon cœur. J’avais essayé de mourir. Plusieurs fois ils m’en avaient empêché, alors que je leur hurlai dessus. Des tâches de sang avaient parsemé le sol, plusieurs fois. Le mien, mais aussi le leur. Je m’étais blessé, je les avais blessés. Mais ils ne m’avaient jamais abandonné. Ils avaient toujours été fidèles à leur poste. Ils n’avaient jamais rechigné à la tâche, et je les avais toujours vus près de moi. Mon père devait être fier d’eux. Il devait être heureux de voir que j’étais en sécurité auprès de ses hommes. Auprès de mes hommes.
Oui, aujourd’hui, j’étais devenue une chef de clan, et je devais en assumer les responsabilités. Je prenais la tête d’un des clans les plus prisés de Tokyo, mais également le plus respecté et le plus craint. J’allais continuer mon alliance avec les Tôgashis, ignorant les rumeurs qui couraient sur Taichi. Cet homme n’avait jamais pu tuer mon père. Il était trop bon et gentil. Son cœur était humble et pur. Je croyais en lui.

« Haru ! » 
« Oui patron ? » 
« Allez chercher Hayato, chez lui. »
« Oui patron ! » 
« Merci. » 

Je lui adressai un sourire, qu’il interpréta immédiatement comme tant faux. Il savait que j’étais triste. Il sentait que la mort de mon père m’affectait. Et je sentais qu’eux aussi, ils avaient mal au cœur. Leur chef avait été assassiné. Ils n’attendaient qu’une seule chose : qu’il soit vengé. On le savait tous. On pouvait sentir la tension au cœur de la demeure, et je savais que ce n’était plus qu’une question de jour avant que je ne doive rentrer au clan. Le QG principal se trouvait à Himeji, là où j’avais grandit, cependant, l’influence du syndicat s’étendait jusqu’à Tokyo, où mon père avait pensé à l’installer malgré tout. En prenant sa relève, probablement que j’accomplirai ce désir qu’il avait. Mais j’allais devoir abandonner notre maison principale. Mais on avait déjà la demeure à Tokyo, et d’autres hommes du clan pourraient très bien reprendre la demeure de Himeji après tout.

Je me dirigeai vers la salle de bain, avant de manquer de m’effondrer, du au manque de nutrition de ces quelques jours. Hiromitsu me rattrapa de justesse, avant de s’inquiéter de mon état de santé. Un simple regard amical de ma part, sublimé d’un sourire, et je lui affirmai que tout allait bien, que je m’étais juste levée bien trop vite. Je claquais la porte derrière moi, avant d’observer mon visage dans le miroir. Il était creusé par les cernes, la fatigue, et la faim. J’avais une véritable tête de zombie… Puant en plus. Je grimaçai. Il était vraiment temps que j’aille prendre une douche. Je rentrai dans la baignoire, une fois dévêtue, avant de me savonner, et de me laver aussi les cheveux. En sortant, j’enfilai simplement un jogging, avant de retourner sur le canapé, pour me coucher. En attendant Hayato, je fermais les yeux, avant de simplement m’endormir, manquant bien trop de sommeil depuis des jours. Probablement qu’en ce moment même, je me sentais rassurée de savoir qu’Hayato allait arriver à la maison.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 18:37
La communication fut coupée en moins de temps qu’il n’en aurait fallut pour le dire. Miyuki avait réagi au quart de tour, comme si elle n’avait jamais attendu que ça.

Je veux te voir… Mais à quel prix ? Aurais-je la force de me tenir devant elle, de soutenir son regard ? Pourrais-je seulement parler de la même façon que je venais de le faire au téléphone ? Je n’en savais rien. J’avais eu tellement de mal à articuler, à faire de ce torrent de pensées une suite logique de mots, d’émotions, quelque chose de cohérent... Saurais-je au moins retenir mes larmes devant elle ? Je n’en pouvais plus d’être faible. Même Scarlet était restée maîtresse d’elle-même jusqu’au bout, tandis que je faisais piètre figure entre elle et Miyuki.

Fatigué, je rangeai le portable dans ma poche et me levai précautionneusement. Je n’étais plus sorti de chez moi depuis cette fameuse altercation avec le clan Shinigami. J’avais tout juste survécu jusqu’à ce que Scarlet ne vienne m’arracher à mes démons intérieurs. La savoir saine et sauve, savoir qu’elle m’aimait toujours malgré tout ça, m’avait redonné un peu de courage. Tout n’était pas perdu, et je devais survivre, au moins pour elle. Alors j’avais tenté de tout oublier, de ne plus me laisser détruire par mes remords, vivant d’automatismes, accomplissant les plus simples gestes du quotidien ; dormir, me laver, m’habiller, me nourrir, peindre. Et recommencer, jour après jour, sans chercher à réfléchir, sans me poser aucune question. Me laisser vivre, tout simplement.

Mais ce coup de fil auquel j’avais eu la faiblesse de répondre, venait tout bouleverser, chambouler ce quotidien que je m’imposais pour ne plus me laisser aller au désespoir. Je recommençais à me détester, à regretter, mais j’y retrouvais ma Miyuki tant aimée. Je me perdais moi pour la retrouver elle.

Finalement, ne valait-il mieux pas leur faire face, à tout ces démons ?

Lorsqu’on vint toquer à la porte, j’étais assis sur le canapé, perdu dans mes pensées. Tourmenté. Je me déplaçai jusqu'à la cuisine, et m’appuyai au mur pour tirer la poignée vers moi. Depuis le couloir, un homme en costume s’inclina et déclara :

« Le patron vous attend, Ishii-san. »


Avec un soupir fatigué, j’acquiesçai, et le suivis difficilement jusqu’à la voiture noire à l’arrière de laquelle je m’installai sans poser de questions. Alors comme ça, Miyuki avait repris le syndicat ? Cela m’inquiétait, car en se mêlant de plus près à tout ça elle n’en était que plus dangereuse pour les Shinigami, et devenait sans nul doute un adversaire de plus à supprimer. Mais j’étais également fier d’elle, fier de la femme qu’elle était devenue. Fier de sa force, de son courage, et de l’amitié qu’elle me portait, à moi qui n’avais jamais rien accompli de grand. J’étais fier de Miyuki, je m’inquiétais pour elle, je l’aimais, et je ressentais encore tant d’autres choses. Tant d’émotions qui me faisaient sentir vivant.

Lorsque la résidence apparut derrière la vitre teintée, je ne pus m’empêcher de me rappeler cette terrible soirée. Mais cette fois, il faisait encore jour, et nous ne serions plus seule. Miyuki était en sécurité, et rien ne pourrait nous arriver.

Lentement, je descendis de la voiture et rejoignis l’homme de main de ma meilleure amie dans l’ascenseur. Heureusement qu’il y en avait un, sans quoi je serais resté au bas des escaliers sans oser monter, de peur de revivre la même souffrance que lorsque ma plaie était encore à vif. Au lieu de ça, je me retrouvai rapidement au troisième étage, en face de la porte d’entrée. Je laissai l’homme entrer en premier, et n’avançai à l’intérieur que lorsqu’il m’y invita. Je n’étais pas pressé de revivre ça. De sentir tant de souvenirs remonter, d’entendre à nouveau les cris, les pleurs, les injures, le rire de Suzuke, de retrouver la douleur et l’odeur du sang, la main de Junpei, sa voix, son regard, la fureur de Miyuki…

La pièce était propre et ordonnée, lumineuse, comme si rien de tout cela ne s’était passé. Comme si ça n’avait été qu’un cauchemar, une autre dimension. Et plus loin, semblait m’attendre le corps assoupi de la jeune fille. Mon cœur se serra à la vue de son teint pâle, de ses joues creuses et de ses yeux cernés. Alors que le yakuza s’effaçait, me laissant seul avec Miyuki, je m’avançai jusqu’à elle et m’assis sur le bord du canapé. Devais-je la réveiller ? Ne valait-il mieux pas la laisser dormir ? Incertain, je passai une main dans sa chevelure humide, et la caressai doucement.
« Miyuki… » soufflai-je.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 20:58
Miyuki s’enfonçait dans le désespoir. Son âme était attirée dans un gouffre sans fond. Elle voyait la main d’Hayato, voulait la saisir. Mais lorsque leurs doigts voulaient se retrouver, elle ne parvenait à les atteindre. Lorsque leurs regards s’enlaçaient, elle pouvait lire le désespoir de son ami. Celui d’une vie anéantie. Elle sentait sa chute. Elle n’arrivait pas à l’arrêter, se laissant dépérir, n’attendant que la fin de ce cauchemar.


Lorsque le fond du gouffre arriva, elle atterri pieds à terre, observant hébétée autour d’elle, alors qu’en face, Hayato lui tendait les bras. L’attendant tout près de lui. Mais alors qu’elle courait, alors qu’elle tentait de le rattraper, il s’effondrait, pour laisser place à Ekichi. Celui qui hantait sa vie. Il finissait par l’empoigner par le bras, et déposer ses lèvres sur les siennes, pour sceller leur haine, pour cristalliser leur haine. 
Il caressa ses cheveux.


« Miyuki… » Murmura-t-il.

J’ouvris les yeux, déboussolée, avant de m’asseoir violemment sur le canapé, et de regarder Hayato qui se trouvait devant moi. Quelques instants, en silence, je l’observai, les yeux grands ouverts, avant d’attraper ses bras, de le toucher. J’avais besoin de le savoir réel. Ses mains, ses bras, son visage. Triste. Perdu. Il était là, devant moi, alors que je me sentais finalement en sécurité. Je finis par me blottir contre lui, ne lui laissant le temps de faire quoi que ce soit. J’avais besoin de le sentir contre moi. De savoir que c’était vrai. Qu’il était là.

Je ne fermai pas les yeux, alors que je le serrai toujours plus fort que jamais, ma tête contre son torse, entendant son cœur battre dans sa poitrine. Depuis quand n’avais-je pas prêté attention à ce son ? Depuis quand n’avais-je pas prit la peine d’écouter l’air passer dans ses poumons ? 
Tout mon corps tremblait à ce contact, alors que je prenais conscience qu’il était là. 
Le parfum qu’il dégageait, la douceur de ses vêtements, le son de sa voix, la chaleur de sa présence. Je retrouvai tout ce que j’avais perdu. Tout ce qui m’avait manqué pendant des mois entiers. La seule personne pour qui je vivais encore aujourd’hui. 

Je finis par me décaler, pour le regarder, droit dans les yeux. Pour la première fois depuis quelques jours, un véritable sourire étira mes lèvres, alors que je ne pouvais m’empêcher de poser mes mains sur son visage, pour caresser ses joues avec mes pouces. Hayato, pendant combien de temps avions-nous réellement été séparés ? Il me semblait t’avoir perdu pendant une éternité. Avoir perdu cette moitié de moi qui m’était essentielle. Avoir perdu mon souffle, ma raison de vivre. Je ne savais plus vivre sans lui. Il était mon pilier. Il était la lumière d’espoir au bout du tunnel sombre et douloureux que j’avais traversé jusqu’alors. 

Et pourtant. Je le sentais. Le bonheur de ces retrouvailles ne durerait éternellement. J’allais devoir demander à Hayato de se mettre en sécurité, le temps que je règle les histoires qui étaient liées à mon clan. Je devais le protéger coûte que coûte. Mais l’avenir nous réservait bien des surprises. Parfois bonnes, parfois mauvaises. Alors j’étais décidée à vivre le moment présent, comme le dernier de ma vie. Peut-être allais-je laisser ma vie dans ce conflit qui m’opposerait aux Shinigamis. Je n’en savais pas grand-chose, et je ne voulais les savoir.

Je savais que je laissais Hayato entre de bonnes mains. Celles de Scarlet. Elle prendrait soin de lui comme je n’aurai jamais su le faire. Comme j’aurai tant aimé le faire. Comme j’avais toujours rêvé de le faire.

« Hayato. » soufflais-je à mon tour.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 22:02
Elle s’était redressée en un sursaut, et ma main était retombée mollement sur le canapé. Lui avais-je fait peur ? Décidément, je ne réussissais pas grand chose en ce moment. Je restais là, les bras ballants, pendant qu’on se regardait en chiens de faïence, sans dire un mot. Mon cœur se serra d’un seul coup. J’y étais. Ce moment que j’avais tant redouté, voilà que je devais y faire face. Je n’étais plus sûr de rien. Que se passerait-il à présent que nous étions tous deux de nouveau ensemble ? Qu’allais-je pouvoir lire dans ses yeux ? Que lirait-elle dans les miens ? Y retrouverait-elle un semblant de l’homme que j’avais été, verrait-elle cette peine qui me hantait, tous ces regrets que les mots les plus savants ne sauraient exprimer ?

Je ne comprenais rien. Son regard hurlait des milliers d’émotions qui m’échappaient, et qui me faisaient de plus en plus peur. Les voilà, mes démons. Voilà ceux que je devrais défier. Ceux que je ne pourrais jamais vaincre seul.

Soudain, ses mains se refermèrent sur mes bras, et elle m’attira contre elle. Ce fut comme un choc, et je perdis complètement mes moyens. Elle me serrait contre elle avec force, sa tête contre mon cœur à deux doigts d’exploser. Une immense chaleur s’empara de tout mon être, alors que son geste venait me confirmer que, oui, le pardon était possible. Que tout n’avait pas pris fin en même temps qu’un coup de feu. Mais jusqu’à ce qu’elle ne se décale, j’avais été incapable de lui rendre son étreinte.

Un trop court instant, je m’étais senti chez moi.

Et puis un sourire éclaira son visage resté jusqu’alors indéchiffrable, et ses mains se posèrent sur mon visage comme pour le redécouvrir. Je ne sus que répondre à son sourire par le mien, sans doute le plus franc depuis longtemps. Si j’avais ressenti un réel soulagement aux côtés de Scarlet, si elle avait réussi à me tirer du chaos, ce n’était qu’aux côtés de Miyuki que je retrouvais le bonheur. Ça n’était qu’avec elle que je pouvais sourire de la sorte.

Doucement, je repoussai une mèche qui balayait son front, tandis que ses caresses délicates venaient panser mes blessures les plus profondes. Scarlet me tirait du chaos, et Miyuki m’exorcisait de toutes mes craintes.

Combien de temps encore allait durer ce bonheur si précieux ? Combien de temps allais-je encore pouvoir me sentir à ma place ? La jeune fille souffla mon nom, et je l’attirai à mon tour dans mes bras, glissant mes mains dans son dos. Elle paraissait si fragile, si frêle, ce petit bout de femme qui était pourtant cent fois plus forte que moi. Le visage niché dans son cou, je déposai un baiser sur sa peau, et remarquai pour la première à quel point cela me calmait. J’étais dans ses bras, dans son odeur, dans son amour, et rien ne me faisait plus peur.


« Je voulais te le dire en face, lui avouai-je tout bas, les yeux clos. Je suis désolé pour tout. Je t’aime. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 22:25
Hayato ne m’avait pas rendu mon étreinte. J’avais été la seule à le câliner. Peut-être bien qu’à cet instant j’eus peur qu’il venait pour me dire qu’il ne voulait plus jamais me voir finalement. Qu’il était là pour m’avouer qu’il ne voulait plus de notre amitié. J’avais peur. Peur de perdre Hayato. Parce qu’il était tout pour moi. 

Lorsqu’il me rendit son sourire je me sentis soulagée. Je ne saurai dire depuis combien de temps il ne m’avait plus sourit de la sorte. Sans vraiment savoir pourquoi, une première larme coula sur mon visage, suivi de dizaine d’autres que je tentais tant bien que mal de retenir. Et lorsqu’il me serra dans ses bras, les dernières barrières qui me tenaient éloignées de la réalité sautèrent, pour me laisser face à mon meilleur ami qui me crevait le cœur de bonheur. Putain que j’aimais Hayato. Il était la dernière personne pour laquelle je me battais.

Il me serrait contre lui. Je sentais ses mains dans mos dos, alors que mes bras avaient entouré le sien. Je ne m’étais plus senti aussi bien depuis longtemps. J’eus quelques instants l’impression que tout ce qu’il s’était passé n’avait été qu’un terrible cauchemar. Que je venais d’émerger d’un monde bien trop près.

Il s’excusa, me dit qu’il m’aimait. Et moi, je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer. Parce que j’étais heureuse. Parce que j’étais rassurée. Mais aussi parce que j’avais mal. Parce que je n’avais eu aucune épaule sur laquelle me reposer pendant bien trop longtemps, et parce que je n’en n’aurai plus aucune après cet instant précis. Entre deux sanglots, je murmurai son nom. D’une voix émue, pleine de reconnaissance. Merci Hayato. Merci d’être là. Merci de m’aimer. Ne m’abandonne plus. Moi, je ne le ferai plus. Je te le promets Hayato. Plus jamais je ne te laisserai derrière moi, même si pour ça, je dois souffrir. 

J’essuyai mes larmes, finalement, pour me ressaisir, avant de me redresser. Je devais être fière. Je devais être forte. Je n’étais plus une enfant aujourd’hui. J’étais devenue une femme, et je devais assumer mon nouveau rôle. 

« Hayato… Murmurai-je aussi, avant de prendre ses mains avec délicatesse, je t’aime aussi. Et je suis désolée. » 

Je n’aurai pas pu connaître la portée de mes mots pour mon cœur. Ni même pour le sien. Ils m’étaient familiers, mais en même temps si uniques. Depuis combien de temps Hayato ne m’avait pas dit qu’il m’aimait ? Depuis combien de temps ne le lui avais-je pas dit ?
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 23:11
Miyuki pleurait à chaudes larmes, et j’avais du mal à me contenir. Le soulagement, l’émotion, le bonheur, tout s’accumulait, et mon cœur était lourd comme jamais. J’avais envie de me laisser aller, de joindre mes pleurs aux siens, d’être avec elle jusqu’au bout. Parce qu’à présent que nous étions de nouveau unis, je ne craignais plus ni haine, ni rancœur, ni abandon. Cette salope de vie s’était amusée à nous séparer à plusieurs reprises, en vain, car nous nous étions toujours retrouvés, quelles qu’aient été les circonstances.

Je luttais contre les larmes, parce que je devais être fort. J’avais déjà trop pleuré, trop souffert. Je voulais être fort à mon tour, prendre de l’assurance, me dresser et me battre, au lieu de me laisser vivre comme un bon à rien. J’en avais assez de me laisser malmener par toutes ces conneries. Je voulais être en mesure de défendre ceux qui m’étaient chers, plutôt que tout leur devoir. Je voulais laisser derrière moi cette sensibilité ahurissante qui me rendait complètement impotent, parce que Miyuki devait pouvoir compter sur moi. Et parce que je ne voulais plus être un boulet pour qui que ce soit.

Elle prit mes mains dans les siennes, et j’entremêlai nos doigts comme si j’avais peur qu’ils m’échappent à nouveau, peur que tout ça ne soit qu’un rêve et que je me réveille tout à coup au beau milieu de ma chambre, le dos meurtri par le parquet trop dur, les cheveux en bataille, et les yeux vides. Mais tout ça paraissait tellement réel, depuis l’odeur de shampooing de ses cheveux jusqu’à la pression de sa main contre la mienne, que jamais je n’aurais pu m’imaginer une telle chose. Ces mots que nous échangions étaient si forts, si sincères, que chacun d’entre eux était une bombe larguée sur mon cœur.

Tendrement, je portais ses mains à mes lèvres et embrassai le bout de ses doigts, sans réussir à la quitter des yeux. J’avais l’impression que mes yeux ne pourraient plus jamais se lasser de la contempler, tant ils en avaient été privés. Pourquoi ne réalise-t-on à quel point on tient à quelqu’un que lorsqu’on le perd ?

« Tu comptes… rester ici ? » demandai-je comme s’il restait un infime espoir de retourner à notre vie d’avant, à ce qui faisait notre quotidien et tout mon bonheur.



Je voulais tant remonter le temps, qu’on ne soit à nouveau que tous les deux, à vivre égoïstement sans se soucier du monde autour de nous.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 19 Sep - 23:26
Ses doigts entre les miens, ses mains dans les miennes, nos regards enlacés. Jamais je n’aurai pu rêver mieux. Jamais je n’aurai pu penser être si proche de Hayato qui m’avait tant manqué. Il porta mes doigts à ses lèvres, pour en embrasser le bout. Ses lèvres étaient chaudes, tout  comme son souffle, tout comme l’amour qu’il me portait. Nos regards ne se quittaient pas. Toujours plongés l’un dans l’autre. Et le temps de quelques secondes, l’envie de l’embrasser m’effleura l’esprit. Comme une pensée interdite, elle fut aussi rapidement chassée.

Je me sentis mal à l’aise, un instant, avant d’oublier. Oublier que j’avais eu envie de nous lier plus que nous ne l’étions déjà. Je n’étais pas amoureuse d’Hayato. Je ne pouvais pas. Il n’était que mon meilleur ami, le frère que je n’avais jamais eu. Mes lèvres avaient été maudites par celles d’Ekichi, et peut-être avais-je envie de me débarrasser de leur amertume par n’importe quel moyen. Je n’oublierai jamais cette journée. Je n’oublierai jamais ce défi. 

Hayato me demanda si je comptais rester ici. Je secouai la tête négativement. Mais je ne savais pas vraiment comment lui avouer. 

« Je pense retourner à Himeji quelques temps. On doit vider le QG principal, pour s’installer dans la nouvelle demeure de Tokyo. Il y a quelques papiers à ramener. Quelques documents, la trésorerie. Bref, on doit établir notre camp principal à Tokyo. Je ne veux pas partir d’ici. J’ai trop d’attaches. »

J’avais insisté sur ce dernier mot pour qu’il comprenne que je parlais de lui. Je ne le quittais toujours pas des yeux. Hésitante, je finis par ajouter.

« On va devoir se séparer le temps que les choses se calment. Les Shinigami ont toujours voulu la peau du clan, et ils ne me lâcheront pas. Ça va devenir bien plus dangereux que maintenant, et si tu ne me fréquentes plus, ils t’oublieront probablement. Je te ferai protéger. Mais, quand tout sera fini, tu voudras venir vivre avec nous ? Tu ne seras mêlé à aucune histoire, je te rassure. Nous aurons des appartements séparés de ceux de mes hommes. Des appartements privilégiés. Un peu comme lorsque nous vivions tous les deux. »

Je l’observai en silence. J’avais peur qu’il ne veuille pas. Il n’était pas friand des histoires de Yakuza. Je finis par ajouter.

« Je veux retrouver ça. Je ne veux plus vivre loin de toi. Dort à la maison ce soir. Avec moi. Près de moi. »

Je baissai la tête. Intimidée par Hayato. Depuis toujours, et à jamais, il resterait le seul que je n’étais pas capable d’affronter.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 20 Sep - 0:07
S’il y avait eu un orchestre derrière nous, en arrière plan, alors à cet instant un coup de cymbales aurait tout brisé. Les violons se seraient mis à grincer, le pianiste aurait frappé sur les touches d’ivoire, et les spectateurs seraient tous partis en courant. Sauf que moi, je restais là, à regarder Miyuki comme un con, à l’écouter me dire que non, plus rien ne serait comme avant. Bien sûr… Que pouvais-je donc croire ? Que pouvais-je espérer ? J’étais ce pauvre type qui n’avait plus droit au bonheur lorsqu’il excédait cinq minutes.

Retourner à Himeji, retourner à Tokyo. Papiers, trésorerie, clan, QG, Shinigami. Alors c’était ça ? C’était ça qui nous attendait ? Un instant, j’avais oublié qu’elle avait hérité du clan Mercier, et qu’elle n’était plus qu’une simple fille de yakuza, mais yakuza à part entière. Et cet insupportable « on » me l’avait rappelé sans ménagement. Alors tout ne devait être qu’une incessante lutte ? Un monde de danger, de confrontation ? N’avions-nous pas droit à cette vie paisible dont je rêvais depuis toujours ? Cette vie pour laquelle j’avais quitté ma propre famille ?

J’eus l’impression que mon cœur se déchirait lorsque Miyuki me demanda de cesser de la « fréquenter ». Comment pouvait-elle me dire ça maintenant, alors que nous venions tout juste de nous retrouver, alors que je réalisais enfin à quel point je tenais à elle ? N’aurait-elle pas pu me laisser mourir et me ramener à la vie plus tard, lorsque tout aurait été pour le mieux ? Fallait-il que notre histoire ne s’écrive que sur deux pages différentes ? J’étais blessé, profondément. Et puis je me souvins que c’était ce à quoi j’avais moi aussi contraint Scarlet, et ce sous prétexte de vouloir la protéger. Parce qu’elle s’en tirerait bien mieux loin de moi. Parce que je ne pouvais pas la protéger.

Je demeurais silencieux, car rien ne pouvait traduire le désarroi dans lequel je me retrouvais plongé. La peur, qui devait bien ne m’avoir jamais vraiment quitté, ressurgit, violente, et je baissai les yeux pour que Miyuki ne voit rien de cette terreur.

Elle me désarçonna encore lorsqu’elle me proposa de vivre de nouveau à ses côtés, mais dans son nouveau QG cette fois. Cela signifiait laisser mon appartement de côté. Toute la vie que j’avais vécue jusque là. Qui sait si je pourrais jamais reprendre la boutique, après ça ? En avais-je seulement encore l’envie ? Je n’avais plus tellement goût à ça, malgré les années que j’avais passées à me battre pour cette indépendance, pour vivre de ma passion. Mais plus important, suivre Miyuki dans de nouveaux appartements mettrait fin à ma relation avec Scarlet. Je ne serais plus vraiment chez moi, et je ne pourrais pas imposer sa présence à Miyuki. Et, étrangement, je n’avais pas envie de les voir ensemble. Comme si ce qui concernait l’une ne devait rien avoir à faire avec l’autre. Comme si les voir toutes les deux dans la même pièce briserait cet équilibre absolument inexistant entre nous trois.

Étais-je prêt à ça ? Était-ce l’ultime sacrifice que je devais faire pour rester aux côtés de Miyuki ? Sans doute me dirait-elle que non. Mais intérieurement, je ressentais le besoin de faire un choix. Un choix que je ne pouvais encore définir. Il était trop tôt. J’allais trop mal.

« Je ne sais pas, soufflai-je enfin. Il faut que je réfléchisse. »


Quant à rester dormir chez elle, si ce devait être la dernière fois que nous nous voyions, je ne pouvais pas refuser. Je n’en avais aucune envie. Je ne voulais pas quitter ses bras, sa chaleur, sa tendresse, tout comme je refusais de la voir s’éloigner ne soit-ce que quelques instants. J’avais trop peur de ne plus jamais la voir. Trop peur de ne plus jamais respirer.


« D’accord, acceptai-je simplement, toujours sans la regarder. Je resterai ici cette nuit. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 20 Sep - 11:25
« Mais tu sais, ça veut pas pour autant dire que tu vas pouvoir te débarrasser de moi. Je vais continuer à t’appeler et t’envoyer des messages. Et qui sait ? Peut-être que j’arriverai à te rendre visite en mode ninjaaaa » m’exclamais-je en brandissant mes mains devant lui.

Il fallait réussir à relever la tête coûte que coûte, et même si je devais souffrir, il fallait que je recommence à le faire en silence comme je l’avais toujours fait. Je me relevai, me rendant compte que je ne lui avais rien proposé à boire, ni même à manger. Mon regard lorgna sur sa jambe. L’idiot. Il n’avait même pas mit les pieds à l’hôpital. Mais avant que je ne puisse lui faire une quelconque remarque, il me répondit qu’il ne savait pas vraiment s’il voulait venir vivre avec moi. Je m’en doutais. C’était obligé. Mais ma vie avait changé. Je devais prendre la succession de mon père. Et mon destin avait toujours été tracé. Ma route était une route de malfrat pleine d’infortunes.

« Excuse-moi d’avoir posé la question, c’était égoïste. » 

Je m’efforçai de sourire alors qu’il baissait la tête, ce qui me fit mal en un sens, mais qui m’énerva également. Mais je ne dis rien. Je préférai ne pas envenimer notre relation qui semblait toujours à vif, comme une plaie qui vient d’être ouverte. Mon cœur saignait. Je me dirigeais vers la cuisine américaine qui était toute propre. Je n’y avais plus mit les pieds depuis ce qui me semblait être une éternité. Depuis que j’avais prit la lame pour trancher la lame de Suzuke, que je ne pouvais plus me voir.

Je n’ai pas apprécié comment m’a répondu Hayato. J’eus l’impression qu’il se forçait à rester dormir  la maison. Je m’effaçai derrière la porte du réfrigérateur, afin de récupérer une bouteille de Dr. Pepper.

« Ne te force pas si tu n’as pas envie. Tu as peut-être autre chose de prévu. Tu veux boire quelque chose ? Ou peut-être manger ? Ou les deux ? » 

Mon ton était parfaitement amical. Ma voix était douce, et je tentais de faire preuve de compréhension, bien que je me sentais mal. Que je sentais que je n’allais pas bien. Je sortis un citron. J’en mettais toujours dans mon soda. Et puis, cuisiner, même juste découper un fruit me changeait les idées.

Je tranchais le citron en deux, alors que le bruit de la lame résonnait sur la planche en bois. Il n’y avait pas un bruit dans l’appartement, ce qui me mit plutôt mal à l’aise. 

« Je suis désolée d’être ce que je suis. » soufflai-je quasi-inaudiblement.

Je faisais là allusion à mon statut de Yakuza, dont je n’avais jamais voulu hériter. Je m’arrêtais dans tous mes gestes, ne cherchant pas même à croiser le regard d’Hayato.


« Tu sais. Je les déteste. Les yakuzas. » 

Je dois avouer que j’étais plutôt effrayée à l’idée de tout lui avouer. Mais moi, j’avais jamais voulu être un truand. J’avais jamais voulu marcher du mauvais côté.

« Ma mère est partie quand j’étais petite. Je pense que c’est parce que mon père a la main leste. Je pense qu’il la frappait. Je m’arrêtai, pour couper une tranche de citron.  Mon père n’a jamais accepté son départ, et a renié son existence. Il ne me laissait pas pleurer. »

Je sortis un verre, avant de le poser sur le plan de travail, et de balancer des glaçons dedans, ainsi qu’une tranche de citron. 

« C’est pour ça que je n’ai jamais aimé les yakuzas. Je les ai toujours tenus responsables de son départ. »

Je versai le soda dans le verre, tout en regardant les bulles se débattre, à la sortie du récipient. Mon regard était vide.

« J’ai jamais voulu être un yakuza moi. Je voulais devenir chef cuisinier. » 

Je m’étais refoulée dans le sport, pour tenter d’oublier mes démons, d’oublier que je ne voulais pas devenir celle que je n’étais pas. J’aurai vraiment voulu pouvoir accomplir mes règles, et non pas subir ce que l’on m’imposait. Mais toutes les fois où je m’étais opposée à mon père, les cris et les coups avaient fusés.

D’un revers de la main, je balançais le verre autrefois sur le bar, qui vint se briser sur le sol en milles morceaux. Putain, j’regrettai ma vie d’avant.

« Moi aussi j’aurai voulu avoir une vie normale. Rentrer le soir, d’une longue journée de travail. Savoir que tu m’attends à la maison, entendre un « Okaidi » sincère, lancer des « Tadaimasu », tout ce genre de choses. Mais non. Je vais m’endormir la boule au ventre chaque soir, les remords dans la tête, les mains tâchées à jamais. Je vais devenir une personne mauvaise Hayato. »
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