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Résidence Mercier. [TOUS.]

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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 20 Sep - 11:25
« Mais tu sais, ça veut pas pour autant dire que tu vas pouvoir te débarrasser de moi. Je vais continuer à t’appeler et t’envoyer des messages. Et qui sait ? Peut-être que j’arriverai à te rendre visite en mode ninjaaaa » m’exclamais-je en brandissant mes mains devant lui.

Il fallait réussir à relever la tête coûte que coûte, et même si je devais souffrir, il fallait que je recommence à le faire en silence comme je l’avais toujours fait. Je me relevai, me rendant compte que je ne lui avais rien proposé à boire, ni même à manger. Mon regard lorgna sur sa jambe. L’idiot. Il n’avait même pas mit les pieds à l’hôpital. Mais avant que je ne puisse lui faire une quelconque remarque, il me répondit qu’il ne savait pas vraiment s’il voulait venir vivre avec moi. Je m’en doutais. C’était obligé. Mais ma vie avait changé. Je devais prendre la succession de mon père. Et mon destin avait toujours été tracé. Ma route était une route de malfrat pleine d’infortunes.

« Excuse-moi d’avoir posé la question, c’était égoïste. » 

Je m’efforçai de sourire alors qu’il baissait la tête, ce qui me fit mal en un sens, mais qui m’énerva également. Mais je ne dis rien. Je préférai ne pas envenimer notre relation qui semblait toujours à vif, comme une plaie qui vient d’être ouverte. Mon cœur saignait. Je me dirigeais vers la cuisine américaine qui était toute propre. Je n’y avais plus mit les pieds depuis ce qui me semblait être une éternité. Depuis que j’avais prit la lame pour trancher la lame de Suzuke, que je ne pouvais plus me voir.

Je n’ai pas apprécié comment m’a répondu Hayato. J’eus l’impression qu’il se forçait à rester dormir  la maison. Je m’effaçai derrière la porte du réfrigérateur, afin de récupérer une bouteille de Dr. Pepper.

« Ne te force pas si tu n’as pas envie. Tu as peut-être autre chose de prévu. Tu veux boire quelque chose ? Ou peut-être manger ? Ou les deux ? » 

Mon ton était parfaitement amical. Ma voix était douce, et je tentais de faire preuve de compréhension, bien que je me sentais mal. Que je sentais que je n’allais pas bien. Je sortis un citron. J’en mettais toujours dans mon soda. Et puis, cuisiner, même juste découper un fruit me changeait les idées.

Je tranchais le citron en deux, alors que le bruit de la lame résonnait sur la planche en bois. Il n’y avait pas un bruit dans l’appartement, ce qui me mit plutôt mal à l’aise. 

« Je suis désolée d’être ce que je suis. » soufflai-je quasi-inaudiblement.

Je faisais là allusion à mon statut de Yakuza, dont je n’avais jamais voulu hériter. Je m’arrêtais dans tous mes gestes, ne cherchant pas même à croiser le regard d’Hayato.


« Tu sais. Je les déteste. Les yakuzas. » 

Je dois avouer que j’étais plutôt effrayée à l’idée de tout lui avouer. Mais moi, j’avais jamais voulu être un truand. J’avais jamais voulu marcher du mauvais côté.

« Ma mère est partie quand j’étais petite. Je pense que c’est parce que mon père a la main leste. Je pense qu’il la frappait. Je m’arrêtai, pour couper une tranche de citron.  Mon père n’a jamais accepté son départ, et a renié son existence. Il ne me laissait pas pleurer. »

Je sortis un verre, avant de le poser sur le plan de travail, et de balancer des glaçons dedans, ainsi qu’une tranche de citron. 

« C’est pour ça que je n’ai jamais aimé les yakuzas. Je les ai toujours tenus responsables de son départ. »

Je versai le soda dans le verre, tout en regardant les bulles se débattre, à la sortie du récipient. Mon regard était vide.

« J’ai jamais voulu être un yakuza moi. Je voulais devenir chef cuisinier. » 

Je m’étais refoulée dans le sport, pour tenter d’oublier mes démons, d’oublier que je ne voulais pas devenir celle que je n’étais pas. J’aurai vraiment voulu pouvoir accomplir mes règles, et non pas subir ce que l’on m’imposait. Mais toutes les fois où je m’étais opposée à mon père, les cris et les coups avaient fusés.

D’un revers de la main, je balançais le verre autrefois sur le bar, qui vint se briser sur le sol en milles morceaux. Putain, j’regrettai ma vie d’avant.

« Moi aussi j’aurai voulu avoir une vie normale. Rentrer le soir, d’une longue journée de travail. Savoir que tu m’attends à la maison, entendre un « Okaidi » sincère, lancer des « Tadaimasu », tout ce genre de choses. Mais non. Je vais m’endormir la boule au ventre chaque soir, les remords dans la tête, les mains tâchées à jamais. Je vais devenir une personne mauvaise Hayato. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 20 Sep - 20:13
Était-ce réellement égoïste de sa part de vouloir de moi à ses côtés ? Pensait-elle que je ne désirais pas la même chose qu’elle ? Croyait-elle que notre amitié ne comptait pas vraiment à mes yeux ? Ou bien était-elle persuadé que ma vie me plaisait trop pour que je n’ose sortir de mon quotidien. Mais putain, ça voulait dire quoi, vivre sans elle ? Ça n’avait aucun sens.

« Je ne me force pas, répondis-je avec un sourire, j’ai envie de rester avec toi. Et puis c’est pas comme si j’avais une vie sociale en ce moment… »


Surtout depuis que j’avais demandé à Scarlet de partir.

Je la suivis du regard tandis qu’elle se rendait à la cuisine, me proposant à boire et à manger. Je secouai la tête négativement, je n’avais pas faim. Je m’étais déjà forcé à déjeuner, et cela m’avait amplement suffi. Mes yeux s’arrêtèrent sur la silhouette de la jeune femme. Elle me semblait avoir maigri depuis son déménagement. Pourtant, elle avait toujours été une bonne vivante, et elle portait la gastronomie dans son cœur. Mais sans doute les récents événements l’avaient affaiblie.

J’étais inquiet pour elle, et je m’apprêtais à le lui faire remarquer lorsqu’elle s’excusa.

« Je suis désolée d’être ce que je suis. »


Miyuki… Je n’aurais jamais voulu que tu sois différente.

Et puis elle se livra. Elle confia tout ce qu’elle m’avait tu depuis toujours. Sa mère, ses craintes, sa haine pour les yakuzas, son rêve de devenir chef cuisinier, qui n’étais pas une grande révélation en soi compte tenu de tout ce que je savais déjà sur elle. Elle parla de son père, de son désir de vivre une vie normale. De sa peur de devenir quelqu’un de mauvais.

Elle ne m’avait jamais dit toutes ces choses. Sa mère était un sujet que je savais douloureux, et je ne l’avais jamais forcée à m’en parler. Et maintenant qu’elle m’avouait ce qu’elle avait enduré, je me sentais triste, et désolé pour elle. Et ce destin qu’on lui imposait, j’aurais voulu le chasser.

Je ne pouvais pas lui promettre que tout irait bien, qu’elle n’aurait pas à se salir les mains. Qu’elle resterait la même jusqu’au bout. Qu’il n’y aurait ni cris, ni larmes, ni regrets. Je ne pouvais même pas la rassurer, et encore moins lui dire qu’elle pouvait prendre son envol. Se libérer de ses obligations. Et je me doutais qu’au fond, même si elle haïssait les yakuzas, elle tenait à poursuivre le combat de son père. À le venger. Elle n’était pas du genre à fuir ses responsabilités. Sans quoi elle aurait déjà pris ses jambes à son cou.

Lorsqu’elle avait balancé son verre, et que son contenu s’était répandu sur le sol, je m’étais levé à mon tour. J’avais claudiqué jusqu’au plan de travail pour l’enlacer. J’avais glissé mes bras autour de sa taille, ramenant son dos contre mon torse, et posé mon menton sur son épaule.

« Tu seras toujours ma Miyu, murmurai-je à son oreille. Quoi qu’il arrive. Je serai là, je te le promets. »


Je resserrai un peu mon étreinte et poursuivis :

« On n’aura jamais de vie “normale”. Il faut croire que c’est pas pour nous tout ça. Mais on peut faire de notre mieux pour être heureux malgré tout. On a beau dire, le bonheur, ce n’est pas si compliqué. Je suis heureux avec toi, ta présence me suffit. »


J’aimais Scarlet. Sincèrement. Mais mon cœur n’aurait pu se résoudre à la choisir plutôt que Miyuki. Je voulais, moi aussi, connaître de nouveau le plaisir égoïste de partager sa vie, échanger des « okaeri » et des « tadaimasu ». J’aimais Scarlet. Mais tout ce que j’avais vécu avec ma meilleure amie était tellement plus forte que tout le reste… Je ne pouvais tout simplement pas l’abandonner. J’avais besoin d’elle comme j’avais besoin d’oxygène. J’avais besoin d’elle car autrement je ne serais plus relié à la vie que par un ramassis d’illusions. Scarlet était un rêve de plus en plus lointain, une fille qui évoluait dans un autre monde, et je savais, depuis toujours, qu’il y aurait une fin à notre histoire. Je le savais, et j’avais feint penser le contraire quelques mois, le temps d’un amour.

Dans mon cœur, tout était clair comme de l’eau de roche. Il n’y avait jamais eu de décision à prendre. Miyuki avait toujours eu la première place.


Mais comment infliger ça à Scarlet, à présent que je lui devais la vie ? Comment justifier que je préfère l’amitié de Miyuki à l’amour qu’elle me portait ?
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 21 Sep - 20:19


Sombre mélancolie qui animait mon cœur meurtri. Je m’engouffrai dans les abîmes de la douleur. Mon âme toute entière hurlait au désespoir et à la haine, tandis que je n’étais plus qu’un spectre égaré dans la noirceur de la rancœur.

Mon regard incertain fuyait toute beauté, alors que l’obscurité attrapait encore un peu mon esprit.
Perdue dans l’inconnu, tout n’était que de glace, et de souffrance. Je t’en prie, sauve-moi. Arrache-moi de cette vie sans aucune rédemption, sans aucun pardon.

Un vent douloureux soufflait dans mon cœur, glaçant mon âme et mon corps, trop faible. Je sombrai dans le gouffre du regret, mon silence ne tendant qu’au désespoir.

Le sourire chaleureux d’Hayato vint étreindre mon cœur, ne le serrant qu’n peu plus. Je ne regrettai plus qu’une simple chose : d’être née.
Mais alors que je m’abandonnais à mon funeste destin, que mes desseins ne franchiraient jamais la frontière de la réalité, deux halos de chaleur entourèrent mon corps, pour soigner mon cœur abîmé. La douceur de la voix d’Hayato au creux de mon oreille, chanta telle la mélodie du rossignol, et le monde me paru un peu plus beau, un peu moins noir. Je me rappelais d’une chose, je n’étais plus seule. 

Mes mains vinrent attraper ses avants bras, alors que son étreinte se resserrait, et que je laissais ma tête trouver appui contre son torse. Mes doigts vinrent agripper ses manches, alors que je serrai la mâchoire, tentant de ne plus pleurer. De ne plus subir le joug de la vie. Je voulais être le maître de mon destin, mon propre dictateur. Je voulais nous offrir la possibilité de vivre. Il était là, et j’étais certaine que jamais, non, jamais, il ne m’abandonnerait.

« Je suis heureux avec toi, ta présence me suffit. » 

Ses paroles résonnèrent en moi, me procurant des frissons. Je ne savais plus depuis combien de temps de telles banalités n’avaient plus été échangées. Comment on avait pu arriver à ne plus être que des étrangers l’un pour l’autre. Deux personnes qui se côtoient, qui partagent leur quotidien, sans rien savoir. Sans savoir ce qui peut bien se cacher derrière ces sourires, ces regards. Nous avions oublié comment lire l’un en l’autre, oublié que derrière notre présent se cachait des cicatrices indélébiles, qui avaient marqué nos esprits, et avait fait de nous les personnes que nous étions aujourd’hui.

Hayato était le phare qui me permettait de savoir où je mettais les pieds, qui m’assurait que je me rapprochais de la fin de mon périple. Qui me faisait garder le cap, sans me perdre dans ce flot de sentiments qui m’envahissait avec violence. Une larme, transparente, roula sur ma joue, alors que je faisais volte-face.

"Je t'aime." lui soufflais-je sincèrement.

J’observai Hayato dans les yeux. Il était mon repère. Il était l’autre partie de moi qui m’avait manqué, mon âme sœur, mon alter-égo. Il était le seul qui comptait à mes yeux. Bien plus que Junpei, ce qui me liait à Hayato était exceptionnel. Je rapprochai mon visage du sien, et nos souffles se mêlèrent le temps de quelques instants. J’hésitai, à sceller notre relation. J’avais envie de ses lèvres. Mais Scarlet me rongeait l’esprit. Allait-il se laissait faire ? Il était amoureux. J’allais détruire leur couple, et notre amitié avec. Je voulais qu’Hayato soit heureux. Je ne voulais pas qu’il souffre par ma faute. Il avait déjà assez donné.

En français : « Et bah dit moi Miyuki, il y a bien des choses que tu m’as caché ! »

Je sursautai. Cette voix… Je me retournai rapidement, me détachant d’Hayato, alors que devant moi se trouvait une petite mamie, française.

En français : « Oh mon Dieu ! Adèle ! » 

J’avais toujours grandit auprès de cette femme, qui était comme ma grand-mère, bien qu’en réalité, elle ne soit personne d’autre que ma gouvernante, qui m’avait toujours offert une éducation stricte, mais également à désirer. Celle qui s’était toujours opposée à mon père, et qui avait reçu nombre de coups à ma place. Celle qu’Hayato et Junpei avaient vu plus d’une fois pendant notre enfance. Adèle était ma seule famille. Et elle se tenait devant moi après presque un an de séparation…

Elle nous observa en silence, les mains sur les hanches, un sourcil relevé, comme à chaque fois qu’elle me reprochait de lui avoir menti, ou même caché quelque chose. Mais ce que je lu sur son visage, ce ne fut pas de l’amusement comme elle pouvait avoir habituellement. Elle aussi, était triste.

« Les enfants… murmura-t-elle finalement en Japonais, j’ai quelque chose à vous avouer, venez vous asseoir. »

J’attrapai la main d’Hayato, comme désespérée. J’avais peur de son annonce, de ce qu’elle pourrait bien nous dire. Je regardai mon ami, désemparée. Hayato, dans quelle galère vais-je encore nous embarquer… ?
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 21 Sep - 22:22
L’écho de mes propres mots résonnait inlassablement dans ma tête. « Ta présence me suffit… » Pourquoi me sentais-je aussi mal ? Pourquoi mon cœur se serrait-il de la sorte ? Pourquoi avais-je cette terrible impression qu’il allait exploser ? Était-ce un mensonge ? Non, j’en étais convaincu, je n’avais pas lancé ça pour consoler mon amie, et j’étais loin de prendre tout ça à la légère. Une fois de plus, c’était la Vérité elle-même qui laissait son goût amer sur mon palais meurtri par la saveur du sang.

Miyuki m’était infiniment plus précieuse que Scarlet, et le réaliser m’était comme un coup de poignard qui lacérait mon âme. Cruauté des sentiments, cruauté de la vie. Pourquoi fallait-il que notre amitié soit plus forte encore que l’Amour ? Était-ce seulement possible ? J’en vins à douter d’avoir jamais aimé Scarlet. Comment pouvais éprouver quelque chose de plus passionné que ce qui me liait à la magnifique lycéenne ? Comment pouvais-je préférer tirer un trait sur elle, sur ces regards échangés, sur ces moments où nous nous étions aimés, enlacés, embrassés, ces tendres gestes, ces paroles délicieuses, et tant d’autres choses qui nous avait rendus si complices ? Je en comprenais plus rien… Si ça n’avait pas été l’Amour, alors qu’était-ce ? Qu’y avait-il donc qu’un homme puisse chérir plus encore ? Y avait-il seulement un nom à ce terrible sentiment ?

Miyuki se tourna doucement vers moi, et je desserrai mon étreinte pour ne pas lui faire mal. Et sur ses lèvres rosées perla une phrase, la plus belle d’entre toutes, la seule qui, au prix de la sincérité, ne se fane pas lorsque file le temps.

« Je t’aime. »


Nous nous l’étions dit plus tôt, et cent autres fois auparavant. Mais jamais, jamais elle n’avait semblé si vraie, si profonde, si douce, jamais je n’y avais perçu autant de souffrance. Pourquoi sonnait-ce comme un aveu ? Pourquoi me semblait-il entendre l’appel désespéré d’un cœur amoureux ?

Mes yeux plongés dans les siens, perdus dans ce puits d’ébène, je ne pouvais souffler mot. Nos regards s’enlaçaient, et mes yeux lisaient dans son âme une émotion bouleversante. Imperceptiblement, nos visages se rapprochaient, jusqu’à ce que la chaleur de son souffle vienne caresser ma peau, et mes mains glissèrent sur son cou, mon pouce venant cueillir cette unique larme qui s’insinuait à la commissure de ses lèvres. Ses lèvres… Depuis quand me semblaient-elles aussi douces ? Pourquoi avais-je l’impression qu’elles m’attiraient à elles, irrémédiablement ? Ce « je t’aime » était un chant de sirène, qui avait harponné mon cœur battant à tout rompre. Qu’est-ce qui me prenait ? Était-ce là la manifestation de cette inestimable amitié ?

Je luttais. Je luttais pour ne pas céder à la tentation de m’emparer de ces lèvres, d’en savourer le parfum, de me lier toujours plus à Miyuki. Parce que je ne pouvais pas, je ne devais pas. Je ne voulais pas. Non, faux. Je le désirais, et m’y refusais cependant. Je ne pouvais pas me permettre un tel désir. Mais putain, ça me prenait aux tripes. Scarlet était loin, à vingt mille lieues d’ici, à vingt mille ans de notre ère. Scarlet, et ses lèvres tentatrices, ses lèvres qui nous avaient condamnés, ses lèvres qui nous avaient maudits, était une bien piètre torture face à ce que j’endurais là. Je en voulais plus vivre le même calvaire, je ne voulais plus être responsable de tant de cris, tant de larmes…

Et soudain, libératrice, une voix s’éleva à quelques pas de nous, et Miyuki m’échappa. Et j’échappai à Miyuki. Je n’aurais su dire si je m’en trouvais déçu ou soulagé. Sans doute les deux. Sans doute un peu plus déçu que soulagé. Mais c’était peut-être mieux ainsi. C’était des mots français, que je ne compris pas. Mais mon amie, elle, y répondit. Et levant mon regard vers la nouvelle venue, je reconnus sans peine la gouvernante des Mercier. Adèle.

Que faisait-elle ici ? Miyuki ne semblait pas avoir prévu sa visite, bien au contraire… Étrangement, je ne me sentais pas même pas comme un gamin pris en faute sous son regard suspicieux, bien que la situation soit telle que j’eus pu rougir, du moins si j’avais été moins chamboulé. À vrai dire, je m’étais rarement fait gronder par Adèle lorsque nous étions mômes. Elle savait pertinemment que Miyuki était toujours la tête pensante de nos mauvais coups, même si celle-ci s’était souvent arrangée pour que j’en porte la responsabilité. Adèle était une femme foncièrement bonne, à laquelle je m’étais attaché au cours de mon enfance. Et la revoir ce jour-là était à la fois inattendu et inquiétant. Elle paraissait plus grave que dans mes souvenirs, et lorsque qu’elle nous pria de nous assoir, je dus me faire violence pour garder mon sang-froid.

Serrant fort la main de Miyuki dans la mienne, je regagnai le canapé, et enjoignis mon amie à faire de même. L’atmosphère était anormalement pesante, et je ne savais à quoi m’attendre.


« Que se passe-t-il…? » demandai-je en rongeant nerveusement un ongle de ma main libre.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 16:48
Hayato serra plus fort la main que j’avais niché dans la sienne, comme un signe de réconfort. Comme s’il voulait m’enlever à cette torture qui me prenait aux tripes. J’en avais entendu assez, des aveux. J’avais assez souffert, et je priai pour qu’Adèle ne m’apporte rien de pire. Qu’elle ne soit là que pour me dire qu’elle ne partirait plus. Qu’elle emménageait chez moi, et que c’était cet aveu qu’elle voulait me faire. Qu’elle voulait me dire qu’elle m’aimait. Que je lui avais manqué, et qu’elle ne pouvait pas m’oublier.

Mais il fallait croire qu’il m’était interdit d’espérer, comme il m’était interdit de sourire. Je gardai un visage neutre, sans laisser aucune émotion franchir mes traits. De ces deux personnes me connaissant depuis mon enfance, seul Hayato aurait été capable de lire ce qu’il y avait derrière ce visage : De la peur, et de la souffrance. Comme un malheur qui venait bien avant la tempête. Celui qui se nichait en moi, vicieusement, pour ne plus me lâcher avant que tout ne se finisse, par ma mort.

J’avais l’impression que je ne me débarrasserai jamais de ce qui me collait à la peau. De ce qui me prenait au cœur, voulant m’achever. Au fond de moi, je le savais. Sans Hayato, j’aurai abandonné. 
Mes yeux cherchèrent le regard d’Adèle, tentant avec crainte de lire ce que je pouvais. De voir ce qu’elle nous dirait, ce qu’elle nous confierait.

Quand j’étais partie de la maison, elle pleurait. Adèle avait toujours semblé froide au premier abord, mais lorsqu’on la connaissait un temps soit peu, on se rendait vite compte qu’elle était aimante, et que je représentai beaucoup pour elle. Aucuns mots doux n’avaient jamais été échangés entre nous. Ni même de réels gestes d’affection. Vivant dans un monde hostile, et violent, je m’étais toujours faite à cette idée. Celle de ne jamais rien recevoir. Mais, avec Adèle, c’était différent. Ses regards avaient toujours été sympathiques, aimants, et chaleureux. Ses traits s’adoucissaient quand elle me voyait (sauf lorsque je faisais des conneries, évidemment). J’aimais Adèle, et elle m’aimait. Je l’avais toujours considérée comme ma grand-mère.

Français : « Qui est ce garçon Miyuki ? » me demanda-t-elle, alors qu’un petit sourire amusé se dessina sur mon visage.

Français : « Mais Lili ! (Oui, ce surnom était celui que je lui avais attribué dès mon plus jeune âge) C’est Hayato ! » 

Une lueur d’étonnement passa dans ses yeux, alors qu’elle observait Hayato. Elle sourit, avant d’aller lui pincer les joues.

« Mais dit donc ! Je ne t’avais pas reconnu petit garnement ! Comme tu es devenu beau. Mais depuis quand vous êtes amoureux les jeunes ? Je vous avais toujours pensé amis ! Où est Junpei ? »

Adèle se tut un instant, alors qu’elle se décalait d’Hayato. J’eus l’impression que nous étions retournés quelques années en arrière, jusqu’à cet instant. Et je pense qu’elle aussi. Je pense qu’elle avait aussi oublié combien nous étions tristes. Combien nous souffrions. 

« Trêve de bavardage. Lança-t-elle froidement, en allant s’asseoir en face de nous. Miyuki, je t’ai entendu parler à Hayato. Oui, ton père avait la main leste. Mais la cicatrice que tu as sur le torse n’est pas de sa responsabilité comme tu le penses. Il y a de nombreuses choses que ton père te cachait. De lourds secrets de famille. » 

Elle s’arrêta un instant, avant de soupirer, et de me regarder droit dans les yeux.

« Il m’avait fait jurer de ne jamais te les répéter, et que son âme me pardonne, cependant, il devient nécessaire que tu les apprennes.
Ta mère n’était pas quelqu’un de bien Miyuki. Ton père l’a chassé de chez toi. Elle était menaçante pour toi. Ta mère était folle Miyuki. Elle a tenté de te tuer. » 

Mon cœur rata un battement, alors que je continuais de regarder Lili, désemparée. Ma mère était folle, elle avait tenté de me tuer ? Non. Elle plaisantait. Elle se moquait de moi. Je me rappelai d’une femme douce, et aimante, d’une femme souriante et joviale. Je me rappelai très bien de ce moment où mon père, un peu trop en colère m’avait lourdement blessé. Ces souvenirs étaient gravés en moi comme des plaies qui ne cicatriseraient jamais. Comme une histoire amère qui me rongeait.

« Cesse de m’influencer Adèle. Dis-je en me levant. Je sais que tu considérais mon père comme ton fils, que tu l’aimais plus que tu ne m’aimais. Je sais que tu as toujours haït ma mère, tu as jubilé lorsqu’elle est partie. Je sais que mon père, l’aimait trop. Que jamais il n’aurait pu la chasser pour moi. Il avait beau m’aimer, elle était la seule femme de sa vie, et s’il avait du faire un choix, il l’aurait choisit elle.
Je sais que tu aimes le clan. Que tu y tiens, et que ton devoir de gouvernante était de m’élever dans ce contexte. Mais j’ai grandit Adèle. Aujourd’hui, tes mots ne pourront plus jamais me changer. Mes souvenirs sont bien présents. Je n’aurai jamais attendu qu’elle revienne si longtemps, si elle m’avait blessé. 
Mon père était un homme bon, je le sais très bien. Mais il ne faut pas oublier qu’il était un Yakuza, et que, malgré tout, il agissait avec nous, comme il le faisait avec sa main d’œuvre. Il ne savait pas éduquer un enfant, c’est pour cela qu’il m’a confié à toi. 
Adèle, je te demanderai de cesser de faire de moi, celle que tu as toujours voulu que je sois. Ta copie conforme. »

Adèle avait toujours voulu que je me conforme à ses opinions. Que j’agisse comme elle le faisait, et que je pense comme elle. Pendant bien longtemps, c’est ce que j’avais naïvement fait, mais aujourd’hui, j’avais confiance en ma mémoire, mon passé. Son air se refroidit, avant qu’elle ne soit totalement confuse. Elle se leva, sa lèvre du haut tremblant, comme à chaque fois qu’elle était contrariée.

« Je m’installe dans l’appartement d’en face Miyuki. Si tu as besoin de moi. » 

Elle sortit, en fermant avec délicatesse la porte d’entrée. J’avais quitté sa silhouette jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un souvenir, comme si je venais de rêver. Un soupir passa la barrière de mes lèvres, alors que je regardai Hayato.

« Il commence à se faire tard, on va se coucher ? » 

Je voulais oublier que je souffrais, que j’avais mal, et que les mots d’Adèle m’avaient heurté. Et pour cela, je taisais cette douleur si vive qui m’avait prise. Je ne voulais plus de cette vie de chienne. Je voulais pouvoir tout oublier. J’aurai même souhaité être amnésique.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 18:55
Alors que je faisais de mon mieux pour paraître calme, alors que je bouillais de l’intérieur tant je redoutais ce qui allait suivre, j’entendis Miyuki prononcer mon nom parmi ce charabia de français. Je lui adressai un regard suspicieux, avant que sa gouvernante ne vienne m’attraper la joue, comme si j’étais toujours le même gamin d’Himeji, dont il ne me restait pourtant plus grand chose. Oh Seigneur… Qu’est-ce qu’elle avait à me tenir comme ça ? J’étais donc toujours un môme à ses yeux ?

« Mais dis donc ! Je ne t’avais pas reconnu petit garnement ! Comme tu es devenu beau. Mais depuis quand vous êtes amoureux les jeunes ? Je vous avais toujours pensés amis ! Où est Junpei ? »


Bam. Bam. Deux coups. En plein cœur. Depuis quand étions-nous amoureux ? Excellente question. Je nous avais toujours pensés amis également. Où était Junpei ? Aucune idée. Je ne savais plus où j’en étais, ni avec elle, ni avec lui. Je dus piquer un fard, car mes joues commencèrent à me brûler, et il y avait peu de chance que ce soit dû au traitement que leur infligeait la vieille femme. Alors c’était l’image que nous rendions de nous ? Deux amoureux ? Était-ce la façon dont Scarlet nous voyait également ? Mes pensées déjà troubles s’envolèrent vers un passé déjà lointain, à ce jour ensoleillé où j’avais échangé ce maudit baiser avec la jolie demoiselle. Déjà, elle avait évoqué ma relation avec Miyuki. « Vous devriez régler ça, avait-elle dit. Les choses risquent de devenir de plus en plus compliquées si vous tardez trop. »

À l’époque, je n’avais pas su non plus définir la nature de ce qui me liait à ma meilleure amie. Et ce n’est que près de trois mois plus tard que je réalisai ; tout avait été prédit. Toutes ces banalités que j’avais alors échangées avec la jeune fille n’avaient rien d’anodin. Pour cette seule fois, ce bref instant où j’avais laissé un désir prendre le dessus sur la raison, j’en payais aujourd’hui les frais. Tout était écrit. Scarlet m’avait elle-même averti. J’avais foncé tête baissée dans ce cauchemar, alors que tout me hurlait de ne pas le faire. De me contenir, rien qu’une fois. Je n’avais jamais rien réglé. Je n’avais jamais mis de mots sur ce que j’éprouvais pour Miyuki. Et tout s’était compliqué, inévitablement.

L’aimais-je, comme semblait le croire Adèle ? Non, non c’était impossible. Il n’y avait jamais rien eu de tel entre nous. Miyuki était une sœur. Un sœur que je voulais protéger. Que je voulais étreindre de toute mes forces, de tout mon cœur. Une sœur que je ne pouvais voir pleurer sans que mon âme se serre, comme prise dans un étau d’acier. Une sœur sans laquelle je ne pouvais plus vivre que comme l’ombre du gamin que j’avais autrefois à ses côtés. Une sœur qu’il me prenait tout à coup d’avoir envie d’embrasser. Je voulais croire que c’était normal, que tout cela passerait, que ça n’était qu’un contrecoup de toute cette émotion. Je voulais le croire, plus que tout, car j’avais peur. J’avais peur de découvrir que tout mon cœur ne brûlait que pour Miyuki. Qu’il n’y avait jamais eu qu’elle, et ce pour toujours. J’avais peur de faire du mal à Scarlet, encore une fois. Et de blesser Miyuki également, alors qu’elle avait déjà tant souffert. Putain. Qu’est-ce que je pouvais faire, à part me taire, taire ce désir qui me rongeait, taire ces sentiments que je ne comprenais pas ?

Je ne répondis rien à ces deux questions, car je n’avais aucune réponse à fournir. Adèle mettait précisément le doigt sur les sujets les plus douloureux de ma vie présente. Miyuki, Scarlet, Junpei. Junpei dont je n’avais plus aucune nouvelle. Junpei dont je ne savais plus si je devais désirer la présence ou pas. Peut-être aurait-il pu m’aider, au nom de notre ancienne amitié, à discerner où se trouvait l’amour dans tout ces sentiments si confus. Mais Junpei était un nom que je n’avais plus le courage de prononcer.

Adèle avait repris la parole, et parlait à présent d’une cicatrice dont Miyuki ne m’avait jamais mentionné l’existence, probablement pour la même raison que celle pour laquelle elle ne m’avait rien dit de ce qu’elle m’avait avoué un instant plus tôt. Ainsi son père n’aurait pas été violent qu’avec sa mère ? Ma main se resserra encore sur la sienne, tandis que ma mâchoire se durcissait. Le monde des yakuzas était bien trop cruel pour la petite fille qu’elle avait été. J’avais envie de crier à l’injustice. Et lorsqu’Adèle révéla ce qu’elle savait de la mère de la jeune fille, j’eus envie de croire à une blague de très mauvais goût. Est-ce que tout cela avait seulement un sens ? Je me sentais mal pour Miyuki, qui avait tant souffert de l’absence de sa mère, et qui s’était bercée d’illusions à son sujet. La vie n’était donc que ça ? Un vicieux engrenage, un enchaînement de coups de putes, des souffrances à la pelle, un coup dur après un autre ? Sitôt qu’un malheur apparaissait, en suivaient deux autres. J’étais à la fois désolé et révolté, j’en voulais à la Vie, j’en voulais au monde entier. Et Miyuki, elle, se refusait tout simplement d’y croire. Elle rejetait tout en bloc, comme si cel suffirait à se protéger.

Et moi, je ne disais rien. Je ne pouvais risquer de la blesser encore plus, et même une fois que la gouvernante fut sortie, je ne pipai mot. Il était évident que Miyuki allait mal, et que rien de ce que je ne pourrais lui dire n’atténuerait sa souffrance. Je ne connaissais rien de ces secrets, et ne pouvais pas la rassurer. Alors mon regard se porta sur cette main qui avait lâché la mienne, tandis que le jeune fille changeait de sujet, comme si rien de tout cela n’avait eu lieu.

« Il commence à se faire tard, on va se coucher ? »


Combien de temps allait-elle encore supporter tout ça ? Combien de temps aurait-elle encore la force de donner le change, de masquer sa souffrance derrière ce masque qui lui allait si mal ? Miyuki était forte, mais à quel point ?

Lentement, sans trop réaliser ce que sa proposition impliquait, j’hochai la tête. Oui, mieux valait dormir. Oublier pour un temps. Se reposer. Faire taire se monde odieux qui ne semblait vouloir que notre malheur.

« Oui, répondis-je simplement en lui adressant un demi-sourire. Allons-y. »



Je ne connaissais pas cet appartement, je n’en avais jamais vu plus que cette grande pièce et cette cuisine. Je ne m’y sentais pas tout à fait à l’aise, et je ne savais ni quoi faire, ni où aller. Je me levai seulement, m’approchai de la jeune fille, et me saisis à nouveau de sa main, sans trop réfléchir. Comme si tout irait mieux comme ça.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 19:57
Hayato n’avait rien dit. Il ne posait pas de question, et ne cherchait pas à faire remonter mes souvenirs. Pourtant, je me doutais qu’il se demandait ce qui avait bien pu se passer, comment je pouvais me sentir. Mais comme l’amour qu’il était, jamais il n’oserait me demander, de peur de me blesser.

Les mots qu’Adèle avait pu prononcer à Hayato n’effleuraient pas même mon esprit, tant il était occupé par ceux qu’elle avait pu m’adresser. Pourquoi cherchait-elle ainsi à me détruire ? Devais-je croire à ce qu’elle me disait ? Avait-elle raison ? Avais-je attendu le retour d’un monstre ? Je n’étais plus vraiment sûre de ce que j’avais pu lui affirmer, remuant ciel et terre pour m’en convaincre. J’avais l’impression qu’au moindre coup suivant, je pourrai m’effondrer, me briser. Je n’étais plus capable de supporter tout ça. Je le sentais au plus profond de moi. Plus qu’une phrase, un mot, et ce serait le chaos.

Hayato me répondit de façon positive, et vint se saisir de ma main. Cette fois-ci, je n’avais plus le cœur de lui sourire. Je n’y arrivai pas. Je ne savais pas vraiment où il préférait dormir. Dans la chambre d’ami, ou sur le canapé. Ou… Avec moi. Mais je l’entrainais dans ma chambre. Parfaitement ordonné, étonnant quand on me connaît. Il y avait tellement de choses que je devais lui dire. Lorsque nous passâmes la porte, je m’assis sur le lit.

« Hayato… Avant de dormir, je dois t’avouer des choses. »

Des choses dont j’avais honte. Dont je n’avais jamais voulu parler. Inspirant, pour prendre mon courage à deux mains, j’enlevais mon haut, pour dévoiler un tatouage sur ma gauche. Des branches de cerisier, recouvrant mon épaule, mes côtes, mon épaule. Un tatouage qui prouvait mon appartenance à un clan que je reniais. J’étais contrainte de régner sur ce monde. Moi qui l’avais toujours dénigré. 

Mas plus encore, une vieille balafre, exécrable, séparait mon corps en deux. Partant du bas de mon sein droit, caché par mes sous-vêtements, évidemment, jusqu’à ma hanche gauche. Une cicatrice pleine de souffrance. Une cicatrice qui avait ruiné mon enfance.

« Hayato… Je suis enchaînée à ce monde. Mon père m’a fait tatouer à mes quinze ans. La cicatrice que tu vois, est le résultat d’une dispute déchirante entre lui et moi, à ce moment précis. Elle n’est pas entièrement de sa faute. Mais de la mienne. J’ai essayé de mettre fin à mes jours. » 

J’avais voulu mourir dignement, et sans avoir les mains sales. Je me rappelle, devant mon père, de tenter de me tuer, de ne plus jamais garder les pieds sur cette putain de terre. Et aujourd’hui, j’en gardai la marque à vie. Une marque dont j’avais honte. Qui me faisait me détester bien plus que ce que je n’aurai pu.  Quelques larmes coulèrent sur mes joues, alors que mon visage restait de glace. J’avais peur. Peur d’affronter le regard d’Hayato.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 21:05
Elle m’entraîna à sa suite, un peu trop vite car je dus forcer sur ma jambe blessée pour ne pas tomber. Ça n’était plus si douloureux, et je m’étais habitué à ces élancements qui me prenaient parfois, mais je préférais toujours me déplacer prudemment. Je savais que j’avais eu tort de ne pas me rendre à l’hôpital comme Miyuki me l’avait recommandé, et je savais pertinemment qu’elle allait finir par me le reprocher. Mais pour le moment, elle devait être bien trop occupée pour s’en être rendue compte. Et c’était tant mieux, je ne voulais pas lui causer plus de soucis qu’elle n’en avait déjà.

Nous arrivâmes à ce qu’il me semblait être sa chambre, bien qu’elle soit trop ordonnée pour en être tout à fait certain. Une Miyuki trop soigneuse était une Miyuki bien trop triste à mon goût. J’avais beau avoir trop souvent râlé, son bordel permanent me manquait. Tout était devenu trop propre. Peut-être ressentait-on le besoin de tout mettre au clair en apparence lorsque tout l’intérieur se trouvait ravagé… La pièce portait son odeur si familière, odeur que l’on ne retrouvait plus tout à fait chez moi, dans ce petit appartement qu’elle avait déserté des mois plus tôt. Voulait-elle que nous dormions ensemble ? Je n’en était pas tout à fait sûr, quoi que ça ne m’aurait pas étonné. Je voulais rester auprès d’elle autant que je le pouvais.

Elle s’assit au bord du grand lit, petite fille fatiguée dont les épaules croulaient sous le chagrin, et cette vision me brisa le cœur encore une fois. Je n’en pouvais plus de la voir comme ça. Je voulais prendre sa peine et la faire mienne, je voulais la voir sourire de nouveau. Son rire, que j’avais entendu si souvent, me manquait. Terriblement.

Miyuki avait de nouveaux aveux à me faire, et je fermai les yeux, fatigué d’aller de mauvaises nouvelles en mauvaises nouvelles, d’enchaîner les coups et les déceptions.

« Je t’écoute. » murmurai-je en ouvrant à nouveau les yeux.


Et sous mon regard étonné, Miyuki ôta son haut, révélant un tatouage ornant son corps depuis son épaule jusqu’au bas de son ventre, de magnifiques fleurs au rouge délicat. Si cela me surprit, ce ne fut rien lorsque je distinguai la cicatrice qui parcourait son ventre. Une étrange marque qui semblait conter une histoire pleine de souffrance. Une de plus. Comment avais-je pu passer à côté d’une chose pareille, pendant tant d’années ? Miyuki, que je croyais ma sœur, était si secrète…

« Hayato… Je suis enchaînée à ce monde. Mon père m’a fait tatouer à mes quinze ans. La cicatrice que tu vois, est le résultat d’une dispute déchirante entre lui et moi, à ce moment précis. Elle n’est pas entièrement de sa faute. Mais de la mienne. J’ai essayé de mettre fin à mes jours. »


Muet de stupeur, je regardais la balafre qui tranchait son corps, sa peau que j’avais toujours crue immaculée. Je ne réalisais pas. À quinze ans, nous nous connaissions depuis déjà si longtemps… Comment avait-elle pu ?… Que s’était-il passé pour que cela renne de telles proportions ? Où étais-je à ce moment-là ? Pourquoi ne s’était-elle jamais confiée ? Comment avais-je pu laisser ma meilleure amie dans un état pareil sans m’être douté une seule fois de ce qu’elle vivait ? Je me sentais nul, et désolé. Décidément, je ne pouvais plus supporter de la voir ainsi, et ses pleurs  éternellement silencieux n’arrangeaient rien.

Doucement, je m’assis à côté d’elle, et effleurai la marque du bout de mes doigts. J’avais l’impression que c’était un mauvais rêve, et que je finirais par m’éveiller dans ma chambre, seul, triste, désemparé, avant de me glisser auprès de Miyuki, entrouvrant sa porte pour vérifier qu’elle allait bien, et que je pouvais me rendormir sans crainte. Mais la sensation de sa peau sous mes doigt me prouvait que c’était bien réel. Une infinie tristesse m’envahit, et je ne savais plus si j’avais toujours le droit d’espérer que tout aille mieux un jour. Mais j’avais promis à Miyuki d’être là jusqu’au bout, de ne plus jamais l’abandonner. Et même si ma gorge se nouait, et que je me sentais sur le point de craquer à mon tour, je comptais bien tenir cette unique promesse.

« Tu es toujours aussi jolie. » lui glissai-je en essuyant ses larmes de mes pouces.


C’était tout ce qui m’était venu à l’esprit. Miyuki avait vécu des choses terribles, elle avait enduré des souffrances que je n’imaginais pas jusqu’à ce jour, et pourtant elle restait la même, et je l’aimais toujours, irrémédiablement, et une envie me prenait de partager encore un peu plus de sa peine.


J’avais peur de la perdre, peur qu’elle ne vive encore une tragédie et qu’elle ne m’échappe pour de bon. J’étais fatigué de m’inquiéter, de réfléchir, de me mentir. Alors sans chercher plus d’excuses, je me penchai et déposai un baiser sur ses lèvres salées de larmes.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 21:23
Je sentais la souffrance d’Hayato. Et je voulais être là pour lui, comme il était là pour moi. Tout ce qu’il avait au fond de son cœur était de ma faute. Je lui assénai toujours un peu plus ces terribles coups de poignard, sans même m’en rendre compte. Et si je me mettais à nu aujourd’hui en face de lui, je voulais qu’il comprenne pourquoi je ne l’avais pas fait avant. Pourquoi je ne lui avais jamais dit tout cela. Qu’en auraient été les conséquences, s’il avait apprit que j’avais tenté de mettre fin à mes jours quelques années plus tôt ? Je sais qu’il ne m’aurait jamais abandonné, c’était la dernière chose envisageable. Le perdre. Mais une partie de moi était tellement honteuse, que je n’avais jamais pu trouver le courage de lui avouer. Parce qu’après tout, il avait toujours été celui que je n’avais jamais osé affronter. Parce que peut-être qu’au fond, je savais que je l’aimais depuis le départ.

J’avais toujours eu peur de lui dire. J’avais jamais osé lui dire que putain, j’étais amoureuse de lui. Et c’était pour ça que je lui avais caché beaucoup de choses, à commencer par mes sentiments, mais aussi ce qui affectait mon corps. Je ne voulais pas qu’il me rejette. Et puis, lorsqu’il sortit avec Scarlet, je rendis compte que je ne pouvais rivaliser. Elle était si belle, si féminine, si gentille, et tellement bien faite, que j’avais fini par abandonner mes sentiments. A fuir Hayato que je voyais trop bien pour moi. Il était beau, gentil, attentionné, doux. Que pourrait-il bien faire avec une fille telle que moi. Mes qualités se comptaient sur les doigts d’une main, alors que les défauts…

Lorsqu’il s’assit à côté de moi, je frissonnai. Parce que j’avais peur, mais aussi, j’étais heureuse de le voir à mes côtés. J’étais toujours partagée quand il était auprès de moi. L’amour fait souffrir, mais je n’aurai jamais pensé qu’il pouvait autant le faire. J’avais envie de dire à Hayato de se laisser aller, comme moi j’avais pu le faire. Je voulais le réconforter de mes bras, de mes mots. Je voulais être celle qui essuierait ses larmes. Je ne voulais pas les laisser à Scarlet. La jalousie me tuait, mais l’amour également. 

Il posa ses doigts sur cette cicatrice que j’avais bien trop longtemps cachée, et je m’en sentis honteuse. Je ne voulais pas qu’il la touche, qu’il la voit, et pourtant. Ses yeux la parcourant secrètement. Il devinait mes secrets les plus intimes. J’attrapai sa main, doucement. Non pas pour la lui enlever, mais pour être sûre qu’il était bien là, bien vivant. Je voulais partager ma vie avec lui. Tout ce que j’avais vécu. Mes ses mots, les mots d’Hayato heurtèrent mon cœur tels des bombes. Je me rendant étrangement heureuse. Et si, aucun sourire ne passa la barrière de mes lèvres, mes yeux s’illuminèrent, et mon cœur s’accéléra. Comme celui de la femme amoureuse que j’étais.

Je vis le visage d’Hayato s’approcher du mien, et un frisson parcouru mon échine, alors qu’il me volait un baiser. Je fermais les yeux, avant d’agripper le tissu sur son bras, et de serrer un peu plus sa main au creux de la mienne. Lentement, je me laissais tomber en arrière, l'entraînant avec moi. Je ne le voulais que pour moi. Hayato… Si tu savais combien de fois j’avais rêvé de ce moment interdit.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Dim 27 Sep - 23:01



Ma main dans celle de la jeune femme, mes lèvres toujours à un millimètre des siennes, je gardais les yeux clos, de peur que tout ça ne s’efface d’un battement de cils. Agrippant mon bras, Miyuki m’avait entraîné contre elle, au beau milieu du lit, comme pour s’abandonner à mon étreinte.

Je me sentais étrangement calme, comme si tout coulait de source. Embrasser Miyuki, m’allonger à ses côtés, tout était nouveau, et pourtant si familier. Moi qui avais dessiné maintes fois la courbe de ses lèvres, c’était leur saveur que je goûtais à présent, mon avant-bras appuyé près de son visage pour me maintenir à son niveau. Mes doigts quittèrent les siens pour s’aventurer sur sa hanche, et parcourir sa peau étonnamment douce. Je pouvais entendre mon cœur battre la chamade, et j’en venais à me demander si elle pouvait l’entendre également. Mon pouls était rapide, et pourtant j’avais le sentiment d’être à ma place dans ses bras.

À cet instant, j’avais cessé de penser à Scarlet. Il n’existait plus rien que Miyuki et moi. La honte viendrait plus tard, lorsque tout serait irréparable. Je ne voulais pas risquer de regretter ce que je prenais tant de plaisir à faire. J’en avais marre des remords, de la culpabilité, et de toutes ces conneries. J’en pouvais plus d’être désolé, d’avoir peur de mal faire. Pour un temps, je voulais me laisser vivre dans un rêve, me réfugier dans un monde où l’amour n’avait plus rien de compliqué. Un rêve dans lequel je pourrais me laisser guider par mes sentiments. Juste le temps d’oublier la haie, la peur, la peine, pour tout balancer ailleurs, très loin. Panser les plaies de Miyuki une à une, patiemment, jusqu’à ce qu’un sourire ne vienne enfin éclairer son visage.

Délicatement, je reculai un peu, embrassai un des pétales rouges qui ornaient son épaule, et déposai à nouveau mes lèvres sur les siennes. C’était étrange, j’avais l’impression d’embrasser ma sœur, et pourtant cela avait quelque chose d’enivrant et de rassurant, une douceur bien différente de toutes celles que j’avais connues jusque là.

« Je t’aime aussi. » soufflai-je en écho à ce qu’elle m’avouait plus tôt.

Je l’aimais, oui. Même si je n’en avais plus le droit. Même si j’avais fait l’erreur d’en choisir une autre quelques mois auparavant. Je ne savais plus trop où j’en étais, et je ne voulais plus y réfléchir. Je voulais simplement continuer de me perdre ainsi dans mes rêves, ne plus jamais m’éveiller. Ne plus jamais reprendre contact avec la réalité.

Je l’attirai contre moi, dans mes bras, et nichai mon visage dans ses cheveux toujours humides, tandis que mes mains caressaient son dos à la courbe délicieuse. Miyuki m’avait manqué, non seulement en tant que sœur, mais aussi en tant que femme. En tant qu’âme sœur, peut-être… Alors, il y avait bel et bien quelque chose de plus fort encore que l’amour passionné qui m’avait lié à Scarlet…
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 28 Sep - 21:39
Etrangement, Hayato se laissa faire. Il me laissa l’entraîner contre moi, au milieu de ce grand lit. Cet appartement, même peuplé par les hommes de mon père aujourd’hui devenus miens, m’avait toujours paru tristement vide. La seule présence d’Hayato permettait d’oublier cette solitude, cette tristesse. Le sentir contre moi me faisait revivre, m’insuffler cette rédemption pour laquelle j’avais tant prié silencieusement.

Sa main se défit de la mienne, alors qu’il parcourait ma hanche, me volant un frisson. Mais ce qui m’acheva, ce fut ses mots. Ils étaient si banaux. On se les était dit quelques instants plus tôt, au téléphone, en face. Mais ils n’avaient jamais eu cette portée. Jamais ils ne m’avaient rendu aussi heureuse. Un sourire sincère se dessina sur mon visage, alors que mes yeux s’illuminaient. Dans un monde de désespoir, Hayato savait me rendre heureuse. Il savait me toucher en mon cœur.

Hayato finit par m’attirer vers lui, alors que je pouvais sentir son parfum enivrant et délicieux. Il était aussi doux que ses gestes, aussi doux que sa personnalité. La douceur avec comme définition Hayato, et c’était ça que j’appréciai chez lui. Il était la seule personne qui m’offrait la tendresse dont j’avais besoin. J’étais attachée à lui comme à personne d’autre.

Mais, toujours malicieuse, même dans les moments les plus agréables, je ne pu m’empêcher de faire une connerie, et cela passait par, faire glisser Hayato. Je glissais ma main sous son bras appuyé sur le lit, rapidement, de façon à lui faire perdre l’équilibre, et il finit par m’écraser. Un rire cristallin passa la barrière de mes lèvres.

« Ah. T’es lourd ! »

Je le fis rouler sur le côté, avant de m’allonger sur lui, laissant ma tête reposer sur sa poitrine, alors que je caressai son avant-bras gauche. Son cœur battait à tout rompre, peut-être autant que le mien, je n’en savais rien. Peut-être avait-il peur des conséquences de nos actes ? J’avais envie de commettre l’irréparable. De peut-être aller beaucoup trop loin. Mais ne jamais le regretter, parce qu’au fond, c’est ce que j’avais toujours souhaité.

Je me redressai, avant de regarder Hayato dans les yeux, et de passer malicieusement une main sous son tee-shirt, au niveau de son ventre. Je lui adressai un sourire, charmeur.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 28 Sep - 23:19
Ses lèvres, ses caresses, son étreinte, tout ça paraissait irréel. Je nageais en plein rêve, je délirais complètement. Était-il seulement possible de ressentir un tel bonheur dans des circonstances pareilles ? Ainsi détaché de mes éternelles interrogations, il me semblait connaître enfin la paix. Miyuki était ma vie, mon oxygène, et me priver d’elle était une torture que je n’aurais pu supporter plus longtemps.

Je me sentais enfin revivre, émerger de ces cauchemars sans fin, et je ne me serais jamais lassée de serrer Miyuki contre mon cœur si elle ne m’avait pas déséquilibré d’un geste malheureux. D’un seul coup, sans comprendre ce qu’il m’arrivait, je m’écrasai sur elle. Merde, je lui avais fait mal, ou..?

« Ah. T’es lourd ! »


Alors que je m’inquiétais, elle s’était mise à rire, de ce rire adorable qu’elle avait lorsqu’elle se vantait de ses bêtises. Ce rire que je n’aurais jamais cru entendre de sitôt. Un soupire de soulagement m’échappa. Elle allait bien. Elle était heureuse. Je la rendais heureuse. C’était idiot, mais je n’avais pas pensé qu’elle me rejetterait si je m’emparais de ses lèvres comme je venais de le faire. Comme si l’alchimie que j’avais ressentie avant l’irruption d’Adèle m’avait accordé le droit de me les octroyer sans lui demander son avis. Je n’avais pas craint une seule seconde qu’elle me repousse, alors qu’elle aurait eu mille raisons de le faire. Non, je n’avais pas réfléchi, et mon cœur s’était exprimé de lui-même. Là encore, je n’imaginais pas Miyuki regretter un jour ce qu’il se passait dans l’intimité de sa chambre. Et je savais pertinemment que je ne regretterais rien non plus. Nous nous étions séparés pour mieux nous retrouver, nous nous aimions enfin, nous étions heureux. Et je devinais sans peine le sourire de ma meilleure amie.

Elle avait fait exprès de me faire tomber, ça ne faisait aucun doute. Sacrée Miyuki… Elle ne changerait jamais… Toujours obligée de faire la maligne lorsque n’importe qui aurait préféré garder son sérieux.

« Bien fait, grognai-je en tâchant de me redresser. Tu es inco… »


D’un geste, elle me fit rouler sur le côté, échangeant nos positions pour se placer sur moi et déposer son visage contre mon torse.

« …rigible… » achevai-je alors que je sentais mon visage s’empourprer.


Son corps ainsi pressé contre le mien, je me sentais confus. Miyuki… Merde, qu’est-ce qui me prenait ? C’était quoi cette sensation-là ? Mes joues avaient dû tourner au cramoisi tandis que je me rendais compte que, putain, elle me faisait un effet dingue. Son regard malicieux planté dans le mien, la commissure de ses lèvres relevée en un sourire de plus craquants, sa main à présent glissée sous mes vêtements, tout devenait bien trop tentant… Si Miyuki avait été le fruit défendu, voilà qu’il me prenait l’irrépressible envie de la croquer. Les choses allaient déraper, et ça ne serait pas pour me déplaire.

Mes doigts agrippèrent la couverture, et alors que mes yeux subjugués ne lâchaient plus les siens, je fis remonter lentement ma main libre le long de sa colonne vertébrale jusqu’à saisir sa nuque et l’attirer à moi pour lui voler un baiser de plus. Putain que je la désirais à cet instant-là, jusque dans mes tripes… J’avais l’impression que mon cœur allait exploser. Mais comme un amer écho, me revint le nom de Scarlet. Scarlet. Je ne pouvais pas lui faire ça. J’avais beau être certain de mon amour pour Miyuki, je ne pouvais oublier ma petite amie de la sorte. Jamais je n’aurais pu affronter son regard ne soit-ce qu’une dernière fois si je laissais les choses aller plus loin ce soir. Et Dieu sait pourtant à quel point j’en brûlais d’envie.

Doucement, je fis basculer Miyuki à son tour, tâchant de reprendre un tant soit peu le contrôle de moi-même. Une main contre sa joue, je lui murmurai :

« On devrait dormir, Miyu. Juste… le temps de mettre un terme à ma relation avec Scarlet. »



C’était peut-être trop brutal… Mais je devais être honnête dès maintenant. J’espérais qu’elle ne le prendrait pas trop mal, qu’elle comprendrait que je faisais tout ça pour elle, pour pouvoir l’aimer encore plus, encore mieux. Et aussi parce qu’il me restait un certain respect envers ma petite amie, et que je ne voulais pas la déshonorer si nous allions trop loin.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Jeu 1 Oct - 14:14
Incorrigible était le mot qui était sorti de la bouche d’Hayato, coupé en deux par mes actions. Je l’avais mit mal à l’aise, et je pouvais entendre son cœur marteler sa poitrine. Comme s’il allait finir par se briser. Un temps, j’eus peur qu’il ne finisse par s’arrêter et me crève entre les doigts, ce que je ne voulais absolument pas voir arrivé. J’avais bien trop peur. Trop peur de perdre ce qui me rattachait encore à la vie.

Il n’a pas du voir ce moment où moi aussi j’ai fini par me sentir gênée. Après tout, si j’étais sûre de moi en apparence, tout au fond, je me haïssais, et jamais je ne serai capable de mener un tel ballet. Tout comme j’étais intimement persuadée que jamais je n’arriverai à décrocher cette putain de médaille. Même à ta mémoire, papa.

Reprenant rapidement mes esprits, pour ne plus avoir à supporter ces pensées qui me hantaient, au moins le temps de quelques instants,. Pour profiter de ce moment de répit que m’offrait la vie, avant de m’engloutir dans ce côté sombre que je tentais tant bien que mal de repousser. 

Alors que nous nous regardions dans le blanc des yeux, peut-être tout aussi provocateurs l’un que l’autre, je savais que jamais je n’irai plus loin de moi-même, de peur de me faire repousser par cet homme qui me prenait au dépourvu. Face à cet homme qui me mettait nue. Je n’aurai jamais pensé qu’une telle personne puisse exister, qu’un tel sentiment puisse fleurir au fond de moi, et que l’amour fasse si mal, même lorsqu’il était à ma portée.

Hayato me vola un baiser, en agrippant ma nuque. Je lui adressai un sourire. Heureux. Un vrai que je ne perdrai que bien trop tôt. Bien avant que je ne m’en rende compte. Il finit par me décaler à ses côtés, et je le regardai dans les yeux, prête à me loger dans les bras, alors que sa main était posé sur ma joue qui n’était pas contre le matelas.

Il prononça finalement le nom de Scarlet, alors qu’un frisson parcourait mon échine. Que venais-je de faire ? Je me sentais terriblement honteuse et mal à l’aise. Rapidement, mes joues s’empourprèrent, alors que je m’asseyais sur le lit, tentant de reprendre mes esprits. Je venais, sans mon rendre compte, d’altérer le bonheur d’Hayato. Voilà que je l’avais éloigné de son amour. De cette femme que je jalousais, mais qu’il chérissait. Pourquoi voulait-il la quitter ? A cause de moi ? De nombreuses questions se bousculaient dans ma tête, alors que je voulais lui supplier de rester avec elle, pour ne pas la briser, pour ne pas le briser. J’avais terriblement honte. Je n’avais jamais voulu me comporter ainsi.

« Euh je.. » soufflais-je désespérément.

Il fallait que je me calme, que je retrouve mes esprits. Que j’arrive à me contrôler. Ne pas le froisser, ne pas me froisser. 

« Est-ce que tu es sûr que c’est ce que tu veux Hayato… ? » murmurai-je, inquiète de la réponse qu’il pourrait m’apporter.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Jeu 1 Oct - 16:48
Qu’est-ce qui nous arrivait ? Comment en étions-nous arrivés là ? Est-ce que je venais réellement d’hésiter à tromper Scarlet ? Miyuki se redressa rapidement, le rouge aux joues. Voilà que je l’avais coupée dans son élan, certainement trop brusquement, et je devinais sans peine la gêne qu’elle devait ressentir à cet instant. C’était prometteur… Nous étions tous les deux aussi embarrassés l’un que l’autre.

« Ah… Excuse-moi, soufflai-je en m’asseyant à mon tour au milieu du lit. Je t’ai blessée. »


J’étais sincèrement désolé. J’aurais voulu prolonger cette étreinte tout comme elle semblait le désirer, caresser son corps, le redécouvrir plus intimement que jamais, et l’aimer comme elle avait toujours mérité d’être aimée. J’aurais voulu lui prouver qu’elle pouvait compter sur moi, que je serai toujours là pour elle. Mais non, au lieu de ça il avait fallu que je lui rappelle mon engagement auprès de Scarlet. Quel con. J’avais l’impression d’avoir balayé son adorable sourire d’un revers demain, alors qu’il m’avait tellement manqué.

La question qu’elle me posa était troublante. Je ne savais pas comment la prendre. Pensait-elle que je ne la considérais que comme une aventure ? Un moment de faiblesse pendant lequel j’oubliais la ravissante américaine ? Croyait-elle que les menaces de Taichi m’effrayaient au point que je préfère laisser Scarlet de côté ? Était-ce également ce qu’avait cru ma petite amie lorsque je l’avais suppliée de ne plus chercher à me voir ne soit-ce que pour un temps ? Ne me voyaient-elles toutes que comme un lâche, un pauvre gars déboussolé qui volait des baisers çà et là sans jamais réussir à se poser ? Était-ce ce que soulevait sa question ? Craignait-elle que je ne la considère que comme un amusement ? Ne pouvait-elle pas voir à quel point je l’aimais ? Mes baisers n’étaient donc pas assez sincères ? Pas assez convaincants ?

Un moment, j’eus envie de crier à l’injustice. Mais mon bon sens reprenant le dessus, j’en vins à espérer que Miyuki veuille simplement s’assurer que je ne regrette pas mon choix.

Mon choix d’aimer Miyuki, mieux que je ne l’avais fait jusque là. Parce que, merde, ça me frappait comme une évidence, qu’on avait toujours été ensemble dans le but de finir ensemble. Grandir ensemble, vivre ensemble, construire ensemble, et mourir ensemble. C’était une chose que je n’avais pas su faire avec Scarlet, et qui me paraissait pourtant évidente lorsqu’il s’agissait de Miyuki : regarder vers l’avenir. Voilà la différence entre ces deux femmes. L’une était ma muse, l’autre ma vie.

Je poussai un soupir, et me glissai à côté de Miyuki.

« Et toi, qu’est-ce que tu veux ? »


Prenant sa main dans la mienne, je caressai ses doigts fins et murmurai :


« Je ne pense pas avoir la force de te laisser partir encore une fois. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Sam 24 Oct - 21:59
C’est comme si un froid avait été jeté entre nous. Comme si en un instant, ce cocon de chaleur, et  de fortune avait volé en milles morceaux. Comme si lui et moi n’étions plus rien. Que seule cette douleur habituelle traversait nos cours pour nous rappeler, encore une fois, que nous vivions dans ce terrible pêché qu’était l’amour. 

Nos regards se croisaient pour mieux s’éviter, et ses contacts me faisaient frissonner, alors que je me perdais dans mon amertume et ma misère. J’étais si heureuse auprès de cet homme, que j’avais l’affreuse impression qu’il allait finir par arriver quelque chose qui viendrait tout rompre. Et ce n’était autre que le nom de Scarlet. Ce nom qui me faisait frissonner de honte, et de douleur. J’avais volé à une femme le droit d’aimer et d’être aimée. Un soupir passa la barrière de mes lèvres, alors que je baissais la tête sur nos doigts entrelacés. 

Qu’est ce que je voulais moi ? Ce que je désirai le plus au monde ? Lui, tout simplement. La réponse était évidente. L’enfer me bouffait, je savais que je ne rentrais pas dans les conventions quand j’étais avec lui. Je savais que notre amour avait ce quelque chose d’interdit qui nous prenait aux tripes, pour nous trucider le cœur. Je voulais donner ma vie à Hayato. Lui offrir le sang qui coulait dans mes veines, si seulement il pouvait rester à jamais auprès de moi.

C’était un amour passionnel que je vivais pour lui. Ce genre de choses qui vous fait perdre la tête, et la raison. Qui vous empêche d’avoir un minimum de bon sens, qui ne vous permet de ne voir que par cet homme qui vous bouffe la vie, et vous empêche de vivre sans lui. J’étais amoureuse d’Hayato, et ce, depuis je ne sais plus combien de temps.

J’avais tenté de l’oublier, de le laisser m’échapper, particulièrement lorsqu’il avait fini par préférer Scarlet à la gamine que j’étais, alors qu’elle était bien plus jeune que moi. J’avais tellement pleuré, je les avais tellement détestés, et voilà qu’aujourd’hui que je tenais le bonheur au creux de mes mains, que j’avais profité de ces instants, je n’arrivais en profiter, sans un terrible remord au fond de mon cœur. J’avais envie qu’ils soient heureux, qu’IL le soit, même s’il devait être loin de moi. Quand on aime quelqu’un, on doit savoir le laisser partir.

« Je veux ton bonheur Hayato. » soufflai-je.

J’avais l’impression de le pousser dans les bras de cette harpie. De le laisser m’échapper une nouvelle fois. Mais serai-je seulement capable de me regarder dans la glace une fois que j’aurai brisé son bonheur, ses rêves et ses espoirs ? Serai-je seulement un jour capable de lui apporter tout ce que Scarlet lui avait apporté ? je ne me sentais pas à la hauteur pour rivaliser avec cette femme. Elle avait tout pour elle.

« Hayato, tu peux rester auprès de moi, et auprès de Scarlet aussi tu sais. Tu n’es pas obligé de sortir avec moi. »

J’avais prononcé ces mots avec un grand sourire. Un immense même, alors que chacun des mots qui avaient passé la barrière de mes lèvres étaient de fines lames tranchantes qui s’attaquaient à mon cœur avec violence. Comme si tout ce que je disais voulait m’enterrer toujours un peu plus. Je regrettai mes paroles que j’avais lancé avec une fausse joie, une fausse sympathie, alors que mon cœur se mourrait de peur de ce qui allait bien pouvoir arriver par la suite. Je me sentais mal, terriblement mal.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Lun 26 Oct - 13:10
Que veux-tu, Miyuki ?…

Je ne savais trop à quoi m’attendre. Miyuki me voulait à ses côtés, cela ne faisait aucun doute, et je ne comptais plus partir. Plus jamais. Je prenais enfin conscience de mes conneries, et j’étais là, avec mon cœur au creux de la main, à lui offrir mon amour, prêt à n’importe quoi pour qu’elle me pardonne d’avoir été aussi aveugle, aussi con, aussi égoïste, prêt à l’aimer de toute mon âme, désireux de lui faire oublier à jamais chacune de mes erreurs.

En même temps qu’un soupir lui échappait, je reportai mon attention sur le visage de ma meilleure amie. J’avais tendance à l’oublier, mais Miyuki était une femme, et non plus la gamine d’Himeji avec qui je faisais les quatre cent coups des années plus tôt. Nous avions tous deux grandi, et pourtant… Pourtant, je la voyais toujours comme cette petite sœur qu’il me fallait protéger coûte que coûte, ce garçon manqué qui m’arrachait des sourires autant qu’il m’exaspérait. Miyuki était plus qu’une amie, plus qu’une sœur. C’était un tout, une partie de ma vie que j’avais laissée filer, que je n’avais pas vue grandir de la façon dont je l’aurais dû. J’avais manqué tant de choses… Quand était-elle devenue une femme ? Depuis quand notre amitié s’était-elle mue en amour ? Ça avait été si naturel, cela coulait tant de source, que je l’avais manqué. J’avais été aveugle à tout ça, aux propres battements de mon cœur. J’avais cru que cet attachement entre nous n’était que la manifestation d’une amitié profonde et éternel. Je n’avais pas réalisé que, non, il ne pouvait plus simplement s’agir d’amitié.

J’esquissai un sourire dépité, et Miyuki me répondit enfin, qu’elle voulait mon bonheur. C’était touchant, réellement. Derrière ces mots se profilait un amour sincère, presque coupable, qui m’était aussi doux qu’il me blessait. J’avais l’impression qu’elle regrettait bel et bien son attitude de ce soir, d’autant plus qu’elle ajouta des mots que je n’aurais jamais voulu entendre.

« Hayato, tu peux rester auprès de moi, et auprès de Scarlet aussi tu sais. Tu n’es pas obligé de sortir avec moi. »


Ces mots, et le sourire qu’elle m’adressait, tout sonnait tellement faux… Pensait-elle pouvoir me mentir comme elle le voulait ? Croyait-elle vraiment pouvoir me tromper, moi qui me vantais de la connaître depuis toujours ? Non Miyu, ne me regarde pas comme ça. Ne me dis pas une chose pareille. Ne me laisse pas le choix. Je ne veux plus être responsable de la peine de qui que ce soit.

Un puissant sentiment de lâcheté s’empara de moi, et je ressentis une fois de plus l’envie de tout laisser tomber, de ne plus chercher à épargner qui que ce soit. Faire l’égoïste à nouveau, me cacher derrière les décisions d’autrui. J’étais fatigué, et las de devoir me battre contre tout. Je venais de lui promettre mon âme, et elle me donnait l’impression de décliner subtilement mon offre, en me poussant vers la facilité. Il était tellement plus simple de retourner aux côtés de Scarlet. Elle était la fille idéale, adorable, splendide, j’en avais rêvé comme un fou, et je l’aimais toujours. Il ne tenait qu’à moi de poser cette décision. Oublier cette soirée, ne plus voir Miyuki que comme une sœur, faire taire les sentiments que ses étreintes avaient révélées au grand jour. Enlacer de nouveau Scarlet, la divine Scarlet, ma muse, ma petite-amie qui m’avait tout récemment avoué la profondeur de ses sentiments. Ne pas briser le cœur qu’elle m’avait cédé.

Tellement plus simple…

Désespérément, je passai un doigt sous le menton de la jeune femme, pour forcer son regard à affronter le mien, et c’est d’une voix blanche que je lui murmurai :


« Je t’en supplie… Ne me demande pas de retourner auprès d’elle. J’aurais pas la force de faire autrement. S’il te plaît. »
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mer 28 Oct - 0:27
Si mes mots avaient lacérés mon cœur, ceux d’Hayato m’achevèrent, alors que je ne cessais de lui sourire. Une seule envie me prenait aux tripes, à l’âme. J’avais envie de fondre en larme, en lui saisissant avec fermeté les bras, pour lui prier de rester auprès de moi, qu’il était l’homme de ma vie, mon âme sœur, ma moitié. 

Et en même temps, une certaine colère s’empara de moi, alors que j’étais blessée. Alors, tout ce qu’il venait de se passer n’était qu’une simple mascarade ? je ne pouvais me résigner à penser que ses gestes, ses baisers n’avaient été qu’une simple comédie. Peut-être était-il simplement incertain, perdu ? Je n’arrivais pas à le haïr, mais en même temps, je sentais que je lui en voulais, terriblement, tant mon cœur saignait.

Nos regards s’affrontaient, et je tentais, comme je le pouvais de le soutenir, alors que je n’avais qu’une simple envie : le fuir. M’effacer devant lui, pour ne plus avoir besoin de retenir les larmes qui me montaient, me donnant de terribles frissons. Avec douceur, je posais une main sur sa joue.

« Hayato, fait ce qui te rend le plus heureux. » affirmai-je avec conviction.

Une fausse conviction qui venait de m’enterrer un peu plus dans cette tombe que je me creusai. Je n’étais pas capable d’entraîner Hayato dans ma chute. Il était tombé bien trop bas depuis maintenant trop longtemps. Il méritait une vie facile, et dont il avait toujours rêvé. Il méritait une femme parfaite, belle et aimante, et non plus la gamine que j’étais. Hayato devait avoir le futur qu’il avait tant désiré, et ce, même si je devais rester en retrait. 

Avec douceur, et discrétion, ma main s’empara d’un morceau de la taie d’oreiller, afin de le serrer, comme pour faire passer toute cette souffrance qui bouffait mon cœur. Je ne devais pas être égoïste. Je ne pouvais pas souhaiter voir Hayato à mes côtés, tout en sachant pertinemment qu’il aurait mal, qu’il regretterait son choix. Lui-même n’était pas convaincu de notre relation, puisqu’il ne pouvait s’empêcher de penser à Scarlet. De m’avouer que si je l’y poussais, il retournerait dans ses bras. Et c’était peut-être ce qui me faisait le plus mal.

Une partie de moi voulait lui hurler de partir, de s’en aller, pour ne plus jamais me recroiser. Parce que lorsque nos regards s’enlaçaient, mon cœur implosait, tant la douleur qu’on m’affligeait était vive. J’avais envie de tout oublier, jusqu’à notre amitié, oublier que je l’avais aimé, et faire comme si nous ne étions jamais connus. Mais, cet oubli me consumerait probablement plus que cet amour que j’éprouvai pour lui.

« Tu as droit au bonheur. » 

Un sourire illumina mon visage. Je voulais qu’il voie que j’étais sincère, et sûre de moi. Qu’après tout, ce que je lui disais venait du fond du cœur. Parce que j’aimais Hayato. J’étais éperdument amoureuse de lui. Aimer quelqu’un c’était parfois le laisser partir.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mer 28 Oct - 14:27
(je la remets, mais là je peux pas faire autrement)


Après avoir effleuré le bonheur un trop court instant, goûté les délices de l’Amour, voilà qu’une main me happait, m’entraînant de nouveau dans un royaume de solitude. Était-ce la vie à laquelle j’étais destiné ? Devrais-je toujours me contenter d’apercevoir l’esquisse d’un Paradis sans jamais l’atteindre ? M’abandonner un instant dans les bras de Miyuki, pour mieux connaître ce à quoi je n’aurais jamais droit ? La main de la femme que j’aimais de toute mon âme, posée contre ma joue, était un tison ardent dont la brûlure m’était insupportable.

Comme si elle ne comprenait pas la prière muette que je lui adressais, elle continuait de me laisser seul face à mes doutes, et à chacun de ses mots, mon cœur se brisait un peu plus. Miyuki, putain… Pourquoi tu te mens comme ça ? Pourquoi ne peux-tu pas simplement me demander de rester avec toi ? Pourquoi faut-il que nous soyons deux à éprouver de la peine pour Scarlet ? Ne peux-tu pas te montrer égoïste, juste cette fois ? Miyuki… Sur un mot de toi, j’aurais tout quitté.

Le cœur lourd, je gardais mes yeux plongés dans ceux de la jeune femme, dans ce puits sans fond où je voulais me perdre pour toujours. Elle voulait mon bonheur, autant que je voulais le sien, ou peut-être même plus. Elle était prête à me laisser partir pour que je sois heureux. Prête à me pousser une deuxième fois dans les bras de Scarlet, tout comme elle l’avait fait le jour où la jeune fille m’avait avoué être déjà en couple alors que je lui avais volé un baiser. Si Miyuki ne m’avait pas poussé à la rattraper, j’aurais laissé filer Scarlet, et sans doute ne nous serions-nous plus jamais croisés. M’aimait-elle déjà, ce jour-là ? Qu’avait-elle pensé de tout ça ? S’était-elle tue comme aujourd’hui, pour souffrir en silence ?

Je baissai furtivement les yeux, honteux. Plus j’y pensais, plus mon égoïsme me frappait, et me devenait insupportable. Elle méritait d’être aimée, cent fois plus que n’importe qui. Et je l’aimais, comme un fou, passionnément, à en devenir fou, bien plus que je n’avais jamais aimé quiconque. Je l’aimais d’amitié, je l’aimais d’amour, je l’aimais depuis que je savais aimer, et je l’avais aimée chaque jour un peu plus fort, jusqu’à aujourd’hui où je ne pouvais plus supporter de la voir continuer à ne penser qu’à moi.

« Pourquoi mon bonheur devrait toujours passer avant le tien ? soufflai-je, le cœur si gros qu’il menaçait d’exploser, et moi de fondre en larmes. Ne peux-tu pas me garder pour toi ? »


Doucement, j’attirai à nouveau ma meilleure amie dans mes bras, et enfouis mon visage au creux de son cou. J’avais l’impression que c’était ma vie que je perdrais avec elle.

« Je ne peux pas rester auprès de vous deux, lui glissai-je. Je ne veux pas te voir souffrir. Je ne veux pas te quitter. »


J’étais amoureux de Scarlet, comme un homme pouvait être attiré par une femme. Mais les sentiments que j’éprouvais à l’égard de Miyuki dépassaient tout entendement. C’était un amour qui ne jugeait ni sa beauté, ni son caractère. Nos cœurs étaient simplement fondus l’un dans l’autre, et nous torturaient lorsqu’ils ne battaient plus à l’unisson.


Mes doigts se crispèrent sur sa peau, et je l’enserrai plus fort, comme si cela pourrait empêcher les larmes de couler. Comme si cela l’empêcherait de disparaître encore.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Ven 30 Oct - 1:01
Son silence était la mort de mon âme, mais ses paroles étaient celles de son cœur. Je redoutais plus que tout au monde ce qu’il allait finir par m’avouer, lorsqu’il passerait le pas de cette porte, et que je m’effondrerai en larmes, laissant alors tous les maux que j’avais retenus se déverser au fil des minutes, pour ressortir le visage fermer, et prendre les rennes de ce dont je n’avais jamais voulu hériter. Porter sur mes épaules la figure de mon père, et devenir la première maîtresse de la nuit de Tokyo. Je défendrai mon clan bec et ongle, et d’une main de fer dans un gant de velours, je maîtriserai Tokyo, pour en devenir la baronne. Je ferai mordre la poussière au clan Shinigami, et les condamnerait à manger de la soupe à jamais. Ils avaient salit notre honneur, piétiné mon corps, et moi, je piétinerai leur tombe.

Hayato lisait en moi comme dans un livre ouvert, et malgré le nombre de fois où j’avais tenté de lui mentir en cette triste soirée, il parvenait à lire ma plume, pour mieux me comprendre, mieux me prouver que nous étions unis. J’arrivai encore à me rappeler les années passés ensemble, lorsqu’un professeur appelait l’un, l’autre était forcément là. Que ce soit Junpei, Hayato, ou moi. Nous étions liés pour toujours et à jamais, même si nous devions souffrir ensemble, même si nous devions rire ensemble. Nous séchions ensemble, nous mentions ensemble, je me faisais engueuler, je les engueulait, nous étions amis, frères. Mais, avec Hayato, on avait toujours été plus. Je savais que je l’avais toujours aimé. Dès que mes yeux s’étaient posés sur lui, je savais que je le voulais. Son regard qui s’étaient enlacés, les sourires qu’il m’avait accordé, tout, tout chez lui m’avait plu. Mais, bien plus que ça, aujourd’hui, je ne pouvais plus vivre sans lui. Mon cœur était meurtri de son absence, et la vie me paraissait bien plus terne depuis qu’il n’était plus à mes côtés.

Il me demanda, finalement, pourquoi mon bonheur passait après le sien. Mais n’avait-il pas compris qu’il était le mien ? Je mourrais d’envie, Hayato de te garder pour moi. De te chérir comme je l’avais toujours fait en silence, je voulais te serrer dans les bras, pour finalement déposer mes lèvres sur les tiennes, je voulais pouvoir rentrer et te savoir à la maison, je voulais t’emmener en France, pour te faire découvrir mon enfance. Hayato, je voulais t’aimer, je voulais tellement t’appartenir, je voulais tellement que tu m’appartiennes. Mais comme ce bonheur me paraissait loin. Comme s’il n’était qu’une illusion, un triste fantasme. 

« Hayato, ton bonheur fait le mien. » 

Ma phrase était sincère. Tellement qu’elle avait transformé toute cette tristesse qui habitait mon cœur en une véritable bienveillance à l’égard d’Hayato. Je voulais le voir sourire, rire. Je voulais voir ses yeux briller comme jamais, je voulais le voir fier aux côtés de Scarlet, je voulais le voir se languir de sa dulcinée, même si je savais pertinemment que j’en souffrirai. 

Hayato m’attira dans ses bras, alors qu’un frisson parcourait mon échine, le recouvrant de chaire de poule, et je sentis son souffle se nicher dans mon cou, alors qu’il semblait retenir les larmes qui le rongeaient. Laisse toi aller Hayato, tu as le droit, tu peux laisser ces perles de sel glisser le long de tes joues. Tu n’es pas en tord.

« Tout va bien, murmurai-je, je suis là. » 

Et, alors que je prononçais ces mots, une larme transparente glissa sur ma joue. Je serai toujours là pour toi Hayato, quelques soient tes choix ou tes décisions, tu ne me perdras pas. Même si je t’en veux, même si tu me crèves le cœur, tu pourras toujours m’appeler, toujours compter sur moi. Parce qu’avant d’être amoureuse de toi, je suis ton amie.
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MessageSujet: Re: Résidence Mercier. [TOUS.] Mar 3 Nov - 13:44
Je la serrais contre moi, elle frissonnait, et je me faisais violence pour retenir mes larmes. J’avais déjà tant pleuré… J’avais été si lâche, si faible… Et je tenais dans mes bras la victime de mes passions, la clé de mon bonheur, la femme que j’avais aimée sans le savoir, ou peut-être en le sachant si fort que je n’avais jamais rien tenté pour la posséder un peu plus.

Ce spectacle devait être bien triste… Deux poupées disloquées, elle dont le corps se scindait en deux, et moi qui traînais ma jambe comme un poids mort, deux êtres dont on avait arraché l’âme, deux objets jetés sans remords après qu’on les ait abîmés.

Mais je me fichais d’être une poupée, je me fichais d’avoir l’air pathétique, tant que ça ne m’éloignait plus de Miyuki. Plutôt que de la voir s’effondrer seule, je voulais l’accompagner jusque dans la douleur.

Je parlais dans son cou, mon souffle caressant sa peau, perdu dans l’odeur délicieuse de ses cheveux.

« J’ai besoin que tu me dises d’être égoïste, dis-je tout bas, sachant pertinemment qu’elle m’entendrait de toute façon. Parce que je ferais n’importe quoi pour te rendre heureuse. »


La fraîcheur de sa peau nue contre la paume de mes mains usées par le maniement des outils, la fragilité de sa silhouette pourtant musclée, la douceur de sa voix pourtant si cruelle… Ses mots me touchaient, exprimant un amour inconditionnel, si profond qu’il en devenait douloureux. L’amour fou qu’un être ne peut éprouver qu’une unique fois au cours de sa vie, celui qui vous brûle, qui  vous embrase, vous étouffe et vous consume. Celui par lequel on préfèrerait cent fois crever que de continuer à subir pareille torture. Je l’avais lu dans ses yeux, cet amour-là était celui que Miyuki éprouvait à mon égard, et je souffrais pour elle les silences qu’elle avait vécus alors que j’étais au bras de la belle américaine.

« Laisse-moi me séparer de Scarlet. Laisse-moi t’aimer comme je devrais déjà le faire depuis des années. »


Et comme pour appuyer mes supplications, dans l’espoir, sans doute, de la convaincre, je déposai quelques baisers brûlants à la base de son cou. Et de fil en aiguille, mes lèvres progressaient sur sa peau, jusqu’au coin de sa bouche où je m’arrêtai un instant. Je n’en pouvais plus. Le feu qui me ravageait de l’intérieur, cette folie qui me prenait le cœur en étau, ce désir qui dévorait mon âme, tout ne semblait voué qu’à une chose ; me perdre à jamais dans les bras de Miyuki. Croquer le fruit défendu, quelles qu’en soient les conséquences. Car pour ma part, c’était mon Paradis que j’y gagnerais.

Avant qu’elle ne se décide à être raisonnable, avant que ses lèvres ne se dérobent, je m’en emparai, une main contre sa joue, et y apposai un baiser fiévreux.


Miyuki… Qui serions-nous aujourd’hui si nous avions su nous aimer plus tôt ?
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