RSS
RSS



 

Partagez|

All, all, alone. [Miyuki & Hayato.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Sam 12 Sep - 23:45
Des jours entiers. Des jours entiers depuis la mort de mon père qu’Hayato ne donnait plus de nouvelles. Que depuis cette altercation avec le clan Shinigami, mon meilleur ami m’avait laissé. Plus de nouvelles de lui, ni même de Junpei. Et moi, je restais là, assise au milieu de cette pièce, attendant que les jours passent. Je ne savais plus depuis combien de temps je n’avais rien avalé, depuis combien de temps je n’avais plus que mes yeux pour pleurer. Les hommes de mon père se succédaient pour prendre soin de moi comme ils le pouvaient, et moi, je restai assise là, me laissant mourir. Préférant le faire plutôt que de vivre seule, totalement seule. Depuis des jours entiers, je l’étais terriblement. Hayato était-il mort ? Il ne répondait à rien, aucun message, aucun coup de fil. Jamais rien. Plus une nouvelle. Sa blessure à la jambe s’était-elle aggravée ? Je ne pouvais pas bouger, ni même parler. Et pourtant, je devais m’en assurer. Je devais savoir ce qu’il avait. Pourquoi il faisait le mort.

Je me levais, péniblement, alors que j’allais chercher le téléphone, titubant, avant de chercher dans mon journal d’appel, le numéro d’Hayato, qui figurait juste au-dessus de celui de Junpei. Dans un dernier acte désespéré, j’avais tenté de joindre ce dernier. Sans succès. J’étais seule. Tellement seule, me faisant un sang d’encre pour Hayato. S’il venait à décrocher, qui sait les mots qui pourraient passer la barrière de mes lèvres ? « Connard » ? « Pourquoi ? » Je ne savais pas, mais il fallait que je lui parle. J’étais fatiguée. Fatiguée de courir après cette personne qui s’était prétendue mon meilleur ami, pour finalement m’abandonner dans le moment le plus dur de ma vie, moi qui avait tout fait pour qu’il soit heureux, alors qu’il hésitait à se mettre avec cette femme qui avait failli lui filer entre les doigts.

La sonnerie retentie, alors que je portais mon téléphone à mon oreille, sans même espérer tomber ailleurs que cet habituel répondeur monotone, devenu bien trop habituel ces derniers temps. Oh, Hayato, si tu savais combien je t’en voulais de m’abandonner à cet instant précis…
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Dim 13 Sep - 12:43
Le pinceau glissait sur la toile, doucement, laissant derrière lui une traînée de poussière ocre. J’en glissai l’extrémité sur la palette, et répétai le même mouvement, inlassablement, ajoutant une fine ligne corail qui se mêla aux autres pigments pour s’y évanouir. J’ajoutai du verte profond pour le dégrader jusqu’au bleu très pâle, et tapai doucement le haut de la toile pour en faire tomber l’excédent de toutes ces poudres. Un nuage de couleurs s’envola pour retomber à mes pieds. Les minutes passaient dans un silence religieux, puis les heures s’écoulaient, bientôt suivies des jours. Lentement, tristement, sans que je puisse lutter. Je m’abandonnais à l’art, à cette passion que je n’avais jamais reniée et qui réussissait toujours à faire battre mon cœur.

Je ne réfléchissais pas, je me contentais d’oublier. De me laisser vivre. J’occultais toute pensée, je m’interdisais la moindre réflexion. Je n’étais plus qu’un animal, qui répondait à ses instincts sans jamais se poser de question. Pas de raison. L’instinct, et l’instinct uniquement. Manger, dormir, et tout laisser filer sur la toile. Je n’avais jamais peint comme ça. Sans prendre aucun recul, simplement en laissant le pinceau guider ma main. Ce n’était plus vraiment moi.

La culpabilité n’était pas partie, je le savais. Elle me bouffait de l’intérieur, mais je ne la montrais plus. Je ne la laissais plus prendre le contrôle de ma personne. Je la refoulais coûte que coûte, parce que je ne voulais plus devenir fou. J’étais fatigué de me haïr. Et je ne voulais plus risquer de perdre pied, et d’en finir avec tout ça. Je voulais être fort, comme Scarlet.

Je gardais les yeux rivés sur ces couleurs que je ne contrôlais plus, dorénavant. Ni choix, ni geste, je ne faisais rien. Rien d’autre que contempler ce qu’un autre exprimait à travers mon bras. Et puis la faim commença à se faire sentir. Je reposai mon pinceau, et pris appui sur le mur pour me traîner jusqu’à la cuisine. La douleur à ma jambe se faisait moins cuisante depuis quelques temps, je n’aurais su dire quand. Mais la progression restait lente, et difficile.

En arrivant dans la pièce principale, je me rendis compte que l’écran de mon portable, posé sur la table et désormais en mode silencieux toute la journée, émettait de la lumière, et je m’approchai jusqu’à pouvoir le saisir. Un appel.

Machinalement, j’allais couper la communication lorsque je me rendis compte qu’il s’agissait de Miyuki. Si j’avais réfléchis, sans doute n’aurais-je jamais décroché. Mais tout ce qui traversa mon esprit fut cette sensation de vide, ce trou béant que son départ avait laissé dans ma poitrine, deux bons mois plus tôt. Ce manque que seule sa présence pourrait combler. Lentement, je pris une chaise et portai le téléphone à mon oreille.

« Miyuki. » dis-je simplement.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Dim 13 Sep - 16:19
Sa voix avait claquée comme si tout venait de se briser. Il était vivant, j’en étais certaine. Mais je n’étais plus sûre de notre amitié, aujourd’hui qu’il me répondait comme si je n’avais été qu’un élément perturbateur de sa vie, ce que j’avais l’impression d’être. Je l’avais entraîné dans des histoires de Yakuza, alors qu’ils avaient trouvé pour excuse son amour avec celui de Scarlet. Je le savais depuis trop longtemps. Les Shinigami étaient sur notre dos, et ils attendaient le moindre moment pour mettre à bas mon père. Ça m’étonnerait fortement que Taichi Tôgashi, que j’avais pu côtoyer quelques fois, suite à la puissance de mon père, ait pu être un meurtrier. Je ne l’en pensais capable. Il était quelqu’un de sain. Il n’avait rien à faire dans le monde de la nuit. 

« Pourquoi ? » ma voix se brisa sur la fin du mot, alors que de nouvelles larmes roulaient sur mes joues.

Je devais me reprendre. Je ne voulais plus pleurer. Je l’avais bien trop fait. Je ne pouvais plus me laisser abattre par la mort de mon père. J’étais devenue chef Yakuza, et mon devoir était là. Celui de reprendre le syndicat, de me dépasser, pour remporter la médaille d’or, et revoir les yeux brillants de mon père. Il me manquait. Je ne pourrai jamais le nier. Mais pleurer toute la journée ne m’emmènerait à rien. Il fallait que je m’y fasse. J’étais plus seule que jamais. 

Je me pinçais la lèvre inférieure, alors que je soupirai, avant de me racler la gorge. Ma lèvre avait tant saignée à force d’être mordue. Je tentais de vaincre mes démons, du mieux que je le pouvais. Et aujourd’hui, je prenais mon courage à deux mains, pour affronter celui qui me faisait pleurer depuis des jours, lorsqu’il avait décidé de m’abandonner.

« Pourquoi tu me laisses seule ? » ma voix avait été bien plus sèche que toute à l’heure.

Ma voix avait claquée comme si tout venait de se briser. J’étais vivante, j’en étais certaine. Aujourd’hui, je renaissais.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Dim 13 Sep - 17:09
« Pourquoi tu me laisses seule? »


Un énième coup de poignard. Pourquoi ?… Pourquoi je la laissais seule ? Moi ? Le fil si mince, si fragile qui me séparait de la réalité se brisa dès qu’elle eut prononcé le premier mot de cette phrase lourde de reproches. Son ton sec, trop dur pour mon cœur qui volait à nouveau en éclats, me faisait sentir à quel point j’étais méprisable. À quel point elle me haïssait.

Pourquoi ?

Parce que j’ai honte. Parce que je souffre. Parce que je refuse de croiser ton regard, et d’y lire toute la haine que tu ressens envers moi. Parce que je ne peux pas vivre avec ça sur le cœur. Parce que j’ai causé la mort de ton père. Parce que je n’étais pas là quand il le fallait. Parce que tu es partie la première. Parce que je suis un lâche. Parce que je ne suis pas assez fort. Parce que tu représentes trop pour moi pour que je supporte tes reproches. Parce que je peux pas me déplacer. Parce que j’ai été inconscient. Parce que je je n’ai pas oublié Scarlet. Parce que tu es en danger à mes côtés. Parce que la solitude est une torture bien plus douce que le regret. Et parce que, oh putain, je suis terrifié.

« Je sais pas. »



Je sentais mon pouls accélérer de plus en plus, et je savais que ça allait exploser à un moment où un autre. J’avais mis tellement de temps à m’en remettre. À faire abstraction de tout ça. À retrouver un semblant de paix. Le calme avant la tempête. Je ne pouvais pas supporter ce ton de voix. C’était trop dur. J’allais craquer. Je voulais pas avoir à réfléchir. Je voulais pas avoir à lui donner une réponse. J’en avais trop, mais pas une n’aurait pu franchir la barrière de mes lèvres sans que je retombe à nouveau dans le gouffre sans fond de mes tourments.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Dim 13 Sep - 17:55
Je déglutis à sa réponse. J’aurai préféré qu’il me dise qu’il ne voulait plus me voir, qu’il préférait encore m’oublier, plutôt qu’il ne me réponde qu’il ne savait pas. J’avais besoin  de lui à mes côtés. Vraiment. Je n’avais plus personne sur qui compter, et même s’il avait merdé ces derniers temps, dans les moments les plus durs pour moi, il s’était présenté à moi. Il était venu me voir lorsqu’il avait apprit pour la mort de mon père, il m’avait enlacé. Il n’avait pas fuit lorsque les Yakuzas étaient arrivés. Peut-être avait-il été paralysé par la peur, mais il avait été à mes côtés, et c’est peut-être pour ça que j’avais eu besoin de le rappeler.

Ma main se resserra sur mon portable, alors que je prenais une grande inspiration. Un chagrin insurmontable prit mon cœur, alors que je le sentis s’accélérer, en même temps que ma respiration. Non, je n’allais pas m’énerver. Je n’en n’avais pas la force, ni même l’envie. Je ne voulais plus crier, plus me disputer. Peut-être qu’en voulant son bonheur, j’avais tout fait de travers. Il m’avait toujours supporté, alors que j’étais partie. Il était venu me voir malgré tout. Alors que je pensais qu’il ne me donnerait plus jamais signe de vie. Je soupirai, me mordant la lèvre inférieure, le cœur battant.


« Oh. Ma voix se brisa lorsque je prononçai cette simple syllabe. Mon cœur tout entier avait explosé au moment où j’ouvrais la bouche. Je comprends que tu ais peur. Excuses moi de t’avoir embarqué là-dedans. Ne t’en fais pas Hayato, je ferai protéger Scarlet. Et toi aussi. Et puis Junpei. Les Shinigami nous avaient dans le collimateur, il a du trouver une excuse. Taichi n’est pas ce genre d’homme. Je pense vraiment qu’ils ont essayé de me détruire en passant par toi. Parce qu’ils savent que je t’aime. »

Je n’avais plus tenté de retenir mes sanglots silencieux. Mon cœur battait la chamade, alors que je tremblais. Tout le long de mon discours, rapide, durant lequel je n’avais pas prit le temps de respirer, ma voix avait été hésitante, mon ton incertain. J’avais perdu toute la confiance que j’avais tenté de retrouver. Parce que j’avais peur. Peur d’être seule, et de devoir les affronter. Peur de ne plus avoir personne pour qui vivre.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Dim 13 Sep - 18:32
Un long silence suivit. Silence pendant lequel je tâchai d’avaler tout ça. Mensonges. Mensonges. Ces promesses, c’était du vent. Il était trop tard pour moi, ainsi que pour Scarlet, et pour Junpei. On était tous détruits. On était tous morts. Des tas de corps sans âme dont j’avais ruiné la vie. C’était ma faute, ma faute pour tout, et il n’y avait pas d’excuse possible. Je n’avais jamais cité Taichi en face de Miyuki depuis que la mort de son père, du moins pas assez fort pour qu’elle l’entende, et voilà que son nom resurgissait, faisant écho dans ma tête, et m’arrachant un gémissement de douleur. Taichi me tuait. Et si Miyuki le pensait innocent, pourquoi parlait-elle de lui ? Ça n’avait pas de sens.

Les Shinigami nous avaient tous détruits, les uns après les autres. Je nous avais tous détruits. Junpei. Miyuki. Son père. Scarlet. Moi. On y passait tous. On y laissait tous nos espoirs, nos rêves, une vie plus belle, et nous étions condamnés à porter les marques de leur meurtre, de leur harcèlement, de leur haine, de leur ambition. On était condamnés, damnés, nés pour mourir. Mourir avec cette peur qui me rongeait. Perdre Junpei, Miyuki, et Scarlet. Pour un baiser.

Les démons s’échappaient, la folie me gagnait, et un torrent de pensées décousues me frappait. J’avais mal. Mal à préférer crever. Je comprenais plus, plus rien. Où était passé mon quotidien si paisible ? Ces soirées à rire avec Miyuki ? Ces après-midis à me promener, flanqué de mes deux meilleurs amis ? Où était la vie, telle que je l’aimais ? Pouvais-je seulement continuer d’aimer cette connasse de vie telle qu’elle était à présent ? Je nageais en plein cauchemar, et je ne pouvais me raccrocher à rien. Scarlet avait quelque peu apaisé mon cœur. Mais les démons étaient plus rapides, ils me rattrapaient toujours.

« …je t’aime. » avait-elle achevé.


Mensonge.

Tu me hais.

Comme je me hais.

« C’est trop tard, murmurai-je d’une voix blanche, on a perdu. Je suis perdu, Miyuki. Je suis… »


Ma voix s’éteignit, mon cœur cognait contre ma poitrine, il battait à tout rompre, il n’en pouvait plus. Tant d’incohérence… Je devenais fou… Je suis…

« …désolé… »



Désolé. D’avoir merdé comme un con. Et de continuer. Sans jamais mettre un terme à ce fiasco.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Ven 18 Sep - 17:40
Hayato m’en voulait-il d’avoir gâché sa vie ? Me tenait-il responsable de son malheur, et voilà pourquoi il me fuyait ? Tout mon monde s’effondrait peu à peu sous mes pieds, alors que la douleur envahissait mon cœur, pour me pourrir de l’intérieur. Mes doigts se resserrent avec difficulté sur le téléphone, alors que je sentais ma respiration s’accélérer, sous le stresse et la tristesse. J’avais peur. Peur de le perdre, de finir ma vie sans lui. Mais c’était définitivement une option que je me devais d’envisager aujourd’hui, plus que jamais. Même si une part de lui s’était envolée auprès de Scarlet, aujourd’hui, il me disait que c’était trop tard. Qu’on avait perdu. Je les avais perdus. Il finit par s’excuser. Mais de quoi ? De ne plus vouloir continuer à mes côtés ? De préférer me laisser seul par peur ? 

Les larmes dans mes yeux ne semblaient pas vouloir rouler sur mes joues. Elles restaient à leur place, comme je leur avais tant supplié. J’étais une personne forte. Et les personnes fortes ne pleurent pas sur leurs problèmes. Elles cherchent à les résoudre. Et c’est ce que j’allais faire. Avec ou sans lui. S’il ne voulait plus être de la partie, soit.

« Un Yakuza ne s’avoue jamais vaincu avant sa mort. Finis-je par ajouter. Mais si tu veux continuer ta vie de ton côté, je peux comprendre. Mais je vous protègerai. Quoi qu’il arrive, vous serez toujours en sécurité. J’en fais le serment. »

J’avais l’impression de lui dire adieu à jamais, et j’en souffrais. Mon esprit entier me suppliait de me jeter à ses pieds pour l’implorer, et lui demander de rester auprès de moi. De ne pas partir, de rester à mes côtés, et de ne jamais m’abandonner. Mais c’était mieux pour lui, qu’aucunes de mes pensées ne passent la frontière de mes lèvres. Parce qu’Hayato avait bien assez souffert comme ça, et qu’il ne méritait pas d’être aussi malheureux.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Ven 18 Sep - 18:53
Continuer ta vie de ton côté…

Encore une fois, ses mots me firent l’effet d’une gifle. Continuer à vivre. Sans elle. Sans les yakuzas. Fuir, comme un lâche, comme un mec qui en peut plus, qui n’a jamais su faire face. Fuir les problèmes, fuir la mort, fuir la vie, fuir, quoi qu’il arrive. Tourner le dos aux emmerdes, à tous ceux qui s’y étaient fourrés, à Junpei, à Miyuki. Je savais si bien le faire. J’avais déjà tellement fui. Je n’avais pas été assez fort pour assumer autrefois, pour soutenir le regard de Chūya, et celui de mon père. J’étais parti pour Tokyo pour échapper aux regards dédaigneux et aux responsabilités que mon père comptait faire peser sur mes épaules. Je fuyais, encore, toujours. Je n’étais bon qu’à ça.

J’avais tout quitté pour une nouvelle vie, laissant derrière moi mes amis, qui représentaient tant pour moi. Et si les années m’avaient séparé de Junpei pour une cause que j’ignorais alors, Miyuki, pourtant, était restée. Elle m’avait rejoint, et j’avais vécu de bons moments avec elle, malgré toute cette nostalgie de notre enfance insouciante. Déjà, mes regrets m’avaient fait sentir mal, si mal… Mais ça n’était rien face à ce que j’éprouvais aujourd’hui. J’étais bouffé par les remords, rongé par la culpabilité, et je ne m’en relevais plus.

Mais Miyuki, elle, comptait se battre. Elle ne baissait pas les bras, et je sentais dans sa voix toute cette détermination que je n’avais pas. C’était son propre père qu’elle avait perdu, et c’était elle qui se tenait toujours debout. Moi, j’avais tout lâché. Tout perdu. Par ma seule faute. Et je m’apprêtais à lui tourner le dos une seconde fois. À Miyuki, mon amie, ma sœur. J’étais pitoyable. Bousillé. Lâche, infiniment lâche.

Mais si tout devait finir ainsi, je voulais au moins lui ouvrir mon cœur, une dernière fois. Parce qu’elle qui avait toujours été la plus forte d’entre nous, ne méritait pas un simple adieu. Elle méritait tout ce que la vie lui avait retiré. Le bonheur.

« Miyuki… » soufflai-je alors qu’une larme douloureuse roulait le long de ma joue.


Je voulais qu’elle sache, même si elle était en colère, même si elle me haïssait, à quel point je l’aimais. Tous les événements qui m’avaient muselé depuis si longtemps, ceux qui m’avaient forcé à taire mon cœur, à rester si secret, me paraissaient si futile face à la perte de ma Miyuki.

« J’ai jamais su te dire tout ce qui m’importe le plus… J’ai jamais eu le courage d’y mettre des mots… Tu sais que j’y arrive pas… j’y arrive plus… Je suis désolé d’avoir toujours tout foiré, j’ai jamais été un bon ami. J’ai pas été à ta hauteur. Mais putain, je t’ai aimée, j’en suis sûr. J’ai jamais arrêté de t’aimer, même quand je suis parti. Même quand tu es partie. Si j’ai tout raté, toi, t’as toujours été ma meilleure amie. »


Même si, dernièrement, je n’y comprenais plus rien, que je n’avais toujours pas compris pourquoi nous nous étions brouillés, j’étais sûr qu’au fond, c’était, là aussi, ma faute. Parce que Miyuki n’avais jamais rien eu à se reprocher, et que je n’avais jamais, jamais, jamais cessé de l’aimer.


J’avais tellement de choses à lui dire, et tellement peur de les lui dire, que ma gorge se bloqua. Putain que j’étais triste, que j’avais mal. Que j’étais pathétique.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Ven 18 Sep - 19:50
J’avais mal. Je souffrais. Je le sentais. J’avais peur de ses mots. De ce qu’il allait pouvoir me répondre. Qu’il me dise qu’il ne voulait plus jamais de moi dans sa vie. Qu’il me déverse toute sa haine à la gueule. Qu’il me hurle que j’avais tout gâché. Qu’il me détestait tout simplement. Ma gorge se noua, lorsque je l’entendis souffler mon nom. Je pouvais deviner qu’il était en train de pleurer. Malgré tout, je ne le connaissais que trop bien. Nous avions été amis pendant plus d’une dizaine d’années. 

Mon cœur tout entier hurlait de tristesse. Je voulais lui demander de se taire. De ne rien rajouter. Je voulais raccrocher. Je ne voulais rien entendre. J’avais bien trop peur pour l’affronter. J’aurai pu être capable de tuer un homme, d’affronter un lion, ou même ma culpabilité. Mais jamais je n’aurai pu affronter Hayato alors qu’il m’avouait qu’il me haïssait. Il était mon talon d’Achille. Le seul que j’avais.

Ses premières paroles me firent froid dans le dos. Ce qui comptait le plus pour lui ? Je n’en savais rien. Peut-être était-ce Scarlet, son atelier. Peut-être allait-il finir par avouer que j’avais détruit tout ce qui comptait le plus pour lui, et que c’était aujourd’hui pour cela qu’il préférait me laisser derrière lui. Il finit par s’excuser d’avoir tout foiré. Je laissais échapper un petit rire, nerveux.  Avoir foiré quoi ? Pour moi il était parfait. Il était celui dont j’avais toujours rêvé. Le frère que la vie ne m’avait jamais donné. Et j’avais eu si peur qu’il m’échappe lorsque j’avais apprit qu’il était avec Scarlet que j’avais préféré le fuir. L’abandonner, moi. Pour ne pas avoir à souffrir, quitte à lui briser le cœur à lui. Je préférai me protéger plutôt que de réfléchir au mal que je pouvais lui faire. Alors pourquoi il s’excusait ?   

Mais mon cœur explosa lorsqu’il me dit qu’il m’aimait… Mais au passé. Alors aujourd’hui, son amitié s’était éteinte… ? Je n’osais pas lui demander, mais je m’y sentais obligée. J’avais mal.

« Hayato…   Ma voix se confondit dans la peur, mais également dans la tristesse. Il était réellement le seul que je ne pouvais pas affronter. Comment tu peux penser avoir des choses à te reprocher … ? Penser que moi, je ne suis à blâmer ? Penser que tu n’étais pas à ma hauteur… ? Hayato, tu es la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivée. Et moi je t’ai aimé. Je t’aime encore aujourd’hui. Et je t’aimerai à jamais. »

Je lâchai un soupir. Parce que tout ça me faisait mal. Parce que j’étais fatigué de me battre contre ce qui me hantait chaque jour. Bordel Hayato. Tu hantes toutes mes pensées depuis qu’on a été séparés.
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
avatar
Invité
Invité
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.] Ven 18 Sep - 21:51
Comment penser avoir des choses à me reprocher ? Comment pouvait-elle me demander une chose pareille ? Ignorait-elle à quelle point cette situation me tuait ? Ne pouvait-elle pas comprendre à quel point je pouvais m’en vouloir, à quel point j’avais toutes les raisons du monde de me détester, de regretter mes actes, mes gestes, mes paroles ? À quel point je pouvais désirer que tout ça n’ai jamais eu lieu ? Sans trop savoir si j’en venais jusqu’à regretter ma relation avec Scarlet, j’aurais tant aimé qu’il en soit autrement… Qu’elle n’ait jamais connu ce Taichi, qu’elle ne lui ait jamais accordé ses lèvres avant les miennes.

« Mais j’ai… » tentai-je d’intervenir avant qu’elle n’enchaîne, sans que je puisse trouver le temps de dire quoi que ce soit.


« Hayato, tu es la plus belle chose qui ne me soit jamais arrivée. »


Oh.

Aurais-je un jour pensé qu’une simple phrase pourrait provoquer une telle sensation ? J’en doutais fort, mais à peine eut-elle prononcé ces mots que mon cœur cessa de battre la chamade, que cet  horrible écho, si douloureux, me sortit de la tête. La plus belle chose…? Que voulait-elle dire par là ? Signifiait-ce que j’étais toujours son meilleur ami ? Malgré toutes mes erreurs ? Malgré toutes les fois où j’avais manqué à mes devoirs en tant qu’ami ? Toutes mes absences, tous ces non-dits, tous ces secrets, qu’en faisait-elle ? Pouvait-elle seulement les balayer d’un revers de main, les oublier à tout jamais ?

« Et moi je t’ai aimé. Je t’aime encore aujourd’hui. Et je t’aimerai à jamais. »


Des larmes silencieuses vinrent rejoindre la première, en même temps qu’une émotion si douce, à laquelle je ne pensais plus avoir droit, me submergeait. Était-ce une façon de me dire qu’elle me pardonnait ? Que tout ne serait plus qu’un mauvais souvenir ? J’éprouvais à la fois un immense soulagement, de la reconnaissance, de la joie, et une grande tristesse. Beaucoup de remords, d’avoir été si près de la quitter une fois de plus, de l’avoir crue me détester, et tant d’autres choses encore. Je ne devais la connaître que bien moins que je ne le croyais…

J’étais désespérément idiot. D’avoir pensé que tout était fini. De ne pas lui avoir fait plus confiance. D’avoir douté d’elle. D’avoir douté de nous.

« Moi aussi, ne pus-je que murmurer, la voix brisée par l’émotion. Je t’aimerai toute ma vie… »


D’un geste, je chassai mes larmes et pris une inspiration.


« Je veux te voir. »
Revenir en haut Aller en bas
AuteurMessage
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: All, all, alone. [Miyuki & Hayato.]
Revenir en haut Aller en bas

All, all, alone. [Miyuki & Hayato.]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» Gokudera Hayato alias Smoking Bomb
» L'élu de Dieu ... ou pas ( Hayato Raito ) [recyclé]
» Viens et vois (PV Shinmei Hayato, Aare)
» Trouver rouage à son mécanisme [PV Saibogu Udo - Hayato]
» Les canards c'est le bien ~ l'histoire d'Hayato U.C

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pensionnat Miyusaki :: Gestion du Personnage. :: Communications. :: Téléphone.-